LA SANTÉ AVANT TOUT · Psychothérapie
THÉRAPIE ASSISTÉE PAR L’ANIMAL
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La thérapie assistée par l’animal désigne l’intégration intentionnelle d’un animal dans un accompagnement thérapeutique afin de contribuer à des objectifs définis pour la personne.
L’animal peut faciliter :
la relation ;
la communication ;
l’expression émotionnelle ;
la motivation ;
l’engagement ;
certaines interactions sociales ;
le mouvement ;
le sentiment de sécurité ;
certaines expériences sensorielles.
Mais une distinction est essentielle dès le départ :
la présence d’un animal ne transforme pas automatiquement une activité en psychothérapie.
Caresser un chien peut faire du bien.
Monter à cheval peut procurer du plaisir.
Observer des animaux peut apaiser.
Vivre avec un chat peut diminuer le sentiment de solitude.
Toutes ces expériences peuvent avoir une valeur réelle sans constituer pour autant une thérapie assistée par l’animal.
Dans un cadre thérapeutique, l’animal est intégré à une intervention ayant :
un objectif ;
un cadre ;
un professionnel compétent ;
une progression ;
une évaluation.
Une terminologie parfois confuse
On rencontre différentes expressions :
médiation animale ;
intervention assistée par l’animal ;
activité assistée par l’animal ;
thérapie assistée par l’animal ;
zoothérapie.
Elles sont parfois utilisées indifféremment alors qu’elles ne désignent pas nécessairement la même chose.
Le vocabulaire varie également selon les pays, les institutions et les professions.
Il est donc préférable de regarder ce qui est réellement proposé plutôt que de se fier uniquement au nom de l’activité.
Les interventions assistées par l’animal
L’expression interventions assistées par l’animal peut être utilisée comme catégorie générale.
Elle peut englober des activités ayant des objectifs :
thérapeutiques ;
éducatifs ;
sociaux ;
récréatifs.
Une visite d’un chien dans une maison de retraite peut par exemple favoriser :
interaction ;
plaisir ;
souvenirs ;
conversation.
Cela peut être très bénéfique sans constituer une psychothérapie.
Quand peut-on parler de psychothérapie ?
Pour qu’un animal soit intégré à une psychothérapie, il faut que l’intervention s’inscrive dans un véritable travail psychothérapeutique.
Le professionnel doit posséder les compétences nécessaires pour travailler avec la difficulté concernée.
L’animal devient alors une médiation thérapeutique.
Il ne remplace pas le thérapeute.
L’animal comme tiers
Dans une relation thérapeutique classique, deux personnes se rencontrent :
patient ;
thérapeute.
Avec un animal, un troisième protagoniste apparaît.
Ce tiers peut modifier considérablement l’atmosphère.
Une personne qui éprouve des difficultés à regarder le thérapeute peut regarder le chien.
Un enfant qui ne souhaite pas répondre directement peut parler de l’animal.
Une personne anxieuse peut commencer la rencontre en s’occupant de lui.
La relation thérapeutique peut ainsi se construire indirectement.
L’animal ne pose pas de questions
Pour certaines personnes, la présence d’un animal est moins menaçante que celle d’un humain.
L’animal ne demande pas :
« Pourquoi avez-vous fait cela ? »
Il ne réclame pas immédiatement une explication.
Cette absence de demande verbale peut faciliter l’entrée en relation.
Mais l’animal n’est pas réellement « sans jugement »
On dit souvent :
« Les animaux ne jugent jamais. »
Cette formule exprime surtout une expérience subjective.
L’animal n’émet effectivement pas les jugements sociaux complexes d’un être humain.
Mais il possède :
préférences ;
peurs ;
réactions ;
limites.
Il peut s’éloigner.
Refuser un contact.
Être fatigué.
L’animal n’est pas un objet affectif disponible en permanence.
Le chien
Le chien est probablement l’un des animaux les plus fréquemment utilisés dans les interventions assistées par l’animal.
Il peut participer à différentes activités :
contact ;
jeu ;
promenade ;
apprentissage de commandes ;
observation ;
soins simples ;
interaction structurée.
Sa grande capacité d’interaction avec l’être humain facilite certaines médiations.
Exemple avec un enfant
Un enfant éprouve de grandes difficultés à entrer en relation avec le thérapeute.
Un chien est présent.
L’enfant commence par :
l’observer ;
lui lancer une balle ;
lui donner une consigne.
La conversation peut progressivement émerger autour de l’activité.
L’objectif n’est pas simplement que l’enfant joue avec le chien.
Le jeu devient un moyen de faciliter le travail thérapeutique.
La communication
L’animal peut faciliter une communication indirecte.
Le thérapeute peut demander :
« Comment penses-tu que le chien sait qu’il en a assez ? »
L’enfant observe :
« Il s’éloigne. »
Cette situation peut ouvrir un travail sur :
limites ;
signaux ;
respect ;
consentement.
Ne pas transformer l’animal en métaphore permanente
Il serait cependant artificiel de vouloir tirer une leçon psychologique de chaque comportement de l’animal.
Parfois, le chien s’éloigne simplement parce qu’il veut boire.
Le thérapeute ne doit pas transformer chaque mouvement en symbole.
Le cheval
Les interventions avec le cheval constituent un domaine particulièrement développé.
Plusieurs pratiques différentes doivent être distinguées.
Certaines relèvent :
de l’équitation adaptée ;
de la rééducation ;
de l’éducation ;
du loisir ;
de la médiation ;
de la psychothérapie.
Le simple fait qu’un cheval soit présent ne permet pas de déterminer la nature de l’intervention.
Psychothérapie assistée par le cheval
Dans certaines approches, le cheval est intégré à un travail psychothérapeutique.
La personne peut :
l’approcher ;
l’observer ;
le conduire ;
le brosser ;
interagir avec lui ;
parfois le monter, selon le cadre.
Une partie importante du travail peut d’ailleurs avoir lieu au sol.
Le cheval comme partenaire relationnel
Un cheval réagit à :
distance ;
mouvement ;
pression ;
environnement.
La personne doit observer ses réactions et ajuster son propre comportement.
Cela peut fournir un support concret pour travailler :
attention ;
patience ;
limites ;
communication ;
confiance ;
régulation.
Mais le cheval ne « lit pas l’âme »
Certaines présentations commerciales attribuent au cheval une capacité presque mystique à révéler instantanément :
mensonges ;
traumatismes ;
intentions cachées ;
personnalité.
Ces affirmations doivent être considérées avec prudence.
Le cheval réagit à de nombreux éléments observables ou contextuels.
Sa réaction ne constitue pas une analyse psychologique de la personne.
« Le cheval ressent votre peur »
Il peut effectivement réagir à certains changements de :
mouvement ;
posture ;
tension ;
comportement.
Mais il serait excessif de transformer cela en détecteur émotionnel infaillible.
Un cheval peut également réagir à :
un bruit ;
une odeur ;
un autre animal ;
une expérience antérieure.
La réaction de l’animal n’est pas un diagnostic
Si le cheval refuse d’avancer avec une personne, cela ne prouve pas :
qu’elle manque de confiance ;
qu’elle a peur de réussir ;
qu’elle refuse inconsciemment d’avancer dans sa vie.
Cette interprétation peut être séduisante.
Elle reste une interprétation.
L’équitation thérapeutique et la psychothérapie
Certaines interventions équestres visent principalement :
motricité ;
équilibre ;
coordination ;
tonus ;
autonomie.
Elles peuvent être extrêmement utiles.
Mais elles ne sont pas nécessairement des psychothérapies.
Il faut distinguer l’objectif réel de l’intervention.
Chats et autres animaux
Des chats peuvent également participer à certaines médiations.
D’autres programmes utilisent :
lapins ;
cochons d’Inde ;
oiseaux ;
animaux de ferme.
Le choix dépend notamment :
du public ;
des objectifs ;
du cadre ;
des caractéristiques de l’animal ;
des compétences du professionnel.
Il n’existe pas un animal thérapeutique universel
Une personne peut adorer les chiens.
Une autre en avoir peur.
Une autre être allergique.
Une autre ne pas aimer leur proximité.
Présenter l’animal comme universellement apaisant serait donc faux.
La peur des animaux
Une personne cynophobe ne sera probablement pas rassurée par l’arrivée inattendue d’un grand chien dans le cabinet.
La présence de l’animal doit être connue et consentie.
Allergies
Les allergies doivent être prises en compte.
Un animal thérapeutique n’annule pas :
asthme ;
allergie ;
sensibilité respiratoire.
Le bénéfice psychologique potentiel ne justifie pas d’ignorer la santé physique.
Phobies
La thérapie assistée par l’animal ne doit pas être confondue avec une thérapie d’exposition à un animal.
Lorsqu’une personne consulte pour une phobie des chiens, la présence progressive d’un chien peut éventuellement faire partie d’une exposition thérapeutique.
Mais l’objectif et le protocole sont alors différents.
Les enfants
Les enfants constituent l’un des publics pour lesquels la médiation animale est particulièrement utilisée.
L’animal peut favoriser :
motivation ;
jeu ;
expression ;
responsabilisation ;
interaction.
Pour certains enfants, il devient un support plus accessible que la conversation directe.
Parler à travers l’animal
Un enfant peut dire :
« Le lapin a peur quand il y a du bruit. »
Le thérapeute peut éventuellement demander :
« Et toi, qu’est-ce qui se passe quand il y a beaucoup de bruit ? »
L’animal crée un passage entre :
observation extérieure ;
expérience personnelle.
Ne pas mettre des mots dans la bouche de l’animal
Le thérapeute doit toutefois éviter :
« Le chien pense que tu es triste. »
L’animal ne peut pas confirmer cette interprétation.
Une formulation plus prudente serait :
« Je remarque que tu le caresses beaucoup pendant que tu racontes cela. Qu’est-ce que ça te fait ? »
Autisme
Les interventions assistées par l’animal sont parfois proposées aux personnes autistes.
Elles peuvent, selon les individus, favoriser :
engagement ;
motivation ;
interaction ;
activité ;
plaisir.
Mais les personnes autistes sont extrêmement diverses.
L’animal ne constitue pas un traitement universel de l’autisme.
Sensibilités sensorielles
Pour certaines personnes autistes, un animal peut être agréable.
Pour d’autres :
odeur ;
bruit ;
contact ;
mouvement imprévisible
peuvent être difficiles à supporter.
L’adaptation individuelle reste essentielle.
TDAH
Avec certains enfants présentant un TDAH, l’animal peut servir de support pour travailler :
attention ;
attente ;
séquences d’actions ;
règles ;
responsabilité.
Mais là encore, il ne « traite » pas à lui seul le TDAH.
Adolescents
Certains adolescents réticents à une psychothérapie classique peuvent accepter plus facilement une activité impliquant un animal.
Le caractère moins frontal de l’échange peut faciliter la relation.
Mais le thérapeute doit veiller à ce que la séance ne devienne pas simplement une activité agréable évitant tous les sujets difficiles.
Personnes âgées
Dans les établissements accueillant des personnes âgées, les animaux peuvent favoriser :
conversation ;
souvenirs ;
interaction sociale ;
stimulation ;
plaisir.
Une personne habituellement très silencieuse peut parler spontanément d’un animal qu’elle possédait autrefois.
Mémoire autobiographique
Un chien ou un chat peut réveiller des souvenirs :
« J’avais le même lorsque j’étais enfant. »
Cette évocation peut ouvrir un récit de vie.
Mais le souvenir suscité reste soumis aux mêmes caractéristiques reconstructives que toute mémoire autobiographique.
L’animal ne rend pas le souvenir plus exact.
Démence
Chez certaines personnes présentant des troubles neurocognitifs, les interventions avec l’animal peuvent favoriser :
engagement ;
interaction ;
bien-être momentané.
Mais les réactions sont individuelles.
Une personne désorientée peut également :
avoir peur ;
ne pas comprendre la présence de l’animal ;
le manipuler involontairement de manière inadéquate.
La sécurité de tous doit être anticipée.
Solitude
Les animaux peuvent jouer un rôle important dans la vie de personnes isolées.
Ils peuvent apporter :
présence ;
routine ;
interaction ;
affection ;
responsabilité.
Mais la relation avec un animal et la relation avec un humain ne sont pas interchangeables.
L’animal ne doit pas devenir une prescription sociale simpliste
Dire à une personne seule :
« Prenez un chien »
ignore :
coût ;
logement ;
temps ;
mobilité ;
responsabilité ;
durée de vie de l’animal.
Un animal n’est pas un médicament contre la solitude.
Dépression
Certaines personnes déprimées peuvent bénéficier d’activités assistées par l’animal parce qu’elles favorisent :
engagement ;
activité ;
interaction ;
plaisir ;
routine.
Mais une personne sévèrement déprimée peut également ne pas avoir l’énergie nécessaire pour interagir.
La présence d’un animal ne remplace pas une prise en charge adaptée.
Anxiété
Le contact avec certains animaux peut diminuer subjectivement l’anxiété chez certaines personnes.
Mais il ne faut pas créer une dépendance du type :
« Je ne peux me calmer que lorsque le chien est là. »
Le travail thérapeutique doit progressivement renforcer les capacités propres de la personne.
Traumatisme
La médiation animale est parfois utilisée avec des personnes ayant vécu des traumatismes.
L’animal peut faciliter :
sentiment de sécurité ;
contact ;
confiance ;
présence dans l’instant.
Mais il n’existe pas de mécanisme automatique par lequel un animal « guérit le traumatisme ».
Le lien sans obligation de parole
Après certaines expériences traumatiques, parler peut être difficile.
S’occuper d’un animal peut permettre d’être dans une relation sans devoir immédiatement raconter.
Cela peut constituer une porte d’entrée thérapeutique.
Mais éviter n’est pas toujours traiter
Si la personne utilise systématiquement l’animal pour ne jamais aborder ce qui nécessite d’être travaillé, la médiation peut devenir un refuge qui maintient l’évitement.
Le thérapeute doit distinguer :
respect du rythme ;
évitement durable.
Trouble de stress post-traumatique
Certaines interventions assistées par l’animal sont étudiées auprès de personnes présentant un ESPT.
Les résultats de certaines études sont encourageants concernant notamment :
bien-être ;
symptômes ;
engagement thérapeutique.
Mais les protocoles et niveaux de preuve restent variables.
Animaux d’assistance et thérapie
Il faut distinguer la thérapie assistée par l’animal d’un animal d’assistance.
Un animal d’assistance est entraîné pour accomplir certaines tâches au bénéfice d’une personne présentant un handicap ou certains besoins spécifiques.
Il accompagne généralement la personne dans sa vie quotidienne.
Il n’est pas lui-même une séance de psychothérapie.
Chien d’assistance psychiatrique
Certains chiens peuvent être entraînés à accomplir des tâches liées à un handicap psychiatrique.
Selon la situation, ils peuvent par exemple :
interrompre certains comportements ;
guider vers une sortie ;
chercher de l’aide ;
répondre à certains signaux.
Cela relève d’un autre cadre que la médiation animale en psychothérapie.
Animal de soutien émotionnel
La notion d’animal de soutien émotionnel existe notamment dans certains systèmes juridiques.
Son statut et les droits associés varient selon les pays.
Il ne faut pas confondre :
animal de compagnie ;
animal de soutien émotionnel ;
animal d’assistance ;
animal intervenant dans une thérapie.
Le lien d’attachement
Une relation forte peut se développer entre une personne et un animal.
Elle peut être profondément significative.
Pour certaines personnes, l’animal représente :
sécurité ;
continuité ;
affection ;
compagnie.
Ce lien mérite d’être pris au sérieux.
Le deuil animalier
La mort d’un animal peut provoquer un véritable deuil.
La personne peut avoir vécu avec lui pendant :
dix ;
quinze ;
vingt ans.
Le minimiser par :
« Ce n’était qu’un animal »
peut ajouter de l’incompréhension à la perte.
Une relation différente mais réelle
Reconnaître l’importance du lien ne nécessite pas de prétendre qu’il est identique à une relation humaine.
Il possède ses propres caractéristiques.
La responsabilité
Prendre soin d’un animal peut favoriser :
routine ;
organisation ;
engagement.
Une personne peut se lever parce que le chien doit sortir.
Mais cette responsabilité peut également devenir lourde.
Elle n’est donc pas thérapeutique par définition.
Les prisons et institutions
Des programmes impliquant des animaux existent dans différents contextes institutionnels, notamment :
prisons ;
établissements éducatifs ;
structures de soins.
Les participants peuvent être impliqués dans :
soins ;
éducation ;
entraînement des animaux.
Certains programmes rapportent des effets intéressants sur :
responsabilité ;
relations ;
estime de soi ;
comportement.
Mais les résultats dépendent fortement du programme et de la population.
L’animal comme support de compétence
Apprendre à guider un chien ou prendre soin d’un cheval peut permettre à la personne de constater :
« Je suis capable d’apprendre. »
« Je peux être responsable de quelque chose. »
« Je peux créer une relation. »
Cette expérience peut avoir une valeur thérapeutique lorsqu’elle est intégrée au travail.
Le risque de surinterpréter la relation
Un chien vient spontanément vers une personne.
Le thérapeute pourrait être tenté de dire :
« Il vous a choisie parce qu’il sent votre bonté. »
C’est une interprétation séduisante mais invérifiable.
Le chien peut simplement avoir appris que les personnes assises à cet endroit donnent souvent des friandises.
Ce qui compte est l’expérience de la personne
On peut plutôt demander :
« Qu’est-ce que cela vous fait qu’il vienne vers vous ? »
La personne répond peut-être :
« J’ai l’impression d’être acceptée. »
Cette expérience subjective est thérapeutiquement intéressante sans avoir besoin d’attribuer une intention mystérieuse à l’animal.
Les projections
Nous projetons facilement sur les animaux :
intentions ;
émotions ;
histoires.
Cela peut parfois être utilisé comme matériel thérapeutique.
Mais il faut distinguer :
ce que la personne imagine ;
ce que l’on sait réellement de l’animal.
« Il est comme moi »
Une personne dit d’un chien craintif :
« Lui aussi, il ne fait confiance à personne. »
Cette phrase peut ouvrir une discussion sur sa propre confiance.
Le thérapeute n’a pas besoin de confirmer que le chien possède exactement le même fonctionnement psychologique.
Empathie
Prendre soin d’un animal peut favoriser l’attention portée :
aux signaux ;
aux besoins ;
aux limites.
Cela peut soutenir certaines expériences d’empathie.
Mais posséder ou aimer des animaux ne constitue pas une mesure automatique de l’empathie humaine.
Communication non verbale
Les interactions avec l’animal mobilisent beaucoup d’éléments non verbaux :
distance ;
gestes ;
ton ;
rythme ;
orientation.
Cela peut constituer un support intéressant pour certaines personnes ayant des difficultés dans les interactions verbales.
Régulation émotionnelle
Une activité avec un animal peut parfois aider une personne à :
ralentir ;
se concentrer ;
revenir au présent ;
tolérer une émotion.
Le thérapeute peut ensuite aider à identifier ce qui a été utile.
Transférer l’apprentissage
La question reste :
« Que pouvez-vous emporter de cette expérience lorsque l’animal ne sera pas là ? »
Sans transfert, la personne risque de dépendre du contexte thérapeutique.
Activité physique
Certaines médiations animales impliquent :
marcher ;
se déplacer ;
brosser ;
porter du matériel ;
monter à cheval.
Une partie des bénéfices observés peut donc provenir aussi de :
activité physique ;
sortie ;
environnement extérieur ;
interaction sociale.
Quel est le facteur actif ?
Lorsqu’une personne va mieux après un programme équestre, plusieurs éléments peuvent avoir contribué :
le cheval ;
le thérapeute ;
le groupe ;
l’activité physique ;
la nature ;
le sentiment de compétence ;
la nouveauté.
Cette question est importante pour la recherche.
Nature et animal
De nombreuses interventions se déroulent également :
à l’extérieur ;
dans une ferme ;
dans un centre équestre.
Le contexte lui-même peut participer à l’expérience.
Il est difficile d’attribuer automatiquement tout bénéfice à l’animal.
La relation thérapeutique reste centrale
Un animal peut faciliter la relation avec le thérapeute.
Mais il ne remplace pas :
écoute ;
formulation ;
cadre ;
compétence clinique ;
responsabilité professionnelle.
Le bien-être de l’animal
Une thérapie assistée par l’animal implique au minimum deux êtres vulnérables aux conditions de l’intervention :
la personne ;
l’animal.
Le bien-être de l’animal n’est donc pas un détail.
L’animal n’est pas un outil
Il peut être intégré à un dispositif thérapeutique, mais il reste un être vivant avec :
besoins ;
fatigue ;
peur ;
préférences ;
limites.
Une intervention éthiquement acceptable doit en tenir compte.
Signes de stress
Selon l’espèce et l’individu, certains comportements peuvent signaler :
inconfort ;
fatigue ;
évitement ;
stress.
Le professionnel doit savoir les reconnaître.
Le droit de l’animal à s’éloigner
Un chien qui ne souhaite plus être caressé doit pouvoir s’éloigner.
Un cheval fatigué ne doit pas multiplier les séances parce que les rendez-vous sont complets.
Le succès thérapeutique humain ne justifie pas la souffrance animale.
Le choix de l’animal
Tous les animaux d’une même espèce ne conviennent pas à la médiation.
Le choix doit tenir compte notamment :
tempérament ;
santé ;
socialisation ;
tolérance aux environnements concernés.
Formation de l’animal
Selon l’intervention, une préparation ou un entraînement spécifique peut être nécessaire.
Mais même un animal très bien entraîné reste capable de :
fatigue ;
surprise ;
réaction imprévisible.
Le risque zéro n’existe pas
Un chien peut mordre.
Un cheval peut :
faire un écart ;
marcher sur un pied ;
faire tomber quelqu’un.
Un chat peut griffer.
Le cadre doit donc prévoir la sécurité physique.
Hygiène
Les interventions impliquant des animaux nécessitent également une attention à :
hygiène ;
zoonoses ;
parasites ;
vaccination selon le contexte ;
nettoyage ;
populations particulièrement vulnérables.
Cela est particulièrement important dans certaines structures de santé.
Immunodépression
Chez certaines personnes immunodéprimées, des précautions particulières peuvent être nécessaires concernant le contact avec les animaux.
Le plaisir de la médiation ne doit pas faire oublier le risque infectieux.
Consentement de la personne
La personne doit pouvoir refuser :
contact ;
proximité ;
activité.
Elle n’a pas à caresser un animal pour faire plaisir au thérapeute.
« Tout le monde aime les animaux »
Non.
Certaines personnes :
n’en ont jamais fréquenté ;
en ont peur ;
n’aiment pas leur odeur ;
ne souhaitent pas être touchées par eux.
Leur préférence doit être respectée.
Culture et animaux
La relation aux animaux varie selon :
cultures ;
familles ;
religions ;
expériences de vie.
Un animal considéré comme compagnon affectif dans un milieu peut être perçu très différemment dans un autre.
La médiation animale ne doit pas imposer une conception culturelle particulière de la relation humain-animal.
Peur liée à une expérience antérieure
Une personne mordue par un chien dans l’enfance peut avoir une réaction très différente face à l’animal.
Le thérapeute doit connaître cette histoire avant de proposer la médiation.
Une présence parfois imprévisible
L’imprévisibilité de l’animal peut être intéressante.
Mais elle peut également être difficile pour certaines personnes ayant besoin d’un environnement très contrôlé.
Il n’existe donc pas de bénéfice universel de la spontanéité animale.
Le professionnel
Une intervention sérieuse exige une double compréhension :
des objectifs humains ;
du comportement et du bien-être animal.
Un psychothérapeute excellent mais incapable de lire les signaux élémentaires du chien peut créer une situation problématique.
Travail en binôme
Certaines interventions sont conduites par plusieurs professionnels :
professionnel thérapeutique ;
professionnel spécialisé dans l’animal.
Cette organisation peut être particulièrement pertinente lorsque l’activité nécessite une expertise spécifique, par exemple avec les chevaux.
Le cadre
Comme toute psychothérapie, le travail doit définir :
objectifs ;
durée ;
règles ;
confidentialité ;
responsabilités ;
limites.
La présence d’un animal ne rend pas le cadre moins nécessaire.
Confidentialité en extérieur
Une séance dans :
une écurie ;
une ferme ;
un parc
peut exposer davantage aux regards ou aux conversations d’autres personnes.
La confidentialité doit être pensée en fonction du lieu.
Photographies
Les animaux donnent facilement envie de prendre des photos.
Mais une photo prise pendant une séance peut révéler qu’une personne participe à un programme thérapeutique.
La diffusion sur :
site ;
réseaux sociaux ;
supports promotionnels
nécessite donc une attention particulière au consentement.
L’animal ne doit pas devenir un argument publicitaire
Les images d’enfants souriant avec un chien ou un cheval sont particulièrement séduisantes.
Elles ne démontrent pas l’efficacité d’une intervention.
Un beau moment n’est pas automatiquement un résultat thérapeutique.
Dolphinothérapie
Certaines interventions impliquant des dauphins ont été largement médiatisées.
Elles ont parfois été proposées pour :
autisme ;
handicap ;
troubles du développement ;
difficultés psychologiques.
Les promesses ont parfois été considérables.
Des affirmations très controversées
Les preuves permettant d’attribuer des effets thérapeutiques spécifiques aux dauphins restent insuffisantes pour justifier de nombreuses affirmations commerciales.
Il existe également des questions importantes concernant :
coût ;
sécurité ;
bien-être animal ;
captivité.
L’attrait exceptionnel de l’expérience ne doit pas être confondu avec une efficacité thérapeutique démontrée.
Une expérience extraordinaire peut produire un effet extraordinaire… momentanément
Voyager.
Nager.
Découvrir un animal impressionnant.
Recevoir beaucoup d’attention.
Tout cela peut produire :
joie ;
motivation ;
souvenir intense.
Il faut distinguer cet effet de nouveauté d’un changement thérapeutique durable.
Animaux exotiques
L’utilisation d’animaux exotiques pose également des questions :
bien-être ;
sécurité ;
adaptation ;
besoins spécifiques ;
risques sanitaires.
Un animal n’a pas besoin d’être spectaculaire pour servir de médiation.
Les animaux virtuels et robots
Des robots ressemblant à des animaux sont également utilisés dans certains contextes, notamment auprès de personnes âgées.
Ils peuvent produire certaines interactions sans les contraintes d’un animal vivant.
Ce n’est plus une thérapie assistée par un animal vivant
Mais les mécanismes peuvent partager certains éléments :
stimulation ;
interaction ;
objet relationnel ;
routine.
Cette distinction devient intéressante avec le développement des technologies.
Les preuves scientifiques
Les interventions assistées par l’animal font l’objet d’un nombre croissant de recherches.
Des résultats favorables ont été rapportés dans différents domaines, notamment concernant certains indicateurs de :
anxiété ;
interaction sociale ;
bien-être ;
engagement ;
symptômes psychologiques.
Mais les études sont très hétérogènes.
Une catégorie difficile à étudier
« Thérapie assistée par l’animal » peut désigner :
un chien dans un cabinet ;
un programme équestre ;
une visite hebdomadaire en institution ;
un groupe ;
une intervention individuelle.
Les populations et objectifs diffèrent également énormément.
Comparer toutes ces interventions comme si elles étaient identiques est difficile.
Taille des études et méthodologie
Certaines recherches présentent des limites :
petits échantillons ;
absence de groupe comparateur adéquat ;
protocoles différents ;
mesures variables ;
effets de nouveauté.
Il faut donc éviter les affirmations générales du type :
« Les animaux guérissent l’anxiété. »
Des résultats prometteurs ne sont pas une preuve universelle
Il est possible qu’une intervention apporte un bénéfice réel sans que l’on puisse encore déterminer précisément :
pour qui ;
dans quelles conditions ;
grâce à quel mécanisme ;
avec quelle durée d’effet.
La recherche doit continuer à préciser ces questions.
Comparer à quoi ?
Une question scientifique importante consiste à comparer :
programme avec animal
à
programme similaire sans animal.
Si les deux comportent :
attention ;
groupe ;
activité ;
mouvement ;
sortie,
on peut mieux comprendre ce que l’animal apporte spécifiquement.
L’effet de nouveauté
Rencontrer un cheval pour la première fois peut être extraordinaire.
Mais la nouveauté diminue.
Une intervention thérapeutique doit être évaluée au-delà de l’enthousiasme initial.
Les hormones du lien
Certaines présentations populaires invoquent fréquemment :
ocytocine ;
cortisol ;
dopamine.
Des recherches étudient effectivement les réponses physiologiques associées aux interactions humain-animal.
Mais transformer ces résultats en formule :
« Caresser un chien libère l’hormone de l’amour et guérit le stress »
est une simplification excessive.
La relation humain-animal est complexe
Elle dépend notamment :
de la personne ;
de l’animal ;
de leur histoire ;
du contexte ;
du type d’interaction.
La biologie ne se réduit pas à une hormone.
L’animal comme facilitateur
L’un des rôles les plus intéressants de l’animal est peut-être celui de facilitateur.
Il peut rendre possible quelque chose qui était difficile :
entrer dans le cabinet ;
parler ;
jouer ;
marcher ;
faire confiance ;
s’engager dans une activité.
Le thérapeute doit ensuite utiliser cette ouverture
Si une personne parle davantage en présence du chien, le professionnel peut construire à partir de cette possibilité.
Le chien ouvre la porte.
Il ne fait pas tout le travail derrière.
Exemple de progression
Une personne très anxieuse accepte d’abord de :
venir voir le cheval.
Puis :
rester près de l’enclos ;
entrer ;
le brosser ;
le guider ;
parler de ce qu’elle ressent ;
identifier certaines réactions ;
faire le lien avec d’autres situations de sa vie.
L’activité prend progressivement une dimension thérapeutique.
Ne pas forcer le parallèle
Si la personne ne voit aucun rapport entre guider le cheval et ses relations familiales, le thérapeute ne doit pas inventer une leçon.
Une expérience thérapeutique peut parfois simplement rester ce qu’elle est.
Relation et confiance
Construire une relation avec un animal peut être particulièrement significatif pour une personne ayant connu des relations humaines difficiles.
Mais il faut éviter la conclusion :
« Les animaux sont fiables, les humains ne le sont pas. »
La thérapie peut éventuellement aider à transférer progressivement certaines expériences de confiance vers des relations humaines choisies.
Attachement
Certaines recherches et pratiques s’intéressent au lien entre :
attachement humain ;
relation avec l’animal.
Un animal peut devenir une figure affectivement très importante.
Mais les modèles d’attachement humain ne doivent pas être transposés mécaniquement aux relations interespèces.
Le départ de l’animal
Si l’animal :
meurt ;
prend sa retraite ;
change de structure,
la personne peut vivre une perte réelle.
Cette possibilité doit être anticipée dans les programmes de longue durée.
La retraite de l’animal thérapeutique
Le bien-être animal peut imposer qu’un animal cesse son activité.
Il ne doit pas continuer à travailler parce que certains patients lui sont attachés.
Le cadre thérapeutique doit pouvoir accompagner cette transition.
La fin de la médiation
L’objectif n’est pas nécessairement que la personne reste indéfiniment dépendante de la présence de l’animal.
Elle peut progressivement identifier :
ce qu’elle a appris ;
ce qu’elle peut reproduire ailleurs ;
les relations qu’elle peut développer ;
les ressources qu’elle possède désormais.
Quand cette approche peut ne pas convenir
Une médiation animale peut être inadaptée en présence de :
peur importante ;
allergie ;
certaines contraintes médicales ;
rejet de l’animal ;
risque de violence envers l’animal ;
environnement insuffisamment sécurisé.
L’absence d’indication n’est pas un échec.
Aimer les animaux n’est pas une condition de santé psychologique
Une personne n’a aucune obligation de ressentir une affection particulière pour eux.
Une thérapie doit respecter cette préférence comme les autres.
Choisir un programme
Avant de commencer, plusieurs questions sont utiles :
Qui conduit l’intervention ?
Quelle est sa formation thérapeutique ?
Quelle est sa compétence avec l’espèce concernée ?
Quels sont les objectifs ?
Comment les progrès sont-ils évalués ?
Quelles règles de sécurité existent ?
Comment le bien-être de l’animal est-il protégé ?
Que se passe-t-il si la personne ne souhaite pas toucher l’animal ?
Un cadre crédible
Un professionnel sérieux doit pouvoir expliquer ce qu’il fait sans avoir besoin d’affirmer :
« Le cheval sait tout de vous. »
« Le chien absorbe votre stress. »
« L’animal détecte votre traumatisme. »
La médiation animale possède suffisamment d’intérêt réel pour ne pas avoir besoin d’explications extraordinaires.
L’animal n’est ni thérapeute ni médicament
Cette distinction résume une grande partie du sujet.
L’animal peut devenir :
partenaire ;
médiateur ;
facilitateur ;
support relationnel.
Mais la responsabilité thérapeutique appartient au professionnel.
Une rencontre entre plusieurs mondes
La thérapie assistée par l’animal se situe à l’intersection de :
psychothérapie ;
relation humain-animal ;
éthologie ;
éducation ;
soin ;
éthique.
Cette richesse explique son intérêt.
Elle explique également pourquoi elle demande davantage que simplement « aimer les animaux ».
À retenir
La thérapie assistée par l’animal intègre intentionnellement un animal dans un accompagnement poursuivant des objectifs thérapeutiques définis.
Elle doit être distinguée :
des activités assistées par l’animal ;
de la simple présence d’un animal de compagnie ;
des animaux d’assistance ;
des activités éducatives ou de loisir.
Différents animaux peuvent participer à ces interventions, notamment :
chiens ;
chevaux ;
chats ;
petits animaux ;
animaux de ferme.
L’animal peut faciliter :
relation ;
communication ;
engagement ;
expression émotionnelle ;
activité ;
interaction sociale ;
expériences de confiance et de responsabilité.
Mais il ne diagnostique pas la personne, ne lit pas ses pensées et ne révèle pas automatiquement ses traumatismes.
La réaction d’un animal peut devenir un support de réflexion. Elle ne constitue pas une vérité psychologique sur la personne.
Les recherches sur les interventions assistées par l’animal rapportent des résultats intéressants dans plusieurs domaines, mais les méthodes et niveaux de preuve restent très variables selon les programmes et les populations. Il faut donc éviter les promesses universelles.
Le cadre doit également protéger l’animal. Sa fatigue, ses besoins, ses réactions et son droit à s’éloigner doivent être respectés.
Enfin, le bénéfice thérapeutique ne dépend pas seulement de l’animal. Il peut également être lié au professionnel, à l’activité, au mouvement, au groupe, à l’environnement et à la relation qui se construit.
L’animal n’a pas besoin de posséder un pouvoir mystérieux pour avoir une place remarquable en psychothérapie. Sa présence peut parfois permettre à une personne de parler lorsqu’elle se taisait, d’entrer en relation lorsqu’elle se retirait, de bouger lorsqu’elle n’osait plus ou simplement d’expérimenter une rencontre différente. Le travail thérapeutique commence lorsque cette expérience devient une possibilité que la personne peut progressivement emporter avec elle, même lorsque l’animal n’est plus à ses côtés.
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Contenu d’information générale. Les techniques de soin et leurs indications demandent une évaluation adaptée à la situation.