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OSER — SORTIR PROGRESSIVEMENT DE CE QUI NOUS RETIENT

LA SANTÉ AVANT TOUT · Développement personnel

OSER — SORTIR PROGRESSIVEMENT DE CE QUI NOUS RETIENT

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Oser est souvent présenté comme un acte spectaculaire : quitter un emploi du jour au lendemain, changer entièrement de vie, prendre un risque important ou se lancer dans une aventure que personne n’attendait. Pourtant, une grande partie des actes qui demandent du courage sont beaucoup plus ordinaires.

Oser peut consister à envoyer une proposition, demander quelque chose, montrer un travail encore imparfait, prendre la parole, commencer une activité dans laquelle nous sommes débutants, rencontrer de nouvelles personnes, défendre une idée ou essayer une méthode différente.

Ce qui rend l’action difficile n’est pas nécessairement sa taille objective. C’est ce qu’elle représente pour nous : possibilité d’un refus, peur du ridicule, risque d’échec, perte d’une sécurité ou simple inconfort de faire quelque chose que nous n’avons jamais fait.

Oser ne signifie donc pas rechercher continuellement le risque. Il s’agit plutôt de ne pas laisser la peur, l’habitude ou le regard des autres décider systématiquement des limites de notre vie.

Comprendre ce qui nous retient réellement

Nous disons facilement : je n’ose pas. Mais cette formulation regroupe des situations très différentes.

Nous pouvons craindre l’échec, le jugement, le refus, la perte financière, le conflit ou l’inconnu. Nous pouvons également hésiter parce que nous manquons réellement d’informations ou parce que le risque est objectivement important.

Identifier précisément ce qui nous retient permet de choisir une réponse adaptée.

Une peur du jugement ne se traite pas comme un risque financier majeur. Un manque de compétence demande peut-être une préparation. Une peur du refus peut nécessiter surtout d’accepter que le non fasse partie des réponses possibles.

La première étape n’est donc pas toujours de se pousser à agir. Elle consiste à comprendre l’obstacle.

Parfois, nous découvrons même que notre hésitation est raisonnable. Oser ne signifie pas ignorer les informations qui devraient justement nous rendre prudents.

Sortir de ce qui nous retient sans rechercher l’inconfort pour lui-même

La fameuse « zone de confort » est parfois décrite comme un endroit dont il faudrait constamment sortir.

Pourtant, le confort n’est pas un ennemi.

Nous avons besoin de sécurité, de repères, de compétences maîtrisées et de périodes où nous n’avons pas continuellement quelque chose à prouver.

Le problème apparaît lorsque ce qui était confortable devient une frontière automatique.

Nous refusons une possibilité uniquement parce qu’elle est nouvelle. Nous restons dans une situation insatisfaisante parce qu’elle est connue. Nous évitons certaines expériences non parce qu’elles sont mauvaises pour nous, mais parce qu’elles créent de l’incertitude.

Dans ce cas, il peut être utile d’élargir progressivement notre territoire.

L’objectif n’est pas de vivre continuellement en dehors de notre zone de confort. Il est de faire en sorte que cette zone puisse grandir.

Commencer par un risque proportionné

Nous n’avons pas besoin de choisir immédiatement l’action la plus difficile.

Si prendre la parole devant cent personnes nous paraît impossible, nous pouvons commencer dans un groupe plus petit. Si nous voulons créer une activité, nous pouvons tester une offre avant d’investir massivement. Si montrer notre travail nous inquiète, nous pouvons commencer par quelques personnes dont l’avis est pertinent.

Cette progression n’est pas une forme de lâcheté.

Elle permet d’acquérir des informations et de construire de l’expérience.

Un petit test réel nous apprend souvent davantage que plusieurs semaines passées à imaginer toutes les conséquences possibles.

Nous pouvons ensuite augmenter progressivement l’enjeu lorsque les premières expériences montrent que nous disposons des ressources nécessaires.

Le courage n’est pas proportionnel à la taille du saut. Une série de pas bien choisis peut nous conduire beaucoup plus loin qu’un geste spectaculaire suivi d’un recul durable.

Accepter la possibilité du refus

Beaucoup de possibilités dépendent d’une demande adressée à quelqu’un.

Nous devons proposer, candidater, négocier, solliciter une collaboration, présenter un projet ou demander une aide.

Tant que nous ne demandons pas, nous évitons le refus.

Mais nous obtenons également automatiquement le résultat qu’aurait produit un refus : rien ne se passe.

Oser demander ne signifie pas croire que nous avons droit à une réponse positive.

Cela signifie accepter que l’autre possède le droit de dire non et considérer que ce non est un résultat supportable.

Cette distinction change profondément notre rapport à certaines démarches.

Un refus ne prouve pas nécessairement que la demande était absurde. Il peut dépendre du moment, des ressources, des priorités ou simplement des préférences de l’autre.

Nous pouvons apprendre de la réponse lorsqu’elle contient une information utile, puis décider si nous devons modifier notre proposition, essayer ailleurs ou passer à autre chose.

Accepter d’être débutant

Nous pouvons éviter certaines activités parce que nous sommes habitués à être compétents dans d’autres domaines.

Redevenir débutant crée une situation inconfortable : nous faisons lentement ce que d’autres accomplissent facilement, nous commettons des erreurs évidentes et nous devons parfois demander des explications très élémentaires.

Pourtant, toute compétence commence par une période où nous ne savons pas encore faire.

La comparaison devient particulièrement trompeuse lorsque nous opposons nos premiers essais au résultat de quelqu’un qui pratique depuis des années.

Oser apprendre suppose donc d’accepter une compétence temporairement faible.

Nous pouvons être très expérimentés dans un domaine et maladroits dans un autre sans que cela dise quoi que ce soit de notre valeur générale.

La capacité à redevenir débutant est même une ressource importante : elle nous permet de continuer à élargir nos possibilités au lieu de rester uniquement dans les domaines où notre compétence est déjà reconnue.

Montrer son travail avant de se sentir totalement prêt

Créer quelque chose en privé est différent de l’exposer au regard extérieur.

Tant qu’un projet reste dans notre ordinateur, notre atelier ou notre tête, toutes ses possibilités demeurent intactes. Dès qu’il devient visible, il peut être évalué.

Cette étape provoque souvent une nouvelle série de corrections.

Nous voulons encore améliorer, revoir, ajuster et attendre le moment où nous serons parfaitement satisfaits.

La qualité mérite évidemment du travail. Publier n’importe quoi sous prétexte qu’il faut « oser » n’est pas une stratégie.

Mais au-delà d’un certain niveau, les corrections supplémentaires peuvent surtout retarder la confrontation avec la réalité.

Il faut alors définir un seuil : suffisamment solide, suffisamment vérifié, suffisamment conforme à ce que nous voulons proposer.

Ensuite, le projet doit rencontrer son public, son client, son lecteur ou son utilisateur. Certaines informations indispensables n’existent qu’après cette rencontre.

Oser dire ce que nous pensons sans chercher le conflit

Nous pouvons nous taire non parce que nous n’avons rien à dire, mais parce que nous anticipons une réaction négative.

Oser prendre position ne signifie pas intervenir sur chaque sujet ni transformer chaque désaccord en combat.

Cela signifie pouvoir exprimer une idée lorsque nous estimons qu’elle mérite de l’être, même si elle n’est pas majoritaire.

Nous pouvons argumenter, écouter la contradiction et modifier notre position si de meilleurs arguments apparaissent.

Le courage intellectuel ne consiste pas à ne jamais changer d’avis.

Il consiste aussi à ne pas adopter une opinion uniquement parce qu’elle nous évitera d’être seul à défendre la nôtre.

Dans certaines situations, notamment lorsque les rapports de pouvoir sont importants, la manière et le moment choisis comptent. Oser n’exige pas de renoncer à toute stratégie.

Nous pouvons être courageux sans être imprudents.

Faire une place au risque sans romantiser l’imprudence

Certaines décisions comportent un risque réel.

Créer une entreprise, changer de profession, investir de l’argent ou déménager peuvent avoir des conséquences importantes.

Le développement personnel transforme parfois la prise de risque en vertu en elle-même. Pourtant, un risque n’est pas intéressant simplement parce qu’il est grand.

Nous pouvons examiner ce que nous pouvons perdre, ce que nous pouvons gagner, la probabilité des différents scénarios et notre capacité à absorber un échec.

Nous pouvons également chercher à rendre le risque plus réversible : tester avant d’investir davantage, conserver temporairement une autre source de revenus ou avancer par étapes.

Cette préparation ne retire rien au fait d’oser.

Au contraire, elle permet parfois de tenter quelque chose qui aurait été déraisonnable sous une forme plus brutale.

L’objectif n’est pas d’avoir une vie risquée. Il est de pouvoir prendre certains risques lorsqu’ils ouvrent une possibilité qui mérite réellement d’être explorée.

Ne pas laisser le regard des autres devenir un veto

Nous sommes des êtres sociaux. Le jugement des autres nous affecte, et il serait artificiel de prétendre que nous pouvons devenir totalement indifférents à leur opinion.

Mais toutes les opinions n’ont pas la même valeur.

Une critique venant d’une personne compétente et connaissant le projet peut mériter une attention particulière. Une remarque provenant de quelqu’un qui ne connaît ni le domaine ni nos objectifs n’a pas nécessairement le même poids.

Nous pouvons écouter sans obéir.

Il est également utile de distinguer deux questions : est-ce que les autres vont approuver ? et est-ce que ce que je fais est raisonnable et cohérent avec mes objectifs ?

Les réponses peuvent être différentes.

Nous ne sommes pas obligés de provoquer ou de mépriser notre entourage. Mais une vie organisée uniquement pour éviter toute désapprobation finit nécessairement par être largement construite selon les préférences des autres.

Reconnaître les occasions que nous créons nous-mêmes

Nous parlons souvent des occasions comme de quelque chose qui se présente.

Certaines apparaissent effectivement sans que nous les ayons provoquées.

Mais beaucoup peuvent être créées.

Contacter quelqu’un, présenter une idée, proposer une collaboration, montrer une compétence ou participer à un nouvel environnement augmente le nombre de possibilités auxquelles nous pouvons avoir accès.

La réponse n’est pas garantie.

L’intérêt réside précisément dans le fait de créer davantage de points de rencontre entre ce que nous savons faire et ce qui existe autour de nous.

Une initiative peut ne rien produire aujourd’hui et ouvrir une porte plusieurs mois plus tard. Une conversation peut conduire à une idée différente de celle que nous cherchions initialement.

Oser signifie parfois simplement augmenter le nombre d’endroits où quelque chose peut arriver.

Savoir aussi ne pas oser

Toutes les occasions ne méritent pas d’être saisies.

Nous pouvons refuser un défi, un investissement ou une expérience sans avoir « peur de vivre ».

Une décision prudente peut être parfaitement courageuse lorsqu’elle résiste à la pression collective ou au désir de prouver quelque chose.

Nous n’avons pas besoin d’accumuler les prises de risque pour démontrer notre audace.

Il est même possible de transformer le courage en nouvelle obligation : devoir continuellement sortir de sa zone de confort, accepter tous les défis et considérer la stabilité comme un manque d’ambition.

Cette logique reproduit simplement une autre forme de pression.

Oser reste un moyen.

La question importante est de savoir si l’action envisagée nous conduit vers quelque chose qui mérite le risque, l’effort ou l’inconfort demandé.

À retenir

Oser ne signifie pas rechercher les situations dangereuses ni vivre constamment dans l’inconfort. Il s’agit de ne pas laisser la peur, l’habitude, le refus possible ou le regard des autres décider automatiquement de ce que nous pouvons tenter.

Nous pouvons commencer progressivement, tester avant d’investir davantage, accepter d’être débutants et apprendre à considérer le refus comme une réponse possible plutôt que comme une catastrophe.

Certaines situations exigent de la prudence, de la préparation et une véritable analyse des risques. Le courage n’interdit aucune de ces choses.

Nous pouvons également décider de ne pas saisir une occasion lorsqu’elle ne correspond pas à nos objectifs ou lorsque son prix nous paraît disproportionné.

Oser ne consiste pas à franchir toutes les portes. Cela consiste à ne plus rester devant une porte que nous voulons réellement ouvrir uniquement parce que nous ne savons pas encore exactement ce que nous trouverons de l’autre côté.

Contenu d’information générale. Les techniques de soin et leurs indications demandent une évaluation adaptée à la situation.