LA SANTÉ AVANT TOUT · Psychothérapie
FIN D’UNE PSYCHOTHÉRAPIE
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Une psychothérapie commence.
Elle évolue.
Et, à un moment, elle se termine.
Cette dernière étape est parfois beaucoup moins pensée que le début du travail thérapeutique. On parle volontiers du choix du thérapeute, de la première séance, des objectifs ou des différentes méthodes. La fin est plus facilement réduite à une question pratique :
« Nous n’avons plus besoin de nous voir. »
Pourtant, terminer une psychothérapie fait partie de la psychothérapie.
La fin peut être préparée, discutée et travaillée. Elle peut permettre de mesurer le chemin parcouru, de reconnaître ce qui reste fragile, d’identifier les ressources acquises et de réfléchir à la manière dont la personne poursuivra sa vie sans le rendez-vous thérapeutique régulier.
Elle peut également réveiller des émotions importantes : satisfaction, fierté, inquiétude, tristesse, soulagement, peur de perdre un soutien, sentiment d’abandon ou parfois envie de partir sans rien dire.
Toutes les fins ne se ressemblent pas.
Certaines marquent l’aboutissement d’un travail.
D’autres résultent d’un déménagement, d’une difficulté financière, d’un changement professionnel, d’une interruption décidée par le patient ou le thérapeute.
Certaines sont progressives.
D’autres sont brutales.
Certaines sont heureuses.
D’autres restent difficiles.
Une bonne fin de psychothérapie ne signifie pas que tous les problèmes ont disparu. Elle signifie que la relation thérapeutique peut cesser ou changer de forme sans que tout ce qui a été construit disparaisse avec elle.
Quand une psychothérapie est-elle terminée ?
Il n’existe pas un indicateur unique.
La fin peut devenir envisageable lorsque les difficultés ayant conduit à consulter ont suffisamment diminué.
Mais ce critère n’est pas toujours suffisant.
Une personne peut également avoir développé de nouvelles capacités :
elle comprend mieux certains de ses fonctionnements ;
elle reconnaît plus rapidement ses réactions ;
elle sait davantage poser ses limites ;
elle dispose de stratégies qu’elle peut utiliser seule ;
elle prend des décisions avec davantage d’autonomie ;
elle traverse les difficultés sans avoir systématiquement besoin de la séance suivante pour retrouver son équilibre.
Le changement thérapeutique se mesure donc également à ce qui devient possible sans le thérapeute.
Revenir aux raisons de la consultation
La fin offre l’occasion de revenir au commencement.
Pourquoi la personne avait-elle consulté ?
Que se passait-il alors ?
Qu’attendait-elle ?
Certaines demandes initiales ont été satisfaites.
D’autres ont changé.
Certaines se sont révélées moins importantes que prévu.
D’autres difficultés sont apparues pendant le travail.
Comparer le début et la situation actuelle permet de rendre visibles des transformations devenues parfois ordinaires.
Ce qui a changé peut devenir invisible
Un changement installé depuis plusieurs mois finit souvent par ne plus être perçu comme un changement.
Une personne oublie qu’elle ne pouvait auparavant pas prendre le métro.
Qu’elle appelait quelqu’un chaque soir pour être rassurée.
Qu’elle passait plusieurs heures à ruminer après chaque désaccord.
Qu’elle n’osait jamais refuser.
Qu’elle se réveillait quotidiennement avec une angoisse intense.
Aujourd’hui, elle vit autrement.
Et précisément parce que ce nouveau fonctionnement est devenu normal, elle peut oublier le chemin parcouru.
La fin permet de le regarder.
Une thérapie réussie ne fabrique pas une vie sans difficulté
Une personne peut avoir énormément progressé et continuer à ressentir parfois de l’anxiété.
Elle peut encore être triste.
Se mettre en colère.
Douter.
Traverser des périodes difficiles.
Une psychothérapie ne supprime pas les réactions humaines.
Le critère ne peut donc pas être :
« Je ne souffrirai plus jamais. »
Il peut plutôt devenir :
« Lorsque quelque chose de difficile arrive, je ne suis plus exactement dans la même position qu’avant. »
Les objectifs peuvent avoir changé
La personne peut avoir commencé une thérapie avec un objectif très précis.
« Je veux sauver mon couple. »
Puis découvrir progressivement :
« Je veux surtout comprendre pourquoi je reste dans une relation qui ne me convient plus. »
Ou commencer avec :
« Je veux ne plus jamais être anxieux »
et arriver à :
« Je sais maintenant vivre même lorsque l’anxiété apparaît. »
La fin doit donc être évaluée à partir du travail réellement effectué, pas uniquement à partir de la formulation de la première séance.
Qui décide de terminer ?
La décision peut venir du patient.
Du thérapeute.
Ou être construite ensemble.
Idéalement, elle peut être discutée.
Le patient doit pouvoir dire :
« Je pense que je peux continuer sans séances régulières. »
Le thérapeute peut également observer :
« J’ai l’impression que vous utilisez maintenant de manière autonome ce que nous avons travaillé. Qu’en pensez-vous ? »
La question ouvre une réflexion au lieu d’imposer immédiatement une conclusion.
Le patient peut vouloir arrêter avant le thérapeute
Une personne reste libre de mettre fin à une psychothérapie.
Elle n’a pas à obtenir l’autorisation du thérapeute pour partir.
Le professionnel peut exprimer une inquiétude ou recommander de poursuivre lorsque cela lui paraît important.
Il peut expliquer pourquoi.
Mais une psychothérapie ne doit pas devenir une relation dont il serait impossible de sortir sans obtenir l’approbation de celui qui l’a conduite.
Le thérapeute peut proposer la fin
Un thérapeute peut également considérer que le travail arrive à son terme.
Cette proposition peut provoquer une réaction inattendue.
« Vous ne voulez plus de moi ? »
« Vous pensez que je vais parfaitement bien ? »
« J’ai fait quelque chose de mal ? »
Le professionnel doit pouvoir expliquer que proposer une fin ne signifie pas rejeter la personne.
Cela peut au contraire reconnaître qu’elle n’a plus besoin du même niveau de soutien.
Quand le thérapeute ne peut plus poursuivre
La fin peut également être imposée par des circonstances extérieures.
Départ à la retraite.
Maladie.
Déménagement.
Changement professionnel.
Indisponibilité durable.
Dans ce cas, la manière d’annoncer et de préparer l’interruption compte.
Lorsque cela est possible, la personne doit disposer d’un délai suffisant pour comprendre ce qui se passe et envisager la suite.
Une orientation vers un autre professionnel peut parfois être nécessaire.
La fin pour raisons financières
Une psychothérapie peut s’arrêter parce que la personne ne peut plus la financer.
Cette réalité ne doit pas être transformée en interprétation psychologique automatique.
Une personne qui dit :
« Je ne peux plus payer »
ne dit pas nécessairement :
« J’ai peur de progresser. »
La contrainte économique peut être exactement ce qu’elle affirme être.
Lorsque cela est possible, des adaptations peuvent être discutées : espacement, orientation vers d’autres structures ou autres possibilités adaptées au contexte.
Mais la réalité financière mérite d’être respectée comme réalité.
La fin parce que la thérapie ne fonctionne pas
Toutes les psychothérapies ne produisent pas le résultat attendu.
Une personne peut travailler sérieusement sans constater d’amélioration suffisante.
Dans ce cas, poursuivre indéfiniment la même méthode n’est pas automatiquement une preuve de persévérance.
Il peut être nécessaire de réévaluer.
Le problème a-t-il été correctement compris ?
Les objectifs sont-ils adaptés ?
La méthode convient-elle ?
Existe-t-il une autre difficulté qui nécessite une prise en charge différente ?
Faut-il changer de thérapeute ou d’approche ?
La fin d’une thérapie inefficace peut être une décision thérapeutiquement pertinente.
« Vous résistez » ne doit pas devenir une explication universelle
Lorsqu’une thérapie n’avance pas, il est facile de considérer que le patient « résiste ».
Cette possibilité existe dans certains cadres théoriques.
Mais elle ne doit pas permettre au thérapeute de rendre sa méthode impossible à remettre en question.
Si la personne ne progresse pas, plusieurs hypothèses doivent rester ouvertes.
La méthode peut être mal adaptée.
L’alliance peut être insuffisante.
Les objectifs peuvent être flous.
Le contexte extérieur peut empêcher certains changements.
Le professionnel peut lui-même commettre des erreurs.
Une thérapie sérieuse doit pouvoir s’interroger sur son propre fonctionnement.
Espacer avant d’arrêter
La fin peut être progressive.
Une séance hebdomadaire devient une séance toutes les deux semaines.
Puis mensuelle.
Cette diminution permet d’expérimenter davantage d’autonomie tout en conservant temporairement un point de repère.
La personne peut observer ce qui se passe lorsque les séances deviennent moins fréquentes.
Cette méthode n’est pas obligatoire.
Certaines psychothérapies se terminent à une date définie.
Mais l’espacement peut être utile dans certaines situations.
Une date de fin
Fixer une date peut transformer une intention vague en véritable processus.
« Nous allons probablement arrêter bientôt »
peut durer plusieurs mois.
« Il nous reste trois séances »
change la perspective.
Les dernières rencontres peuvent alors être utilisées pour revoir le travail, aborder les inquiétudes et préparer la suite.
Une fin annoncée permet également aux émotions liées à la séparation d’entrer dans le travail thérapeutique.
La dernière séance ne devrait pas arriver par surprise
Lorsqu’une thérapie longue se termine dans de bonnes conditions, il est généralement utile que la dernière séance soit connue comme telle.
La personne peut avoir des choses qu’elle souhaite dire.
Des questions.
Des craintes.
Une reconnaissance.
Une colère.
Une déception.
Le thérapeute également peut souhaiter faire une synthèse du chemin parcouru.
La dernière séance possède une fonction particulière précisément parce qu’elle est la dernière.
La peur de perdre ce qui a été acquis
Une inquiétude fréquente apparaît :
« Et si tout revenait lorsque j’arrête ? »
Cette peur est compréhensible.
Pendant plusieurs mois ou plusieurs années, la séance a pu devenir un point d’appui important.
L’arrêter peut donner l’impression de retirer l’échafaudage.
Le travail de fin consiste notamment à distinguer ce qui appartenait au cadre thérapeutique de ce qui appartient désormais à la personne.
Les capacités apprises ne restent pas dans le cabinet.
Faire l’inventaire des ressources
Avant la fin, il peut être utile d’identifier ce qui aide aujourd’hui.
Qu’est-ce que la personne sait mieux faire ?
Quels signes reconnaît-elle plus tôt ?
Quelles pensées considère-t-elle autrement ?
Quelles limites sait-elle poser ?
Qui peut-elle contacter ?
Quelles habitudes soutiennent son équilibre ?
Quelles stratégies ont réellement fonctionné ?
Cet inventaire n’est pas une formule destinée à garantir qu’aucune difficulté ne reviendra.
Il rappelle simplement que la personne possède désormais davantage de moyens.
Ce qui reste difficile
La fin ne doit pas devenir une cérémonie dans laquelle seuls les progrès sont autorisés.
Certaines difficultés peuvent rester présentes.
Il est utile de les nommer.
« Cette situation reste particulièrement sensible. »
« Vous avez encore tendance à vous isoler lorsque ceci arrive. »
« Cette peur n’a pas totalement disparu. »
Reconnaître ce qui reste fragile permet de préparer une réponse plutôt que de prétendre que tout est réglé.
Prévenir la rechute sans vivre dans l’attente de la rechute
Dans certaines problématiques, un travail de prévention peut être utile.
Quels sont les premiers signes d’une détérioration ?
Que faire à ce moment-là ?
Quand demander de l’aide ?
Qu’est-ce qui avait aggravé la situation auparavant ?
L’objectif n’est pas de faire surveiller chaque émotion à la personne.
Il s’agit de reconnaître suffisamment tôt certaines évolutions importantes.
Un retour de symptômes n’efface pas le travail
Après la fin d’une thérapie, une difficulté peut revenir.
Une crise d’anxiété.
Une période de tristesse.
Une vieille habitude.
La personne peut conclure :
« La thérapie n’a servi à rien. »
Mais un épisode ne signifie pas nécessairement retour au point de départ.
La différence peut apparaître dans la manière dont la personne reconnaît le problème, réagit et demande éventuellement de l’aide.
Le progrès n’est pas toujours l’absence de rechute.
Il peut aussi être la capacité à ne plus rester prisonnier aussi longtemps de ce qui revient.
Peut-on revenir en thérapie ?
Oui.
Terminer une psychothérapie ne signifie pas signer un engagement à ne plus jamais consulter.
Une personne peut aller bien pendant plusieurs années puis rencontrer une nouvelle difficulté.
Elle peut reprendre contact avec le même thérapeute lorsque cela est possible et pertinent.
Elle peut également consulter quelqu’un d’autre.
Revenir n’annule pas l’autonomie acquise précédemment.
La vie continue à produire des situations nouvelles.
Une thérapie peut avoir plusieurs chapitres
Certaines personnes réalisent un premier travail à un moment de leur vie.
Puis un autre plusieurs années plus tard.
Les objectifs ne sont plus les mêmes.
La personne elle-même a changé.
La nouvelle thérapie n’est pas nécessairement la continuation d’un échec ancien.
Elle peut correspondre à un nouveau chapitre.
L’autonomie ne signifie pas ne plus jamais avoir besoin d’aide.
La tristesse de la fin
Une relation thérapeutique peut avoir été importante.
Il est donc possible d’être triste lorsqu’elle se termine.
Cette tristesse ne signifie pas automatiquement que la personne est devenue dépendante.
Nous pouvons être affectés par la fin d’une relation qui nous a aidés sans que cette relation soit pathologique.
Le thérapeute ne doit pas nécessairement neutraliser cette émotion.
Elle peut être reconnue.
L’attachement au thérapeute
Au cours d’une psychothérapie, une personne peut développer un attachement important envers son thérapeute.
Elle a peut-être raconté des choses qu’elle n’avait jamais dites ailleurs.
Elle a été accompagnée pendant une période difficile.
La fin peut donc réactiver des expériences antérieures de séparation ou d’abandon.
Ces réactions peuvent être travaillées.
Mais il faut éviter deux erreurs opposées.
La première serait de considérer toute tristesse comme pathologique.
La seconde serait de prolonger indéfiniment une thérapie uniquement parce que la séparation est difficile.
La dépendance thérapeutique
Une psychothérapie devrait idéalement augmenter progressivement la capacité de la personne à vivre sans dépendre continuellement du thérapeute.
Cela ne signifie pas qu’elle ne peut jamais avoir besoin de soutien.
Mais si chaque décision quotidienne doit être validée en séance, la question de la dépendance mérite d’être examinée.
Un thérapeute ne devrait pas entretenir volontairement l’idée :
« Sans moi, vous n’y arriverez pas. »
La réussite du travail contient une forme de paradoxe : le thérapeute contribue à rendre sa présence moins nécessaire.
Le thérapeute peut lui aussi ressentir la séparation
La relation thérapeutique implique deux êtres humains, même si leurs rôles sont asymétriques.
Un professionnel peut éprouver de l’émotion lorsqu’un travail long se termine.
Cette émotion n’est pas nécessairement problématique.
Mais elle ne doit pas conduire le thérapeute à retenir la personne pour satisfaire ses propres besoins.
La supervision et la réflexion professionnelle permettent notamment de maintenir cette distinction.
Remercier
Certaines personnes souhaitent remercier leur thérapeute.
Elles peuvent avoir besoin de dire ce que le travail leur a apporté.
Cette reconnaissance peut faire partie naturellement de la fin.
Le thérapeute peut la recevoir sans minimiser automatiquement :
« C’est vous qui avez tout fait. »
Bien sûr, la personne a réalisé son propre travail.
Mais nier toute contribution du thérapeute peut rendre étrange un moment qui n’a pas besoin de l’être.
Une relation professionnelle peut avoir été réellement importante.
Les cadeaux de fin
Certaines personnes souhaitent offrir un petit cadeau.
Les règles et pratiques professionnelles peuvent varier.
Le contexte, la valeur du cadeau, sa signification et les règles déontologiques doivent être pris en compte.
Un dessin, une carte ou un objet symbolique n’a pas le même statut qu’un cadeau de grande valeur.
Le thérapeute doit conserver les limites du cadre sans humilier inutilement une intention de gratitude.
Ce qui n’a pas fonctionné peut aussi être dit
Une dernière séance ne doit pas obligatoirement devenir un hommage au thérapeute.
La personne peut avoir des critiques.
« J’aurais aimé que vous interveniez davantage. »
« Cette période de la thérapie ne m’a pas aidé. »
« Je me suis senti incompris lorsque… »
Ces observations peuvent être précieuses.
Une fin suffisamment solide doit pouvoir contenir autre chose que de la gratitude.
Le bilan n’est pas un bulletin scolaire
Le thérapeute ne distribue pas une note finale.
Il ne s’agit pas de déterminer si la personne a été un « bon patient ».
Certaines choses ont changé.
D’autres moins.
Certaines sont encore en mouvement.
Le bilan doit aider à comprendre le parcours plutôt qu’à juger sa réussite morale.
Arrêter brutalement
Certaines personnes cessent simplement de venir.
Elles annulent.
Ne répondent plus.
Ou annoncent soudainement qu’elles arrêtent.
Les raisons peuvent être nombreuses.
Insatisfaction.
Honte.
Colère.
Soulagement.
Problème financier.
Évitement de la séparation.
Changement de situation.
Il est imprudent de choisir automatiquement une explication psychologique.
Lorsque cela est possible, une séance de clôture peut être proposée.
Elle ne doit pas devenir une obligation destinée à empêcher le départ.
Le « ghosting » thérapeutique
Le phénomène peut également exister du côté professionnel : disparition, absence de réponse, interruption mal expliquée.
Dans une relation thérapeutique, une telle rupture peut être particulièrement difficile.
Certaines circonstances imprévisibles existent évidemment.
Mais lorsqu’un thérapeute sait qu’il doit arrêter son activité ou interrompre un suivi, il devrait autant que possible préparer la transition.
La responsabilité du cadre ne disparaît pas au moment où la thérapie se termine.
Changer de thérapeute
Quitter un thérapeute pour en consulter un autre n’est pas nécessairement une trahison.
Une autre spécialisation peut être nécessaire.
La relation peut ne plus convenir.
La méthode peut avoir atteint ses limites.
Le patient peut souhaiter une autre approche.
Lorsque cela est possible, parler de cette décision peut permettre une transition utile.
Mais une personne n’a pas à rester uniquement pour protéger les sentiments de son thérapeute.
Fin de thérapie et transfert vers un autre professionnel
Lorsqu’un autre suivi est nécessaire, une transmission peut parfois être organisée avec l’accord de la personne.
Les informations transmises doivent respecter la confidentialité et le cadre applicable.
Le nouveau professionnel n’a pas nécessairement besoin de recevoir l’intégralité de plusieurs années de notes.
Il faut réfléchir à ce qui est réellement pertinent pour la continuité du travail.
La fin d’une thérapie de couple
La fin possède des particularités lorsque plusieurs personnes participent.
Le couple peut avoir amélioré son fonctionnement.
Il peut également avoir décidé de se séparer.
Dans les deux cas, le thérapeute peut aider à identifier ce qui a été compris et ce qui devra être poursuivi hors des séances.
Lorsque la relation continue, le couple peut préparer la manière dont il repérera ses anciens cycles.
Lorsque la relation se termine, le travail peut porter sur une séparation aussi respectueuse et claire que possible lorsque les circonstances le permettent.
La fin avec un enfant ou un adolescent
Avec un enfant, la disparition soudaine du thérapeute peut être difficile à comprendre.
La fin doit être expliquée avec des mots adaptés à son âge.
Un dernier dessin, un jeu, une histoire ou une rétrospective peut parfois permettre de représenter le chemin parcouru.
Les parents peuvent également être associés à certaines dimensions de la clôture selon le cadre.
L’enfant doit pouvoir comprendre qu’il n’est pas abandonné parce qu’il aurait fait quelque chose de mal.
La fin après une thérapie longue
Après plusieurs années, le rendez-vous thérapeutique peut faire partie de l’organisation de la vie.
La fin représente alors un changement réel.
Il peut être utile de ne pas minimiser cette transition.
Le fait qu’une relation soit professionnelle ne signifie pas qu’elle n’a pas compté.
Mais précisément parce qu’elle a compté, elle peut avoir accompli l’une de ses fonctions essentielles : permettre à la personne de poursuivre sans elle.
Ne pas prolonger pour atteindre une perfection imaginaire
Il restera toujours quelque chose à explorer.
Une nouvelle relation.
Un souvenir.
Une peur.
Une contradiction.
Un rêve.
Une difficulté.
Si le critère de fin devient :
« Nous arrêterons lorsqu’il n’y aura absolument plus rien à travailler »,
certaines thérapies pourraient ne jamais se terminer.
La psychothérapie n’a pas pour mission de résoudre chaque imperfection humaine.
Une personne peut continuer à se connaître, apprendre et changer toute sa vie sans rester continuellement en thérapie.
Une psychothérapie n’est pas une maison définitive
Le cabinet peut être un refuge temporaire.
Un laboratoire.
Un lieu de compréhension.
Un endroit où certaines choses deviennent enfin dicibles.
Mais son objectif n’est généralement pas de devenir le lieu principal dans lequel la personne vit sa vie psychologique.
Ce qui est appris doit progressivement pouvoir circuler ailleurs.
Dans les relations.
Les décisions.
Les limites.
Le travail.
La solitude.
Les difficultés.
La vie quotidienne.
La dernière séance
Une dernière séance peut notamment permettre de revenir sur quatre questions simples :
D’où sommes-nous partis ?
Qu’est-ce qui a changé ?
Qu’est-ce qui reste difficile ?
Que ferez-vous si certaines difficultés reviennent ?
À cela peut s’ajouter une cinquième question :
Qu’est-ce que vous emportez avec vous ?
La réponse ne tient pas forcément dans une technique.
Cela peut être une autre manière de se regarder.
Une phrase.
Une capacité à reconnaître plus tôt une limite.
Le droit de demander de l’aide.
Ou la découverte qu’une émotion peut être traversée sans dicter toute la suite.
Partir sans renier ce qui a aidé
Devenir autonome ne nécessite pas de dévaloriser la thérapie.
Une personne n’a pas besoin de conclure :
« Finalement, je n’avais besoin de personne. »
Elle peut reconnaître :
« J’ai eu besoin de cette aide à ce moment-là, et aujourd’hui j’en ai moins besoin. »
Ces deux propositions sont parfaitement compatibles.
Recevoir de l’aide et devenir autonome ne sont pas opposés.
L’aide peut précisément avoir participé à la construction de cette autonomie.
À retenir
La fin d’une psychothérapie constitue une étape du travail thérapeutique et mérite, lorsque les circonstances le permettent, d’être préparée.
Elle peut être envisagée lorsque les objectifs ont suffisamment progressé, que la personne dispose de davantage de ressources et qu’elle peut utiliser ce qu’elle a construit avec une autonomie croissante.
Elle ne signifie pas que toutes les difficultés ont disparu ni que la personne ne consultera plus jamais.
Une fin peut également intervenir parce qu’une méthode ne fonctionne pas suffisamment, que le thérapeute ou le patient ne peut plus poursuivre, que les circonstances changent ou qu’une autre prise en charge devient plus adaptée.
La tristesse de la séparation n’est pas automatiquement une dépendance. Inversement, une difficulté à se séparer ne justifie pas de prolonger indéfiniment une thérapie devenue inutile.
Le bilan peut reconnaître les progrès, les fragilités restantes, les stratégies utiles et les signes qui pourraient justifier de demander à nouveau de l’aide.
Une psychothérapie n’atteint pas son but lorsque le patient apprend à vivre indéfiniment avec son thérapeute à ses côtés. Elle l’atteint lorsque ce qui a été construit dans cet espace peut quitter progressivement le cabinet avec lui — et continuer à vivre là où cela comptait depuis le début : dans sa propre vie.
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