LA SANTÉ AVANT TOUT — FICHES

NARRATIVES — THÉRAPIES NARRATIVES

LA SANTÉ AVANT TOUT · Psychothérapie

NARRATIVES — THÉRAPIES NARRATIVES

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Les thérapies narratives partent d’une idée simple mais importante : les êtres humains donnent du sens à leur vie en construisant des récits.

Nous racontons ce qui nous est arrivé.

Nous sélectionnons certains événements.

Nous établissons des liens entre eux.

Nous leur attribuons une signification.

Et, progressivement, nous pouvons finir par construire une histoire sur nous-mêmes :

« Je suis quelqu’un qui échoue toujours. »

« Je n’ai jamais su me défendre. »

« Je suis le problème de ma famille. »

« Je gâche tout ce que je touche. »

« Personne ne peut m’aimer longtemps. »

Ces phrases ne sont pas seulement des descriptions ponctuelles.

Lorsqu’elles deviennent dominantes, elles peuvent organiser la manière dont une personne regarde son passé, interprète son présent et imagine son avenir.

La thérapie narrative ne cherche pas simplement à remplacer une histoire négative par une histoire positive.

Elle cherche plutôt à examiner comment certaines histoires ont pris autant de place qu’elles semblent être devenues toute la réalité.

Les origines des thérapies narratives

La thérapie narrative s’est particulièrement développée à partir des travaux de Michael White et David Epston, notamment à partir des années 1980.

Elle a été influencée par différentes réflexions concernant :

le langage ;

la construction du sens ;

les relations ;

la culture ;

les rapports de pouvoir ;

la manière dont certaines descriptions deviennent dominantes.

L’approche s’intéresse donc à la personne, mais également aux contextes dans lesquels son histoire a été construite.

Nous ne sommes pas une seule histoire

Une vie contient une quantité immense d’événements.

Pourtant, nous ne pouvons pas tous les raconter simultanément.

Nous sélectionnons.

Imaginons une personne qui pense :

« Je suis incapable de terminer quoi que ce soit. »

Elle se souvient immédiatement :

d’un projet abandonné ;

d’une formation interrompue ;

d’une résolution non tenue.

Ces souvenirs semblent confirmer l’histoire.

Mais sa vie contient peut-être également :

un emploi conservé pendant dix ans ;

un enfant élevé ;

une maison rénovée ;

un proche accompagné pendant une maladie ;

un projet terminé dont elle ne parle jamais.

Ces événements existent eux aussi.

Ils sont simplement moins visibles dans le récit dominant.

L’histoire dominante

Une histoire dominante est un récit qui a progressivement acquis une place centrale dans la manière dont une personne comprend son identité ou son existence.

« Je suis faible. »

« Je suis difficile. »

« Je suis paresseux. »

« Je suis incapable d’aimer. »

« Je suis toujours la victime. »

Une fois installée, cette histoire influence ce que la personne remarque.

Les événements qui la confirment deviennent très visibles.

Ceux qui la contredisent peuvent être minimisés.

Une histoire n’est pas nécessairement fausse

La thérapie narrative ne consiste pas à dire :

« Tout cela est seulement une histoire, donc ce n’est pas vrai. »

Une personne peut réellement avoir connu plusieurs échecs.

Une famille peut réellement l’avoir critiquée.

Une relation peut réellement avoir été destructrice.

Un traumatisme peut réellement avoir eu lieu.

Le travail narratif ne nie pas les faits.

Il examine la signification globale construite à partir de ces faits.

Avoir échoué plusieurs fois n’est pas nécessairement identique à :

« Je suis un échec. »

L’identité et le problème

L’un des principes les plus connus de la thérapie narrative peut être résumé ainsi :

la personne n’est pas le problème ; le problème est le problème.

Cette distinction peut sembler purement linguistique.

Elle peut pourtant modifier profondément le travail thérapeutique.

Au lieu de dire :

« Je suis anxieux »

on peut explorer :

« Quelle place l’anxiété prend-elle dans votre vie ? »

Au lieu de :

« Je suis incapable »

on peut demander :

« Comment cette idée d’incapacité a-t-elle réussi à prendre autant de place ? »

Le problème cesse d’être totalement confondu avec l’identité.

Externaliser le problème

Ce processus est appelé externalisation.

Le problème est décrit comme quelque chose qui influence la vie plutôt que comme l’essence de la personne.

« La peur m’empêche de sortir. »

« Le perfectionnisme me pousse à recommencer vingt fois. »

« La culpabilité revient dès que je pense à moi. »

Cette formulation crée une certaine distance.

La personne peut commencer à observer la relation qu’elle entretient avec le problème.

Externaliser ne signifie pas nier la responsabilité

Cette distinction est essentielle.

Une personne violente ne peut pas simplement dire :

« Ce n’est pas moi, c’est ma colère. »

La thérapie narrative ne devrait pas permettre d’effacer la responsabilité derrière une personnification du problème.

On peut examiner l’influence de la colère tout en maintenant :

« Vous restez responsable de ce que vous faites lorsque vous êtes en colère. »

La distance avec le problème doit augmenter la capacité d’action, non fournir une excuse.

Donner un nom au problème

Certaines personnes trouvent utile de nommer le problème.

« Le critique. »

« La peur. »

« Monsieur Parfait. »

« La petite voix du désastre. »

Le nom peut rendre le phénomène plus observable.

Mais il ne doit pas être imposé par le thérapeute.

Une personne peut trouver ce procédé artificiel ou infantilisant.

Dans ce cas, il n’est pas nécessaire.

Cartographier l’influence du problème

Le thérapeute peut demander :

« Que vous fait faire l’anxiété ? »

« Qu’est-ce qu’elle vous empêche de faire ? »

« Comment influence-t-elle vos relations ? »

« Votre travail ? »

« Votre sommeil ? »

« La manière dont vous vous voyez ? »

Le problème devient progressivement visible dans ses effets concrets.

Puis inverser la question

La personne n’est pas seulement influencée par le problème.

Elle agit également sur lui.

Le thérapeute peut demander :

« Y a-t-il des moments où l’anxiété décide moins ? »

« Comment avez-vous fait hier pour sortir malgré elle ? »

« Quand le perfectionnisme vous laisse-t-il tranquille ? »

« Qu’est-ce qui affaiblit son influence ? »

Cette deuxième cartographie est fondamentale.

Les exceptions à l’histoire dominante

La thérapie narrative s’intéresse particulièrement aux événements qui ne correspondent pas complètement au récit dominant.

Ils sont parfois appelés résultats uniques ou événements exceptionnels.

Une personne affirme :

« Je ne sais jamais dire non. »

Puis raconte :

« Enfin… la semaine dernière, j’ai refusé quelque chose à mon collègue. »

Cette petite phrase pourrait être ignorée.

Le thérapeute narratif peut au contraire s’y arrêter.

Agrandir l’exception

« Comment avez-vous réussi à dire non ? »

« Qu’est-ce qui vous a permis de le faire cette fois ? »

« Qu’est-ce que ce refus dit de ce qui compte pour vous ? »

« Aviez-vous déjà fait quelque chose de comparable ? »

L’objectif n’est pas de prouver :

« Vous voyez, vous savez dire non, problème résolu. »

Il s’agit de donner davantage d’épaisseur à une histoire jusque-là marginale.

Une exception n’annule pas le problème

Une personne qui a réussi une fois à poser une limite peut encore avoir énormément de difficultés.

Le récit alternatif ne doit pas devenir une nouvelle injonction :

« Puisque vous l’avez fait une fois, vous n’avez plus aucune excuse. »

L’exception montre une possibilité.

Elle ne supprime pas instantanément les obstacles.

Les histoires alternatives

À mesure que certains événements sont retrouvés et reliés, une autre histoire peut apparaître.

L’histoire dominante était :

« Je suis quelqu’un qui se laisse toujours écraser. »

Une histoire alternative pourrait devenir :

« J’ai longtemps eu beaucoup de difficulté à défendre mes limites, mais il existe plusieurs moments où j’ai réussi à le faire lorsque quelque chose était vraiment important pour moi. »

La deuxième histoire n’est pas artificiellement positive.

Elle est simplement plus complexe.

Une histoire plus riche plutôt qu’une histoire plus jolie

C’est une distinction essentielle.

La thérapie narrative n’a pas pour objectif :

« Je suis nul »

→

« Je suis extraordinaire. »

Cette transformation serait souvent peu crédible.

Elle cherche davantage :

« Mon histoire contient plus de choses que celles que le problème m’a appris à regarder. »

Le récit de soi

Nous racontons continuellement qui nous sommes.

« Je suis timide. »

« Je suis courageuse. »

« Je suis solitaire. »

« Je suis responsable. »

Ces descriptions peuvent être utiles.

Mais elles peuvent également devenir rigides.

Une personne qui se décrit comme « celle qui tient toujours » peut finir par ne plus s’autoriser à demander de l’aide.

Même une identité socialement valorisée peut devenir une prison.

Les histoires positives peuvent aussi enfermer

« Je suis le fort de la famille. »

« Je suis celle qui arrange tout. »

« Je suis toujours disponible. »

Ces récits peuvent procurer fierté et sens.

Mais ils peuvent également empêcher :

repos ;

vulnérabilité ;

demande d’aide ;

changement de rôle.

Le travail narratif ne cherche donc pas seulement à remplacer le négatif par le positif.

Il examine les effets des histoires.

D’où vient cette histoire ?

Une question narrative importante consiste à rechercher comment un récit s’est construit.

Qui vous a dit que vous étiez paresseux ?

Quand cette description est-elle apparue ?

Dans quelles situations ?

Qui l’a répétée ?

À quoi était-elle comparée ?

Était-elle liée à certaines attentes familiales ou sociales ?

L’identité apparaît alors comme une histoire ayant une histoire.

Les mots des autres deviennent parfois nos mots

Un enfant entend pendant des années :

« Tu es trop sensible. »

Plus tard, il dit :

« Mon problème, c’est que je suis trop sensible. »

La phrase semble lui appartenir.

Mais elle possède peut-être une longue généalogie.

Le thérapeute peut demander :

« Qui a décidé de ce qui constituait une quantité acceptable de sensibilité ? »

Cette question peut ouvrir un espace critique.

Déconstruire les évidences

La thérapie narrative utilise souvent un travail de déconstruction.

Il ne s’agit pas de détruire la réalité.

Il s’agit d’examiner ce qui paraît évident.

« Une bonne mère doit toujours faire passer ses enfants avant elle. »

Toujours ?

Selon qui ?

Dans quelle culture ?

À quel prix ?

Qu’arrive-t-il lorsqu’une mère se repose ?

Le problème individuel peut parfois être soutenu par une règle sociale devenue invisible.

Le contexte social

Une personne peut penser :

« Je suis incapable de réussir. »

Mais son histoire contient peut-être :

pauvreté ;

discrimination ;

maladie ;

responsabilités familiales ;

absence de soutien ;

violence ;

conditions de travail précaires.

Une thérapie uniquement centrée sur les caractéristiques personnelles risque de transformer des obstacles réels en défauts individuels.

L’approche narrative accorde donc une attention importante au contexte.

Les rapports de pouvoir

Certaines histoires deviennent dominantes parce que certaines voix ont davantage de pouvoir pour les imposer.

Famille.

École.

Institution.

Culture.

Normes sociales.

Un diagnostic lui-même peut parfois devenir une histoire identitaire :

« Je suis mon trouble. »

Le travail thérapeutique peut aider à distinguer :

« J’ai reçu ce diagnostic »

de :

« Ce diagnostic explique tout ce que je suis. »

Le diagnostic

La thérapie narrative n’exige pas nécessairement de rejeter les diagnostics.

Un diagnostic peut aider à :

comprendre ;

accéder à des soins ;

nommer certaines difficultés ;

trouver des ressources.

Mais il peut également devenir totalisant.

« Puisque je suis X, tout ce que je fais vient de X. »

La personne risque alors de disparaître derrière la catégorie.

Le diagnostic comme une information parmi d’autres

Une approche narrative peut demander :

« Qu’est-ce que ce diagnostic vous a apporté ? »

« Qu’est-ce qu’il vous a permis de comprendre ? »

« Y a-t-il des choses qu’il a rendues plus difficiles ? »

« Qu’est-ce qu’il ne dit pas de vous ? »

Le diagnostic peut rester utile sans devenir une identité complète.

Le langage compte

Dire :

« une personne schizophrène »

et

« une personne vivant avec un trouble schizophrénique »

ne produit pas exactement le même effet identitaire.

De même :

« un alcoolique »

et

« une personne ayant un problème de dépendance à l’alcool ».

Le choix des mots peut rappeler qu’un problème, même important, ne résume pas toute la personne.

Mais le langage ne suffit pas

Changer les mots sans modifier la réalité ne constitue pas une thérapie complète.

Dire :

« Je ne suis pas dépressif, la dépression me visite »

peut aider certaines personnes.

Mais si elles ne peuvent plus travailler, ne dorment plus et souffrent profondément, il faudra également agir concrètement.

La reformulation n’est pas un substitut aux interventions nécessaires.

Les valeurs derrière les résistances

Lorsqu’une personne résiste à quelque chose, cette résistance peut parfois révéler ce qui compte pour elle.

Une femme raconte qu’elle a supporté pendant des années des humiliations au travail.

Puis un jour elle répond.

Pourquoi ce jour-là ?

« Parce qu’il a parlé de ma fille. »

Cette réaction peut révéler une valeur :

protection ;

justice ;

dignité.

Le thérapeute peut explorer cette valeur et rechercher où elle existe ailleurs dans sa vie.

Les compétences oubliées

Une personne peut posséder des capacités qu’elle ne considère plus comme importantes parce qu’elles ne correspondent pas à son histoire dominante.

Persévérance.

Humour.

Créativité.

Capacité à protéger quelqu’un.

Organisation.

Courage.

Capacité à demander de l’aide.

Le travail narratif peut contribuer à rendre ces compétences à nouveau visibles.

Le témoignage des autres

Parfois, d’autres personnes connaissent une version de nous que nous avons oubliée.

Un ami peut dire :

« Tu prétends que tu abandonnes toujours, mais c’est toi qui m’as accompagné pendant toute ma maladie. »

Ce témoignage peut devenir un élément important d’une histoire alternative.

La thérapie narrative s’intéresse donc parfois aux personnes qui ont été témoins de certaines valeurs ou capacités.

Les témoins extérieurs

Certaines pratiques narratives utilisent des témoins extérieurs.

Une personne raconte une partie de son histoire.

D’autres écoutent puis répondent selon un cadre précis.

Ils peuvent évoquer :

ce qui les a touchés ;

les valeurs qu’ils ont entendues ;

les images ou expressions qui leur sont restées ;

la manière dont le récit résonne avec leur propre vie.

Le but n’est pas d’évaluer ou de conseiller la personne.

Être entendu autrement

Une personne peut avoir raconté cent fois une histoire en recevant toujours :

« Tu aurais dû… »

« Pourquoi tu n’as pas… »

« Moi, à ta place… »

Le témoin narratif cherche plutôt à montrer ce qu’il a entendu dans l’histoire.

La personne peut alors découvrir que son récit produit une autre image d’elle-même que celle qu’elle imaginait.

Les documents thérapeutiques

Les thérapies narratives utilisent parfois l’écriture.

Lettres.

Certificats.

Documents.

Résumés de séance.

Déclarations.

Le thérapeute peut écrire à la personne après une séance pour reprendre certains éléments importants.

Ces documents permettent de conserver une trace du travail.

Une lettre thérapeutique

Une lettre pourrait dire :

« Vous avez raconté aujourd’hui que la peur vous empêchait depuis plusieurs mois de prendre le train. Pourtant, samedi, vous avez accompagné votre fille jusqu’à la gare. Vous avez expliqué que votre désir d’être présente pour elle avait été plus important que la peur pendant ces vingt minutes. Je me demande ce que cet événement nous apprend sur la place que la peur occupe réellement lorsque quelque chose compte profondément pour vous. »

La lettre ne proclame pas une vérité.

Elle prolonge une exploration.

Les certificats

Certaines pratiques narratives utilisent de manière créative des certificats marquant une étape.

« Certificat de résistance au perfectionnisme. »

« Reconnaissance de dix années de persévérance. »

L’outil peut sembler inhabituel.

Pour certaines personnes, il donne une existence concrète à un changement.

Pour d’autres, il semblerait artificiel.

Comme toujours, la méthode doit servir la personne et non l’inverse.

Reconstituer une chronologie

Une histoire dominante peut donner l’impression qu’un problème a toujours existé.

« J’ai toujours été comme ça. »

Une chronologie plus précise peut montrer :

avant ;

pendant ;

après ;

les périodes où le problème était plus fort ;

celles où il l’était moins.

Cette précision affaiblit parfois le caractère absolu du récit.

« Toujours » et « jamais »

Les mots absolus sont particulièrement intéressants.

« Je n’ai jamais été courageux. »

Le thérapeute peut chercher non pas à contredire, mais à explorer.

« Jamais ? »

Peut-être apparaît alors un souvenir.

« Enfin, quand mon père était malade… »

Cette petite ouverture peut contenir le début d’une autre histoire.

Le passé n’est pas réécrit

Une thérapie narrative peut modifier la manière dont une personne comprend son passé.

Mais elle ne change pas ce qui s’est réellement produit.

Une enfance violente ne devient pas une enfance heureuse parce que la personne découvre qu’elle a développé certaines capacités.

Trouver une histoire de résistance ne transforme pas l’injustice en chance.

Ne pas remercier le traumatisme

Une personne peut éventuellement donner elle-même un sens à ce qu’elle a traversé.

Mais le thérapeute ne devrait pas imposer :

« Cette épreuve vous a rendu plus fort. »

Peut-être.

Peut-être pas.

Peut-être a-t-elle développé certaines forces malgré ce qui lui est arrivé.

La nuance protège la réalité de la souffrance.

Les récits de résistance

Dans certaines situations de violence ou d’oppression, le thérapeute peut rechercher comment la personne a résisté, même de manière minuscule.

Penser :

« Ce qu’il fait est injuste. »

Protéger un enfant.

Cacher un document.

Parler à quelqu’un.

Conserver une conviction intérieure.

Survivre.

La résistance n’est pas toujours spectaculaire.

Survivre n’est pas consentir

Une personne qui s’est adaptée à une situation violente peut ensuite se reprocher :

« Je n’ai rien fait. »

Mais certaines adaptations étaient peut-être des moyens de survivre.

La thérapie narrative peut aider à reconnaître ces stratégies sans prétendre qu’elles étaient librement choisies.

Traumatisme et narration

Après un traumatisme, le récit peut être fragmenté.

Certains éléments sont clairs.

D’autres confus.

Certaines personnes souhaitent raconter.

D’autres non.

La thérapie narrative ne devrait pas imposer la construction immédiate d’un récit complet et parfaitement cohérent.

La personne n’a pas besoin de raconter chaque détail pour que son expérience soit reconnue.

Cohérence ne signifie pas exactitude absolue

Construire un récit plus cohérent peut aider psychologiquement.

Mais la cohérence d’une histoire ne garantit pas qu’elle soit historiquement exacte dans tous ses détails.

Un récit convaincant peut toujours contenir :

oubli ;

reconstruction ;

interprétation ;

erreur.

La psychothérapie n’est pas une enquête judiciaire.

Le risque des souvenirs reconstruits

Comme dans toutes les approches travaillant avec l’histoire personnelle, le thérapeute doit éviter les questions suggestives.

Il ne devrait pas décider :

« Si vous vous sentez comme cela, c’est forcément qu’un événement oublié s’est produit. »

Le récit thérapeutique doit se construire à partir de ce que la personne apporte, sans fabriquer artificiellement un passé destiné à expliquer le présent.

Les récits familiaux

Les familles possèdent également leurs histoires.

« Chez nous, les hommes ne montrent pas leurs émotions. »

« Dans notre famille, tout le monde travaille dur. »

« Nous sommes des survivants. »

« Nous ne demandons rien à personne. »

Ces récits peuvent fournir identité et cohésion.

Ils peuvent aussi limiter certains membres.

Celui qui sort du récit familial

Une personne qui choisit une autre voie peut être considérée comme :

égoïste ;

rebelle ;

ingrate ;

étrange.

Le problème n’est alors pas nécessairement une caractéristique individuelle.

Elle perturbe une histoire familiale établie.

Le travail thérapeutique peut l’aider à construire une identité qui ne dépend pas entièrement de l’approbation de ce récit.

Les récits transmis entre générations

Une famille peut transmettre :

valeurs ;

peurs ;

silences ;

attentes ;

histoires de réussite ;

histoires de honte.

Certaines deviennent presque des règles.

« Nous devons nous débrouiller seuls. »

Le thérapeute peut demander :

« Cette règle a-t-elle été utile à certaines générations ? »

Puis :

« Est-elle encore utile dans toutes les situations aujourd’hui ? »

Le but n’est pas de juger les générations précédentes.

Il est de rendre le choix à nouveau possible.

Le couple et ses histoires

Les couples construisent également des récits.

« Nous avons toujours été fusionnels. »

« Il ne m’écoute jamais. »

« C’est moi qui fais tout. »

« Elle est incapable de reconnaître ses torts. »

Lorsque ces récits deviennent rigides, chaque nouvel événement est interprété comme une nouvelle preuve.

Externaliser un problème de couple

Le couple peut parfois identifier un problème commun.

« La méfiance. »

« L’escalade. »

« Le silence. »

Puis examiner :

« Comment le silence s’installe-t-il entre nous ? »

« Qu’est-ce qui le nourrit ? »

« Quand réussissons-nous à l’empêcher de prendre toute la soirée ? »

Le problème peut devenir un objet commun de travail plutôt qu’une identité attribuée au partenaire.

Ne pas symétriser la violence

Cette méthode possède cependant une limite importante.

Dans une relation violente ou coercitive, il serait dangereux de dire :

« La violence est le problème commun du couple. »

L’auteur d’un comportement violent reste responsable de ses actes.

Externaliser un problème ne doit jamais dissoudre la responsabilité.

La sécurité prime sur la construction d’une belle histoire relationnelle.

Les enfants et les histoires

L’approche narrative peut être adaptée aux enfants.

Le problème peut devenir un personnage.

La peur peut avoir un nom.

L’enfant peut dessiner :

ce qui rend le problème plus fort ;

ce qui l’affaiblit ;

les personnes qui l’aident.

Cette externalisation peut être très accessible.

« Le monstre de la colère »

Un enfant peut appeler sa colère :

« le dragon ».

Le thérapeute peut demander :

« Quand le dragon arrive-t-il ? »

« Qu’est-ce qui lui donne de la force ? »

« Comment sais-tu qu’il approche ? »

Puis :

« Qu’est-ce qui t’aide à ne pas le laisser décider ? »

Mais l’enfant reste responsable de ses comportements.

Le dragon est une métaphore.

Pas un autre être qui agit à sa place.

Adolescence et identité

À l’adolescence, les questions narratives peuvent être particulièrement pertinentes.

« Qui suis-je ? »

« Qui veulent-ils que je sois ? »

« Quelle histoire ma famille raconte-t-elle sur moi ? »

« Quelle place mes amis me donnent-ils ? »

« Quelle version de moi existe sur les réseaux sociaux ? »

L’adolescent peut être pris entre plusieurs récits concurrents.

Les réseaux sociaux

Les réseaux sociaux ajoutent aujourd’hui une dimension particulière.

Une personne peut progressivement construire une identité publique :

productive ;

heureuse ;

belle ;

engagée ;

forte.

Puis se sentir obligée de continuer à correspondre à cette version.

Le récit n’est plus seulement intérieur.

Il est publié, commenté et parfois monétisé.

Le travail

Le monde professionnel produit lui aussi des récits identitaires.

« Je suis cadre. »

« Je suis soignante. »

« Je suis entrepreneur. »

« Je suis celui sur qui tout le monde compte. »

Une perte d’emploi ou une retraite peut alors provoquer beaucoup plus qu’une perte d’activité.

Une partie de l’histoire identitaire s’effondre.

Réécrire sans inventer

Le mot réécriture est parfois mal compris.

Il ne signifie pas inventer un passé plus agréable.

Il signifie souvent sélectionner et relier autrement des éléments réels jusque-là marginalisés.

Le passé reste le même.

La place attribuée à certains événements peut changer.

Exemple : « Je n’ai jamais réussi »

Une personne affirme :

« J’ai raté ma vie professionnelle. »

Elle a effectivement connu plusieurs difficultés.

Mais elle raconte aussi qu’à cinquante ans, elle a repris une formation tout en travaillant.

Le thérapeute demande :

« Qu’est-ce qui vous a permis de recommencer à cinquante ans ? »

Elle répond :

« Je ne voulais pas abandonner. »

Un autre fil apparaît :

la persévérance.

Il ne supprime pas les échecs.

Mais les échecs ne sont plus seuls à raconter l’histoire.

Donner un titre à un chapitre

Une personne peut être invitée à imaginer sa vie comme un livre.

Quel serait le titre du chapitre actuel ?

« La survie. »

« Le brouillard. »

« Le grand nettoyage. »

« Enfin chez moi. »

Puis :

« Quel titre aimeriez-vous pouvoir donner au prochain chapitre ? »

La question ne prédit pas l’avenir.

Elle aide à identifier une direction.

L’avenir préféré

Les thérapies narratives s’intéressent à ce que la personne souhaite voir prendre davantage de place dans sa vie.

Pas nécessairement :

« Quelle vie parfaite voulez-vous ? »

Mais :

« Si ce problème avait un peu moins de pouvoir, que feriez-vous davantage ? »

La réponse peut être très concrète.

Voir des amis.

Dormir.

Créer.

Travailler autrement.

Dire non.

Sortir.

De l’identité à l’action

Une histoire alternative devient plus solide lorsqu’elle produit des actes.

Si une personne commence à se reconnaître comme quelqu’un capable de défendre ses limites, elle peut chercher une petite action cohérente avec cette histoire.

Le récit et l’action se renforcent mutuellement.

La thérapie ne doit pas écrire le personnage à la place du patient

Le thérapeute pourrait être tenté de proposer une nouvelle identité :

« En réalité, vous êtes une femme extrêmement résiliente. »

Peut-être.

Mais la personne pourrait répondre :

« Je ne me reconnais pas du tout là-dedans. »

Le thérapeute ne doit pas remplacer une histoire imposée par une autre histoire imposée, même plus flatteuse.

Le patient reste auteur

L’expression d’auteur de sa vie est fréquemment associée aux approches narratives.

Elle doit néanmoins être utilisée avec nuance.

Nous ne contrôlons pas tout ce qui arrive.

Nous ne choisissons pas :

toutes nos circonstances ;

les actes des autres ;

les maladies ;

les pertes ;

les injustices.

Être auteur ne signifie donc pas avoir écrit tous les événements.

Il signifie pouvoir participer à la manière dont la suite sera construite à partir de ce qui existe.

Nous ne sommes pas les seuls auteurs

Notre histoire est également influencée par :

famille ;

culture ;

société ;

rencontres ;

hasard ;

événements historiques ;

conditions matérielles.

Une conception trop individualiste de l’« auteur de sa vie » pourrait devenir culpabilisante.

La thérapie narrative reconnaît précisément que les récits sont construits dans des contextes relationnels et sociaux.

La conversation thérapeutique

Le thérapeute narratif utilise beaucoup les questions.

Mais ces questions ne sont pas neutres.

Elles orientent l’attention.

« Pourquoi êtes-vous si faible ? »

produit une conversation différente de :

« Comment cette idée de faiblesse a-t-elle réussi à devenir aussi convaincante ? »

Le thérapeute doit donc réfléchir aux histoires que ses propres questions risquent de renforcer.

La curiosité plutôt que l’expertise absolue

Le professionnel possède une expertise thérapeutique.

Mais il ne devrait pas se considérer comme l’expert suprême de la signification de la vie de l’autre.

La personne connaît des dimensions de son expérience auxquelles le thérapeute n’a pas accès.

Le travail devient une enquête collaborative.

Ne pas tout transformer en récit

Une limite importante doit également être posée.

Tous les problèmes ne sont pas seulement des histoires.

Une personne peut avoir :

une maladie ;

un trouble psychologique sévère ;

une dépendance ;

une dette ;

un logement dangereux ;

une relation violente.

Changer la narration peut être utile.

Mais la réalité concrète exige parfois une intervention concrète.

Le risque du relativisme

Si l’on affirme que tout est récit, on peut finir par perdre la distinction entre interprétation et fait.

« Mon conjoint me frappe »

n’est pas seulement une narration parmi d’autres.

Un acte s’est produit.

« Je suis sans valeur parce qu’il me frappe »

est une interprétation identitaire qui peut être travaillée.

La thérapie narrative est particulièrement utile lorsqu’elle conserve clairement cette différence.

Vérité factuelle et vérité personnelle

Une personne peut dire :

« Cet événement a détruit quelque chose en moi. »

C’est une formulation de son expérience.

Le thérapeute peut travailler avec cette vérité personnelle.

Mais il doit rester prudent lorsqu’il s’agit d’établir ce qui s’est objectivement produit.

Psychothérapie et enquête historique n’ont pas la même fonction.

Les preuves de la nouvelle histoire

Une histoire alternative gagne en solidité lorsqu’elle est reliée à des événements précis.

Au lieu de :

« Je suis finalement courageuse »,

la personne peut identifier :

« J’ai appelé cette personne malgré ma peur. »

« J’ai quitté cette relation. »

« J’ai demandé de l’aide. »

« J’ai recommencé après mon échec. »

Les actes donnent de l’épaisseur au récit.

Qui connaît cette version de vous ?

Le thérapeute peut demander :

« Qui ne serait pas surpris d’apprendre que vous avez fait cela ? »

La personne pense à une grand-mère.

Un ami.

Un professeur.

Quelqu’un qui avait reconnu cette capacité.

La nouvelle histoire trouve alors des témoins dans le passé.

Réassocier des personnes importantes

Une personne décédée peut également faire partie de cette exploration.

« Qu’est-ce que votre grand-père avait vu en vous ? »

La réponse appartient à la mémoire et à la représentation actuelle de la personne.

Le thérapeute ne prétend pas parler au nom du défunt.

Mais le lien intériorisé peut continuer à participer à l’identité.

Le deuil

Dans le deuil, la thérapie narrative peut aider à construire une histoire dans laquelle la personne décédée conserve une place sans que toute la vie soit figée au moment de sa mort.

La relation change.

Elle ne doit pas nécessairement être psychologiquement effacée.

Souvenirs.

Valeurs transmises.

Expressions.

Habitudes.

Histoires.

peuvent continuer à vivre.

Continuer sa vie n’est pas trahir

Certaines personnes endeuillées éprouvent une culpabilité lorsqu’elles recommencent à rire, aimer ou faire des projets.

Le travail narratif peut permettre d’explorer :

« Quelle place cette personne aurait-elle souhaité avoir dans la suite de votre histoire ? »

La réponse reste celle du patient.

Elle peut aider à construire une continuité plutôt qu’une opposition entre souvenir et vie.

Écriture et thérapie narrative

L’écriture possède naturellement une place importante.

Journal.

Lettre.

Chronologie.

Récit.

Liste d’événements.

Biographie alternative.

Mais la thérapie narrative ne se confond pas avec l’écriture thérapeutique.

Elle possède une théorie et une manière particulière de travailler sur les histoires, l’identité et le contexte.

Une histoire peut rester orale

Aucun texte n’est obligatoire.

Une personne peut travailler narrativement uniquement dans la conversation.

Le mot « narrative » désigne la manière dont l’expérience est organisée en histoires, pas l’obligation d’écrire un livre sur soi.

Différence avec les thérapies cognitives

Une TCC peut examiner une pensée telle que :

« Je suis incapable. »

Elle peut rechercher :

les preuves ;

les biais ;

les alternatives.

La thérapie narrative peut poser d’autres questions :

« Comment cette histoire d’incapacité est-elle née ? »

« Qui l’a soutenue ? »

« Quels événements n’y trouvent aucune place ? »

« Quelle histoire préférée aimeriez-vous renforcer ? »

Les approches peuvent parfois se rejoindre, mais leurs cadres théoriques diffèrent.

Différence avec la psychanalyse

La thérapie narrative ne cherche pas principalement à découvrir un sens inconscient caché derrière le récit.

Elle travaille davantage avec la manière dont les significations sont construites, entretenues et transformées dans le langage, les relations et le contexte.

Le thérapeute n’est donc pas censé posséder une interprétation cachée plus vraie que celle du patient.

Différence avec la thérapie orientée solutions

Les deux peuvent s’intéresser aux exceptions et aux possibilités.

Mais la thérapie narrative accorde une place particulière :

aux histoires identitaires ;

à l’externalisation ;

aux discours sociaux ;

aux rapports de pouvoir ;

à la reconstruction narrative.

La thérapie orientée solutions, que nous verrons plus loin, possède son propre cadre.

Les données scientifiques

Les thérapies narratives ont donné lieu à des recherches dans différents contextes et populations.

Des résultats favorables ont été rapportés dans plusieurs domaines.

Cependant, leur corpus empirique reste moins vaste et moins standardisé que celui de certaines approches très protocolisées comme les TCC pour plusieurs troubles spécifiques.

Cette différence ne permet ni de conclure que la thérapie narrative est inefficace, ni de lui attribuer une efficacité universelle.

Il faut examiner les indications et les recherches avec précision.

Une approche difficile à standardiser complètement

Une thérapie narrative repose largement sur la conversation individualisée.

Les histoires diffèrent.

Les contextes diffèrent.

Les questions diffèrent.

Cela rend certains aspects plus difficiles à réduire à un protocole identique pour tous.

Mais l’absence de rigidité ne dispense pas d’évaluer les résultats.

Pour quelles situations ?

Des pratiques narratives ont été utilisées notamment autour de :

difficultés identitaires ;

dépression ;

anxiété ;

traumatisme ;

deuil ;

problèmes relationnels ;

familles ;

enfants et adolescents ;

maladies chroniques ;

stigmatisation ;

situations d’oppression.

Mais l’indication doit toujours être individualisée.

La thérapie narrative n’est pas automatiquement la meilleure approche pour toute difficulté simplement parce que chacun possède une histoire.

Une approche compatible avec d’autres méthodes

Un thérapeute peut intégrer certains outils narratifs dans un travail plus large.

Externalisation.

Recherche d’exceptions.

Exploration des valeurs.

Documents thérapeutiques.

Travail sur les histoires identitaires.

Il doit néanmoins conserver une cohérence plutôt que juxtaposer des techniques sans comprendre leurs fonctions.

Quand une histoire change

Une personne peut commencer la thérapie en disant :

« Toute ma vie, j’ai été faible. »

Quelques mois plus tard, elle ne dit pas nécessairement :

« Toute ma vie, j’ai été forte. »

Elle peut dire :

« J’ai traversé beaucoup de choses en croyant que je ne valais rien. Pourtant, quand je regarde mieux, je vois aussi toutes les fois où j’ai résisté, protégé quelqu’un, recommencé ou refusé certaines choses. Je ne m’étais jamais raconté mon histoire de cette manière. »

La réalité n’a pas été remplacée.

Elle a gagné en profondeur.

Le danger de la belle histoire finale

La psychothérapie aime parfois les récits parfaitement construits :

épreuve ;

prise de conscience ;

transformation ;

nouvelle vie.

La vraie vie est rarement aussi propre.

Une personne peut progresser puis rechuter.

Comprendre puis douter.

Changer dans un domaine et rester bloquée dans un autre.

La thérapie narrative ne devrait pas imposer une fin littéraire à une existence qui continue.

Une histoire peut rester ouverte

Peut-être qu’une formulation plus réaliste est :

« Voilà où j’en suis aujourd’hui. »

Pas :

« Voilà qui je serai désormais pour toujours. »

L’identité reste vivante.

De nouvelles expériences peuvent encore modifier le récit.

À retenir

Les thérapies narratives, développées notamment à partir des travaux de Michael White et David Epston, considèrent que nous donnons une partie de leur sens à nos expériences en les organisant sous forme d’histoires.

Certaines histoires deviennent dominantes et peuvent finir par résumer abusivement l’identité :

« Je suis faible. »

« Je suis un échec. »

« Je suis le problème. »

Le travail thérapeutique cherche notamment à séparer davantage la personne du problème, à examiner l’histoire de ces récits, à retrouver les événements qui ne correspondent pas entièrement à l’histoire dominante et à développer des récits alternatifs plus riches.

L’externalisation constitue l’un de ses outils importants : la personne n’est pas confondue avec son problème. Cette distance ne doit cependant jamais supprimer la responsabilité des comportements.

Les thérapies narratives accordent également une grande importance au contexte familial, social et culturel, aux rapports de pouvoir, aux valeurs et aux personnes qui ont été témoins d’autres facettes de l’identité.

Elles peuvent utiliser conversations, lettres, documents, métaphores, témoignages ou autres supports.

Mais elles ne consistent pas à inventer une version plus agréable du passé.

Les faits ne changent pas parce que leur signification évolue. Une histoire alternative doit rester ancrée dans l’expérience réelle.

Enfin, tout n’est pas seulement récit. Une violence, une maladie, une situation sociale ou une difficulté concrète peuvent nécessiter des réponses concrètes. Transformer la narration ne doit jamais servir à nier la réalité.

Nous ne choisissons pas toutes les pages qui entrent dans notre histoire. Certaines nous sont imposées par les événements, par les autres ou par les circonstances. Mais une vie contient généralement beaucoup plus de pages que celles que le problème nous oblige à relire sans cesse. La thérapie narrative cherche moins à écrire une nouvelle fiction qu’à rendre à nouveau visibles les passages oubliés, les voix étouffées et les possibilités qui existaient déjà dans l’histoire — afin que le chapitre suivant ne soit pas condamné à répéter exactement le précédent.

Contenu d’information générale. Les techniques de soin et leurs indications demandent une évaluation adaptée à la situation.