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PERSONNALITÉ

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PERSONNALITÉ

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La personnalité désigne l’ensemble relativement stable des façons de percevoir, ressentir, penser et agir qui caractérisent une personne au fil du temps et dans différentes situations. Elle contribue à expliquer pourquoi deux individus placés dans un contexte similaire peuvent réagir de manière très différente.

Parler de stabilité ne signifie cependant pas que la personnalité serait figée. Nous évoluons avec l’âge, les expériences, les responsabilités, les relations et parfois les épreuves. Certaines caractéristiques demeurent très reconnaissables pendant des décennies tandis que d’autres se modifient progressivement.

La personnalité se situe donc entre continuité et changement.

Nous ne changeons pas de personnalité chaque matin, mais nous ne sommes pas non plus condamnés à rester exactement la personne que nous étions vingt ans auparavant.

Qu’appelle-t-on exactement personnalité ?

Dans le langage courant, le mot est utilisé très largement. Nous disons qu’une personne « a une forte personnalité », qu’une autre « manque de personnalité » ou qu’un comportement « ne lui ressemble pas ».

En psychologie, la notion est plus précise. Elle cherche à décrire certaines tendances relativement durables : manière d’entrer en relation avec les autres, sensibilité émotionnelle, organisation, curiosité, impulsivité, prudence, besoin de stimulation ou encore façon habituelle de réagir aux difficultés.

Une personnalité n’est pas un catalogue de comportements immuables. Une personne habituellement calme peut se mettre en colère ; quelqu’un de très sociable peut vouloir rester seul pendant plusieurs jours ; une personne organisée peut traverser une période de désordre.

Pour parler d’un trait de personnalité, nous cherchons donc une tendance qui apparaît suffisamment régulièrement, pas une réaction isolée.

Traits plutôt que cases

L’une des manières les plus utiles d’aborder la personnalité consiste à raisonner en dimensions.

Au lieu de diviser l’humanité entre personnes « sociables » et « non sociables », par exemple, nous pouvons imaginer un continuum sur lequel chacun se situe différemment.

Cette approche évite de transformer des nuances en catégories rigides.

Deux personnes considérées comme introverties peuvent avoir des profils très différents. L’une apprécie profondément les relations mais se fatigue rapidement dans les grands groupes ; l’autre recherche très peu les interactions sociales. Une troisième parle facilement en public mais préfère passer ses soirées seule.

Une étiquette peut fournir un premier repère. Elle ne suffit presque jamais à décrire une personne.

Les grands traits de personnalité

De nombreux travaux en psychologie décrivent la personnalité à partir de grandes dimensions plutôt qu’à travers des « types » fermés. Parmi les modèles les plus connus figure celui souvent appelé Big Five, qui organise les différences individuelles autour de cinq grandes dimensions : ouverture à l’expérience, caractère consciencieux, extraversion, agréabilité et tendance à éprouver plus facilement des émotions négatives.

Ces dimensions ne correspondent pas à cinq catégories de personnes. Chacun possède un certain positionnement sur chacune d’elles.

Une personne peut être très ouverte aux idées nouvelles, assez introvertie, fortement organisée et peu sensible à l’approbation sociale. Une autre combinaison donnera un fonctionnement différent.

Aucun profil n’est automatiquement supérieur aux autres. Un trait avantageux dans une situation peut devenir moins adapté dans une autre.

Une grande prudence peut protéger d’erreurs coûteuses mais ralentir certaines décisions. Une forte spontanéité peut faciliter l’adaptation et conduire parfois à agir trop rapidement.

Tempérament et personnalité

Le tempérament désigne généralement des différences individuelles qui apparaissent relativement tôt, notamment dans la réactivité émotionnelle, l’activité ou la manière d’aborder les stimulations.

La personnalité se construit sur une histoire plus large.

Un enfant particulièrement sensible ou actif n’est pas destiné à devenir un adulte possédant une personnalité déterminée à l’avance. Ses expériences, ses apprentissages, son environnement et les réponses qu’il reçoit influencent la manière dont ses dispositions vont s’exprimer.

Le tempérament constitue donc l’un des éléments du développement de la personnalité, pas un scénario déjà écrit.

Un chapitre spécifique lui est consacré.

Ce qui vient de nous et ce qui vient de notre histoire

La question « sommes-nous nés ainsi ou le sommes-nous devenus ? » appelle rarement une réponse simple.

Les différences de personnalité résultent de multiples influences. Des dispositions individuelles existent, mais elles se développent dans un environnement familial, social et culturel particulier.

Un enfant apprend progressivement quels comportements sont encouragés, découragés ou nécessaires pour trouver sa place. Il découvre également ce qui lui permet d’obtenir de l’attention, de préserver son autonomie, d’éviter certains conflits ou de créer des liens.

Les expériences ultérieures continuent à intervenir. Une responsabilité professionnelle, une relation importante, une migration, une réussite, un échec ou une longue période d’adversité peuvent modifier certaines manières de fonctionner.

Il est donc généralement plus pertinent de penser en interaction qu’en opposition : notre personnalité résulte de ce que nous apportons à notre environnement et de ce que nos environnements successifs font de ces dispositions.

Personnalité et situation

Nous avons tendance à expliquer facilement le comportement d’une personne par ce qu’elle « est ».

Quelqu’un ne parle pas pendant une réunion : il est timide. Quelqu’un conteste une décision : il est difficile. Quelqu’un refuse une invitation : il est antisocial.

Pourtant, le contexte compte énormément.

La personne silencieuse peut simplement ne rien avoir à ajouter. Celle qui conteste peut disposer d’une information importante. Celle qui refuse l’invitation peut être épuisée.

Inversement, expliquer chaque comportement uniquement par les circonstances empêcherait de reconnaître les tendances réellement stables.

Comprendre une personnalité demande donc d’observer ce qui se répète à travers plusieurs situations, tout en tenant compte de ce que chaque situation particulière provoque.

Nous ne sommes pas identiques avec tout le monde

Une personne peut être très différente au travail, en famille, avec ses amis ou dans une relation amoureuse.

Cela ne signifie pas nécessairement qu’elle joue plusieurs personnages ou qu’elle manque d’authenticité.

Chaque relation active des attentes, des rôles et des niveaux de sécurité différents. Nous ne disposons pas exactement de la même liberté avec notre supérieur hiérarchique qu’avec un ami proche.

Certains environnements révèlent également des aspects de nous-mêmes que d’autres sollicitent peu.

Une personne très réservée dans un groupe peut devenir extrêmement expressive lorsqu’elle parle d’un sujet qui la passionne.

La cohérence de la personnalité ne signifie donc pas uniformité du comportement.

La personnalité que nous croyons avoir

Notre représentation de notre personnalité n’est pas toujours identique à celle que les autres perçoivent.

Nous connaissons nos intentions, nos hésitations et nos pensées privées. Les autres observent surtout nos comportements.

Une personne peut se considérer comme très attentionnée parce qu’elle pense souvent aux besoins de ses proches, tandis que ceux-ci la trouvent distante parce qu’elle exprime rarement cette attention.

Inversement, quelqu’un peut se croire particulièrement anxieux parce qu’il connaît l’intensité de ses inquiétudes, alors que son entourage le perçoit comme remarquablement calme.

Les deux points de vue peuvent contenir une part de vérité.

La connaissance de soi bénéficie parfois de cette confrontation entre expérience intérieure et effets visibles de notre comportement.

Les étiquettes qui deviennent des prisons

Les descriptions de personnalité peuvent être utiles lorsqu’elles nous aident à comprendre certaines tendances.

Elles deviennent plus problématiques lorsqu’elles sont transformées en interdictions.

« Je suis introverti, donc je ne peux pas prendre la parole devant un groupe. »

« Je suis désorganisé, c’est ma personnalité. »

« Je suis comme ça, je ne changerai jamais. »

Une caractéristique statistiquement ou habituellement vraie ne détermine pas chaque comportement futur.

Nous pouvons préférer certaines situations et apprendre malgré tout à fonctionner dans d’autres. Nous pouvons également modifier certaines habitudes sans devenir une personne entièrement différente.

Une description devrait aider à comprendre ce qui existe, pas empêcher d’explorer ce qui reste possible.

Les tests de personnalité

Les tests exercent une attraction particulière parce qu’ils promettent de transformer quelque chose de complexe en portrait lisible.

Tous n’ont cependant pas la même valeur.

Certains outils sont construits et étudiés selon des méthodes psychométriques rigoureuses. D’autres sont essentiellement des questionnaires populaires ou commerciaux dont les catégories sont séduisantes mais dont la capacité à mesurer réellement la personnalité est beaucoup plus limitée.

Même un bon test ne doit pas être lu comme un verdict définitif.

Les réponses peuvent être influencées par la manière dont la personne se perçoit, son état au moment du questionnaire ou la façon dont elle comprend certaines questions. Les résultats doivent être interprétés dans leur contexte et selon l’objectif pour lequel l’outil a été conçu.

Un test peut contribuer à une réflexion. Il ne contient pas une personne entière.

Pourquoi les portraits semblent parfois extraordinairement justes

Certaines descriptions de personnalité sont suffisamment générales pour que beaucoup de personnes puissent s’y reconnaître.

« Vous appréciez les autres mais avez parfois besoin d’être seul », « vous doutez parfois de vos décisions » ou « vous pouvez être déterminé lorsque quelque chose compte vraiment pour vous » correspondent à des expériences humaines très répandues.

Lorsqu’un portrait contient des formulations valorisantes et suffisamment souples, nous pouvons facilement sélectionner mentalement les situations qui le confirment.

Cela ne signifie pas que toute description dans laquelle nous nous reconnaissons est fausse.

Mais le sentiment de reconnaissance n’est pas, à lui seul, une preuve de précision psychologique.

Un outil sérieux doit être évalué autrement que par la seule impression : « c’est exactement moi ».

Peut-on changer de personnalité ?

La personnalité possède une certaine stabilité, mais elle peut évoluer.

Le changement est souvent progressif plutôt que spectaculaire. Avec l’âge et l’expérience, certaines personnes deviennent plus organisées, plus stables émotionnellement ou plus capables de poser leurs limites.

Nous pouvons également travailler volontairement sur certains comportements.

Une personne réservée peut développer des compétences sociales sans devenir extravertie. Une personne impulsive peut apprendre à introduire davantage de délai entre une émotion et une décision. Quelqu’un de très désorganisé peut construire des systèmes qui compensent cette tendance.

Changer ne signifie donc pas nécessairement effacer sa personnalité.

Nous pouvons modifier notre manière d’utiliser certaines caractéristiques et réduire le coût de celles qui nous posent problème.

« Je suis comme ça »

Cette phrase peut exprimer une forme saine d’acceptation de soi.

Nous n’avons pas à devenir une copie de ce que les autres préféreraient que nous soyons.

Mais elle peut également servir à éviter toute remise en question.

Une personne qui blesse régulièrement son entourage ne résout pas le problème en expliquant : « je suis simplement quelqu’un de franc ». La franchise décrit peut-être une préférence réelle, mais elle n’interdit pas d’apprendre à tenir compte de la manière dont un message est transmis.

La personnalité explique certains comportements ; elle ne les justifie pas automatiquement.

L’acceptation de soi et la responsabilité personnelle ne sont pas incompatibles.

Nous pouvons reconnaître notre fonctionnement tout en décidant que certaines manières de l’exprimer doivent évoluer.

Personnalité et relations

Nous recherchons parfois des personnes qui nous ressemblent et parfois des personnes très différentes.

Aucune formule simple ne garantit la compatibilité.

Deux personnes très organisées peuvent parfaitement fonctionner ensemble ou entrer continuellement en conflit sur la « bonne » manière d’organiser les choses. Deux personnes très différentes peuvent se compléter ou s’épuiser mutuellement.

La qualité d’une relation dépend donc de davantage que des traits individuels : communication, valeurs, attentes, capacité d’adaptation et manière de gérer les désaccords jouent également un rôle majeur.

Les différences de personnalité deviennent particulièrement difficiles lorsque chacun interprète le fonctionnement de l’autre comme une faute morale.

« Tu as besoin de plus de temps seul » n’est pas équivalent à « tu ne m’aimes pas ». « Tu veux beaucoup parler » n’est pas nécessairement « tu es envahissant ».

Comprendre la différence peut éviter de transformer certaines incompatibilités de rythme en accusations personnelles.

Quand un trait devient source de souffrance

Avoir une personnalité marquée n’est pas en soi un problème psychologique.

Certaines personnes sont très réservées, très prudentes, très émotionnelles ou particulièrement indépendantes sans que cela constitue un trouble.

La question devient différente lorsque des modes de pensée, d’émotion et de comportement sont très rigides, persistent dans de nombreux contextes et provoquent une souffrance importante ou des difficultés majeures dans les relations, le travail ou la vie quotidienne.

Il faut alors éviter les diagnostics improvisés.

Les termes psychologiques circulent largement dans le langage courant, notamment sur les réseaux sociaux, et certains diagnostics de personnalité sont devenus des insultes utilisées pour décrire un partenaire difficile, un collègue désagréable ou une personne avec laquelle nous sommes en conflit.

Un comportement problématique peut être nommé et critiqué sans transformer automatiquement son auteur en diagnostic.

Les troubles de la personnalité seront abordés dans un chapitre spécifique.

Se connaître sans se réduire

Mieux connaître sa personnalité peut aider à choisir certains environnements, comprendre ses besoins, anticiper certaines difficultés et mieux communiquer avec les autres.

Mais la connaissance de soi devient paradoxale lorsqu’elle ferme toutes les portes.

Nous pouvons savoir que nous préférons la solitude sans conclure que toute rencontre nous est inutile. Savoir que nous sommes prudents sans renoncer à tout risque. Reconnaître notre sensibilité sans considérer que chaque émotion définit la réalité.

Se connaître signifie identifier ses tendances suffisamment bien pour pouvoir travailler avec elles.

Cela ne signifie pas écrire une définition définitive de soi-même.

À retenir

La personnalité rassemble des tendances relativement durables dans notre manière de penser, ressentir et agir. Elle possède une certaine continuité mais reste influencée par l’expérience, les relations, les rôles sociaux et les changements de la vie.

Les traits de personnalité décrivent des tendances, non des destins. Ils n’expliquent pas chaque comportement et ne permettent pas de réduire un individu à quelques catégories.

Les tests peuvent fournir des repères lorsqu’ils sont correctement construits et interprétés, mais aucun questionnaire ne contient la totalité d’une personne.

Nous pouvons accepter certaines caractéristiques de notre personnalité tout en travaillant sur les comportements qui nous limitent ou font souffrir les autres.

Se connaître ne consiste pas à découvrir la case dans laquelle nous devons rester. Cela consiste à comprendre suffisamment notre manière de fonctionner pour savoir ce que nous voulons conserver, ce que nous pouvons adapter et ce que nous sommes encore capables de devenir.

Contenu d’information générale. Les techniques de soin et leurs indications demandent une évaluation adaptée à la situation.