LA SANTÉ AVANT TOUT · Psychothérapie
REMÉDIATION COGNITIVE
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La remédiation cognitive regroupe des interventions destinées à améliorer, restaurer, compenser ou mieux utiliser certaines capacités cognitives lorsqu’elles sont fragilisées.
Elle peut concerner notamment :
l’attention ;
la mémoire ;
les fonctions exécutives ;
la vitesse de traitement ;
la planification ;
la résolution de problèmes ;
la cognition sociale.
Son objectif n’est pas simplement de faire réussir une série d’exercices.
La question essentielle est beaucoup plus concrète :
« Comment aider une personne à mieux fonctionner dans sa vie quotidienne lorsque certaines capacités cognitives lui posent des difficultés ? »
La remédiation cognitive se situe ainsi à la rencontre de plusieurs domaines :
psychologie ;
neuropsychologie ;
psychiatrie ;
réadaptation ;
psychothérapie dans certains programmes.
Elle n’est pas nécessairement une psychothérapie à elle seule.
Elle peut cependant être intégrée à une prise en charge psychothérapeutique ou multidisciplinaire.
Que signifie « cognition » ?
La cognition regroupe les processus permettant notamment de :
percevoir ;
sélectionner une information ;
maintenir son attention ;
mémoriser ;
raisonner ;
organiser une action ;
prendre une décision ;
s’adapter à une situation nouvelle.
Ces capacités travaillent ensemble.
Une difficulté apparemment liée à la mémoire peut parfois provenir en partie d’un problème d’attention.
Si l’information n’a pas été correctement enregistrée, il sera évidemment difficile de la retrouver ensuite.
Les fonctions cognitives ne sont pas l’intelligence
Une personne peut posséder d’excellentes capacités intellectuelles et rencontrer malgré tout des difficultés importantes concernant :
attention ;
organisation ;
mémoire de travail ;
rapidité ;
planification.
Inversement, réussir un exercice cognitif particulier ne permet pas de résumer l’intelligence générale d’une personne.
La remédiation cognitive ne cherche donc pas à rendre quelqu’un « plus intelligent ».
Remédiation, rééducation et compensation
Les termes peuvent varier selon les disciplines et les programmes.
La restauration cherche davantage à entraîner une fonction fragilisée.
La compensation cherche à contourner une difficulté grâce à des stratégies ou des outils.
Dans la pratique, les deux peuvent être associées.
Exemple de compensation
Une personne oublie régulièrement ses rendez-vous.
On pourrait chercher à entraîner certaines capacités mnésiques.
Mais on peut également mettre en place :
agenda ;
rappels téléphoniques ;
routine de vérification ;
calendrier visible.
L’objectif n’est pas de prouver qu’elle peut se passer d’aide.
L’objectif est qu’elle arrive à ses rendez-vous.
Compenser n’est pas tricher
Porter des lunettes ne signifie pas avoir échoué à voir naturellement.
Utiliser un agenda ne signifie pas avoir échoué à mémoriser.
Une stratégie compensatoire peut être une réponse parfaitement intelligente à une difficulté persistante.
Qui peut bénéficier d’une remédiation cognitive ?
Elle est utilisée dans différents contextes.
Certaines formes ont été développées pour des personnes présentant notamment :
schizophrénie et autres troubles psychotiques ;
troubles neurodéveloppementaux ;
lésions cérébrales ;
traumatismes crâniens ;
certaines maladies neurologiques ;
difficultés cognitives associées à différents troubles psychiatriques.
Les objectifs et méthodes varient fortement selon la situation.
La schizophrénie
La remédiation cognitive a particulièrement été étudiée dans la schizophrénie.
Certaines personnes peuvent rencontrer des difficultés concernant :
attention ;
mémoire ;
vitesse de traitement ;
fonctions exécutives ;
cognition sociale.
Ces difficultés peuvent avoir des conséquences importantes sur :
autonomie ;
formation ;
travail ;
relations ;
organisation quotidienne.
Le symptôme visible n’est pas tout
Une personne peut présenter une amélioration de certains symptômes psychiatriques tout en continuant à avoir beaucoup de difficultés pour :
suivre une conversation complexe ;
organiser une journée ;
retenir plusieurs consignes ;
reprendre des études.
Le fonctionnement cognitif mérite alors une attention spécifique.
L’évaluation initiale
Une remédiation cognitive sérieuse ne devrait pas commencer simplement par :
« Faites ces exercices, cela entraîne le cerveau. »
Il faut d’abord comprendre :
quelles difficultés existent ;
dans quelles situations ;
avec quelles conséquences ;
quelles capacités restent solides ;
quels sont les objectifs de la personne.
Le bilan neuropsychologique
Selon le contexte, un bilan neuropsychologique peut aider à préciser le profil cognitif.
Il peut explorer différentes fonctions au moyen de tests standardisés.
Mais un score ne raconte pas toute la vie quotidienne.
Une personne peut obtenir un résultat correct dans un cabinet calme et rencontrer beaucoup plus de difficultés dans un environnement :
bruyant ;
fatigant ;
rapide ;
multitâche.
Les plaintes cognitives
La personne elle-même peut dire :
« Je n’arrive plus à me concentrer. »
« Je commence quelque chose et j’oublie ce que je faisais. »
« Je mets énormément de temps à organiser une tâche. »
Ces plaintes sont importantes.
Elles doivent être explorées sans conclure immédiatement à une déficience cognitive précise.
De nombreux facteurs influencent les performances
Attention et mémoire peuvent être affectées par :
fatigue ;
stress ;
anxiété ;
dépression ;
douleur ;
manque de sommeil ;
médicaments ;
consommation de substances ;
maladie.
La remédiation doit donc s’inscrire dans une compréhension globale de la situation.
L’attention
L’attention n’est pas une capacité unique.
Elle peut concerner notamment la capacité à :
maintenir son attention ;
sélectionner une information ;
changer de cible ;
gérer plusieurs informations.
Les exercices doivent correspondre au type de difficulté réellement rencontré.
Attention soutenue
Une personne peut avoir du mal à rester concentrée longtemps.
Le travail peut utiliser des tâches demandant de maintenir progressivement l’attention.
Mais le but final n’est pas de regarder un écran pendant vingt minutes.
Il peut être de parvenir à :
suivre un cours ;
lire ;
terminer une tâche professionnelle.
Attention sélective
Il peut être difficile d’ignorer les informations non pertinentes.
Dans un café bruyant, une personne perd constamment le fil de la conversation.
Le travail peut associer :
entraînement ;
stratégies ;
modification de l’environnement.
Modifier l’environnement est parfois la meilleure intervention
Si une personne travaille beaucoup mieux dans une pièce calme, il n’est pas toujours nécessaire de lui apprendre à supporter un bureau extrêmement bruyant.
Adapter l’environnement peut être plus efficace que tenter de modifier entièrement la personne.
Mémoire de travail
La mémoire de travail permet de maintenir temporairement certaines informations tout en les utilisant.
Par exemple :
retenir une consigne pendant qu’on l’exécute ;
faire un calcul mental ;
garder plusieurs éléments d’une phrase en tête.
Elle joue un rôle important dans de nombreuses activités quotidiennes.
Réduire la charge
Une stratégie simple peut être :
diviser une consigne complexe en plusieurs étapes.
Au lieu de :
« Va chercher le dossier bleu, vérifie les trois dernières factures, appelle Paul et envoie-moi ensuite le tableau »,
on peut utiliser une liste écrite.
La difficulté cognitive est ainsi compensée.
La mémoire
La remédiation peut travailler différentes stratégies de mémorisation.
Répétition.
Association.
Catégorisation.
Visualisation.
Organisation.
Indices de récupération.
Mais une stratégie n’est utile que si elle peut être utilisée dans la vie réelle.
Apprendre à apprendre
Une personne peut découvrir qu’elle mémorise mieux lorsqu’elle :
regroupe les informations ;
les reformule ;
les associe à quelque chose qu’elle connaît ;
utilise plusieurs rappels espacés.
Elle apprend ainsi davantage sur son propre fonctionnement.
Mémoire prospective
La mémoire prospective concerne notamment le fait de se rappeler qu’une action doit être réalisée plus tard.
Prendre un médicament à une certaine heure.
Téléphoner.
Apporter un document.
Les outils externes sont souvent particulièrement utiles.
Les fonctions exécutives
Les fonctions exécutives permettent notamment de :
planifier ;
organiser ;
inhiber certaines réponses ;
changer de stratégie ;
contrôler l’avancement d’une tâche.
Elles jouent un rôle essentiel dans l’autonomie.
« Je sais quoi faire mais je n’arrive pas à m’organiser »
Cette difficulté peut être extrêmement frustrante.
La personne possède les connaissances nécessaires.
Mais transformer l’intention en succession d’actions devient difficile.
La remédiation peut travailler précisément cette transition.
Décomposer une tâche
« Ranger l’appartement » est une tâche très large.
Elle peut être transformée en :
ramasser le linge ;
vider la table ;
ranger les documents ;
faire la vaisselle.
Cette décomposition réduit la charge exécutive.
Planification
Une méthode peut consister à identifier :
objectif ;
étapes ;
ordre ;
matériel nécessaire ;
obstacles possibles ;
vérification finale.
La stratégie est ensuite appliquée à une activité réelle.
Inhibition
L’inhibition permet notamment de ne pas répondre immédiatement à une stimulation lorsque cette réponse n’est pas adaptée.
Elle intervient dans :
attention ;
comportement ;
prise de décision.
Les exercices peuvent chercher à développer davantage de contrôle avant l’action.
Flexibilité cognitive
Une personne peut avoir du mal à changer de stratégie lorsqu’une première solution ne fonctionne pas.
Le travail peut consister à apprendre à se demander :
« Existe-t-il une autre manière de faire ? »
Cette question simple peut devenir une stratégie métacognitive.
Métacognition
La métacognition désigne notamment la capacité à réfléchir à son propre fonctionnement cognitif.
« Dans quelles situations ma mémoire fonctionne-t-elle mieux ? »
« Qu’est-ce qui me déconcentre ? »
« Comment puis-je vérifier que je n’ai rien oublié ? »
La personne devient progressivement observatrice et gestionnaire de ses propres stratégies.
Le thérapeute n’est pas seulement un entraîneur
Il ne se contente pas de corriger :
« Bonne réponse. »
« Mauvaise réponse. »
Il aide la personne à comprendre :
comment elle s’y est prise ;
pourquoi une stratégie a fonctionné ;
comment la transférer ailleurs.
Les erreurs deviennent du matériel de travail
Une erreur n’est pas seulement un échec.
Elle permet de demander :
« Que s’est-il passé ? »
« À quel moment avez-vous perdu l’information ? »
« Quelle stratégie pourrait aider la prochaine fois ? »
L’objectif est de construire une méthode.
L’apprentissage sans erreur
Certaines interventions utilisent également des techniques d’apprentissage sans erreur, particulièrement dans certains contextes de troubles mnésiques.
Le principe consiste à limiter la répétition d’erreurs pendant l’apprentissage en fournissant suffisamment d’aide au départ.
L’aide peut ensuite être progressivement réduite.
La vitesse de traitement
Certaines personnes comprennent correctement mais ont besoin de davantage de temps.
Dans un environnement rapide, elles peuvent sembler ne pas comprendre.
La difficulté peut en réalité concerner la vitesse avec laquelle elles traitent l’information.
Plus lent ne signifie pas moins capable
Accorder quelques secondes supplémentaires peut transformer complètement la performance.
Cette distinction est particulièrement importante dans :
éducation ;
travail ;
évaluations.
Cognition sociale
La cognition sociale concerne différents processus utilisés pour comprendre les situations sociales.
Elle peut inclure notamment :
reconnaissance des émotions ;
compréhension des intentions ;
prise de perspective ;
interprétation des interactions.
Certaines remédiations ciblent spécifiquement ces dimensions.
Attention aux certitudes sur les intentions
Une personne peut apprendre à générer plusieurs hypothèses.
« Il n’a pas répondu à mon message. »
Hypothèse 1 :
« Il est en colère. »
Mais peut-être :
il travaille ;
il conduit ;
il n’a pas vu le message ;
il répondra plus tard.
La flexibilité interprétative peut réduire certaines conclusions automatiques.
Comprendre autrui n’est jamais lire dans son esprit
Même une excellente cognition sociale ne permet pas de connaître avec certitude ce qu’une autre personne pense.
Le travail doit conserver cette incertitude.
Exercices papier-crayon
Certaines remédiations utilisent :
fiches ;
jeux ;
problèmes ;
classements ;
séquences.
Ces exercices peuvent être utiles.
Mais leur valeur dépend de leur capacité à produire un changement au-delà de l’exercice lui-même.
Exercices informatisés
De nombreux programmes utilisent aujourd’hui des ordinateurs ou tablettes.
La difficulté peut être ajustée progressivement.
Les performances sont enregistrées.
Cela facilite certains entraînements intensifs.
Le danger du « jeu cérébral »
Une personne peut devenir excellente au programme utilisé sans que ses capacités quotidiennes s’améliorent autant.
C’est le problème du transfert.
S’améliorer à un jeu n’est pas nécessairement s’améliorer partout
Si quelqu’un réalise chaque jour le même type de puzzle, il devient généralement meilleur à ce puzzle.
La question scientifique importante est :
cette amélioration se transfère-t-elle à des capacités réellement utiles dans la vie ?
Le transfert proche est généralement plus facile à obtenir que le transfert très général.
Les promesses d’augmentation globale de l’intelligence
Les programmes commerciaux de « brain training » promettent parfois :
mémoire extraordinaire ;
cerveau rajeuni ;
intelligence augmentée.
Ces affirmations dépassent souvent les données disponibles.
L’entraînement cognitif peut avoir des effets.
Mais il ne transforme pas automatiquement l’ensemble des capacités intellectuelles.
Exercices écologiques
Pour favoriser le transfert, le travail peut utiliser des tâches proches de la vie réelle.
Préparer un trajet.
Organiser une semaine.
Faire des courses avec un budget.
Planifier un repas.
Suivre plusieurs consignes.
La compétence devient immédiatement reliée à un objectif concret.
Les objectifs personnels
Une personne ne vient pas nécessairement en remédiation parce qu’elle rêve d’améliorer son score à un test.
Elle veut peut-être :
reprendre ses études ;
vivre seule ;
retravailler ;
cuisiner ;
prendre les transports ;
gérer son argent.
Ces objectifs doivent guider le programme.
Réhabilitation psychosociale
Dans certains contextes psychiatriques, la remédiation cognitive s’intègre dans une démarche plus large de réhabilitation psychosociale.
L’objectif est alors de favoriser :
autonomie ;
participation sociale ;
études ;
emploi ;
qualité de vie.
La cognition est travaillée parce qu’elle participe à ces objectifs.
Cognition et travail
Une personne peut avoir les compétences techniques nécessaires pour un emploi mais rencontrer des difficultés à :
prioriser ;
gérer les interruptions ;
retenir les consignes ;
passer d’une tâche à l’autre.
Le travail peut porter directement sur ces situations.
Aménagements
Des adaptations simples peuvent parfois être très efficaces :
consignes écrites ;
planning ;
réduction des interruptions ;
temps supplémentaire ;
check-lists ;
espace plus calme.
Une intervention réussie ne consiste pas toujours à supprimer la difficulté interne.
Cognition et études
Un étudiant peut apprendre à :
segmenter son travail ;
espacer les révisions ;
utiliser des rappels ;
organiser ses notes ;
préparer son environnement.
La remédiation rejoint alors certaines stratégies d’apprentissage.
La motivation
Faire des exercices répétitifs peut devenir lassant.
La motivation augmente lorsque la personne comprend :
pourquoi elle fait l’exercice ;
quel objectif personnel il sert.
« Cet exercice devrait vous aider à mieux préparer vos déplacements »
est plus concret que :
« Nous entraînons votre flexibilité cognitive. »
Difficultés émotionnelles
Échouer régulièrement à des tâches cognitives peut produire :
honte ;
découragement ;
perte de confiance ;
anxiété.
Le travail doit prendre en compte cette dimension émotionnelle.
« Je suis devenu idiot »
Une personne qui constate une baisse de certaines performances peut interpréter cette difficulté comme une perte totale de valeur intellectuelle.
Le thérapeute peut l’aider à distinguer :
une fonction fragilisée ;
et l’ensemble de ses capacités.
Psychothérapie et remédiation
Une personne peut avoir besoin simultanément :
d’un travail cognitif ;
et d’une psychothérapie.
Par exemple, elle peut apprendre des stratégies d’organisation tout en travaillant :
anxiété ;
dépression ;
traumatisme ;
estime de soi.
Les deux interventions répondent à des objectifs différents.
Remédiation cognitive et TCC
Certaines méthodes partagent avec les TCC :
structure ;
objectifs ;
exercices ;
évaluation ;
travail entre les séances.
Mais la remédiation cognitive cible principalement le fonctionnement cognitif plutôt que la modification de croyances ou de comportements émotionnels.
Remédiation cognitive et neuropsychologie
La neuropsychologie joue un rôle majeur dans l’évaluation et la rééducation de certaines difficultés cognitives.
Après une lésion cérébrale, par exemple, le travail peut être très différent de celui proposé dans un programme destiné à une personne atteinte de schizophrénie.
Le terme commun ne signifie pas que les programmes sont interchangeables.
Traumatisme crânien
Après un traumatisme crânien, certaines difficultés peuvent concerner :
mémoire ;
attention ;
fatigabilité ;
planification ;
inhibition.
La remédiation peut faire partie d’une réadaptation multidisciplinaire.
Les objectifs sont alors individualisés en fonction des séquelles réelles.
Accident vasculaire cérébral
Après un AVC, certaines fonctions cognitives peuvent également être affectées.
Le travail dépend de :
la zone touchée ;
la gravité ;
les capacités préservées ;
l’évolution.
La prise en charge appartient alors à un cadre médical et de réadaptation plus large.
Maladies neurodégénératives
Dans certaines maladies neurodégénératives, l’objectif n’est pas nécessairement de restaurer durablement une fonction.
Le travail peut davantage viser :
maintien ;
adaptation ;
compensation ;
autonomie aussi longtemps que possible.
Les attentes doivent rester réalistes.
Vieillissement normal
Vieillir n’est pas une maladie cognitive.
Certaines performances évoluent naturellement avec l’âge.
Une personne peut avoir besoin de davantage de temps tout en conservant d’excellentes capacités de raisonnement et une grande richesse de connaissances.
Toute plainte de mémoire n’est pas une démence
Une personne qui oublie occasionnellement un nom ne présente pas automatiquement une maladie neurodégénérative.
Les plaintes doivent être replacées dans leur contexte.
Lorsqu’elles sont nouvelles, importantes ou progressives, une évaluation appropriée peut être nécessaire.
TDAH
Les personnes présentant un TDAH peuvent utiliser différentes stratégies compensatoires concernant :
organisation ;
gestion du temps ;
attention ;
mémoire de travail.
Certaines interventions cognitives ou métacognitives peuvent être intégrées à leur accompagnement.
Mais la remédiation cognitive ne constitue pas automatiquement le traitement unique du TDAH.
Autisme
Certaines personnes autistes peuvent bénéficier d’interventions ciblant des difficultés précises.
Mais il faut éviter de transformer la remédiation en programme destiné à rendre la personne artificiellement « normale ».
Les objectifs doivent améliorer :
autonomie ;
confort ;
fonctionnement choisi par la personne.
Ne pas entraîner quelqu’un à masquer son identité
Apprendre une stratégie utile n’est pas la même chose qu’exiger une conformité sociale permanente.
Cette distinction est particulièrement importante dans les approches contemporaines de la neurodiversité.
Dépression
Une dépression peut s’accompagner de difficultés :
attentionnelles ;
mnésiques ;
exécutives.
La personne peut avoir l’impression que son cerveau ne fonctionne plus comme auparavant.
Ces difficultés peuvent parfois diminuer avec l’amélioration de la dépression.
Dans certains cas, elles méritent un travail spécifique.
Anxiété
Une forte anxiété mobilise une partie importante de l’attention.
La personne surveille :
danger ;
erreurs ;
réactions corporelles.
Elle dispose alors de moins de ressources pour d’autres tâches.
Une plainte cognitive peut donc parfois être fortement liée à l’état anxieux.
Sommeil
Le manque de sommeil peut dégrader :
attention ;
mémoire ;
rapidité ;
prise de décision.
Avant de conclure à une déficience cognitive durable, il faut tenir compte de ces facteurs.
Médicaments et substances
Certains médicaments ou substances peuvent influencer le fonctionnement cognitif.
L’évaluation doit en tenir compte.
La remédiation ne doit pas servir à ignorer un facteur pharmacologique ou médical potentiellement modifiable.
Fatigue cognitive
Certaines personnes peuvent réaliser une tâche correctement pendant vingt minutes puis s’effondrer cognitivement.
Un score moyen peut masquer cette fatigabilité.
Le fonctionnement dans le temps doit donc être observé.
Apprendre à gérer l’énergie
Une stratégie peut consister à organiser les tâches exigeantes aux moments où la personne dispose de davantage de ressources.
Alterner :
effort ;
pause ;
activité moins exigeante.
La gestion cognitive rejoint alors la gestion de l’énergie.
Les pauses
Faire une pause n’est pas nécessairement abandonner.
Une pause planifiée peut préserver la qualité du travail.
L’objectif est d’éviter d’attendre l’épuisement complet avant de s’arrêter.
Généralisation
Le transfert des apprentissages constitue l’un des enjeux majeurs de la remédiation cognitive.
Une stratégie apprise en séance doit être testée :
à la maison ;
au travail ;
à l’école ;
dans les transports.
Puis discutée.
« Ça marchait ici, mais pas chez moi »
Cette information est précieuse.
Pourquoi ?
Trop de bruit ?
Trop d’étapes ?
Outil oublié ?
Fatigue ?
Stratégie trop compliquée ?
Le programme peut être ajusté.
Une stratégie doit être utilisable
Une méthode théoriquement excellente mais nécessitant quinze étapes sera peu utile si la personne oublie systématiquement l’étape numéro trois.
Une bonne stratégie doit correspondre aux capacités de celui qui l’utilise.
Simplifier
Parfois, le meilleur outil est extrêmement simple.
Toujours poser les clés au même endroit.
Toujours vérifier l’agenda après le petit-déjeuner.
Toujours préparer les médicaments de la semaine le même jour.
Les routines réduisent certaines demandes cognitives.
Les habitudes comme économie cognitive
Lorsque certaines actions deviennent automatiques, elles nécessitent moins de planification consciente.
La routine peut donc libérer des ressources pour d’autres tâches.
Elle ne doit toutefois pas devenir une rigidité empêchant toute adaptation.
Technologie
Smartphones et objets numériques peuvent devenir d’excellents outils compensatoires.
Alarmes.
Calendriers.
Listes.
GPS.
Notes vocales.
Photographies.
Ils externalisent une partie de la charge cognitive.
Externaliser n’est pas perdre ses capacités
Nous utilisons tous des outils cognitifs.
Personne n’attend d’un individu moderne qu’il mémorise tous ses numéros de téléphone.
La frontière entre capacité interne et aide externe est beaucoup moins importante que l’efficacité dans la vie réelle.
L’intelligence artificielle
Les outils d’intelligence artificielle peuvent également aider certaines personnes à :
organiser une information ;
reformuler une consigne ;
construire une liste ;
structurer un projet.
Ils peuvent devenir des outils compensatoires intéressants.
Mais ils présentent aussi des limites.
Ne pas déléguer sans vérifier
Une IA peut produire une réponse :
erronée ;
incomplète ;
inadaptée.
L’utilisateur doit conserver, autant que possible, des mécanismes de vérification.
La technologie aide la cognition.
Elle ne remplace pas nécessairement le jugement.
Jeux de société
Certains jeux mobilisent :
planification ;
mémoire ;
attention ;
flexibilité.
Ils peuvent être utilisés comme supports intéressants.
Mais jouer aux échecs ne constitue pas automatiquement une remédiation cognitive.
L’objectif thérapeutique et le transfert doivent être explicites.
Activité physique
L’activité physique peut avoir des effets bénéfiques sur plusieurs dimensions de la santé et du fonctionnement cognitif.
Elle peut compléter certaines prises en charge.
Mais une promenade ne remplace pas un programme de remédiation lorsque celui-ci est réellement indiqué.
Nutrition et cognition
Le fonctionnement cognitif dépend évidemment du fonctionnement général de l’organisme.
Mais il faut se méfier des produits promettant :
mémoire exceptionnelle ;
concentration instantanée ;
augmentation spectaculaire du QI.
La remédiation cognitive ne repose pas sur une pilule miracle.
Neuroplasticité
Le terme neuroplasticité est souvent utilisé pour justifier les programmes d’entraînement cognitif.
Le cerveau possède effectivement des capacités de modification liées à l’expérience et à l’apprentissage.
Mais :
« le cerveau est plastique »
ne signifie pas :
« n’importe quel exercice peut produire n’importe quelle amélioration ».
La neuroplasticité n’est pas magique
L’apprentissage est généralement :
spécifique ;
progressif ;
dépendant de l’entraînement ;
influencé par de nombreux facteurs.
Les promesses commerciales utilisant le mot neuroplasticité doivent donc être examinées avec prudence.
Intensité
Certains programmes nécessitent des séances régulières sur plusieurs semaines ou mois.
La dose d’entraînement peut avoir une importance.
Mais davantage n’est pas toujours mieux.
Fatigue et découragement peuvent réduire l’efficacité.
Individualiser
Le programme doit tenir compte :
des capacités ;
des difficultés ;
des objectifs ;
de la motivation ;
de la fatigue ;
de l’environnement.
Deux personnes ayant le même diagnostic peuvent avoir des profils cognitifs très différents.
Les forces cognitives
Une remédiation ne doit pas examiner uniquement ce qui fonctionne mal.
Les capacités préservées peuvent devenir des ressources.
Une personne possédant une excellente mémoire visuelle peut utiliser davantage :
schémas ;
couleurs ;
repères spatiaux.
Partir de ce qui fonctionne
Une stratégie compensatoire efficace utilise souvent les forces disponibles pour soutenir les fonctions plus fragiles.
Le programme devient ainsi moins centré sur le déficit.
Mesurer les progrès
Les progrès peuvent être évalués par :
tests ;
exercices ;
observations ;
auto-évaluation ;
objectifs fonctionnels.
Mais l’indicateur le plus important peut être :
« Est-ce que la personne fait davantage ce qu’elle voulait pouvoir faire ? »
Un score meilleur, mais une vie identique
Si les performances augmentent sur ordinateur mais que la personne ne parvient toujours pas à :
prendre le bus ;
faire ses courses ;
reprendre une activité ;
le bénéfice reste limité.
La mesure fonctionnelle est essentielle.
Un score identique, mais une vie améliorée
À l’inverse, une personne peut obtenir presque le même score à certains tests mais avoir appris à compenser suffisamment pour vivre plus facilement.
C’est également un succès.
Autonomie
L’objectif est progressivement que la personne puisse choisir elle-même :
quelle stratégie utiliser ;
quand l’utiliser ;
quand demander de l’aide.
Le professionnel ne doit pas devenir son système exécutif permanent.
« Faites à ma place »
Dans certaines phases, beaucoup d’aide peut être nécessaire.
Mais lorsque cela devient possible, l’aide peut être progressivement transformée en :
« Faisons ensemble. »
Puis :
« Essayez et nous vérifierons. »
Puis :
« Vous savez maintenant comment procéder. »
L’estime de soi
Les difficultés cognitives peuvent profondément atteindre l’image de soi.
La personne peut avoir été traitée de :
paresseuse ;
désorganisée ;
incapable.
Comprendre qu’une difficulté précise existe peut parfois réduire une culpabilité ancienne.
Mais le diagnostic ne doit pas devenir une prison
Passer de :
« Je suis nul »
à :
« Mon cerveau est incapable de faire cela »
ne constitue pas nécessairement un progrès suffisant.
Le travail doit aussi chercher les marges d’adaptation.
Famille et proches
Les proches peuvent être impliqués dans certains programmes.
Ils peuvent apprendre à :
donner des consignes plus claires ;
éviter de surcharger ;
utiliser des outils communs ;
soutenir l’autonomie.
Mais ils ne doivent pas devenir des surveillants permanents.
Aider sans infantiliser
Une personne adulte rencontrant des difficultés cognitives reste un adulte.
Parler lentement comme à un enfant ou décider systématiquement à sa place peut être profondément humiliant.
L’aide doit être proportionnée au besoin réel.
Les professionnels
Selon le contexte, la remédiation cognitive peut être proposée par différents professionnels formés, notamment dans les domaines de :
neuropsychologie ;
psychologie ;
ergothérapie ;
psychiatrie ;
réadaptation.
Les cadres professionnels varient selon les pays et les programmes.
Une formation spécifique
Faire utiliser une application cognitive ne suffit pas à constituer un programme de remédiation.
Le professionnel doit savoir :
évaluer ;
choisir les objectifs ;
adapter les tâches ;
analyser les stratégies ;
favoriser le transfert.
Les preuves scientifiques
La remédiation cognitive a fait l’objet de nombreuses recherches, particulièrement dans certains troubles comme la schizophrénie.
Les résultats soutiennent des améliorations possibles de certaines performances cognitives et du fonctionnement, particulièrement lorsque le travail est intégré à une réhabilitation plus large.
Mais les effets varient selon :
programmes ;
populations ;
objectifs ;
méthodes.
Le transfert reste central
Une intervention peut améliorer les performances cognitives mesurées sans produire automatiquement un changement massif de la vie quotidienne.
Les programmes les plus utiles cherchent donc explicitement à relier :
entraînement ;
stratégies ;
objectifs fonctionnels.
Les limites
La remédiation cognitive ne peut pas garantir :
récupération complète ;
retour au fonctionnement antérieur ;
amélioration de toutes les fonctions.
Certaines difficultés peuvent persister.
Le travail consiste alors aussi à construire une vie fonctionnelle avec ce qui reste fragile.
Restaurer ou contourner
Cette alternative est fondamentale.
Lorsque la fonction peut être améliorée, on l’entraîne.
Lorsqu’elle reste limitée, on peut chercher un autre chemin.
Très souvent, les deux sont combinés.
Une conception pragmatique de la réussite
La réussite n’est pas :
« Je n’ai plus aucune difficulté cognitive. »
Elle peut être :
« Je sais maintenant comment m’organiser malgré cette difficulté. »
Cette différence change profondément la manière d’évaluer le résultat.
À retenir
La remédiation cognitive regroupe des interventions destinées à améliorer ou compenser certaines difficultés concernant notamment :
l’attention ;
la mémoire ;
les fonctions exécutives ;
la vitesse de traitement ;
la cognition sociale.
Elle est utilisée dans différents contextes psychiatriques, neurologiques, neuropsychologiques et de réadaptation.
Elle peut utiliser :
exercices papier-crayon ;
programmes informatisés ;
stratégies métacognitives ;
outils compensatoires ;
tâches de la vie quotidienne.
Son objectif ne doit cependant pas se limiter à augmenter un score.
Le véritable enjeu est le transfert : ce qui est appris doit pouvoir aider la personne à mieux fonctionner dans son environnement réel.
La remédiation cognitive ne cherche pas non plus à rendre quelqu’un « plus intelligent ». Elle travaille des fonctions précises et peut utiliser les capacités préservées pour compenser celles qui restent fragiles.
Les outils extérieurs — agendas, listes, alarmes, routines, technologies — ne constituent pas des tricheries. Ils peuvent être des adaptations extrêmement efficaces.
Enfin, une intervention pertinente doit tenir compte des objectifs personnels. Reprendre un travail, étudier, vivre plus autonomement ou simplement réussir à organiser sa semaine possède davantage de sens qu’un score abstrait sur un écran.
La remédiation cognitive atteint probablement son objectif le plus important lorsque la personne cesse de mesurer sa valeur à ce que son cerveau réalise difficilement. Elle apprend ce qui fonctionne, ce qui reste fragile, ce qu’elle peut entraîner et ce qu’elle peut contourner. Le but n’est alors plus de réussir sans aucune aide : il est de disposer de suffisamment de stratégies pour que la difficulté cognitive cesse, autant que possible, de décider à sa place de ce qu’elle peut faire de sa vie.
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Contenu d’information générale. Les techniques de soin et leurs indications demandent une évaluation adaptée à la situation.