LA SANTÉ AVANT TOUT · Psychothérapie
PSYCHANALYSE
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La psychanalyse occupe une place particulière dans l’histoire de la psychothérapie.
Elle a profondément influencé notre manière de penser :
l’inconscient ;
les conflits psychiques ;
l’enfance ;
les rêves ;
les mécanismes de défense ;
les relations ;
la répétition ;
la sexualité ;
la parole thérapeutique ;
et la relation entre le patient et le thérapeute.
Une grande partie du vocabulaire psychologique courant porte encore sa trace.
« Refoulement ».
« Projection ».
« Déni ».
« Transfert ».
« Acte manqué ».
Certains de ces concepts ont été repris, modifiés ou étudiés par d’autres courants. D’autres restent étroitement liés aux théories psychanalytiques.
Mais parler aujourd’hui de la psychanalyse comme s’il s’agissait d’une doctrine unique, demeurée inchangée depuis Sigmund Freud, serait trompeur.
Plus d’un siècle de théories, de controverses et d’évolutions sépare les premières formulations freudiennes de nombreuses pratiques psychanalytiques contemporaines.
Sigmund Freud et la naissance de la psychanalyse
La psychanalyse est historiquement associée à Sigmund Freud, médecin neurologue autrichien né en 1856.
À la fin du XIXe siècle et au début du XXe, Freud développe progressivement une théorie du fonctionnement psychique et une méthode thérapeutique fondée notamment sur l’exploration de processus inconscients.
Ses conceptions évolueront considérablement au cours de son œuvre.
La psychanalyse naît donc à la fois comme :
méthode d’investigation du psychisme ;
théorie du fonctionnement psychique ;
méthode thérapeutique.
Ces dimensions resteront étroitement liées.
L’idée d’inconscient
Freud n’a pas inventé l’idée que certaines activités psychiques puissent échapper à la conscience.
Mais il lui a donné une place centrale dans son système.
Dans la perspective psychanalytique, nous ne connaissons pas nécessairement toutes les forces qui influencent :
nos choix ;
nos réactions ;
nos relations ;
nos symptômes ;
nos répétitions.
La conscience ne représenterait donc qu’une partie de la vie psychique.
L’inconscient n’est pas une petite personne cachée
Il est facile de parler de l’inconscient comme d’un personnage :
« Mon inconscient sait. »
« Mon inconscient veut me dire quelque chose. »
Cette personnification peut être commode, mais elle simplifie énormément la question.
Les modèles contemporains de processus non conscients en psychologie et en neurosciences ne correspondent pas nécessairement à l’inconscient tel qu’il est conceptualisé dans les différentes traditions psychanalytiques.
Il faut donc éviter de considérer toutes ces notions comme parfaitement équivalentes.
Le conflit psychique
Dans la théorie psychanalytique, une personne peut être traversée par des désirs, des interdits, des peurs et des exigences contradictoires.
Elle peut vouloir quelque chose et simultanément le craindre.
Souhaiter se rapprocher et vouloir fuir.
Chercher la réussite et redouter ce qu’elle implique.
Le symptôme peut alors être compris, dans certaines formulations analytiques, comme lié à des conflits dont tous les éléments ne sont pas directement accessibles à la conscience.
La première topique
Freud a proposé différents modèles du psychisme.
Dans une première organisation théorique, il distingue notamment :
le conscient ;
le préconscient ;
l’inconscient.
Cette représentation vise à penser différents niveaux d’accessibilité des contenus psychiques.
Elle appartient à l’histoire conceptuelle de la psychanalyse et ne doit pas être confondue avec une cartographie anatomique du cerveau.
Ça, Moi et Surmoi
Freud développera ensuite un autre modèle, souvent appelé seconde topique.
Il distingue :
le Ça ;
le Moi ;
le Surmoi.
Ces termes décrivent des fonctions ou instances théoriques.
Ils ne correspondent pas à trois zones anatomiques du cerveau.
Le Ça
Dans le modèle freudien, le Ça est associé notamment aux pulsions et aux tendances cherchant une satisfaction.
Il ne fonctionne pas comme un personnage rationnel.
Il représente une dimension de la vie psychique largement inconsciente.
Le Moi
Le Moi doit composer avec :
la réalité ;
les pulsions ;
les exigences internes ;
les contraintes ;
les relations.
Il joue notamment un rôle dans l’adaptation et la régulation.
La conception psychanalytique du Moi évoluera beaucoup après Freud.
Le Surmoi
Le Surmoi est notamment associé à l’intériorisation d’interdits, d’exigences et d’idéaux.
Une personne peut ainsi posséder un Surmoi particulièrement sévère.
Elle ne se contente pas de reconnaître une erreur.
Elle se condamne.
« Tu aurais dû savoir. »
« Tu n’as pas le droit d’échouer. »
« Tu dois être irréprochable. »
Cette conception a influencé de nombreuses réflexions sur la culpabilité et l’autocritique.
Les pulsions
La théorie freudienne accorde une place centrale aux pulsions.
Freud modifiera plusieurs fois sa théorie pulsionnelle.
Certaines formulations historiques, notamment autour de la sexualité, ont été extrêmement influentes mais aussi vivement discutées.
Il est important de les présenter comme appartenant à un système théorique et à une histoire intellectuelle, non comme des faits scientifiques contemporains unanimement établis.
La sexualité infantile
L’une des propositions les plus controversées de Freud fut l’idée d’une sexualité infantile.
Le terme ne désignait pas simplement la sexualité adulte transposée chez l’enfant.
Freud décrivait un développement de la recherche de plaisir corporel et proposait différentes phases psychosexuelles.
Plusieurs de ses formulations spécifiques ne disposent pas aujourd’hui du statut scientifique que leur attribuaient les premiers psychanalystes.
Les stades psychosexuels
La théorie freudienne classique distingue notamment les phases :
orale ;
anale ;
phallique ;
de latence ;
génitale.
L’idée qu’une difficulté particulière chez l’adulte pourrait être déduite directement d’une fixation à l’un de ces stades appartient au modèle psychanalytique historique.
Elle ne doit pas être présentée comme une correspondance scientifiquement démontrée permettant de diagnostiquer une personne.
Le complexe d’Œdipe
Le complexe d’Œdipe est l’un des concepts freudiens les plus connus.
Dans la théorie classique, il concerne une organisation particulière des désirs, rivalités et identifications de l’enfant au sein du triangle familial.
Il a occupé une place majeure dans l’histoire de la psychanalyse.
Mais son universalité et certaines de ses formulations ont été largement contestées.
Les structures familiales, les connaissances sur le développement et les conceptions contemporaines de l’enfance invitent à beaucoup plus de prudence qu’au début du XXe siècle.
L’enfant réel ne doit pas disparaître derrière la théorie
Une théorie du développement peut fournir des hypothèses.
Elle ne doit pas conduire à faire entrer automatiquement chaque enfant dans un scénario préétabli.
Le risque apparaît lorsque le thérapeute ne demande plus :
« Que se passe-t-il pour cet enfant ? »
mais :
« Comment vais-je retrouver dans son histoire ce que ma théorie prévoit déjà ? »
Une théorie devient alors une grille fermée.
Le refoulement
Le refoulement occupe une place importante dans la théorie freudienne.
Il désigne un processus par lequel certains contenus seraient maintenus hors de la conscience en raison du conflit ou de l’angoisse qu’ils provoqueraient.
Le concept a profondément marqué la culture populaire.
Mais il ne faut pas le confondre automatiquement avec les mécanismes contemporains de la mémoire, de l’oubli ou de l’évitement.
Refoulement et mémoire traumatique
Cette distinction est particulièrement importante.
L’idée selon laquelle tout traumatisme serait conservé intact dans l’inconscient puis pourrait être récupéré exactement des années plus tard est une simplification dangereuse.
La mémoire humaine est reconstructive.
Des événements peuvent être oubliés puis rappelés.
Des souvenirs peuvent évoluer.
Des erreurs et influences sont également possibles.
Le thérapeute ne doit donc pas partir du principe qu’un symptôme actuel prouve nécessairement l’existence d’un traumatisme refoulé précis.
Les mécanismes de défense
La psychanalyse a développé une réflexion considérable autour des mécanismes de défense.
Anna Freud a joué un rôle important dans leur conceptualisation.
Parmi les mécanismes traditionnellement décrits figurent notamment :
déni ;
projection ;
rationalisation ;
déplacement ;
formation réactionnelle ;
sublimation ;
refoulement.
D’autres traditions psychanalytiques ont ensuite enrichi ces classifications.
Une défense n’est pas nécessairement mauvaise
Les mécanismes de défense peuvent être compris comme des manières de gérer des expériences psychiquement difficiles.
Ils peuvent être plus ou moins souples, coûteux ou adaptés selon les situations.
L’objectif thérapeutique n’est donc pas nécessairement de « supprimer les défenses ».
Une personne a parfois construit certaines protections parce qu’elle en avait besoin.
Le travail consiste plutôt à comprendre leur fonction et à développer davantage de possibilités.
L’association libre
L’une des méthodes emblématiques de la psychanalyse est l’association libre.
Le patient est invité à dire autant que possible ce qui lui vient à l’esprit, sans sélectionner uniquement ce qui lui paraît :
important ;
logique ;
acceptable ;
intelligent.
Une idée peut conduire à une autre.
Puis à un souvenir.
Une image.
Une émotion.
Une contradiction.
Le thérapeute écoute la manière dont cette chaîne se construit.
« Dire tout ce qui vient »
En pratique, personne ne peut réellement dire tout ce qui traverse son esprit.
Nous sélectionnons continuellement.
Nous hésitons.
Nous avons honte.
Nous oublions.
Nous changeons de sujet.
Ces difficultés elles-mêmes peuvent devenir un matériau de travail analytique.
Le silence
Le silence possède une place particulière dans certaines pratiques psychanalytiques.
Le thérapeute peut intervenir relativement peu afin de laisser davantage de place aux associations du patient.
Mais la quantité de silence varie considérablement selon :
l’école ;
le thérapeute ;
le patient ;
la situation clinique.
La caricature du psychanalyste ne prononçant presque aucun mot pendant des années ne représente pas toutes les pratiques analytiques.
Le divan
Le divan constitue probablement l’image la plus célèbre de la psychanalyse.
Dans la cure classique, le patient peut être allongé tandis que l’analyste se trouve hors de son champ visuel.
Cette disposition vise notamment à faciliter l’association libre et à réduire certaines sollicitations de l’interaction face à face.
Mais toutes les thérapies d’inspiration psychanalytique n’utilisent pas le divan.
Face à face
De nombreuses psychothérapies psychodynamiques ou psychanalytiques contemporaines se déroulent en face à face.
Le cadre peut également être moins intensif que la cure analytique classique.
Il existe donc un continuum de pratiques plutôt qu’un modèle unique.
La cure classique
Historiquement, une psychanalyse classique peut comporter plusieurs séances par semaine et s’étendre sur une longue période.
Cette intensité vise un travail approfondi sur les processus psychiques et la relation analytique.
Mais elle implique également :
temps ;
coût ;
disponibilité ;
engagement important.
Elle n’est donc pas adaptée ou accessible à tout le monde.
Le transfert
Le transfert constitue un concept central.
Dans une définition simplifiée, le patient peut actualiser dans la relation thérapeutique des attentes, émotions et manières de se relier construites dans d’autres relations importantes.
Il peut, par exemple, s’attendre à être jugé par le thérapeute comme il l’a souvent été ailleurs.
Le thérapeute devient-il vraiment le parent ?
Non.
Le patient sait généralement que son thérapeute n’est pas son père, sa mère ou son ancien partenaire.
Le transfert ne signifie pas nécessairement confusion littérale.
Il concerne la manière dont des modèles relationnels peuvent influencer l’expérience actuelle de la relation thérapeutique.
Exemple
Une patiente dit :
« Vous allez sûrement penser que je suis ridicule. »
Le thérapeute pourrait simplement répondre :
« Non. »
Mais il peut aussi explorer :
« Qu’est-ce qui vous fait imaginer que je pourrais vous trouver ridicule ? »
Cette question peut faire apparaître une attente relationnelle répétitive.
Le transfert positif
Le patient peut éprouver :
confiance ;
admiration ;
attachement ;
affection.
Ces sentiments peuvent soutenir le travail.
Mais ils doivent également pouvoir être examinés lorsque leur intensité ou leur fonction devient importante.
Le transfert négatif
Le patient peut aussi éprouver :
irritation ;
méfiance ;
colère ;
déception ;
sentiment d’être rejeté.
Ces réactions ne signifient pas nécessairement que la thérapie échoue.
Elles peuvent fournir des informations sur ce qui se passe dans la relation.
Mais attention : tout mécontentement du patient ne doit pas être automatiquement interprété comme un transfert.
Le thérapeute peut réellement se tromper
Si un patient dit :
« Votre remarque m’a blessé »,
le thérapeute ne peut pas systématiquement répondre :
« Vous projetez votre relation avec votre père. »
Peut-être sa remarque était-elle réellement maladroite.
Le concept de transfert ne doit jamais devenir un bouclier protégeant le thérapeute contre toute critique.
Le contre-transfert
Le contre-transfert désigne, selon les conceptions, les réactions émotionnelles du thérapeute envers le patient.
Historiquement considéré principalement comme un obstacle, il a progressivement été pensé par de nombreux courants comme une source potentielle d’information clinique, à condition d’être travaillé avec prudence.
Le thérapeute possède lui aussi une histoire
Un thérapeute peut ressentir :
irritation ;
envie de protéger ;
ennui ;
admiration ;
impuissance.
Ces réactions peuvent être liées à la relation thérapeutique.
Mais elles peuvent également venir de sa propre histoire.
Il doit donc éviter de considérer chaque émotion personnelle comme une vérité sur le patient.
Supervision et travail personnel
Dans de nombreuses formations psychanalytiques, une place importante est accordée :
à l’analyse personnelle ;
à la supervision ;
à l’étude théorique.
L’idée est notamment que le thérapeute doit connaître autant que possible ses propres zones sensibles afin de limiter leur intrusion dans le travail clinique.
La résistance
La psychanalyse utilise également le concept de résistance.
La personne peut éviter certains sujets.
Oublier.
Changer de conversation.
Arriver en retard.
Intellectualiser.
Mais ce concept demande beaucoup de prudence.
Le piège de la résistance
Si chaque désaccord du patient devient :
« Vous résistez »,
la théorie devient impossible à contester.
Le patient accepte l’interprétation : elle est vraie.
Il la refuse : son refus prouve qu’elle est vraie.
Ce raisonnement circulaire est problématique.
Une personne peut refuser une interprétation simplement parce qu’elle est mauvaise.
Le thérapeute n’a pas toujours raison
Cette règle devrait rester fondamentale.
Une interprétation est une proposition de compréhension.
Elle peut être :
pertinente ;
partiellement pertinente ;
inutile ;
ou complètement erronée.
Le patient n’a pas l’obligation de reconnaître une vérité simplement parce que le thérapeute l’a formulée.
L’interprétation
L’interprétation constitue l’un des outils traditionnels de la psychanalyse.
Le thérapeute peut proposer un lien entre différents éléments :
une réaction actuelle ;
un souvenir ;
une répétition ;
la relation thérapeutique.
Une bonne interprétation ne devrait pas fonctionner comme un verdict.
Elle devrait ouvrir une possibilité de réflexion.
Le moment de l’interprétation
Même une hypothèse pertinente peut être inutile si elle arrive au mauvais moment.
Une personne peut ne pas disposer encore des éléments nécessaires pour la comprendre.
Ou elle peut être trop déstabilisée.
La compétence ne consiste donc pas seulement à produire des interprétations intelligentes.
Elle consiste également à savoir :
quand parler ;
comment parler ;
et quand ne pas interpréter.
La répétition
La psychanalyse s’intéresse beaucoup aux répétitions.
Une personne constate :
« Je choisis toujours des partenaires indisponibles. »
« Je finis toujours par quitter quand quelqu’un se rapproche. »
« Je me retrouve continuellement dans le rôle de celui qui sauve tout le monde. »
Le travail peut chercher à comprendre ce qui organise ces répétitions.
Répéter n’est pas nécessairement vouloir souffrir
Il serait culpabilisant de conclure :
« Vous choisissez inconsciemment votre malheur. »
Une répétition peut être influencée par :
apprentissages ;
attentes relationnelles ;
environnement ;
opportunités ;
peurs ;
habitudes ;
contexte social.
L’hypothèse inconsciente peut être explorée sans devenir une explication totale.
La compulsion de répétition
Freud développa le concept de compulsion de répétition pour penser certaines répétitions qui semblaient dépasser la simple recherche de plaisir.
Ce concept a beaucoup influencé la réflexion psychanalytique sur le traumatisme et les relations.
Il appartient toutefois à un cadre théorique et ne doit pas devenir une formule automatique expliquant toutes les répétitions humaines.
Les rêves
L’interprétation des rêves constitue un autre élément emblématique de la psychanalyse.
Freud publie en 1900 L’Interprétation du rêve, ouvrage majeur dans l’histoire de son système théorique.
Il considère le rêve comme une voie importante d’accès aux processus inconscients.
Contenu manifeste et contenu latent
Dans la théorie freudienne classique, on distingue notamment :
le contenu manifeste — le rêve tel qu’il est raconté ;
le contenu latent — les significations ou pensées supposées sous-jacentes.
Le travail analytique cherche alors moins un dictionnaire universel des rêves que les associations du rêveur.
Pas de dictionnaire universel
Rêver d’un serpent ne signifie pas automatiquement la même chose pour tout le monde.
Pour l’un :
peur.
Pour l’autre :
animal fascinant.
Pour un troisième :
souvenir d’enfance.
L’association personnelle est plus importante qu’une traduction symbolique préfabriquée.
Le rêve n’est pas une preuve
Un rêve peut être psychologiquement intéressant.
Mais rêver d’un événement ne prouve pas qu’il s’est produit.
Un thérapeute ne devrait jamais conclure :
« Si vous en rêvez, c’est forcément un souvenir refoulé. »
Le rêve peut mêler souvenirs, émotions, préoccupations, imagination et associations.
Les actes manqués
Freud s’est également intéressé aux :
lapsus ;
oublis ;
erreurs ;
actes manqués.
Certains pourraient, selon lui, révéler des processus inconscients.
L’idée est entrée profondément dans la culture populaire.
« Un lapsus révélateur. »
Mais tous les lapsus ne possèdent pas nécessairement une signification cachée.
Nous pouvons simplement :
nous tromper ;
être fatigués ;
confondre deux mots ;
oublier.
L’humour
Freud s’est aussi intéressé au mot d’esprit et à l’humour.
Plus largement, la psychanalyse a étudié la manière dont l’humour peut permettre d’exprimer indirectement :
agressivité ;
sexualité ;
angoisse ;
critique ;
tension.
Mais, là encore, rire ne signifie pas nécessairement cacher quelque chose.
L’humour peut simplement être du plaisir.
Les symptômes
Dans la tradition psychanalytique, un symptôme peut être interrogé pour sa fonction et sa signification psychique.
Pourquoi apparaît-il ?
Dans quel contexte ?
Que permet-il ?
Que protège-t-il ?
Ces questions peuvent être utiles.
Mais elles doivent rester compatibles avec une autre règle fondamentale :
un symptôme physique ne doit pas être psychologisé avant qu’une cause médicale nécessitant une prise en charge ait été considérée.
« Votre corps parle »
Cette expression peut parfois être utilisée comme métaphore.
Mais elle devient problématique lorsqu’elle est transformée en certitude.
Migraine = conflit précis.
Cancer = émotion refoulée.
Douleur lombaire = manque de soutien.
Ces équivalences ne sont pas scientifiquement justifiées.
La psychanalyse ne devrait pas devenir un dictionnaire symbolique du corps.
Psychosomatique
Les relations entre facteurs psychologiques et fonctionnement corporel sont réelles et complexes.
Stress, comportements, sommeil, système nerveux et nombreux autres facteurs peuvent interagir avec la santé.
Mais reconnaître ces interactions ne permet pas d’attribuer automatiquement une maladie à un conflit inconscient.
La prudence est indispensable.
L’enfance
La psychanalyse a énormément contribué à placer l’enfance au centre de la réflexion psychologique.
Les premières relations peuvent évidemment avoir une importance majeure.
Mais une personne adulte n’est pas simplement le résultat mécanique de ses cinq premières années.
Elle continue à être influencée par :
relations ultérieures ;
événements ;
apprentissages ;
environnement ;
choix ;
changements.
Tout ne vient pas des parents
Une psychothérapie qui ramène systématiquement chaque problème aux parents devient réductrice.
Les parents peuvent avoir joué un rôle important.
Mais il existe également :
tempérament ;
biologie ;
pairs ;
école ;
société ;
travail ;
relations amoureuses ;
événements imprévisibles.
Une histoire humaine possède rarement une seule cause.
La mère n’explique pas tout
L’histoire de la psychanalyse contient de nombreuses théories ayant parfois attribué une responsabilité excessive aux mères dans certaines difficultés psychologiques ou développementales.
Certaines de ces formulations ont été abandonnées ou fortement contestées.
La culpabilisation parentale n’est pas une explication scientifique.
Les développements après Freud
La psychanalyse s’est rapidement diversifiée.
Parmi les figures importantes figurent notamment :
Carl Gustav Jung ;
Alfred Adler ;
Melanie Klein ;
Anna Freud ;
Donald Winnicott ;
Jacques Lacan ;
et de nombreux autres auteurs.
Certains se sont éloignés fortement de Freud.
D’autres ont développé des branches particulières de la tradition psychanalytique.
Jung
Carl Gustav Jung collabora d’abord avec Freud avant de s’en éloigner.
Il développa la psychologie analytique, avec des concepts tels que :
inconscient collectif ;
archétypes ;
individuation ;
persona ;
ombre.
La psychologie jungienne possède sa propre tradition et ne doit pas être assimilée sans nuance à la psychanalyse freudienne.
Adler
Alfred Adler développa la psychologie individuelle.
Il s’intéressa notamment :
au sentiment d’infériorité ;
à la compensation ;
aux buts ;
au contexte social.
Lui aussi s’éloigna de Freud et construisit une orientation distincte.
Melanie Klein
Melanie Klein développa une approche majeure de la psychanalyse de l’enfant et des relations d’objet.
Elle accorda une grande importance aux relations précoces et aux fantasmes inconscients.
Ses concepts ont profondément influencé certaines traditions psychanalytiques, tout en restant théoriquement controversés.
Anna Freud
Anna Freud contribua particulièrement au développement de la psychanalyse de l’enfant et à l’étude des mécanismes de défense du Moi.
Son travail a joué un rôle important dans l’évolution de la théorie psychanalytique après Freud.
Winnicott
Donald Winnicott, pédiatre et psychanalyste britannique, a notamment développé des concepts devenus célèbres :
« mère suffisamment bonne » ;
objet transitionnel ;
vrai self ;
faux self ;
espace transitionnel.
Certaines de ses idées ont largement dépassé le cercle psychanalytique.
L’objet transitionnel
Un enfant peut s’attacher à :
une couverture ;
une peluche ;
un tissu.
Winnicott s’est intéressé à ces objets dans le processus de développement.
L’objet transitionnel se situe dans une zone particulière entre expérience interne et monde externe.
Le concept a eu une influence importante sur la réflexion autour du jeu et du développement.
« Mère suffisamment bonne »
La formule est souvent mal comprise.
Elle ne signifie pas :
« une mère médiocre suffit ».
Elle souligne plutôt qu’un développement humain n’exige pas un parent parfaitement adapté à chaque instant.
L’ajustement comporte nécessairement des imperfections.
La perfection parentale n’existe pas.
Lacan
Jacques Lacan a profondément marqué la psychanalyse française.
Il a notamment accordé une place majeure :
au langage ;
au symbolique ;
à l’imaginaire ;
au réel ;
à la structure du sujet.
Son œuvre est complexe et possède un vocabulaire spécifique.
Elle ne peut être réduite à quelques slogans sans perdre une grande partie de son sens.
Les séances à durée variable
Certaines pratiques lacaniennes ont notamment utilisé des séances de durée variable ou des interruptions particulières de séance.
Ces pratiques ont suscité et suscitent encore des débats.
Elles ne représentent pas toutes les psychanalyses.
Les relations d’objet
Plusieurs courants psychanalytiques ont déplacé l’attention depuis les pulsions vers les relations.
La manière dont les relations précoces sont intériorisées peut, selon ces modèles, influencer les attentes relationnelles ultérieures.
Ces approches ont fortement contribué au développement des psychothérapies psychodynamiques contemporaines.
Psychanalyse relationnelle et intersubjective
Des courants plus récents ont davantage insisté sur la relation réelle entre patient et thérapeute.
Le thérapeute n’est plus nécessairement pensé comme un observateur neutre situé hors du champ.
Il participe lui aussi à une relation.
Cette évolution a profondément modifié certaines pratiques analytiques contemporaines.
Neutralité du thérapeute
La neutralité analytique historique ne signifie pas nécessairement froideur ou absence d’humanité.
Elle vise notamment à éviter que le thérapeute utilise la thérapie pour imposer :
ses valeurs ;
ses besoins ;
ses choix de vie.
Mais une neutralité transformée en distance glaciale peut nuire à l’alliance.
Le thérapeute réel existe
Même silencieux, le thérapeute communique.
Son ton.
Son visage.
Son cabinet.
Ses horaires.
Sa manière de répondre.
Tout cela fait partie de la relation.
L’idée d’un thérapeute totalement neutre et invisible est donc difficile à soutenir littéralement.
La frustration
Certaines traditions analytiques ont accordé une place à la frustration thérapeutique.
Le thérapeute ne répond pas à toutes les demandes comme le ferait un ami ou un proche.
Cette limite peut être importante.
Mais frustrer volontairement le patient n’est pas un objectif en soi.
La privation n’est pas automatiquement thérapeutique.
La dépendance thérapeutique
Une analyse longue peut créer un lien extrêmement important.
Ce lien peut soutenir un travail profond.
Mais il faut également réfléchir à l’autonomie.
Une thérapie ne devrait pas devenir indéfiniment indispensable simplement parce que toute envie de partir est interprétée comme une résistance.
La fin d’une analyse
La fin peut constituer un travail important.
Pourquoi maintenant ?
Qu’est-ce qui a changé ?
Que reste-t-il ?
Que signifie quitter cette relation ?
Une analyse n’a pas nécessairement besoin de résoudre chaque conflit humain avant de pouvoir se terminer.
Une vie sans aucun conflit psychique n’est pas un objectif réaliste.
Psychanalyse et psychothérapie psychodynamique
Ces termes sont parfois utilisés de manière interchangeable, mais il est utile de les distinguer.
La psychanalyse classique implique traditionnellement :
une fréquence élevée ;
un travail approfondi du transfert ;
l’association libre ;
souvent le divan ;
une durée potentiellement importante.
La psychothérapie psychodynamique, que nous étudierons séparément, reprend de nombreux concepts issus de la psychanalyse mais peut être :
plus structurée ;
moins fréquente ;
plus focalisée ;
plus adaptée à certains objectifs précis.
La psychanalyse aujourd’hui
La pratique contemporaine est beaucoup plus diverse que son image historique.
Certains analystes restent proches du modèle classique.
D’autres travaillent en face à face.
Certains utilisent davantage la relation.
Certains intègrent des connaissances issues :
de l’attachement ;
du développement ;
de la recherche sur les psychothérapies ;
des neurosciences.
Il n’existe donc pas une seule manière contemporaine d’être psychanalyste.
Que cherche une psychanalyse ?
Selon les écoles, les objectifs peuvent varier.
Mais on retrouve souvent :
comprendre certains conflits ;
identifier des répétitions ;
élargir la connaissance de soi ;
travailler les relations ;
assouplir certaines défenses ;
mettre en mots des expériences ;
augmenter la liberté face à certains automatismes psychiques.
La disparition rapide d’un symptôme n’est pas toujours le seul objectif.
Comprendre n’est pas toujours changer
Une personne peut parfaitement comprendre :
pourquoi elle répète une relation ;
pourquoi elle procrastine ;
pourquoi elle se critique.
Et continuer à le faire.
L’insight peut être important.
Mais la compréhension intellectuelle ne produit pas automatiquement un changement comportemental.
Cette limite a contribué au développement d’approches accordant davantage de place à l’expérimentation et à l’action.
Mais agir sans comprendre n’est pas toujours suffisant non plus
L’inverse peut également être vrai.
Une personne peut apprendre une stratégie comportementale utile tout en continuant à se retrouver dans certaines situations relationnelles qu’elle ne comprend pas.
Les différentes traditions psychothérapeutiques insistent donc sur des dimensions différentes du changement.
La question n’est pas nécessairement de savoir laquelle possède toute la vérité.
Il s’agit de déterminer ce qui est utile pour cette personne et ce problème.
La durée
La psychanalyse est connue pour ses traitements longs.
Certaines cures durent plusieurs années.
Cela peut permettre une exploration approfondie.
Mais une longue durée n’est pas une preuve d’efficacité.
Une thérapie ne devient pas meilleure simplement parce qu’elle dure davantage.
La durée doit rester justifiable par le travail réalisé.
Le coût
Plusieurs séances hebdomadaires pendant plusieurs années représentent un investissement financier considérable.
Cela pose une question d’accessibilité.
Historiquement, certaines critiques ont reproché à la psychanalyse d’être particulièrement accessible aux personnes disposant de temps et de ressources.
Les modalités contemporaines sont plus variées, mais la question demeure pertinente.
Le risque de l’analyse sans fin
Lorsque chaque événement devient un nouveau matériau à analyser, la thérapie peut théoriquement continuer indéfiniment.
Il est donc important de pouvoir examiner périodiquement :
ce qui change ;
ce qui ne change pas ;
les objectifs ;
la pertinence de poursuivre.
Une thérapie n’est pas dispensée d’évaluation parce qu’elle se veut profonde.
L’intellectualisation
La psychanalyse peut parfois attirer des personnes très à l’aise avec l’analyse intellectuelle.
Elles deviennent capables de produire des explications extrêmement sophistiquées sur leur fonctionnement.
Mais cette compréhension peut elle-même servir à éviter :
émotion ;
expérience ;
action.
Le thérapeute doit reconnaître lorsque l’analyse devient une nouvelle défense.
« Je sais pourquoi je fais ça »
Très bien.
La question suivante peut devenir :
« Et maintenant, que se passe-t-il lorsque vous le faites ? »
Puis :
« Qu’est-ce qui pourrait changer ? »
La connaissance de soi est précieuse.
Mais elle n’est pas la destination obligatoire de toute thérapie.
Les critiques historiques
La psychanalyse a fait l’objet de nombreuses critiques concernant notamment :
la difficulté à tester certaines propositions ;
le caractère parfois circulaire de certaines interprétations ;
la place excessive accordée à la sexualité dans certaines théories historiques ;
la durée ;
le coût ;
la variabilité des pratiques ;
la difficulté à distinguer certaines hypothèses théoriques de faits établis.
Ces critiques doivent être présentées sans caricaturer l’ensemble du champ.
La question de la falsifiabilité
Une théorie devient problématique lorsqu’aucune observation ne peut jamais la contredire.
Si l’accord du patient confirme l’interprétation et son désaccord la confirme également parce qu’il « résiste », la proposition devient impossible à tester.
Cette critique épistémologique a joué un rôle important dans les débats autour de la psychanalyse.
Théorie et clinique
Une idée peut être cliniquement intéressante sans être scientifiquement démontrée dans tous ses détails.
Cette distinction est particulièrement importante en psychanalyse.
Certains concepts constituent des modèles permettant d’organiser l’expérience clinique.
Ils ne doivent pas être présentés automatiquement comme des mécanismes biologiques établis.
Les recherches sur l’efficacité
La recherche contemporaine ne permet pas de résumer sérieusement la situation par :
« la psychanalyse est prouvée »
ou
« la psychanalyse ne marche pas ».
Les difficultés commencent déjà par la définition de ce que l’on évalue.
Psychanalyse classique ?
Psychothérapie psychanalytique ?
Psychothérapie psychodynamique brève ?
Traitement de soutien d’inspiration analytique ?
Ces interventions ne sont pas identiques.
Les psychothérapies psychodynamiques
Les psychothérapies psychodynamiques ont fait l’objet d’un nombre croissant d’études et disposent de données favorables pour différentes difficultés.
Mais ces résultats ne peuvent pas être automatiquement attribués à chaque forme historique de psychanalyse classique.
Il faut éviter de généraliser au-delà de ce qui a réellement été étudié.
La difficulté des traitements très longs
Évaluer scientifiquement une thérapie de plusieurs années est méthodologiquement complexe.
Groupes de comparaison.
Abandons.
Évolution naturelle.
Autres événements de vie.
Coûts.
Définition du résultat.
Cela ne rend pas la recherche impossible.
Mais cela explique en partie pourquoi les données sont moins simples que pour certains traitements courts et très protocolisés.
L’efficacité n’est pas seulement la disparition du symptôme
Les approches analytiques s’intéressent parfois à des changements plus larges :
fonctionnement relationnel ;
capacité à travailler ;
flexibilité ;
connaissance de soi ;
qualité de vie ;
personnalité.
Ces dimensions peuvent être évaluées.
Elles ne doivent pas être invoquées comme raison pour renoncer à toute mesure.
Pour qui ?
Une approche psychanalytique peut convenir à certaines personnes souhaitant :
un travail approfondi ;
explorer leur histoire ;
comprendre leurs relations ;
examiner des répétitions ;
travailler sur leur fonctionnement psychique au-delà d’un symptôme unique.
Mais ce n’est pas nécessairement le meilleur choix pour chaque personne ni chaque problème.
Lorsque le besoin est très spécifique
Une personne présentant une phobie précise peut bénéficier d’une intervention directement centrée sur la phobie.
Une personne en crise aiguë peut avoir besoin d’un cadre plus actif.
Une personne souhaitant résoudre rapidement un problème délimité peut préférer une thérapie brève.
La profondeur supposée d’une approche ne la rend pas automatiquement supérieure à une intervention ciblée.
Le choix du thérapeute
Il peut être utile de demander :
quelle formation possède-t-il ?
À quelle école se rattache-t-il ?
Quelle fréquence propose-t-il ?
Face à face ou divan ?
Quelle durée envisage-t-il ?
Comment pense-t-il les objectifs ?
Comment décide-t-on qu’une thérapie fonctionne ?
Comment envisage-t-il sa fin ?
Ces questions sont légitimes.
Le titre de psychanalyste
Le statut juridique et professionnel du titre de psychanalyste varie selon les pays.
Il ne faut pas supposer automatiquement que le mot garantit partout la même formation réglementée.
La personne peut donc vérifier :
formation ;
appartenance professionnelle ;
expérience clinique ;
cadre d’exercice.
Psychanalyse et médicaments
Une psychanalyse n’implique pas nécessairement d’être opposé aux traitements médicamenteux.
Une personne peut suivre une psychothérapie analytique tout en recevant un traitement prescrit par un médecin lorsque cela est indiqué.
Présenter médicaments et parole comme deux camps incompatibles relève davantage d’une position idéologique que d’une nécessité thérapeutique.
Psychanalyse et autres psychothérapies
Les frontières sont aujourd’hui moins étanches qu’autrefois.
Certaines idées psychanalytiques ont influencé d’autres courants.
Inversement, certains thérapeutes d’orientation analytique intègrent des connaissances venues d’autres domaines.
Cette évolution peut enrichir la pratique à condition de conserver une cohérence clinique.
Ce que la psychanalyse a changé
Même ses critiques les plus sévères ne peuvent guère nier l’influence culturelle et historique de la psychanalyse.
Elle a contribué à diffuser l’idée que :
notre comportement possède une histoire ;
nous ne sommes pas toujours transparents à nous-mêmes ;
nos relations peuvent se répéter ;
la parole peut transformer la manière dont nous comprenons notre expérience ;
l’enfance mérite une attention psychologique ;
la relation thérapeutique elle-même peut devenir un terrain de travail.
Certaines de ces idées ont ensuite été reformulées dans d’autres cadres.
Ce qu’il faut éviter
Plusieurs dérives doivent particulièrement être évitées :
voir un symbole caché partout ;
réduire tout problème à l’enfance ;
attribuer chaque maladie physique à un conflit psychique ;
présenter une interprétation comme une vérité incontestable ;
considérer le désaccord comme une résistance prouvant l’interprétation ;
chercher des traumatismes supposément refoulés à partir de symptômes vagues ;
maintenir une thérapie sans fin simplement parce que la fin elle-même peut toujours être analysée.
Une interprétation n’est pas une révélation
Le thérapeute n’est pas un personnage possédant l’accès secret à la vérité du patient.
Il peut percevoir des liens que la personne n’avait pas remarqués.
Mais il peut également se tromper.
Une relation thérapeutique sérieuse doit laisser cette possibilité ouverte.
La psychanalyse comme conversation particulière
Derrière son vocabulaire complexe, une partie de l’expérience analytique peut être décrite simplement.
Une personne parle.
Elle découvre qu’elle revient souvent aux mêmes endroits.
Certaines contradictions apparaissent.
Des souvenirs prennent un autre sens.
La relation avec le thérapeute produit elle-même des réactions.
Des manières habituelles de se protéger deviennent visibles.
Progressivement, la personne peut comprendre davantage ce qu’elle répète et pourquoi certaines situations possèdent autant de pouvoir sur elle.
Cette conversation peut être profondément utile.
Mais elle reste une méthode thérapeutique parmi d’autres.
Comprendre son histoire sans y être condamné
L’un des enjeux les plus intéressants d’un travail analytique est précisément de ne pas transformer l’histoire en destin.
Comprendre pourquoi une manière de fonctionner s’est construite ne signifie pas :
« Je suis comme cela à cause de mon enfance et je le resterai. »
Une explication utile devrait augmenter les possibilités.
Pas les réduire.
Le passé éclaire, le présent continue
Le passé peut aider à comprendre :
pourquoi certaines situations blessent davantage ;
pourquoi certaines relations semblent familières ;
pourquoi certaines défenses se sont construites.
Mais la thérapie se déroule aujourd’hui.
Et c’est aujourd’hui que la personne doit progressivement pouvoir :
agir ;
choisir ;
poser des limites ;
entrer en relation autrement ;
ou vivre avec davantage de liberté.
À retenir
La psychanalyse, historiquement fondée par Sigmund Freud, est à la fois une théorie du fonctionnement psychique, une méthode d’exploration de l’inconscient et une approche thérapeutique.
Elle a développé des concepts devenus majeurs dans l’histoire de la psychologie :
inconscient ;
refoulement ;
mécanismes de défense ;
transfert ;
contre-transfert ;
résistance ;
répétition ;
association libre.
Après Freud, de nombreux auteurs et écoles ont profondément transformé le champ. Il n’existe donc pas aujourd’hui une psychanalyse unique.
La cure classique est traditionnellement intensive, souvent longue et parfois réalisée sur le divan. Les psychothérapies contemporaines d’inspiration psychanalytique peuvent être beaucoup plus diverses.
Certaines idées psychanalytiques ont eu une influence considérable sur l’ensemble de la psychothérapie. D’autres propositions historiques restent controversées ou ne disposent pas d’une validation scientifique suffisante pour être présentées comme des faits établis.
Une prudence particulière est nécessaire concernant l’interprétation des rêves, des symptômes physiques et des souvenirs supposément refoulés. Ni un rêve, ni un symptôme, ni une réaction émotionnelle ne permettent à eux seuls de reconstruire avec certitude un événement passé.
Le transfert peut être un outil thérapeutique précieux, mais il ne doit pas servir à invalider toute critique du patient. Le thérapeute peut réellement se tromper.
Enfin, la compréhension du passé n’est pas une fin en soi. Une thérapie devient réellement utile lorsque cette compréhension augmente les possibilités de vivre autrement dans le présent.
La psychanalyse a posé une question qui continue à traverser une grande partie de la psychothérapie : combien de ce que nous faisons nous est réellement transparent ? Mais découvrir que nous ne nous connaissons pas entièrement ne doit pas nous enfermer dans un déterminisme nouveau. Comprendre pourquoi une route a été empruntée pendant des années devient surtout intéressant lorsque cette compréhension permet enfin d’apercevoir qu’à partir d’ici, d’autres chemins existent.
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