LA SANTÉ AVANT TOUT — FICHES

VIVRE AVEC SES IMPERFECTIONS

LA SANTÉ AVANT TOUT · Développement personnel

VIVRE AVEC SES IMPERFECTIONS

10 sections thématiques

Nous pouvons consacrer beaucoup d’énergie à progresser, apprendre, corriger certaines habitudes et développer nos capacités. Cette démarche est utile tant qu’elle ne repose pas sur une condition impossible : devenir suffisamment parfait pour avoir enfin le droit d’agir, de nous montrer, d’entreprendre ou d’être satisfait de ce que nous avons construit.

Nos imperfections ne disparaissent pas lorsque nous progressons. Certaines se réduisent, d’autres deviennent moins importantes, de nouvelles apparaissent avec les responsabilités que nous prenons et certaines caractéristiques resteront probablement présentes toute notre vie. Nous pouvons continuer à évoluer sans attendre leur disparition.

Vivre avec ses imperfections ne consiste donc pas à déclarer que tout est acceptable et qu’aucun effort n’est nécessaire. Il s’agit de cesser de faire de l’absence de défauts une condition préalable à une vie pleinement vécue.

Distinguer l’imperfection du problème à corriger

Tout ce qui n’est pas parfait ne constitue pas un problème. Une compétence peut être suffisante sans être exceptionnelle. Une organisation peut fonctionner avec quelques défauts. Une personne peut posséder certains traits difficiles sans que toute sa personnalité doive être reconstruite.

Nous gagnons à distinguer ce qui mérite réellement un travail de ce qui relève simplement de l’imperfection humaine ordinaire.

Une difficulté qui nous empêche régulièrement d’avancer, nuit à nos relations ou produit des conséquences importantes mérite probablement notre attention. En revanche, consacrer beaucoup de ressources à corriger chaque petite faiblesse peut nous éloigner de domaines beaucoup plus importants.

Nous n’avons pas besoin d’améliorer tout ce qui pourrait théoriquement être amélioré. Le développement personnel devient plus utile lorsque nous choisissons les changements qui auront une véritable influence sur notre vie.

Accepter d’être compétent sans être excellent partout

Nous vivons dans un environnement où il est facile de comparer notre niveau avec celui de personnes extrêmement compétentes dans presque tous les domaines imaginables. Cette exposition peut créer une impression trompeuse : être simplement correct paraît insuffisant.

Pourtant, une vie fonctionnelle repose sur de nombreuses compétences qui n’ont aucune raison d’atteindre l’excellence. Nous pouvons cuisiner correctement sans devenir chef, utiliser un outil sans en connaître toutes les possibilités, communiquer suffisamment bien sans maîtriser chaque situation ou organiser notre travail avec une méthode imparfaite qui nous convient.

L’excellence demande du temps et de l’énergie. Elle mérite d’être recherchée dans certains domaines qui comptent particulièrement pour nous, pas nécessairement partout.

Accepter d’être moyen dans certaines choses permet précisément de réserver davantage de ressources aux domaines dans lesquels nous voulons réellement devenir très bons.

Ne pas attendre la version parfaite avant d’agir

Le perfectionnisme peut se présenter sous une forme très raisonnable : encore une correction, encore une préparation, encore une compétence à acquérir avant de commencer.

Il existe évidemment des situations dans lesquelles la qualité est essentielle. Un travail destiné au public, une responsabilité importante ou une décision aux conséquences sérieuses exigent davantage de vérification qu’un brouillon personnel. Mais exiger une absence totale de défauts peut empêcher tout passage à l’action.

Nous avons besoin de critères de qualité suffisamment précis pour savoir quand quelque chose est prêt. Sans cela, le travail peut être amélioré indéfiniment parce qu’il existe toujours une phrase à modifier, un détail à ajouter ou une possibilité supplémentaire à examiner.

Le but n’est pas de remplacer le perfectionnisme par la négligence. Il est de savoir reconnaître le moment où une imperfection restante coûte moins cher que la poursuite infinie de la correction.

Laisser certaines imperfections visibles

Nous pouvons également consacrer beaucoup d’énergie à empêcher les autres de voir nos hésitations, nos lacunes ou nos maladresses. Nous voulons donner l’impression de toujours savoir, maîtriser et réussir.

Cette protection permanente peut devenir épuisante. Elle nous empêche parfois de poser une question, de demander une explication ou d’essayer quelque chose dans lequel nous sommes encore débutants.

Reconnaître simplement « je ne sais pas », « je suis en train d’apprendre » ou « je me suis trompé » ne diminue pas automatiquement notre valeur ni nos compétences dans les autres domaines.

Nous pouvons naturellement choisir ce que nous montrons de nous-mêmes. L’authenticité n’oblige pas à exposer publiquement toutes nos fragilités. Mais nous n’avons pas non plus besoin de construire une façade parfaite pour mériter la confiance ou le respect.

Corriger une erreur sans se corriger entièrement soi-même

Lorsque nous commettons une erreur, nous pouvons rapidement passer de l’évaluation d’un acte à l’évaluation globale de notre personne. Nous n’avons pas simplement mal décidé : nous sommes incapables. Nous n’avons pas seulement oublié quelque chose : nous sommes irresponsables.

Cette généralisation transforme une correction possible en condamnation personnelle.

Une erreur peut demander une réparation, un apprentissage ou une modification de méthode. Rien de tout cela n’exige que nous transformions chaque erreur en preuve sur notre valeur générale.

Une approche plus utile consiste à rester précis : qu’est-ce qui n’a pas fonctionné ? Pourquoi ? Que pouvons-nous modifier ? Que faut-il réparer ? Puis nous continuons.

Nous pouvons être responsables de nos erreurs sans leur donner le pouvoir de définir entièrement qui nous sommes.

Accepter que nos qualités aient parfois un revers

Certaines imperfections sont étroitement liées à des caractéristiques que nous apprécions par ailleurs. Une personne très rapide peut parfois aller trop vite. Quelqu’un de très consciencieux peut consacrer trop de temps aux détails. Une forte indépendance peut rendre la demande d’aide plus difficile. Une grande capacité à générer des idées peut entraîner de la dispersion.

Il n’est pas toujours possible de conserver une qualité dans toute sa puissance tout en supprimant absolument chacun de ses inconvénients.

Nous pouvons apprendre à réguler les excès, créer des compensations et reconnaître les situations dans lesquelles notre manière habituelle de fonctionner devient moins adaptée. Mais vouloir supprimer totalement le revers peut parfois affaiblir également la qualité qui lui est associée.

La connaissance de soi permet alors moins de rechercher une personnalité sans défaut que de savoir utiliser ses caractéristiques là où elles servent et les réguler là où elles risquent de nous desservir.

Ne pas faire de ses imperfections une excuse permanente

Accepter une imperfection ne signifie pas lui abandonner toutes les décisions. « Je suis comme cela » peut être une constatation utile, mais elle peut aussi devenir une manière de ne plus examiner les conséquences de notre comportement.

Certaines caractéristiques resteront probablement présentes, mais nous pouvons apprendre à mieux les gérer. Une personne désordonnée peut créer des systèmes simples qui compensent son fonctionnement. Quelqu’un qui oublie facilement peut utiliser des rappels. Une personne impatiente peut apprendre à ne pas prendre toutes ses décisions dans l’urgence.

Nous n’avons donc pas toujours besoin de supprimer une faiblesse pour réduire ses conséquences. La compensation constitue elle aussi une forme d’évolution.

L’acceptation devient constructive lorsqu’elle nous permet de travailler avec la réalité plutôt que de dépenser toute notre énergie à souhaiter être une autre personne.

Refuser la perfection comme condition du bonheur

Nous pouvons repousser la satisfaction à plus tard : lorsque nous aurons corrigé notre corps, notre organisation, nos finances, notre caractère, notre maison, notre travail ou notre manière de vivre.

Mais chaque amélioration révèle généralement une nouvelle possibilité d’amélioration. Si nous attendons que rien ne manque pour nous autoriser à apprécier notre vie, cette autorisation risque de ne jamais arriver.

Nous pouvons vouloir changer certaines choses et apprécier ce qui existe déjà. Nous pouvons être fiers d’un travail tout en voyant ce qui pourrait être amélioré. Nous pouvons reconnaître nos limites sans considérer notre existence comme une version provisoire.

Le développement personnel ne devrait pas transformer la vie présente en salle d’attente d’une personne idéale qui n’arrivera jamais.

Choisir où l’amélioration mérite réellement notre énergie

Nos ressources sont limitées. Chaque heure consacrée à corriger une faiblesse est une heure qui ne peut pas être utilisée ailleurs. Il est donc utile de hiérarchiser nos améliorations comme nous hiérarchisons nos projets.

Certaines imperfections possèdent des conséquences importantes et méritent un véritable travail. D’autres peuvent être compensées facilement. Certaines n’ont presque aucune conséquence en dehors du fait qu’elles nous empêchent de correspondre à une image idéale de nous-mêmes.

Nous pouvons nous demander non seulement « puis-je améliorer cela ? », mais aussi « est-ce suffisamment important pour que je choisisse d’y consacrer mes ressources ? »

Cette question nous rend plus sélectifs. Nous continuons à évoluer, mais nous cessons de considérer chaque défaut comme un chantier obligatoire.

À retenir

Vivre avec ses imperfections ne signifie pas renoncer à progresser. Cela signifie choisir les changements qui comptent réellement sans transformer toute faiblesse en problème à éliminer.

Nous pouvons être suffisamment compétents sans exceller partout, agir avant d’être parfaitement prêts, reconnaître nos erreurs sans nous condamner entièrement et compenser certaines limites plutôt que chercher à les supprimer.

Certaines imperfections évolueront avec le travail et l’expérience. D’autres resteront simplement une partie de notre manière d’être. Elles n’ont pas besoin de disparaître pour que nous puissions construire, réussir, aimer, créer ou apprécier notre existence.

La perfection humaine n’existe pas. Grandir ne consiste donc pas à éliminer progressivement tout ce qui nous rend imparfaits, mais à savoir ce que nous voulons améliorer, ce que nous pouvons compenser et ce avec quoi nous pouvons parfaitement apprendre à vivre.

Contenu d’information générale. Les techniques de soin et leurs indications demandent une évaluation adaptée à la situation.