LA SANTÉ AVANT TOUT · Psychothérapie
EFT — EMOTIONAL FREEDOM TECHNIQUES
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L’EFT, pour Emotional Freedom Techniques, désigne une méthode combinant l’évocation d’une difficulté émotionnelle avec des stimulations tactiles répétées, généralement réalisées en tapotant du bout des doigts certains points du visage et du haut du corps.
Elle est souvent appelée « tapping ».
L’EFT a acquis une grande popularité dans les domaines du bien-être, de la gestion du stress et de certaines pratiques d’accompagnement psychologique. Elle est également proposée par certains praticiens pour l’anxiété, les phobies, les souvenirs traumatiques, la douleur ou d’autres difficultés.
Cette diffusion importante impose cependant une distinction essentielle.
Il existe des recherches sur l’EFT et certains résultats sont encourageants, mais son niveau d’établissement scientifique, ses mécanismes proposés et sa place clinique ne doivent pas être présentés comme équivalents à ceux des psychothérapies les mieux validées pour chaque trouble concerné.
Par ailleurs, les explications historiques de l’EFT faisant intervenir les « méridiens énergétiques » ne sont pas établies comme mécanisme psychologique ou physiologique démontré.
On peut donc étudier l’EFT, son utilisation et les données disponibles sans devoir accepter toutes les explications proposées autour de son fonctionnement.
Une pratique peut produire des effets intéressants sans que la théorie utilisée pour les expliquer soit nécessairement démontrée.
Ne pas confondre les deux EFT
Une précision est indispensable.
L’abréviation EFT peut désigner deux approches très différentes.
Dans ce chapitre, EFT signifie :
Emotional Freedom Techniques.
Il s’agit de la méthode utilisant notamment le tapping.
Dans le chapitre suivant, nous aborderons :
Emotionally Focused Therapy, ou thérapie centrée sur les émotions, notamment connue dans le travail de couple et fondée sur des modèles très différents.
Les deux portent la même abréviation anglaise.
Elles ne doivent pas être confondues.
D’où vient l’EFT ?
L’EFT a été développée dans les années 1990 par Gary Craig.
Elle s’inscrit historiquement dans la continuité de pratiques antérieures associant difficultés psychologiques et stimulation de points corporels, notamment la Thought Field Therapy de Roger Callahan.
Gary Craig a proposé une forme simplifiée et plus standardisée de tapping pouvant être utilisée sur différentes difficultés.
La méthode s’est ensuite largement diffusée, notamment grâce à Internet, aux formations privées et à la possibilité de pratiquer certains exercices soi-même.
En quoi consiste le tapping ?
Dans une séance ou un exercice d’EFT, la personne identifie généralement une difficulté précise.
Une peur.
Une émotion.
Une situation.
Un souvenir.
Une pensée.
Une sensation.
Elle porte son attention sur cette expérience tout en tapotant successivement différents points corporels selon une séquence.
Le tapotement est léger et répétitif.
La personne peut également prononcer certaines phrases décrivant son expérience.
Le protocole varie selon les écoles et les praticiens.
Les points utilisés
Les séquences courantes utilisent notamment des points situés :
sur le côté de la main ;
au niveau du sourcil ;
près de l’œil ;
sous l’œil ;
sous le nez ;
au niveau du menton ;
près de la clavicule ;
sous le bras ;
et parfois sur le sommet du crâne.
Ces points sont historiquement reliés par les promoteurs de la méthode à des conceptions issues des méridiens énergétiques.
Cette explication doit être distinguée du simple fait observable qu’une personne se tapote certaines zones corporelles pendant qu’elle porte son attention sur une expérience émotionnelle.
Le principe de départ
La personne commence généralement par identifier ce qui la gêne.
Une formulation vague comme :
« Toute ma vie va mal »
est difficile à travailler.
Une cible plus précise peut être :
« J’ai peur de la réunion de demain. »
ou :
« Lorsque je repense à cette conversation, je ressens encore beaucoup de colère. »
Cette précision permet également d’observer plus facilement si quelque chose évolue au cours de l’exercice.
Évaluer l’intensité
Certaines pratiques d’EFT demandent d’évaluer l’intensité de la difficulté sur une échelle subjective.
Par exemple de 0 à 10.
La personne estime :
« Ma peur est actuellement à 8. »
Après plusieurs séquences, elle réévalue.
Cette mesure ne constitue pas une mesure objective de l’émotion.
Elle fournit simplement un repère subjectif.
Une diminution peut être intéressante.
Elle ne permet pas, à elle seule, de déterminer pourquoi cette diminution s’est produite.
La phrase de préparation
Une formulation traditionnellement associée à l’EFT combine souvent la reconnaissance du problème avec une forme d’acceptation de soi.
Par exemple :
« Même si je ressens cette peur, je m’accepte profondément et complètement. »
Cette formulation peut être adaptée.
Toutes les personnes ne sont pas capables de dire sincèrement qu’elles s’acceptent « profondément et complètement ».
Une phrase trop éloignée de l’expérience réelle peut sembler artificielle.
On peut préférer une formulation plus crédible :
« Même si cette peur est présente, je peux observer ce qui se passe. »
ou :
« Même si cette situation est difficile, je vais essayer de rester avec ce que je ressens pendant quelques instants. »
Une pratique psychologique ne gagne rien à obliger la personne à prononcer une phrase qu’elle ne croit pas.
Les phrases de rappel
Pendant les tapotements, la personne peut répéter une formulation courte.
« Cette peur. »
« Cette tension. »
« Cette colère. »
La phrase maintient l’attention sur l’expérience travaillée.
Au fil des séquences, elle peut évoluer.
La personne peut remarquer une autre émotion, une pensée ou une sensation différente.
Le travail suit alors éventuellement cette évolution.
Que se passe-t-il réellement pendant un exercice ?
Même sans accepter l’hypothèse des méridiens énergétiques, plusieurs éléments psychologiques reconnaissables sont présents dans une séance d’EFT.
La personne :
porte volontairement attention à une difficulté ;
la nomme ;
observe son intensité ;
reste en contact avec elle pendant un certain temps ;
effectue simultanément une activité corporelle répétitive ;
respire ;
réévalue ensuite son expérience.
Ces différents composants peuvent eux-mêmes participer aux effets ressentis.
La question scientifique consiste précisément à déterminer ce qui produit l’effet, dans quelles conditions et avec quelle importance.
Exposition et attention
Lorsqu’une personne évoque une peur tout en restant dans la situation suffisamment longtemps pour l’observer, une forme de confrontation à l’expérience peut se produire.
Dans certains cas, cela présente des ressemblances avec des mécanismes utilisés dans les approches d’exposition.
Mais il serait excessif de conclure que l’EFT est simplement une thérapie d’exposition.
Le protocole comporte d’autres éléments et les recherches sur ses mécanismes restent discutées.
Il faut distinguer ressemblances fonctionnelles et équivalence thérapeutique.
Le rôle possible de l’apaisement
Le tapping est une activité rythmique et répétitive.
Certaines personnes trouvent ce geste apaisant.
L’attention portée au corps, la respiration, la structure de l’exercice et le sentiment d’agir peuvent également contribuer à la diminution momentanée de l’activation.
Cela ne permet pas de conclure automatiquement que des « blocages énergétiques » ont été libérés.
Un effet ressenti est réel en tant qu’expérience.
L’explication de cet effet constitue une question différente.
L’importance des attentes
Les attentes peuvent influencer l’expérience d’une intervention.
Si une personne pense qu’un exercice va l’aider, cela peut modifier sa manière de l’aborder.
Cette influence ne signifie pas que « tout est imaginaire ».
Les attentes font partie des mécanismes connus pouvant intervenir dans de nombreuses pratiques thérapeutiques et médicales.
Elles ne suffisent pas non plus à expliquer automatiquement tous les effets observés.
La recherche doit essayer de distinguer les différentes composantes.
EFT et stress
Le tapping est fréquemment utilisé comme outil de gestion du stress.
Une personne peut prendre quelques minutes pour identifier ce qui la préoccupe, effectuer une séquence puis observer si son activation diminue.
Dans ce contexte, l’EFT peut être envisagée comme une pratique de régulation parmi d’autres.
Si elle aide une personne à ralentir, observer son état et retrouver suffisamment de calme pour agir plus clairement, cette fonction peut être utile.
Il n’est pas nécessaire de lui attribuer un mécanisme extraordinaire pour reconnaître cette utilité.
EFT et anxiété
Des études ont exploré l’EFT dans différentes problématiques anxieuses.
Certains résultats rapportent des améliorations.
Cependant, les niveaux de preuve, la qualité méthodologique et la comparaison avec des traitements déjà bien établis doivent être pris en compte avant de conclure à une équivalence.
Pour certains troubles anxieux, les thérapies cognitives et comportementales et certaines interventions d’exposition disposent d’un corpus scientifique particulièrement important.
L’existence d’une autre méthode ne rend pas ces références obsolètes.
EFT et phobies
La phobie constitue l’un des domaines dans lesquels le tapping a été fréquemment présenté.
La personne évoque ou rencontre progressivement l’objet de sa peur tout en utilisant la séquence.
Une diminution de la peur peut survenir.
Mais il faut se demander quelle part du changement provient du tapping lui-même et quelle part provient notamment de l’exposition, de l’habituation à la situation, de nouvelles associations ou d’autres facteurs.
Cette question n’enlève rien à l’expérience de la personne.
Elle permet simplement de ne pas confondre observation clinique et démonstration du mécanisme.
EFT et traumatisme
L’EFT est également proposée dans le travail autour de souvenirs traumatiques.
C’est ici qu’une prudence particulière devient nécessaire.
Tapoter quelques points sur le visage ne rend pas automatiquement sans risque l’évocation d’un événement traumatique.
Une personne peut devenir fortement activée, dissociée ou submergée.
Plus l’histoire traumatique est complexe, plus il devient important de distinguer un exercice d’autorégulation d’une véritable psychothérapie du traumatisme.
Le tapping ne neutralise pas automatiquement un traumatisme
Une affirmation commerciale du type :
« Tapotez sur ces points et libérez définitivement votre traumatisme »
simplifie excessivement la réalité.
Une réaction traumatique peut concerner les souvenirs, les émotions, les relations, la sécurité, l’image de soi, le corps et de nombreux aspects de la vie.
Une diminution immédiate de l’intensité d’un souvenir peut être intéressante.
Elle ne permet pas nécessairement de conclure que l’ensemble du traumatisme est traité.
EFT et souvenirs
Comme pour l’EMDR, l’hypnose, le dessin ou certaines autres médiations, une précaution s’impose concernant la mémoire.
Une image ou une association apparue pendant une séance d’EFT n’est pas automatiquement un souvenir exact.
Le tapping n’ouvre pas un accès privilégié à une mémoire parfaitement conservée.
Une personne peut associer, imaginer, reconstruire ou mélanger différents éléments.
Le praticien ne doit pas suggérer qu’une sensation constitue la preuve d’un événement oublié.
EFT et douleur
L’EFT a également été explorée pour certaines expériences douloureuses.
La douleur est multidimensionnelle.
Attention, stress, peur, anticipation et émotions peuvent influencer la manière dont elle est vécue.
Une technique psychologique peut donc éventuellement agir sur certaines dimensions sans que cela signifie que la douleur est imaginaire.
Inversement, une diminution subjective de la douleur après tapping ne démontre pas qu’une cause physique a disparu.
Cette distinction est essentielle.
EFT et émotions difficiles
Une personne peut utiliser le tapping lorsqu’elle ressent colère, tristesse, peur ou honte.
L’exercice peut offrir une structure :
je m’arrête ;
je nomme ce que je ressens ;
j’observe ;
je pratique ;
je réévalue.
Cette séquence peut déjà rompre une réaction automatique.
Mais toutes les émotions n’ont pas besoin d’être réduites.
Une colère peut signaler une limite franchie.
Une peur peut signaler un danger réel.
Une tristesse peut correspondre à une perte.
Le but n’est pas nécessairement d’obtenir « zéro émotion ».
Une émotion n’est pas un blocage énergétique à supprimer
Certaines présentations de l’EFT décrivent les émotions difficiles comme des perturbations ou blocages du système énergétique.
Cette conception appartient au modèle historique de la méthode.
Elle ne doit pas être présentée comme un fait scientifique établi.
Par ailleurs, considérer toute émotion désagréable comme un blocage peut conduire à une conception problématique de la vie émotionnelle.
La peur, la colère et la tristesse ont aussi des fonctions.
La question n’est pas toujours :
« Comment faire disparaître cette émotion ? »
Elle peut être :
« Qu’est-ce qu’elle m’indique et que dois-je faire avec elle ? »
L’auto-EFT
L’un des attraits de l’EFT est sa simplicité apparente.
Après avoir appris une séquence, une personne peut la pratiquer seule.
Cette autonomie peut être intéressante pour certaines difficultés modérées ou pour la gestion ponctuelle du stress.
Mais savoir tapoter les différents points ne signifie pas savoir conduire seul n’importe quel travail psychologique.
L’intensité et la nature de ce que l’on choisit d’évoquer comptent.
Commencer par quelque chose de limité
Lorsqu’une personne découvre le tapping, il est plus raisonnable d’expérimenter sur une difficulté relativement circonscrite que de commencer seule par l’expérience la plus traumatique de son existence.
Par exemple :
une appréhension modérée ;
une tension avant une conversation ;
un stress ponctuel.
La réaction permet ensuite de voir comment la personne vit l’exercice.
L’autonomie n’exige pas de commencer par ce qui fait le plus mal.
Quand s’arrêter
Un exercice peut être interrompu.
Si la personne devient fortement désorientée, submergée ou beaucoup plus mal, poursuivre mécaniquement les rondes de tapping n’est pas nécessairement approprié.
Le principe :
« Si ça fait plus mal, c’est que ça fonctionne »
est dangereux lorsqu’il est utilisé comme règle générale.
Une augmentation de la souffrance peut simplement signifier qu’il faut arrêter, revenir au présent ou obtenir un accompagnement adapté.
La recherche sur l’EFT
L’EFT a fait l’objet d’un nombre croissant de publications scientifiques, portant notamment sur l’anxiété, le stress, le PTSD et d’autres problématiques.
Certaines études et synthèses rapportent des résultats favorables.
Le débat scientifique porte notamment sur la qualité de certains travaux, les comparateurs utilisés, les mécanismes spécifiques du tapping et la solidité des conclusions selon les indications.
Il serait donc aussi simplificateur d’affirmer que l’EFT « n’a jamais été étudiée » que de la présenter comme définitivement démontrée pour toutes les utilisations revendiquées.
La position la plus rigoureuse consiste à examiner indication par indication la qualité des données disponibles.
Effet global et mécanisme spécifique
Deux questions doivent être séparées.
Première question : les personnes utilisant une intervention EFT s’améliorent-elles dans certaines conditions ?
Deuxième question : si elles s’améliorent, est-ce précisément parce que les points tapotés correspondent à des méridiens énergétiques ?
Une réponse positive à la première question ne prouve pas automatiquement la seconde.
Cette distinction est fondamentale pour comprendre l’évaluation scientifique des psychothérapies et des pratiques complémentaires.
Les méridiens
Les promoteurs traditionnels de l’EFT expliquent souvent le tapping à partir de méridiens issus de conceptions énergétiques apparentées à celles rencontrées dans certaines médecines traditionnelles.
Ces systèmes possèdent leur histoire et leur cohérence culturelle.
Mais leur existence sous la forme de circuits énergétiques correspondant au mécanisme affirmé par l’EFT n’est pas établie par les connaissances biomédicales actuelles.
On peut respecter l’origine conceptuelle d’une pratique sans transformer une hypothèse en donnée démontrée.
« Psychologie énergétique »
L’EFT est parfois regroupée sous le terme psychologie énergétique.
Cette appellation décrit une famille de pratiques et leur cadre théorique.
Elle ne signifie pas qu’une énergie psychologique spécifique ait été mesurée comme on mesure une activité électrique ou une pression sanguine.
Le mot « énergie » possède ici un sens théorique particulier.
Cette précision évite une confusion entre vocabulaire thérapeutique et mesure physique.
Les formations en EFT
Les formations disponibles sont très diverses.
Certaines s’adressent à des professionnels déjà qualifiés dans le domaine de la santé mentale.
D’autres sont ouvertes à un public beaucoup plus large.
Une certification privée en EFT ne donne pas automatiquement les compétences nécessaires pour diagnostiquer, évaluer ou traiter des troubles psychologiques complexes.
Cette distinction devient particulièrement importante lorsqu’un praticien propose de travailler sur des traumatismes graves, des comportements suicidaires ou d’autres situations nécessitant des compétences cliniques solides.
Le praticien doit connaître ses limites
Une personne peut être très compétente dans l’enseignement du tapping et ne pas être formée à la psychothérapie.
Cela n’annule pas ce qu’elle sait faire.
Mais cela détermine les situations qu’elle peut raisonnablement accompagner.
Savoir utiliser un outil ne signifie pas maîtriser toutes les situations dans lesquelles cet outil pourrait être proposé.
Cette règle vaut d’ailleurs bien au-delà de l’EFT.
EFT et psychothérapie
L’EFT peut être utilisée comme approche centrale par certains praticiens ou intégrée comme outil complémentaire dans un accompagnement plus large.
Dans le second cas, le thérapeute peut proposer le tapping comme moyen de régulation tout en utilisant d’autres méthodes pour comprendre et travailler la difficulté.
Cette intégration permet parfois de conserver ce qui est utile dans l’outil sans lui attribuer la responsabilité de l’ensemble du traitement.
Le risque de tout expliquer par l’énergie
Une méthode devient problématique lorsqu’elle prétend fournir une explication unique à toutes les souffrances.
Traumatisme ?
Blocage énergétique.
Douleur ?
Blocage énergétique.
Conflit relationnel ?
Blocage énergétique.
Maladie ?
Blocage énergétique.
Une explication qui répond de la même manière à toutes les questions risque de ne plus distinguer les problèmes.
Les difficultés humaines ont des causes et des mécanismes multiples.
Une pratique utile dans certaines situations n’a pas besoin de devenir une théorie universelle.
Le risque des promesses rapides
La simplicité du tapping facilite également les promesses commerciales.
« Supprimez votre phobie en quelques minutes. »
« Effacez vos traumatismes. »
« Libérez définitivement vos émotions négatives. »
Certaines personnes peuvent effectivement ressentir un changement rapide.
Mais une expérience individuelle ne permet pas de garantir le même résultat à tous.
La promesse spectaculaire devient particulièrement problématique lorsqu’elle pousse une personne à abandonner une prise en charge dont elle a besoin.
Quand une amélioration rapide est réelle
Il ne faut pas tomber dans l’excès inverse.
Une personne peut pratiquer quelques séquences et constater une diminution nette de sa peur ou de sa tension.
Cette amélioration n’a pas besoin d’être niée parce que le mécanisme énergétique n’est pas démontré.
Elle peut simplement être constatée :
« Avant l’exercice, ma tension était très forte. Maintenant elle l’est beaucoup moins. »
C’est une information utile.
Il n’est pas nécessaire d’en tirer immédiatement une théorie générale sur le fonctionnement du corps humain.
Observer ce qui dure
Un changement immédiat et un changement durable ne sont pas exactement la même chose.
Si une peur passe de 8 à 3 pendant la séance, que se passe-t-il le lendemain ?
Une semaine plus tard ?
Dans la situation réelle ?
La personne recommence-t-elle à éviter ?
L’évaluation d’une intervention ne doit pas s’arrêter au soulagement obtenu pendant l’exercice.
L’effet dans la vie quotidienne compte davantage.
Un outil parmi d’autres
Le tapping peut éventuellement devenir l’une des stratégies disponibles.
Respiration.
Relaxation.
Mouvement.
Écriture.
Techniques cognitives.
Exposition.
Pleine conscience.
Soutien relationnel.
Psychothérapie.
La présence de plusieurs outils évite de transformer une méthode en réponse automatique à toutes les difficultés.
Une personne peut utiliser l’EFT lorsqu’elle lui convient et choisir autre chose lorsqu’une autre approche répond mieux au problème.
Ne pas confondre simplicité et absence de limites
Une technique simple à apprendre peut être précieuse.
Mais cette simplicité crée parfois l’illusion qu’elle peut être appliquée sans distinction à toutes les situations.
Tapoter est simple.
Comprendre ce qui se passe chez une personne peut l’être beaucoup moins.
Le cadre, la compétence du professionnel et la nature du problème restent donc importants.
Comment évaluer si l’EFT aide réellement ?
La personne peut observer plusieurs éléments.
L’intensité de la difficulté diminue-t-elle uniquement pendant le tapping ou également dans la vie quotidienne ?
Les comportements changent-ils ?
L’évitement diminue-t-il ?
La personne devient-elle plus autonome ?
La pratique l’aide-t-elle à affronter les situations nécessaires ou devient-elle un rituel obligatoire avant chaque action ?
Ces questions permettent d’aller au-delà de l’impression immédiate.
Quand le tapping devient un rituel
Une technique de régulation peut parfois se transformer en comportement de sécurité.
La personne pense :
« Je ne peux pas entrer dans cette pièce tant que je n’ai pas fait trois rondes d’EFT. »
L’outil censé augmenter l’autonomie commence alors à devenir une condition de l’action.
Cette évolution mérite d’être observée.
Une bonne stratégie d’aide ne devrait pas nécessairement devenir indispensable à chaque instant.
Accepter que l’émotion ne tombe pas à zéro
Certaines personnes utilisent l’échelle d’intensité comme un objectif de performance.
Elles commencent à 8.
Arrivent à 3.
Puis considèrent l’exercice comme raté parce qu’elles n’ont pas atteint 0.
Mais l’objectif d’un travail psychologique n’est pas toujours de supprimer entièrement une émotion.
Passer d’une peur paralysante à une peur permettant d’agir peut déjà représenter un changement considérable.
La vie émotionnelle n’est pas un tableau de bord dont toutes les alertes doivent être ramenées à zéro.
À retenir
L’EFT — Emotional Freedom Techniques — associe l’attention portée à une difficulté émotionnelle à des séquences de tapotements sur différents points du corps.
Elle est largement utilisée pour le stress et proposée dans diverses difficultés psychologiques.
Des recherches ont étudié son efficacité et certains résultats sont encourageants, mais les données doivent être examinées selon les indications et sans mettre automatiquement l’EFT au même niveau que les traitements les mieux établis pour chaque trouble.
Les explications fondées sur des méridiens ou des blocages énergétiques appartiennent au modèle historique de la méthode et ne doivent pas être présentées comme des mécanismes scientifiquement démontrés.
Le tapping peut néanmoins comporter plusieurs éléments susceptibles d’être utiles : attention à l’expérience, exposition à certaines pensées ou émotions, répétition rythmique, observation corporelle, sentiment d’action et réévaluation.
Pour les traumatismes complexes ou les difficultés psychologiques graves, savoir exécuter une séquence de tapping ne remplace pas les compétences nécessaires à une véritable prise en charge psychothérapeutique.
Et une amélioration ressentie peut être reconnue sans qu’il soit nécessaire d’inventer une certitude sur son mécanisme.
La question la plus utile n’est donc pas de choisir entre « l’EFT explique tout » et « l’EFT ne vaut rien », mais d’examiner beaucoup plus précisément ce qu’elle apporte, pour qui, dans quelle situation, avec quelles limites et avec quel niveau de preuve.
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Contenu d’information générale. Les techniques de soin et leurs indications demandent une évaluation adaptée à la situation.