LA SANTÉ AVANT TOUT — FICHES

PSYCHOTHÉRAPIE DE SOUTIEN

LA SANTÉ AVANT TOUT · Psychothérapie

PSYCHOTHÉRAPIE DE SOUTIEN

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La psychothérapie de soutien est une approche thérapeutique destinée avant tout à aider une personne à maintenir, retrouver ou renforcer son équilibre psychologique, particulièrement lorsqu’elle traverse une période difficile ou lorsque ses ressources habituelles ne suffisent plus.

Elle peut accompagner :

une crise ;

une maladie ;

un deuil ;

une séparation ;

une période d’épuisement ;

une grande fragilité psychologique ;

une situation sociale difficile ;

une perte d’autonomie ;

un trouble psychique durable ;

ou une période pendant laquelle la personne a surtout besoin de pouvoir continuer à fonctionner sans être davantage déstabilisée.

Elle occupe une place particulière dans le champ des psychothérapies.

Son objectif n’est pas nécessairement de transformer profondément la personnalité, d’explorer systématiquement l’inconscient ou de remettre en question toutes les défenses psychologiques.

Parfois, la priorité est beaucoup plus immédiate :

tenir, retrouver des repères, comprendre ce qui arrive, préserver ce qui fonctionne encore et reconstruire progressivement suffisamment de stabilité pour continuer.

Soutenir n’est pas simplement écouter

Une conversation bienveillante peut apporter beaucoup.

Un proche peut écouter.

Un ami peut rassurer.

Une famille peut soutenir.

Mais une psychothérapie de soutien ne se réduit pas à :

« Je vous écoute, racontez-moi. »

Elle repose sur une relation thérapeutique structurée et sur des interventions adaptées à l’état et aux besoins de la personne.

Le thérapeute peut notamment :

écouter ;

clarifier ;

reformuler ;

rassurer lorsque cela est justifié ;

aider à organiser une situation ;

renforcer les capacités existantes ;

favoriser la résolution de problèmes ;

soutenir l’adaptation ;

aider à reconnaître les ressources disponibles ;

accompagner certaines décisions ;

prévenir une aggravation.

Pourquoi parle-t-on de « soutien » ?

Parce que la thérapie cherche souvent à soutenir les capacités psychologiques dont la personne dispose déjà.

Elle ne part pas nécessairement du principe qu’il faut déconstruire son fonctionnement avant de pouvoir l’aider.

Une personne traverse parfois une tempête.

Ce n’est pas nécessairement le moment de démonter le bateau pour étudier sa construction.

La première tâche peut être de l’aider à rester suffisamment stable pour traverser.

Une approche longtemps considérée comme secondaire

Historiquement, certaines traditions psychothérapeutiques ont parfois considéré les approches de soutien comme moins profondes ou moins prestigieuses que les thérapies dites exploratoires.

Cette hiérarchie est discutable.

Une intervention adaptée à la capacité actuelle de la personne peut être beaucoup plus thérapeutique qu’une exploration profonde réalisée au mauvais moment.

La profondeur n’est pas une valeur absolue.

Stabiliser

La stabilisation constitue souvent un objectif majeur.

Une personne peut arriver :

désorganisée ;

épuisée ;

angoissée ;

isolée ;

submergée par plusieurs problèmes simultanés.

Avant de travailler sur des questions complexes, il peut être nécessaire de retrouver :

un rythme ;

des repères ;

des soutiens ;

une capacité à réfléchir ;

une certaine continuité quotidienne.

Stabiliser ne signifie pas immobiliser

Le but n’est pas :

« Ne changeons surtout rien. »

Il s’agit de créer suffisamment de sécurité pour que le changement devienne possible sans provoquer davantage de désorganisation.

Une maison fragilisée ne se rénove pas nécessairement en commençant par abattre tous les murs.

Les ressources du Moi

Dans les traditions psychodynamiques, la psychothérapie de soutien a souvent été décrite comme visant à renforcer les fonctions du Moi.

Cela peut concerner notamment :

capacité à faire face à la réalité ;

régulation émotionnelle ;

jugement ;

organisation ;

contrôle des impulsions ;

relations ;

capacité à demander de l’aide ;

tolérance au stress.

Le vocabulaire varie aujourd’hui selon les orientations thérapeutiques.

Mais l’idée générale reste importante :

soutenir ce qui permet à la personne de fonctionner.

Soutenir les défenses utiles

Certaines psychothérapies cherchent à rendre les mécanismes de défense plus visibles.

La psychothérapie de soutien peut parfois choisir de ne pas confronter directement une défense lorsqu’elle joue encore un rôle protecteur important.

Toutes les défenses ne doivent pas être arrachées.

Exemple

Une personne vient de perdre brutalement un proche.

Elle parle de l’organisation des démarches administratives avec une grande maîtrise et très peu d’émotion.

Le thérapeute pourrait immédiatement interpréter :

« Vous intellectualisez pour ne pas ressentir votre douleur. »

Peut-être.

Mais cette manière de fonctionner lui permet peut-être actuellement d’accomplir ce qui doit être fait.

L’interprétation peut être exacte et pourtant inutile à cet instant.

Le bon moment

La psychothérapie de soutien accorde une grande importance au timing.

Une question peut être pertinente aujourd’hui.

Une autre dans trois mois.

Une autre peut ne jamais être nécessaire.

Le thérapeute ne cherche pas à démontrer qu’il a compris quelque chose avant que cette compréhension puisse réellement aider la personne.

La relation thérapeutique

La relation elle-même constitue un élément essentiel.

La personne peut trouver dans les séances :

continuité ;

prévisibilité ;

écoute ;

respect ;

stabilité.

Pour quelqu’un dont l’environnement est extrêmement instable, le simple fait de retrouver régulièrement un cadre fiable peut avoir une grande importance.

Une présence professionnelle stable

Le thérapeute ne devient pas :

un parent ;

un ami ;

un sauveur.

Mais il peut représenter une présence professionnelle constante.

La séance a lieu.

La parole peut être reprise.

Les événements peuvent être remis en ordre.

Cette continuité aide parfois à empêcher que chaque nouvelle difficulté efface complètement les repères précédents.

L’écoute active

Le thérapeute cherche à comprendre ce que vit la personne.

Il peut reformuler :

« Vous avez réussi à gérer la situation au travail, mais vous avez l’impression de vous effondrer dès que vous rentrez chez vous. »

Cette reformulation peut permettre à la personne de mieux percevoir son propre fonctionnement.

Clarifier

Lorsqu’une personne est submergée, tout peut sembler mélangé.

Problème financier.

Conflit familial.

Insomnie.

Peur.

Travail.

Santé.

Le thérapeute peut aider à séparer les éléments.

« Qu’est-ce qui nécessite une décision aujourd’hui ? »

« Qu’est-ce qui peut attendre ? »

« Sur quoi avez-vous une possibilité d’action ? »

Cette clarification réduit parfois une partie du sentiment de chaos.

Organiser sans commander

Aider à structurer une situation ne signifie pas décider à la place de la personne.

Le thérapeute peut aider à identifier plusieurs options.

Mais il ne devient pas le directeur de sa vie.

La résolution de problèmes

Certaines difficultés nécessitent une réflexion très concrète.

Une personne doit gérer simultanément :

une maladie ;

des rendez-vous ;

un travail ;

des enfants ;

des démarches administratives.

Le soutien psychothérapeutique peut inclure une aide à la hiérarchisation des problèmes.

Tout ne nécessite pas une interprétation psychologique.

Le concret peut être thérapeutique

Une personne extrêmement anxieuse parce qu’elle ne sait pas comment gérer les trois prochains jours peut bénéficier davantage d’une organisation concrète que d’une exploration immédiate de son enfance.

La psychothérapie de soutien accepte cette réalité.

Le présent

Le travail porte souvent fortement sur le présent.

Que se passe-t-il maintenant ?

Qu’est-ce qui est le plus difficile ?

Qu’est-ce qui aide ?

Qui peut soutenir la personne ?

Que peut-elle faire entre deux séances ?

Mais le passé n’est pas interdit.

Le passé lorsque nécessaire

Une histoire ancienne peut éclairer une réaction actuelle.

Le thérapeute peut l’explorer.

Mais il ne cherche pas nécessairement à ouvrir chaque chapitre de la biographie.

L’objectif reste de servir les besoins actuels.

Rassurer

La réassurance peut faire partie de la psychothérapie de soutien.

Mais elle doit être utilisée intelligemment.

Dire :

« Tout ira bien »

alors que personne ne peut le savoir n’est pas une intervention thérapeutique solide.

Une réassurance réaliste

Le thérapeute peut plutôt dire :

« Vous traversez quelque chose de très difficile, mais vous avez déjà identifié plusieurs personnes que vous pouvez appeler et nous pouvons organiser ensemble les prochaines étapes. »

La réassurance repose alors sur des éléments réels.

Le piège de la réassurance permanente

Certaines personnes anxieuses demandent continuellement :

« Vous êtes sûr que rien de grave ne va arriver ? »

Une réassurance répétée peut parfois soulager pendant quelques minutes puis renforcer le besoin de demander encore.

Le soutien ne consiste donc pas à répondre indéfiniment à chaque inquiétude par une garantie impossible.

Soutenir la capacité à tolérer l’incertitude

Le thérapeute peut progressivement aider la personne à passer de :

« Dites-moi que tout ira bien »

à :

« Je ne sais pas exactement ce qui va arriver, mais je sais mieux comment y faire face. »

Ce déplacement peut constituer un changement thérapeutique important.

Encourager

Le thérapeute peut souligner un effort réel.

« Vous aviez très peur de ce rendez-vous et vous y êtes allé malgré tout. »

Ce n’est pas une flatterie.

C’est la reconnaissance d’une capacité observable.

Les ressources

La personne peut oublier ses propres ressources lorsqu’elle traverse une période difficile.

Le thérapeute peut l’aider à identifier :

compétences ;

relations ;

expériences précédentes ;

stratégies efficaces ;

capacités d’adaptation.

Une ressource n’est pas une injonction à être forte

Dire à quelqu’un :

« Vous êtes forte, vous allez vous débrouiller »

peut parfois devenir une manière de ne pas entendre sa souffrance.

Reconnaître les ressources ne signifie pas exiger qu’elles fonctionnent en permanence.

Une personne solide peut aussi avoir besoin d’aide.

L’autonomie

La psychothérapie de soutien cherche idéalement à renforcer l’autonomie.

Le thérapeute peut être un appui.

Il ne doit pas devenir progressivement la seule personne capable de :

rassurer ;

décider ;

interpréter ;

autoriser.

Le risque de dépendance

Lorsqu’une thérapie apporte beaucoup de sécurité, la personne peut craindre de fonctionner sans elle.

Cette réaction doit pouvoir être travaillée.

Le soutien devient problématique s’il finit par transmettre implicitement :

« Sans moi, vous ne pouvez pas vous débrouiller. »

Soutenir n’est pas remplacer

Le thérapeute ne doit pas prendre la place :

de la famille ;

des amis ;

du médecin ;

des services sociaux ;

des collègues ;

des associations ;

de toutes les autres ressources de la personne.

Au contraire, la thérapie peut aider à reconstruire un réseau plus large.

L’isolement

La psychothérapie de soutien peut être particulièrement importante pour une personne très isolée.

Mais la séance ne doit pas devenir l’unique relation humaine de toute sa semaine sans que cette situation soit progressivement examinée.

Lorsque cela est possible, le travail peut favoriser la reconstruction de liens extérieurs.

Les crises de vie

La psychothérapie de soutien peut accompagner :

séparation ;

deuil ;

perte d’emploi ;

maladie ;

accident ;

difficultés familiales ;

migration ;

retraite ;

changement brutal de situation.

Ces événements ne constituent pas nécessairement des troubles psychologiques.

Ils peuvent néanmoins dépasser temporairement les capacités d’adaptation habituelles.

La maladie physique

Une maladie importante peut bouleverser :

identité ;

autonomie ;

projets ;

relations ;

travail ;

image corporelle.

Le soutien psychothérapeutique peut aider la personne à vivre avec ces changements.

Il ne traite pas la maladie physique elle-même.

Le patient ne doit pas devenir uniquement sa maladie

Les rendez-vous médicaux peuvent progressivement occuper toute la vie.

La psychothérapie peut maintenir un espace où la personne reste aussi :

parent ;

partenaire ;

professionnel ;

ami ;

créateur ;

citoyen ;

personne avec des désirs.

La maladie fait partie de son existence sans nécessairement devenir toute son identité.

Maladie chronique

Lorsque la maladie dure, le soutien peut également durer.

Les difficultés évoluent.

Diagnostic.

Traitement.

Adaptation.

Rechute éventuelle.

Perte de certaines capacités.

Nouvelles organisations.

La thérapie peut accompagner ces transitions sans prétendre qu’une acceptation définitive doit être atteinte une fois pour toutes.

L’acceptation n’est pas linéaire

Une personne peut avoir accepté une limitation hier et la détester aujourd’hui.

Elle peut aller bien pendant plusieurs mois puis être à nouveau bouleversée par une aggravation.

Ce mouvement n’est pas nécessairement un échec psychologique.

Les aidants

Les proches aidants peuvent également bénéficier d’une psychothérapie de soutien.

Ils peuvent vivre :

fatigue ;

culpabilité ;

colère ;

impuissance ;

tristesse ;

isolement.

Le thérapeute peut offrir un espace dans lequel ils n’ont pas à être constamment ceux qui tiennent pour les autres.

Le deuil

La psychothérapie de soutien peut accompagner le deuil sans chercher à transformer une réaction humaine normale en maladie.

Elle peut aider à :

mettre en mots ;

supporter certaines périodes ;

réorganiser le quotidien ;

traverser les anniversaires et dates importantes ;

faire une place au souvenir.

Soutenir sans accélérer

Le thérapeute ne doit pas imposer :

« Il faut tourner la page. »

Le deuil ne consiste pas nécessairement à effacer le lien.

Une personne peut continuer à aimer quelqu’un qui est mort tout en reconstruisant progressivement sa propre vie.

Les séparations

Après une rupture, la personne peut avoir besoin d’un espace pour :

comprendre ;

pleurer ;

retrouver une organisation ;

résister à certaines impulsions ;

prendre des décisions.

La thérapie de soutien peut être temporaire et centrée sur cette période.

Les pertes multiples

Certaines périodes concentrent plusieurs pertes.

Emploi.

Couple.

Santé.

Logement.

Décès.

La personne peut ne plus savoir quelle souffrance traiter en premier.

Le thérapeute peut l’aider à retrouver une hiérarchie suffisamment praticable.

Le traumatisme

Après un événement traumatique, le soutien peut constituer une première étape importante.

Sécurité.

Stabilisation.

Sommeil.

Entourage.

Besoins concrets.

La personne n’a pas nécessairement besoin d’une exploration immédiate et détaillée de l’événement.

Faire raconter n’est pas toujours aider

Obliger une personne à raconter immédiatement et en détail une expérience traumatique n’est pas automatiquement thérapeutique.

Le soutien peut respecter son rythme.

Elle peut commencer par parler des conséquences actuelles.

Troubles psychiques durables

La psychothérapie de soutien peut également être utilisée dans l’accompagnement de personnes présentant des troubles psychiques persistants.

L’objectif peut inclure :

prévenir les décompensations ;

maintenir les capacités ;

favoriser l’adhésion au projet de soins ;

améliorer le fonctionnement quotidien ;

soutenir les relations ;

renforcer l’autonomie.

Psychose

Dans certaines situations psychotiques, un travail de soutien peut être particulièrement adapté.

Le thérapeute cherche à maintenir :

relation ;

sécurité ;

repères ;

fonctionnement.

Il doit être prudent face aux interprétations susceptibles d’augmenter la désorganisation.

Ne pas confronter brutalement

Une personne exprime une conviction inhabituelle.

Le thérapeute n’est pas obligé de répondre :

« C’est faux, arrêtez de penser cela. »

Mais il ne doit pas non plus confirmer comme factuel ce qu’il ne peut pas établir.

Il peut travailler avec :

l’émotion ;

les conséquences ;

la sécurité ;

le vécu.

Une position intermédiaire

« Je comprends que cette expérience vous fasse très peur. Je ne peux pas confirmer l’explication que vous lui donnez, mais nous pouvons regarder ensemble ce qui vous aide à vous sentir davantage en sécurité. »

Cette position permet de respecter l’expérience sans valider automatiquement son interprétation.

Dépression

Dans une période dépressive, la psychothérapie de soutien peut aider à maintenir :

contact ;

rythme ;

activités minimales ;

relations ;

espoir réaliste.

Une personne profondément ralentie n’a pas toujours besoin d’un travail psychologique extrêmement exigeant.

Ne pas confondre encouragement et pression

« Faites un effort. »

« Pensez positif. »

« Sortez davantage. »

Ces phrases peuvent augmenter la culpabilité.

Le thérapeute cherche plutôt à construire des étapes réalistes.

Anxiété

Le soutien peut aider à :

comprendre certaines réactions ;

organiser les difficultés ;

identifier les ressources ;

limiter l’évitement ;

retrouver des repères.

Mais lorsqu’un trouble anxieux précis nécessite un traitement spécifique, une approche ciblée peut être plus appropriée.

Psychothérapie de soutien et traitement spécifique

La psychothérapie de soutien peut être :

le traitement principal ;

une phase d’un traitement ;

un complément ;

un accompagnement durable.

Elle n’a pas vocation à remplacer systématiquement les interventions plus spécifiques lorsqu’elles sont indiquées.

Le soutien pendant un traitement médical

Une personne peut suivre simultanément :

traitement médical ;

médicaments psychotropes ;

rééducation ;

psychothérapie de soutien.

Ces interventions ne sont pas nécessairement concurrentes.

Elles peuvent répondre à des besoins différents.

Le thérapeute et le médecin

Avec l’accord de la personne et lorsque cela est pertinent, une coordination peut être utile.

Mais le psychothérapeute ne modifie pas lui-même un traitement médical lorsqu’il n’est pas le professionnel habilité à le prescrire.

Les personnes âgées

La psychothérapie de soutien peut être particulièrement utile lors du vieillissement.

Elle peut accompagner :

pertes ;

deuils ;

changements physiques ;

retraite ;

dépendance ;

isolement ;

modification des rôles familiaux.

Vieillir n’est pas une maladie psychologique.

Mais cette période peut concentrer de nombreuses adaptations.

La dignité

Lorsqu’une personne perd certaines capacités, l’accompagnement ne doit pas la réduire à ce qu’elle ne peut plus faire.

Le soutien peut aussi aider à préserver :

choix ;

identité ;

participation ;

relations ;

sens.

Fin de vie

En fin de vie, les objectifs thérapeutiques changent.

Il ne s’agit pas nécessairement de transformer profondément le fonctionnement psychologique.

La présence, la parole, la peur, les relations, les regrets, les souhaits et le sens peuvent devenir centraux.

Le soutien peut être extrêmement concret et profondément humain.

Le thérapeute n’a pas à fabriquer la sérénité

Une personne en fin de vie peut être :

paisible ;

en colère ;

effrayée ;

triste ;

ambivalente.

La thérapie ne doit pas lui imposer une « belle acceptation ».

Elle peut accompagner ce qui existe réellement.

Les proches

Le soutien peut également concerner les proches pendant et après cette période.

Les besoins peuvent être différents de ceux de la personne malade.

Il faut éviter de transformer une séance en espace où chacun doit protéger émotionnellement les autres.

Les situations sociales difficiles

Certaines souffrances psychologiques sont fortement liées à :

précarité ;

violence ;

logement ;

discrimination ;

isolement ;

difficultés professionnelles.

La psychothérapie peut soutenir la personne.

Mais elle ne doit pas transformer un problème social réel en défaut psychologique individuel.

On ne respire pas un problème de logement

Une technique de relaxation peut réduire momentanément le stress.

Elle ne crée pas un appartement.

Cette distinction est fondamentale.

Le thérapeute peut aider la personne à faire face psychologiquement tout en reconnaissant que certaines solutions doivent venir de l’extérieur.

Orientation vers d’autres ressources

Un soutien efficace peut inclure l’identification de ressources adaptées :

services sociaux ;

associations ;

professionnels ;

groupes ;

structures d’aide.

Orienter n’est pas abandonner.

C’est reconnaître que la psychothérapie n’a pas à tout faire.

Les interventions éducatives

Le thérapeute peut fournir certaines informations.

Expliquer une réaction de stress.

Normaliser certaines réactions après une crise.

Clarifier ce qu’est une émotion.

Cette psychoéducation peut réduire la peur.

Normaliser sans banaliser

« Beaucoup de personnes réagissent ainsi après un événement de ce type »

peut être rassurant.

Mais cela ne signifie pas :

« Ce n’est rien. »

Une réaction peut être fréquente et extrêmement douloureuse.

Renforcer les réussites

Le thérapeute peut attirer l’attention sur les capacités mobilisées.

« Vous avez demandé de l’aide avant d’être complètement épuisée. »

Cette observation peut aider la personne à reconnaître une compétence qu’elle minimisait.

Le danger de l’optimisme obligatoire

La psychothérapie de soutien n’est pas une entreprise de pensée positive.

Certaines situations sont réellement mauvaises.

Une personne peut être confrontée à une perte irréversible.

Le thérapeute n’a pas besoin de transformer chaque catastrophe en « opportunité ».

Espoir réaliste

L’espoir peut parfois être :

« La situation ne redeviendra pas comme avant, mais vous pourrez probablement construire une autre manière de vivre avec ce qui s’est passé. »

L’espoir n’exige pas de nier la réalité.

La confrontation

Une thérapie de soutien peut aussi confronter.

Soutenir ne signifie pas approuver tout ce que fait la personne.

Le thérapeute peut dire :

« Vous me dites que cette relation vous détruit, mais vous continuez à répondre immédiatement à chaque message. Regardons ce qui se passe. »

La confrontation doit cependant rester proportionnée à la capacité actuelle de la personne.

Une confrontation au service du soutien

Le but n’est pas de secouer quelqu’un pour lui prouver qu’il peut supporter la vérité.

Il s’agit d’introduire suffisamment de réalité pour aider, sans provoquer inutilement une déstabilisation.

Les limites

Le thérapeute peut également aider la personne à poser des limites.

Avec :

famille ;

travail ;

proches ;

aidants ;

institutions.

Parfois, retrouver un peu de stabilité commence par réduire certaines sollicitations.

Le rythme

Certaines personnes ont besoin d’un suivi rapproché pendant une période.

Puis les séances peuvent s’espacer.

Hebdomadaire.

Puis toutes les deux semaines.

Puis mensuel.

Le rythme peut évoluer avec la situation.

Un soutien ponctuel

La psychothérapie de soutien peut être relativement courte.

Une crise survient.

Quelques séances permettent de retrouver suffisamment de stabilité.

La personne continue ensuite seule.

Il n’est pas nécessaire de transformer chaque demande d’aide en thérapie de plusieurs années.

Un soutien au long cours

Dans d’autres situations, notamment face à certaines difficultés chroniques ou à une vulnérabilité importante, un suivi de soutien peut durer longtemps.

La durée n’est pas en elle-même problématique.

La question est :

à quoi sert encore la thérapie ?
Réévaluer

Même un accompagnement de longue durée doit pouvoir être réévalué.

Qu’apporte-t-il ?

Les besoins ont-ils changé ?

Le rythme est-il encore adapté ?

La personne pourrait-elle espacer les séances ?

Un autre travail serait-il désormais possible ?

Le soutien ne doit pas devenir automatique.

La fin

La fin peut être progressive.

Les séances s’espacent.

La personne expérimente davantage d’autonomie.

Elle constate qu’elle peut traverser certaines difficultés sans avoir besoin d’un rendez-vous immédiat.

La thérapie cesse alors d’être un pilier permanent.

Pouvoir revenir

Mettre fin au suivi ne signifie pas nécessairement fermer définitivement la porte.

Savoir qu’une aide peut être redemandée plus tard peut paradoxalement faciliter l’autonomie.

La personne n’a pas besoin de conserver une thérapie uniquement par peur de ne plus jamais pouvoir être aidée.

Psychothérapie de soutien et psychothérapie psychodynamique

La psychothérapie de soutien possède des racines importantes dans la tradition psychodynamique.

Elle peut utiliser certaines connaissances concernant :

défenses ;

relations ;

transfert ;

fonctionnement psychique.

Mais elle se distingue généralement des approches plus exploratoires par une utilisation plus prudente de l’interprétation et un objectif plus directement stabilisateur.

Le transfert

La relation au thérapeute peut bien sûr réveiller des attentes relationnelles.

La personne peut craindre :

rejet ;

abandon ;

jugement.

Le thérapeute peut travailler ces réactions lorsqu’elles deviennent importantes.

Mais il n’a pas besoin d’interpréter chaque mouvement relationnel.

Le contre-transfert

Les réactions du thérapeute peuvent également fournir des informations.

Il peut se sentir :

très protecteur ;

impatient ;

impuissant.

Ces réactions doivent être examinées.

Une envie excessive de sauver la personne peut conduire le thérapeute à faire à sa place ce qu’elle pourrait progressivement faire elle-même.

Le syndrome du sauveur

Un thérapeute de soutien peut être particulièrement exposé à cette dérive.

Plus la personne semble fragile, plus il peut être tenté de :

décider ;

organiser ;

répondre en permanence ;

devenir indispensable.

Mais soutenir quelqu’un ne signifie pas prendre possession de sa vie.

La juste distance

La relation doit pouvoir être chaleureuse sans perdre son cadre.

Le thérapeute peut être humain.

Il peut exprimer de l’empathie.

Il n’a pas besoin de devenir froid pour rester professionnel.

Mais il doit conserver des limites permettant à la relation de rester thérapeutique.

Les contacts entre les séances

Dans certains cadres, des contacts supplémentaires peuvent être prévus.

Dans d’autres, non.

Les règles doivent être claires :

quand contacter ?

pour quoi ?

quelle réponse attendre ?

L’incertitude autour de ces limites peut elle-même devenir source d’angoisse.

Le cadre comme soutien

Horaires.

Fréquence.

Durée.

Modalités de contact.

Confidentialité.

Ces éléments peuvent sembler administratifs.

Ils participent pourtant à la sécurité de la relation.

Un cadre prévisible peut être particulièrement important lorsque la vie extérieure est chaotique.

Quand le soutien ne suffit plus

Une personne peut avoir besoin :

d’une psychothérapie plus spécifique ;

d’une évaluation psychiatrique ;

d’un traitement médical ;

d’une hospitalisation ;

d’une prise en charge spécialisée ;

d’une protection urgente ;

d’une aide sociale.

Reconnaître les limites de la psychothérapie de soutien fait partie de la qualité du travail.

Les situations de danger

Lorsqu’il existe un risque important pour la sécurité de la personne ou d’autrui, le thérapeute ne peut pas se contenter d’une écoute de soutien.

La sécurité devient prioritaire.

Le cadre professionnel et les procédures adaptées doivent être mobilisés.

Soutenir n’est pas minimiser

Une phrase comme :

« Vous allez y arriver »

peut être encourageante.

Mais elle peut aussi devenir une manière d’éviter la gravité de la situation.

Le véritable soutien commence souvent par :

« Oui, ce que vous traversez est difficile. Voyons ce qui peut vous aider à ne pas le traverser seul et sans ressources. »

Soutenir n’est pas infantiliser

Une personne vulnérable reste une personne capable de participer aux décisions qui la concernent.

Le thérapeute ne doit pas parler ou agir comme si la souffrance avait supprimé toute capacité de choix.

La personne reste actrice

Même lorsqu’elle reçoit beaucoup de soutien, elle peut :

choisir ;

essayer ;

refuser ;

proposer ;

modifier.

Le soutien thérapeutique vise idéalement à restaurer progressivement cette capacité d’action.

Une thérapie parfois discrète

La psychothérapie de soutien produit rarement l’image spectaculaire d’une transformation soudaine.

Ses réussites peuvent sembler modestes :

la personne continue à travailler ;

demande de l’aide avant de s’effondrer ;

retrouve un rythme ;

sort davantage ;

maintient ses relations ;

traverse une période difficile ;

évite une nouvelle désorganisation.

Pour celui qui regarde de l’extérieur, « rien d’extraordinaire » ne s’est produit.

Pour la personne, cela peut représenter énormément.

Maintenir est parfois un progrès

Dans une maladie évolutive ou une situation très difficile, l’objectif réaliste n’est pas toujours l’amélioration immédiate.

Maintenir un fonctionnement peut déjà constituer un résultat important.

La psychothérapie doit être capable de reconnaître cette réalité.

Et parfois le soutien ouvre une autre étape

Une personne retrouve progressivement suffisamment de stabilité.

Elle commence alors à vouloir comprendre davantage.

Explorer certaines répétitions.

Travailler un traumatisme.

Modifier des comportements.

La thérapie peut évoluer ou une autre approche peut prendre le relais.

Le soutien n’est donc pas nécessairement une destination définitive.

Il peut être un socle.

À retenir

La psychothérapie de soutien vise principalement à aider une personne à maintenir ou retrouver un équilibre psychologique suffisant lorsqu’elle traverse une période difficile, une crise, une maladie ou une situation de fragilité.

Elle peut utiliser :

écoute active ;

clarification ;

psychoéducation ;

réassurance réaliste ;

résolution de problèmes ;

renforcement des ressources ;

organisation ;

encouragement ;

soutien relationnel.

Elle ne cherche pas nécessairement à explorer profondément chaque conflit psychique ni à remettre en question toutes les défenses de la personne.

Certaines protections peuvent momentanément être nécessaires.

Le thérapeute doit alors savoir qu’une interprétation peut être théoriquement pertinente tout en étant thérapeutiquement malvenue.

La psychothérapie de soutien peut être ponctuelle ou s’inscrire dans un accompagnement plus long. Elle peut également constituer une étape avant un travail thérapeutique plus spécifique.

Soutenir ne signifie ni rassurer artificiellement, ni infantiliser, ni devenir indispensable. Le travail doit progressivement renforcer la capacité de la personne à utiliser ses propres ressources et celles de son environnement.

Toutes les psychothérapies n’ont pas besoin de bouleverser une vie pour être utiles. Il existe des moments où le travail essentiel consiste d’abord à empêcher que tout ce qui tient encore ne s’effondre, à consolider ce qui peut l’être et à rendre à la personne suffisamment d’appui pour qu’elle puisse de nouveau avancer par elle-même. Dans ces moments-là, soutenir n’est pas faire moins de thérapie : c’est faire exactement celle dont la personne a besoin.

Contenu d’information générale. Les techniques de soin et leurs indications demandent une évaluation adaptée à la situation.