LA SANTÉ AVANT TOUT · Psychologie
CRÉATIVITÉ
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La créativité est souvent associée aux artistes.
Peintres.
Écrivains.
Musiciens.
Inventeurs.
Designers.
Pourtant, elle intervient dans beaucoup plus de situations.
Trouver une autre manière d’expliquer quelque chose.
Résoudre un problème inhabituel.
Adapter une recette.
Imaginer une activité.
Réorganiser son travail.
Inventer une histoire.
Trouver une solution lorsqu’aucune procédure connue ne fonctionne parfaitement.
La créativité n’est donc pas uniquement la capacité à produire une œuvre.
Elle est aussi la capacité à produire des idées, des associations ou des solutions qui ne sont pas simplement la répétition immédiate de ce que nous faisions déjà.
Qu’est-ce qu’être créatif ?
Une idée créative possède généralement deux dimensions.
Elle doit présenter une certaine nouveauté.
Mais elle doit également avoir une pertinence dans son contexte.
Une idée totalement nouvelle mais inutilisable n’est pas nécessairement créative au sens où nous l’entendons habituellement.
À l’inverse, une solution parfaitement efficace mais reproduite exactement pour la millième fois ne demande pas nécessairement beaucoup de créativité.
La créativité apparaît souvent à la rencontre entre :
originalité et pertinence.
La créativité n’est pas un don réservé à quelques personnes
Nous parlons parfois de créativité comme d’une caractéristique presque magique.
« Elle est créative. »
« Moi, je ne le suis pas. »
Il existe effectivement des différences individuelles.
Certaines personnes aiment davantage explorer, imaginer, expérimenter ou produire des idées nouvelles.
Mais la créativité dépend aussi :
des connaissances ;
de l’expérience ;
du contexte ;
de la motivation ;
du temps disponible ;
de la liberté perçue ;
des contraintes ;
et de la possibilité d’essayer sans être immédiatement sanctionné pour chaque erreur.
Elle n’est donc pas une propriété fixe distribuée à la naissance entre les « créatifs » et les autres.
Créer à partir de ce qui existe
La création absolue à partir de rien est rare.
Nous combinons généralement des éléments déjà connus.
Une idée rencontrée dans un domaine.
Une expérience personnelle.
Une technique apprise ailleurs.
Une question.
Une contrainte.
Une observation.
La nouveauté peut apparaître dans la manière de relier ces éléments.
Créer ne signifie pas nécessairement inventer chaque pièce. Cela peut signifier construire une combinaison qui n’existait pas encore sous cette forme.
Les associations
Une partie de la créativité repose sur la capacité à établir des liens.
A ressemble à B.
Une solution utilisée ici pourrait fonctionner là.
Deux idées apparemment éloignées peuvent être réunies.
Un problème peut être regardé depuis un autre domaine.
Les personnes possédant des expériences variées disposent parfois d’un réservoir particulièrement riche d’associations possibles.
Ce que nous apprenons dans un domaine peut donc nourrir une création dans un autre.
Connaître beaucoup peut aider à créer
Nous opposons parfois connaissance et créativité.
Comme si apprendre des règles empêchait de créer.
En réalité, connaître un domaine fournit souvent davantage de matériaux.
Un musicien connaissant beaucoup de structures musicales peut jouer avec elles.
Un écrivain ayant beaucoup lu dispose d’un vaste univers de formes narratives.
Un professionnel expérimenté connaît plusieurs manières de résoudre un problème.
La connaissance peut devenir une matière première de la créativité.
Mais l’expertise peut aussi enfermer
L’expérience possède un autre effet possible.
À force de connaître la manière habituelle de faire quelque chose, nous pouvons ne plus envisager d’autres possibilités.
« On a toujours fait comme ça. »
Une solution connue devient tellement évidente qu’elle empêche de voir les alternatives.
L’expertise peut donc nourrir la créativité tout en créant parfois des habitudes mentales qu’il faut apprendre à remettre en question.
La pensée divergente
La pensée divergente consiste à produire plusieurs réponses possibles à partir d’une même question.
Par exemple :
« Combien d’utilisations différentes peut-on imaginer pour cet objet ? »
L’objectif n’est pas immédiatement de choisir la meilleure.
Il s’agit d’ouvrir les possibilités.
Quantité.
Variété.
Associations.
Directions inhabituelles.
Cette phase est particulièrement utile lorsqu’un problème ne possède pas une seule solution évidente.
La pensée convergente
À un autre moment, il faut sélectionner.
Comparer.
Tester.
Éliminer.
Améliorer.
Choisir.
C’est la pensée convergente.
La créativité ne consiste donc pas seulement à avoir énormément d’idées.
Il faut également pouvoir reconnaître lesquelles méritent d’être développées.
Imaginer et sélectionner sont deux opérations différentes, toutes deux nécessaires.
Ne pas juger trop tôt
Une idée fragile peut être détruite très facilement.
« C’est ridicule. »
« Ça ne marchera jamais. »
« Personne ne fait ça. »
Parfois, ces critiques sont exactes.
Mais si elles arrivent trop tôt, elles empêchent l’idée d’évoluer suffisamment pour que nous découvrions ce qu’elle pouvait devenir.
Une méthode utile consiste à séparer temporairement :
la production des idées
et
leur évaluation.
Nous pouvons d’abord ouvrir.
Puis trier.
Mais ne jamais juger ne suffit pas non plus
L’inverse serait une erreur.
Toutes les idées ne sont pas bonnes simplement parce qu’elles sont créatives.
Certaines sont irréalisables.
Trop coûteuses.
Inadaptées.
Déjà connues.
Contradictoires.
Dangereuses.
La créativité productive demande donc également une capacité critique.
Le but n’est pas de supprimer le jugement.
Il est de l’utiliser au bon moment.
Le premier brouillon
Beaucoup de créations meurent parce que leur auteur attend qu’elles soient immédiatement bonnes.
Une première version peut être maladroite.
Incomplète.
Trop longue.
Trop simple.
Contradictoire.
Elle possède néanmoins une qualité essentielle :
elle existe.
Il est souvent plus facile d’améliorer quelque chose que de perfectionner une page vide.
Le perfectionnisme
Le perfectionnisme peut fortement inhiber la créativité.
Si chaque phrase doit être brillante dès son apparition, écrire devient extrêmement difficile.
Si chaque dessin doit être réussi, expérimenter devient dangereux.
Si chaque idée doit être exceptionnelle, la majorité sera censurée avant même d’être exprimée.
La créativité nécessite une certaine tolérance envers les productions imparfaites.
Au moins pendant leur construction.
Le droit à l’essai
Créer implique d’essayer quelque chose dont le résultat n’est pas totalement connu.
Il existe donc nécessairement une possibilité d’échec.
Un environnement où chaque tentative ratée est ridiculisée encourage la répétition des solutions connues.
Un environnement où l’essai raisonnable est possible favorise davantage l’exploration.
La sécurité psychologique peut devenir un terrain de créativité.
L’erreur
Certaines découvertes apparaissent à partir d’erreurs.
Un résultat inattendu oblige à regarder autrement.
Cela ne signifie pas qu’il faudrait rechercher volontairement les erreurs.
Mais une erreur peut devenir informative si nous ne la considérons pas uniquement comme quelque chose à effacer.
« Pourquoi cela n’a-t-il pas fonctionné comme prévu ? »
peut ouvrir une direction nouvelle.
La curiosité
La créativité est souvent alimentée par des questions.
Pourquoi ?
Pourquoi pas ?
Et si ?
Que se passerait-il si… ?
Comment font-ils ailleurs ?
Peut-on inverser le problème ?
La curiosité élargit l’espace mental.
Elle permet de considérer qu’une réalité connue pourrait être regardée autrement.
L’observation
Créer ne consiste pas uniquement à vivre dans son imagination.
Une observation attentive du réel peut fournir énormément de matière.
Un comportement.
Un besoin non satisfait.
Une difficulté répétitive.
Une contradiction.
Une phrase entendue.
Un détail que personne ne semble remarquer.
Beaucoup d’idées commencent par :
« C’est étrange… »
ou
« Pourquoi personne n’a pensé à… ? »
L’ennui
Nous cherchons souvent à supprimer immédiatement tout moment d’ennui.
Téléphone.
Vidéo.
Message.
Musique.
Pourtant, certaines périodes de faible stimulation permettent à l’esprit de vagabonder.
Des associations apparaissent.
Une idée laissée de côté revient.
Deux éléments se rencontrent.
L’ennui n’est pas automatiquement créatif.
Mais remplir chaque seconde d’une stimulation extérieure peut réduire certains espaces disponibles pour la pensée spontanée.
L’incubation
Nous pouvons travailler longtemps sur un problème sans trouver de solution.
Puis nous faisons autre chose.
Marchons.
Dormons.
Prenons une douche.
Et soudain :
« Voilà ! »
Ce phénomène est souvent décrit comme une incubation.
Le problème a été momentanément laissé de côté, mais certaines associations peuvent continuer à se réorganiser.
La pause n’était donc pas nécessairement une absence de travail mental.
Le fameux « Eurêka »
L’idée soudaine peut donner l’impression qu’elle est apparue de nulle part.
Mais elle arrive souvent après une période de travail préalable.
Informations accumulées.
Tentatives.
Questions.
Échecs.
Puis une nouvelle combinaison devient accessible.
Le moment d’illumination est spectaculaire.
Tout le travail qui l’a préparé l’est beaucoup moins.
Le sommeil
Le sommeil joue un rôle important dans de nombreux processus cognitifs, notamment la consolidation de la mémoire.
Une personne épuisée peut parfois produire des idées, mais la fatigue chronique finit souvent par réduire certaines capacités d’attention, de flexibilité et d’évaluation.
La représentation romantique du créateur qui doit nécessairement s’épuiser pour produire ne constitue donc pas une règle psychologique.
Les contraintes
On pourrait penser que la créativité nécessite une liberté totale.
Mais certaines contraintes peuvent au contraire la stimuler.
Un budget limité.
Un nombre de mots précis.
Un espace réduit.
Trois ingrédients disponibles.
Une durée imposée.
La contrainte oblige à chercher autrement.
La question devient :
« Que puis-je faire à l’intérieur de ces limites ? »
Trop de contraintes
Toutes les contraintes ne sont évidemment pas stimulantes.
Lorsque les règles sont tellement nombreuses qu’aucune marge n’existe, la créativité diminue.
Il faut généralement un espace suffisamment ouvert pour permettre plusieurs possibilités.
Une bonne contrainte oriente.
Une contrainte excessive enferme.
Trop de liberté
À l’inverse, une liberté totale peut parfois bloquer.
« Fais absolument ce que tu veux. »
Par où commencer ?
Un cadre minimal peut réduire le nombre infini de possibilités.
Par exemple :
« Écris une histoire de deux pages qui se déroule dans une gare. »
La limite crée immédiatement un terrain sur lequel l’imagination peut travailler.
La motivation intrinsèque
Nous sommes souvent plus créatifs lorsque l’activité nous intéresse réellement.
Curiosité.
Plaisir.
Défi.
Envie de comprendre.
Envie de produire quelque chose.
Cette motivation dite intrinsèque favorise souvent l’exploration.
La personne ne cherche pas seulement à terminer.
Elle s’intéresse au processus.
Les récompenses
Une récompense extérieure n’empêche pas automatiquement la créativité.
Les artistes peuvent vouloir vendre leurs œuvres.
Les chercheurs être rémunérés.
Les entrepreneurs gagner de l’argent.
La question est plutôt de savoir si la récompense devient tellement dominante qu’elle remplace toute exploration par :
« Que dois-je produire exactement pour obtenir l’approbation ? »
Lorsque la peur de mal répondre aux attentes devient centrale, la personne peut privilégier les solutions les plus sûres.
Créer pour les autres
La créativité possède souvent un destinataire.
Lecteur.
Client.
Public.
Utilisateur.
Élève.
Patient.
Équipe.
Créer pour quelqu’un demande de tenir compte de ses besoins sans nécessairement abandonner toute originalité.
Il existe une tension intéressante entre :
« Ce que j’ai envie de créer »
et
« Ce qui sera utile ou compréhensible pour celui qui le recevra. »
Cette tension peut elle-même devenir créative.
La critique
Recevoir une critique sur quelque chose que nous avons créé peut être particulièrement difficile.
Une production contient souvent une partie de nous-mêmes.
La critique du travail peut donc être entendue comme :
« Tu n’es pas bon. »
Pourtant, distinguer :
« cette création comporte un problème »
de
« je suis incapable de créer »
permet davantage d’amélioration.
Toutes les critiques ne se valent pas
Une critique peut être :
précise ;
argumentée ;
utile ;
adaptée au projet.
Ou simplement :
« Je n’aime pas. »
Le créateur doit apprendre à filtrer.
Qui parle ?
Sur quoi repose l’avis ?
La personne appartient-elle au public concerné ?
Identifie-t-elle un véritable problème ou simplement une préférence ?
Écouter la critique ne signifie pas lui obéir.
L’identité créative
Certaines personnes disent :
« Je ne suis pas créatif. »
Cette croyance peut devenir auto-confirmatrice.
Elles produisent moins d’idées.
Essayent moins.
Abandonnent plus rapidement.
À l’inverse, se considérer comme quelqu’un capable d’explorer peut encourager davantage de comportements créatifs.
L’identité influence parfois la quantité d’expériences que nous nous autorisons.
Créativité et confiance
La créativité demande parfois d’exposer quelque chose qui n’existait pas encore.
Donc quelque chose qui peut être rejeté.
Il faut une certaine tolérance au jugement.
Mais attendre d’avoir parfaitement confiance avant de montrer son travail peut devenir une forme d’évitement.
Comme dans beaucoup de domaines, la confiance peut se construire après les premières expériences plutôt qu’avant.
Créer seul
La solitude peut favoriser certaines formes de concentration.
Elle permet de développer une idée sans interruption.
D’explorer librement.
De ne pas devoir immédiatement justifier chaque choix.
Beaucoup de créateurs ont donc besoin de périodes de travail solitaire.
Mais la solitude n’est pas la seule manière de créer.
Créer avec les autres
La collaboration peut produire des associations impossibles seul.
Une personne apporte une idée.
L’autre la contredit.
La contradiction révèle une faiblesse.
Une troisième possibilité apparaît.
La création devient alors un processus conversationnel.
Le résultat final n’existait complètement dans la tête de personne au départ.
Il s’est construit dans l’interaction.
Le désaccord créatif
Un groupe où tout le monde approuve immédiatement peut produire moins d’idées intéressantes qu’un groupe capable de discuter réellement.
Mais le désaccord doit porter sur le travail.
« Cette solution possède tel problème »
est différent de :
« Ton idée est stupide. »
La créativité collective bénéficie d’une combinaison particulière :
assez de sécurité pour proposer ;
assez de contradiction pour améliorer.
Le brainstorming
Le brainstorming cherche notamment à produire de nombreuses idées avant de les évaluer.
Le principe est utile lorsqu’il permet d’ouvrir plusieurs directions.
Mais une réunion de groupe n’est pas automatiquement créative parce qu’elle porte le nom de brainstorming.
Certaines personnes réfléchissent mieux d’abord seules.
Les plus rapides peuvent monopoliser la conversation.
Les premières idées peuvent influencer toutes les suivantes.
Une méthode efficace peut donc alterner :
réflexion individuelle ;
mise en commun ;
discussion ;
sélection ;
nouvelle exploration.
Trois solutions plutôt qu’une
Lorsque nous trouvons immédiatement une solution acceptable, nous pouvons arrêter de chercher.
Demander volontairement :
« Quelles seraient deux autres possibilités ? »
oblige à rouvrir le problème.
La première solution peut finalement rester la meilleure.
Mais elle aura été comparée.
Et il arrive qu’une solution plus intéressante naisse de la combinaison de plusieurs propositions.
Changer la question
Nous cherchons parfois longtemps parce que nous essayons de répondre à une mauvaise question.
« Comment convaincre les gens de faire cela ? »
pourrait devenir :
« Pourquoi ne veulent-ils pas le faire ? »
Puis :
« Comment supprimer ce qui les en empêche ? »
Le problème change.
Et avec lui, l’espace des solutions.
La créativité consiste parfois moins à trouver une nouvelle réponse qu’à poser une meilleure question.
Inverser
Une technique simple consiste à inverser le problème.
Au lieu de demander :
« Comment améliorer cette expérience ? »
on peut demander :
« Comment la rendre absolument insupportable ? »
Les réponses révèlent souvent ce qu’il faut précisément éviter.
Cette inversion permet de sortir momentanément du raisonnement habituel.
Les analogies
Une autre possibilité consiste à regarder comment un problème comparable est traité ailleurs.
Comment un restaurant gère-t-il l’attente ?
Comment une bibliothèque organise-t-elle énormément d’informations ?
Comment un jeu vidéo enseigne-t-il progressivement ses règles ?
L’objectif n’est pas de copier directement.
Il s’agit de transférer un principe d’un domaine vers un autre.
Créativité et résolution de problèmes
Dans la vie quotidienne, la créativité devient particulièrement visible lorsque la solution standard ne fonctionne plus.
Manque d’argent.
Manque de temps.
Ressources limitées.
Situation inhabituelle.
Il faut adapter.
Une personne peut être extrêmement créative sans jamais produire une œuvre artistique.
Elle invente continuellement des manières de faire fonctionner sa vie avec les ressources disponibles.
La créativité sous pression
Une échéance peut stimuler.
Elle oblige à produire.
Mais une pression excessive peut réduire la capacité d’exploration.
Lorsque l’enjeu devient :
« Je ne dois surtout pas me tromper »
la personne peut privilégier les solutions connues.
Il existe donc une différence entre une contrainte mobilisatrice et une menace psychologique permanente.
Les périodes moins créatives
La créativité n’est pas constante.
Certaines périodes sont très productives.
D’autres beaucoup moins.
Fatigue.
Préoccupations.
Deuil.
Stress.
Surcharge.
Routine.
Une baisse temporaire ne signifie pas que la capacité a disparu.
Parfois, le système psychologique utilise simplement ses ressources ailleurs.
Le blocage créatif
Le blocage peut avoir plusieurs causes.
Manque d’idées.
Trop d’idées.
Perfectionnisme.
Peur du jugement.
Fatigue.
Projet mal défini.
Absence de connaissances suffisantes.
Problème trop vaste.
Par conséquent, il n’existe pas une seule solution au blocage.
La bonne question est d’abord :
« Qu’est-ce qui bloque exactement ? »
Quand il y a trop d’idées
La créativité peut également devenir difficile lorsque les possibilités se multiplient.
Une idée en appelle une autre.
Puis une autre.
Tout semble intéressant.
Mais rien n’est terminé.
Il faut alors passer d’un problème de génération à un problème de sélection.
Créer exige parfois d’abandonner volontairement de bonnes idées pour pouvoir terminer celle que l’on a choisie.
Capturer les idées
Une idée peut apparaître au mauvais moment.
Dans la rue.
Sous la douche.
Au réveil.
Pendant une autre activité.
La mémoire de travail étant limitée, conserver un moyen simple de noter rapidement l’idée peut éviter de la perdre.
Il n’est pas nécessaire de la développer immédiatement.
La capturer suffit.
Elle pourra être évaluée plus tard.
Produire et terminer
Commencer est excitant.
Terminer demande souvent un autre type d’effort.
Réviser.
Couper.
Corriger.
Vérifier.
Répéter.
Faire des choix.
Une personne peut être excellente pour produire des idées et beaucoup moins à l’aise pour les transformer en résultat fini.
La créativité ne s’arrête donc pas nécessairement à l’inspiration.
Elle peut nécessiter une phase beaucoup moins spectaculaire de réalisation.
La discipline
Créativité et discipline ne sont pas opposées.
La discipline peut créer l’espace où la créativité apparaît.
Écrire régulièrement.
Pratiquer.
Observer.
Accumuler du matériel.
Revenir sur un projet.
Tout cela augmente le nombre d’occasions de produire quelque chose d’intéressant.
Attendre uniquement l’inspiration peut réduire considérablement ces occasions.
L’inspiration
L’inspiration existe.
Mais elle est imprévisible.
Nous pouvons parfois l’aider en préparant le terrain.
Lire.
Chercher.
Observer.
Travailler.
Essayer.
Puis laisser reposer.
L’inspiration devient alors moins un miracle qu’un moment où des éléments préparés trouvent soudain une nouvelle organisation.
Copier, imiter, apprendre
L’apprentissage commence souvent par l’imitation.
Un enfant imite.
Un musicien apprend des morceaux existants.
Un écrivain absorbe des structures narratives.
Un peintre étudie des techniques.
L’imitation peut être une étape d’apprentissage.
Mais créer demande progressivement de transformer ce qui a été appris plutôt que de simplement reproduire le travail d’autrui.
L’influence n’est pas identique à la copie.
L’originalité absolue est une illusion
Nous sommes influencés.
Par ce que nous lisons.
Voyons.
Écoutons.
Vivons.
La question n’est donc pas :
« Mon idée n’a-t-elle absolument aucun ancêtre ? »
mais plutôt :
« Qu’est-ce que j’en fais ? »
La personnalité du créateur, son contexte et les associations particulières qu’il construit peuvent transformer des influences communes en résultat singulier.
La créativité peut-elle s’entraîner ?
Certaines habitudes peuvent favoriser un fonctionnement plus créatif :
explorer plusieurs solutions ;
retarder momentanément le jugement ;
chercher des analogies ;
changer de perspective ;
acquérir de nouvelles connaissances ;
s’exposer à des domaines différents ;
accepter les brouillons imparfaits ;
tester ;
observer les résultats ;
revenir sur ses idées.
Cela ne garantit pas un chef-d’œuvre.
Mais cela augmente les occasions d’exercer la pensée créative.
Créer sans produire quelque chose de « grand »
La créativité n’a pas besoin d’aboutir à une invention mondiale.
Elle peut exister dans une solution minuscule.
Une manière différente d’organiser une pièce.
Une histoire racontée à un enfant.
Une nouvelle manière d’utiliser ce que l’on possède déjà.
Une phrase.
Une recette.
Une adaptation.
La valeur psychologique de la créativité ne dépend pas uniquement de la reconnaissance publique du résultat.
Créativité et santé psychologique
Créer peut procurer :
plaisir ;
engagement ;
expression ;
sentiment de compétence ;
sens ;
absorption dans une activité.
Mais il serait excessif d’affirmer que toute activité créative constitue automatiquement une thérapie.
Une personne peut bénéficier profondément de la création sans que celle-ci remplace, lorsque nécessaire, un accompagnement professionnel.
Les pratiques utilisant l’art, l’écriture, la musique, le théâtre, le mouvement ou d’autres médiations dans un cadre thérapeutique appartiennent au domaine de la Psychothérapie et seront abordées séparément.
À retenir
La créativité n’appartient pas exclusivement aux artistes et elle ne dépend pas uniquement d’un éclair d’inspiration.
Elle peut naître d’un travail beaucoup plus ordinaire :
observer ;
apprendre ;
associer ;
essayer ;
se tromper ;
laisser reposer ;
revenir ;
modifier ;
sélectionner ;
terminer.
Elle demande parfois de suspendre la critique.
Puis, exactement à l’inverse, de devenir très critique pour améliorer ce qui a été produit.
Elle demande de savoir ouvrir plusieurs portes sans être obligé de les franchir toutes.
Et peut-être que l’une des habitudes les plus créatives consiste simplement, devant une solution qui paraît évidente, à conserver suffisamment de curiosité pour demander encore :
« D’accord. Mais de quelles autres manières pourrait-on faire ? »
Aucun résultat pour cette recherche. Essaie un autre mot.
Contenu d’information générale. Les techniques de soin et leurs indications demandent une évaluation adaptée à la situation.