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VALEURS

LA SANTÉ AVANT TOUT · Psychologie

VALEURS

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Les valeurs correspondent aux principes, qualités et directions que nous considérons comme importantes dans notre manière de vivre. Elles peuvent concerner la famille, la liberté, la justice, la loyauté, la foi, la connaissance, la créativité, la solidarité, l’indépendance, la sécurité, le courage ou encore la responsabilité.

Elles ne constituent pas une simple liste de qualités admirables. Une valeur prend véritablement son sens lorsqu’elle influence nos choix, nos priorités et notre manière d’agir.

Nous pouvons affirmer que la famille est essentielle et pourtant lui consacrer très peu de temps. Nous pouvons défendre la liberté tout en cherchant à contrôler ceux que nous aimons. Nous pouvons valoriser l’honnêteté et découvrir qu’elle devient beaucoup plus difficile lorsque dire la vérité possède un prix.

C’est précisément dans ces écarts entre ce que nous affirmons important et la manière dont nous vivons que les valeurs deviennent psychologiquement intéressantes.

Une valeur n’est pas seulement ce que nous déclarons important lorsque rien ne nous coûte ; elle apparaît aussi dans ce que nous choisissons lorsque plusieurs choses importantes entrent en concurrence.

Valeur, objectif et règle : trois choses différentes

Une valeur n’est pas un objectif.

Un objectif peut généralement être atteint : obtenir un diplôme, terminer un livre, créer une entreprise, acheter une maison ou courir une certaine distance.

Une valeur constitue davantage une direction.

Si la transmission est importante pour une personne, elle peut écrire un livre, enseigner, accompagner quelqu’un ou partager son expérience. Chaque projet possède une fin, mais la valeur peut continuer à s’exprimer sous d’autres formes.

Les valeurs doivent également être distinguées des règles.

« Je dois toujours réussir » est une exigence. « Je ne dois jamais décevoir personne » peut être une règle intérieure extrêmement contraignante. Elles ne deviennent pas automatiquement des valeurs simplement parce qu’elles orientent fortement le comportement.

Une valeur donne une direction à l’existence. Une règle peut parfois l’enfermer.

D’où viennent nos valeurs ?

Nous ne construisons pas nos valeurs dans le vide.

La famille, l’éducation, la culture, la religion, les expériences vécues, les rencontres et les événements importants participent à leur formation.

Certaines valeurs nous sont explicitement transmises.

Un enfant entend que le travail est essentiel, que la famille passe avant tout, qu’il faut toujours aider les autres ou qu’une promesse doit être tenue.

D’autres valeurs naissent en réaction à ce qui a été vécu.

Une personne ayant grandi dans un environnement extrêmement contrôlant peut accorder une importance particulière à la liberté. Quelqu’un ayant connu l’injustice peut placer l’équité au centre de ses choix.

Les valeurs héritées ne sont donc pas nécessairement de fausses valeurs. Mais devenir adulte permet de les examiner : est-ce encore ce que je considère important ou seulement ce qu’on m’a appris à considérer comme important ?

Valeurs personnelles et normes sociales

Certaines valeurs sont fortement encouragées par une société ou un milieu particulier.

Réussir professionnellement, fonder une famille, être propriétaire, rester productif ou atteindre une certaine position sociale peuvent être présentés comme des évidences.

Une personne peut poursuivre longtemps ces objectifs avant de découvrir qu’ils correspondent davantage au scénario attendu qu’à ce qu’elle souhaite réellement.

Cela ne signifie pas qu’il faudrait systématiquement rejeter les valeurs collectives pour être authentique.

Une valeur peut être à la fois culturellement transmise et profondément personnelle.

La question n’est pas : « Cette valeur vient-elle uniquement de moi ? »

Aucune personne ne se construit totalement en dehors de son environnement.

La question est plutôt : « Est-ce que je la reconnais aujourd’hui comme mienne ? »

Lorsque plusieurs valeurs entrent en conflit

Les décisions difficiles ne nous opposent pas toujours à ce que nous considérons mauvais.

Elles nous obligent parfois à choisir entre deux choses auxquelles nous accordons réellement de la valeur.

Une personne peut valoriser à la fois sa famille et son indépendance. La loyauté et la vérité peuvent entrer en tension. Une carrière importante peut entrer en concurrence avec le temps consacré à ses proches. La sécurité peut limiter momentanément la liberté.

Ces conflits expliquent pourquoi connaître ses valeurs ne fournit pas une réponse automatique à toutes les décisions.

Il faut parfois déterminer quelle valeur doit être prioritaire dans une situation particulière et quel prix nous sommes disposés à payer pour ce choix.

Une vie cohérente avec ses valeurs n’est donc pas une vie sans contradictions.

C’est une vie dans laquelle nous essayons de savoir pourquoi nous acceptons certaines contradictions plutôt que d’autres.

Les valeurs mises à l’épreuve

Il est relativement facile de valoriser la patience lorsqu’aucune situation ne nous impatiente.

La loyauté devient plus complexe lorsqu’elle entre en conflit avec notre intérêt. Le courage apparaît véritablement lorsqu’une décision comporte un risque. L’honnêteté est beaucoup moins abstraite lorsque la vérité peut nous coûter quelque chose.

Cela ne signifie pas qu’une seule contradiction annule une valeur.

Nous ne vivons pas continuellement à la hauteur parfaite de nos propres principes.

Une personne peut manquer de courage dans une situation tout en considérant réellement le courage comme important.

L’écart entre valeur et comportement peut devenir une information : quelque chose nous a empêchés d’agir comme nous aurions voulu.

La culpabilité ou le regret peuvent alors signaler qu’un comportement s’est éloigné de ce que nous considérons essentiel.

Ils ne doivent pas nécessairement devenir une condamnation permanente de soi.

Valeurs et identité

Nos valeurs participent fortement à la manière dont nous nous définissons.

Nous pouvons nous percevoir comme une personne fidèle, juste, indépendante, croyante, généreuse ou responsable.

Lorsque nous agissons contrairement à une valeur centrale, la difficulté ne concerne donc pas seulement l’acte.

Notre identité peut sembler menacée.

« Si j’ai fait cela, suis-je encore la personne que je pensais être ? »

Cette question peut devenir particulièrement douloureuse.

Pourtant, l’identité ne dépend pas d’un comportement isolé.

Reconnaître une contradiction, réparer ce qui peut l’être et modifier ensuite sa manière d’agir peut justement constituer une manière de revenir vers la valeur qui avait été transgressée.

Être fidèle à ses valeurs ne signifie pas n’avoir jamais besoin de se corriger.

Quand une valeur devient une obligation rigide

Même une valeur importante peut devenir problématique lorsqu’elle est transformée en règle absolue.

Une personne qui valorise l’aide peut finir par croire qu’elle doit être disponible pour tout le monde, quelles que soient ses propres limites.

Quelqu’un qui valorise le travail peut considérer tout repos comme une faute.

La loyauté peut être utilisée pour justifier le maintien dans une relation destructrice. Le pardon peut devenir une obligation imposée à une personne qui n’est pas prête à pardonner. La persévérance peut se transformer en interdiction d’abandonner un projet devenu inutile.

La valeur n’est pas nécessairement en cause.

C’est sa transformation en commandement sans contexte qui pose problème.

Une valeur devrait orienter la vie, pas abolir la capacité de réfléchir.

Les valeurs ne donnent pas le droit d’imposer sa vie aux autres

Avoir des convictions fortes n’oblige pas les autres à les partager.

Deux personnes peuvent accorder une importance différente à la réussite, à la famille, à la religion, à l’argent, à la liberté ou à la stabilité sans que l’une soit nécessairement psychologiquement supérieure à l’autre.

Les conflits apparaissent souvent lorsque nous ne nous contentons plus de vivre selon nos valeurs, mais exigeons que l’autre organise également son existence autour d’elles.

Cette question devient particulièrement importante dans le couple et dans les relations parents-enfants.

Transmettre ses valeurs fait naturellement partie de l’éducation. Mais l’enfant devenu adulte peut les examiner, les conserver, les modifier ou en construire d’autres.

La transmission n’est pas la propriété.

Valeurs, décisions et renoncements

Une décision importante révèle souvent davantage nos valeurs que de longues déclarations.

Choisir signifie généralement renoncer à quelque chose.

Nous ne pouvons pas simultanément accepter tous les emplois, vivre dans tous les lieux, consacrer tout notre temps à notre famille et tout notre temps à notre travail.

Les valeurs permettent alors de hiérarchiser.

Mais cette hiérarchisation peut évoluer.

Ce qui était prioritaire à vingt ans ne l’est pas nécessairement à cinquante. Une maladie, une naissance, un deuil, une rencontre ou une expérience importante peuvent modifier profondément notre perception de ce qui mérite notre temps.

Changer de priorités n’est pas forcément se trahir.

Cela peut signifier que notre compréhension de la vie a changé.

Vivre en contradiction avec ses valeurs

Lorsque l’écart entre les valeurs et la vie quotidienne devient durable, un malaise peut apparaître.

Une personne peut avoir extérieurement tout ce qu’elle pensait devoir rechercher et ressentir pourtant qu’elle vit à côté de sa propre existence.

Ce malaise n’indique pas nécessairement un trouble psychologique.

Il peut signaler une incohérence devenue difficile à ignorer.

Parfois, le problème ne peut pas être corrigé immédiatement. Les contraintes économiques, familiales ou sociales sont réelles.

Vivre selon ses valeurs ne signifie pas disposer d’une liberté absolue.

Il peut alors s’agir de chercher comment donner davantage de place à ce qui compte à l’intérieur même des contraintes existantes, plutôt que d’attendre une vie idéale dans laquelle toutes les conditions seraient enfin réunies.

Les valeurs peuvent évoluer

Nous ne sommes pas obligés de conserver exactement la même hiérarchie de valeurs toute notre vie.

Certaines restent extrêmement stables. D’autres se transforment avec l’expérience.

Une personne autrefois centrée sur la réussite professionnelle peut progressivement privilégier la transmission ou les relations. Une autre, ayant longtemps vécu principalement pour les autres, peut découvrir tardivement la valeur de l’autonomie.

Cette évolution ne rend pas les anciennes valeurs fausses.

Elles correspondaient peut-être à une autre période de la vie.

Il est possible de respecter celui que nous étions sans lui donner le pouvoir de décider éternellement pour celui que nous sommes devenu.

Identifier ses valeurs sans fabriquer un personnage idéal

Lorsqu’on demande à quelqu’un quelles sont ses valeurs, il est tentant de choisir celles qui donnent la meilleure image de soi.

Justice. Générosité. Courage. Honnêteté. Bienveillance.

Mais l’exercice devient plus intéressant lorsqu’on observe également la réalité.

À quoi consacrons-nous spontanément notre temps ? Qu’est-ce que nous protégeons lorsqu’il faut choisir ? Quelles décisions regrettons-nous le plus ? Qu’est-ce qui nous met profondément en colère lorsqu’il est bafoué ? Pour quoi sommes-nous réellement prêts à renoncer à autre chose ?

Nos comportements ne révèlent pas parfaitement nos valeurs, car ils sont aussi influencés par la peur, les contraintes et les habitudes.

Mais ils constituent des indices précieux.

Connaître ses valeurs ne consiste donc pas à rédiger le portrait moral de la personne que nous aimerions être. Il s’agit de comprendre les directions auxquelles nous souhaitons réellement donner davantage de place.

Quand demander de l’aide ?

Un accompagnement psychologique peut être utile lorsque la personne se sent durablement perdue entre des attentes contradictoires, ne sait plus ce qui compte pour elle ou constate un écart profond entre sa vie et ses convictions.

Les conflits de valeurs peuvent également devenir particulièrement difficiles lorsque toute décision semble constituer une trahison : envers soi-même, sa famille, sa culture ou son histoire.

Le travail psychologique ne consiste pas à décider quelles valeurs la personne devrait adopter.

Il peut l’aider à distinguer ce qu’elle choisit de ce qu’elle subit, ce qu’elle souhaite conserver de ce qu’elle ne veut plus porter, et ce qu’elle est prête à construire à partir de là.

À retenir

Les valeurs sont des directions qui donnent une orientation à nos choix et à notre manière de vivre. Elles doivent être distinguées des objectifs ponctuels, des règles rigides et des attentes imposées par l’environnement.

Elles peuvent être héritées, choisies, transformées et parfois entrer en conflit les unes avec les autres. Vivre selon ses valeurs ne signifie donc pas atteindre une cohérence parfaite ni disposer d’une liberté sans contraintes.

Nos valeurs deviennent particulièrement visibles lorsque les décisions ont un coût, lorsqu’il faut choisir entre plusieurs priorités ou lorsque notre comportement s’éloigne de ce que nous considérons important.

Être fidèle à ses valeurs ne consiste pas à suivre toute sa vie une liste écrite une fois pour toutes. C’est continuer à savoir ce qui mérite notre temps, nos choix et parfois nos renoncements — puis essayer de construire une vie qui lui ressemble suffisamment.

Contenu d’information générale. Les techniques de soin et leurs indications demandent une évaluation adaptée à la situation.