LA SANTÉ AVANT TOUT · Psychologie
CONSCIENCE ET INCONSCIENT
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Nous avons parfois l’impression de savoir pourquoi nous faisons ce que nous faisons.
Nous choisissons.
Nous réfléchissons.
Nous décidons.
Nous expliquons ensuite nos décisions.
Pourtant, une grande partie de notre fonctionnement psychologique se déroule sans que nous en ayons une perception consciente immédiate.
Nous reconnaissons un visage avant d’avoir analysé ses traits.
Nous comprenons une phrase sans réfléchir consciemment à chaque règle grammaticale.
Nous évitons un obstacle tout en poursuivant une conversation.
Une émotion peut apparaître avant que nous sachions précisément ce qui l’a déclenchée.
Un souvenir peut influencer notre réaction sans que nous pensions volontairement à lui.
Cela ne signifie pas qu’un mystérieux personnage caché dans notre esprit dirige secrètement notre existence.
Cela signifie simplement que la conscience ne représente qu’une partie de l’activité mentale.
Qu’est-ce que la conscience ?
Le mot « conscience » possède plusieurs significations.
Il peut désigner la conscience morale :
« J’ai mauvaise conscience. »
Mais en psychologie, il désigne notamment le fait d’avoir une expérience subjective de ce qui se passe.
Je sais que je pense.
Je remarque une douleur.
Je perçois une émotion.
Je dirige volontairement mon attention.
Je réfléchis à une décision.
La conscience nous permet donc d’avoir accès à une partie de nos perceptions, pensées, souvenirs, émotions et intentions.
Nous ne pouvons pas être conscients de tout
À chaque instant, notre organisme traite une quantité considérable d’informations.
Sons.
Images.
Positions du corps.
Sensations.
Mouvements.
Souvenirs.
Signaux internes.
Informations sociales.
La plupart ne deviennent pas simultanément conscientes.
Si nous devions consciemment superviser chaque contraction musculaire nécessaire pour marcher, chaque mouvement des yeux et chaque étape permettant de reconnaître un objet, une activité quotidienne deviendrait extraordinairement difficile.
Une partie du fonctionnement doit donc rester automatique.
L’attention comme projecteur
Une image utile consiste à comparer l’attention à un projecteur.
De nombreuses informations sont présentes.
Mais seules certaines sont momentanément éclairées.
Vous pouvez, par exemple, ne pas remarquer la sensation de vos pieds dans vos chaussures.
Puis, simplement parce qu’elle vient d’être évoquée, votre attention peut s’y déplacer.
La sensation n’est pas nécessairement apparue à cet instant.
Elle est devenue consciente.
La conscience dépend donc en partie de ce vers quoi notre attention est orientée.
Automatique ne signifie pas inconscient au sens mystérieux
Nous accomplissons continuellement des opérations automatiques.
Lire un mot familier.
Reconnaître une voix.
Conduire sur une route connue.
Effectuer un geste professionnel répété des milliers de fois.
Ces processus peuvent fonctionner avec très peu d’attention consciente.
Il n’est pas nécessaire d’invoquer un inconscient caché ou symbolique pour les expliquer.
Une partie importante de ce que nous appelons couramment « inconscient » correspond simplement à des traitements mentaux qui ne nécessitent pas une supervision consciente permanente.
L’automatisation
Lorsque nous apprenons une nouvelle compétence, elle demande souvent beaucoup d’attention.
Pensons à l’apprentissage de la conduite.
Au début :
embrayage ;
vitesse ;
rétroviseur ;
clignotant ;
position sur la route ;
pédales.
Tout semble devoir être pensé.
Après suffisamment de pratique, une grande partie devient automatique.
Cette automatisation libère des ressources mentales.
Elle constitue l’une des grandes forces de l’apprentissage.
Mais l’automatisation possède un revers
Ce qui devient automatique peut également devenir difficile à remarquer.
Une habitude.
Une manière de répondre.
Une réaction défensive.
Une façon d’interpréter certaines situations.
Nous pouvons répéter un comportement sans nous demander à chaque fois :
« Pourquoi est-ce que je fais cela ? »
Le comportement a simplement acquis une certaine facilité.
Prendre conscience de l’automatisme constitue parfois la première étape permettant de le modifier.
L’inconscient : plusieurs significations
Le mot « inconscient » peut désigner des réalités différentes selon les approches psychologiques.
Dans un sens large, il désigne des processus mentaux qui influencent notre comportement sans être actuellement accessibles à la conscience.
Dans la tradition psychanalytique, l’Inconscient possède une signification théorique beaucoup plus spécifique : il concerne notamment des désirs, conflits, représentations ou contenus psychiques qui échappent à la conscience et peuvent néanmoins influencer la vie psychique.
Ces significations ne doivent pas être confondues.
Parler de processus inconscients en psychologie contemporaine ne signifie pas automatiquement adopter l’ensemble de la théorie psychanalytique de l’inconscient.
Freud et l’inconscient
Sigmund Freud a profondément marqué la manière dont la culture occidentale pense l’inconscient.
Dans sa théorie, une partie importante de la vie psychique échappe à la conscience.
Des conflits, désirs et expériences peuvent être refoulés et continuer à produire des effets indirects.
Rêves.
Lapsus.
Symptômes.
Associations.
Comportements.
Cette conception a joué un rôle majeur dans l’histoire de la psychologie et de la psychothérapie.
Mais toutes ses propositions ne sont pas considérées aujourd’hui comme scientifiquement établies.
Il faut donc distinguer son importance historique de la validation scientifique de chaque élément de sa théorie.
L’inconscient cognitif
La psychologie cognitive utilise une conception différente.
De nombreuses opérations mentales se produisent sans accès conscient.
Le cerveau catégorise.
Compare.
Anticipe.
Reconnaît.
Sélectionne.
Associe.
Une personne peut par exemple détecter très rapidement une expression émotionnelle sur un visage sans pouvoir expliquer exactement quels éléments lui ont permis de l’identifier.
Le traitement a eu lieu.
Mais son fonctionnement détaillé n’était pas consciemment accessible.
« Je le sens »
Nous avons parfois une impression immédiate.
« Quelque chose me dérange. »
« Je ne sais pas pourquoi, mais cette situation ne me plaît pas. »
Cette intuition peut provenir d’informations réellement détectées mais non encore explicitement identifiées.
Un ton.
Une incohérence.
Un détail.
Une ressemblance avec une expérience antérieure.
Mais une intuition peut également être influencée par un préjugé, une peur ou une association erronée.
Le fait qu’une impression apparaisse spontanément ne prouve donc ni qu’elle est fausse ni qu’elle est vraie.
Elle mérite parfois d’être examinée.
L’intuition
L’intuition peut être particulièrement utile dans un domaine où nous possédons beaucoup d’expérience.
Un professionnel expérimenté peut remarquer rapidement :
« Quelque chose n’est pas normal. »
Il ne peut pas toujours expliquer immédiatement pourquoi.
Son cerveau a rencontré des milliers de configurations comparables et peut détecter des régularités très rapidement.
Mais l’intuition n’est pas infaillible.
Elle fonctionne mieux lorsque l’expérience est importante, que l’environnement possède certaines régularités et que la personne a pu apprendre de ses erreurs.
Nos raisons sont-elles toujours les vraies raisons ?
Nous sommes capables d’expliquer nos comportements.
Mais notre explication n’est pas nécessairement une transcription parfaite des processus qui ont réellement produit la décision.
Nous pouvons parfois construire une raison cohérente après coup.
Cela ne signifie pas que nous mentons.
Nous pouvons sincèrement croire à notre explication.
Notre esprit cherche naturellement à produire une histoire compréhensible de nos propres actions.
La rationalisation
La rationalisation consiste notamment à donner une justification apparemment logique à un comportement dont les déterminants peuvent être différents ou plus complexes.
Par exemple, une personne refuse une opportunité.
Elle explique :
« Ce projet n’était de toute façon pas intéressant. »
Peut-être est-ce vrai.
Mais il est également possible que la peur d’échouer ait participé à la décision.
Les deux peuvent même être vrais simultanément.
Nous n’avons pas toujours accès immédiatement à toutes les raisons qui nous influencent.
Les émotions avant les explications
Une émotion peut apparaître très rapidement.
Quelqu’un prononce une phrase.
Nous ressentons immédiatement de l’irritation.
Puis nous cherchons pourquoi.
« Son ton était méprisant. »
Peut-être.
Mais la réaction peut également avoir été amplifiée par une expérience antérieure, notre fatigue ou la signification particulière que nous avons attribuée à la phrase.
La conscience découvre parfois l’émotion après son déclenchement.
Elle essaie ensuite de lui donner du sens.
Les associations
Notre mémoire fonctionne largement par associations.
Une odeur rappelle une maison.
Une chanson rappelle une personne.
Un lieu fait revenir une émotion.
Parfois, nous ne savons même pas immédiatement pourquoi notre humeur a changé.
Puis un souvenir apparaît.
Notre expérience présente peut donc être influencée par des éléments du passé sans que le lien soit immédiatement conscient.
Les souvenirs implicites
Toutes les formes de mémoire ne nécessitent pas le rappel conscient d’un événement.
Nous pouvons apprendre certaines compétences ou associations sans avoir besoin de raconter explicitement l’expérience qui les a construites.
Savoir faire du vélo n’est pas la même chose que raconter le jour où nous avons appris à en faire.
Cette distinction montre encore une fois qu’une partie de notre histoire peut influencer notre fonctionnement sans prendre la forme d’un souvenir consciemment raconté à chaque utilisation.
Les habitudes relationnelles
Nous pouvons également développer des automatismes dans nos relations.
Face à une critique :
se défendre immédiatement.
Face à une tension :
se retirer.
Face à la colère de l’autre :
s’excuser même sans se sentir responsable.
Face à une demande :
dire oui avant même d’avoir réfléchi.
Ces réactions peuvent avoir été apprises dans des contextes anciens.
Avec le temps, elles deviennent si rapides qu’elles semblent faire partie de notre personnalité.
« Je suis comme ça »
Cette phrase peut parfois masquer un automatisme.
« Je suis comme ça, je fuis les conflits. »
Peut-être cette tendance est-elle ancienne.
Mais cela ne signifie pas nécessairement qu’elle constitue une propriété immuable de la personne.
Elle peut correspondre à une stratégie devenue habituelle parce qu’elle a été utile dans certaines circonstances.
Comprendre son origine ne suffit pas toujours à la modifier.
Mais cela peut permettre de cesser de la considérer comme une fatalité.
Les mécanismes de défense
Certaines théories psychologiques décrivent des mécanismes permettant de protéger la personne contre des pensées, émotions ou conflits difficiles à supporter.
Déni.
Projection.
Rationalisation.
Déplacement.
Évitement.
Tous ces termes n’ont pas exactement le même statut théorique et ne doivent pas être utilisés comme diagnostics improvisés.
Ils peuvent néanmoins aider à penser une idée importante :
nous ne sommes pas toujours totalement transparents à nous-mêmes.
Les mécanismes de défense seront traités dans un chapitre spécifique.
Le refoulement
Dans la théorie psychanalytique, le refoulement désigne un processus par lequel certains contenus psychiques sont maintenus hors de la conscience.
Le terme est devenu courant dans le langage quotidien.
Mais il faut être prudent.
Ne pas penser à quelque chose, avoir oublié un événement ou ne pas pouvoir rappeler une expérience ne démontre pas automatiquement qu’elle a été « refoulée ».
La mémoire humaine est complexe.
L’oubli possède de nombreuses causes possibles.
Les souvenirs « retrouvés »
Ce sujet demande une prudence particulière.
La mémoire n’est pas un enregistrement vidéo stocké intact dans le cerveau.
Elle est reconstructive.
Elle peut être précise sur certains éléments et déformée sur d’autres.
Elle peut également être influencée par des questions, des attentes, des informations reçues après l’événement ou des suggestions.
Il serait donc dangereux de considérer qu’une image mentale ou un souvenir apparu au cours d’une exploration psychologique constitue automatiquement une preuve historique exacte.
La souffrance ressentie peut être réelle sans que chaque interprétation concernant l’origine du souvenir puisse être affirmée avec certitude.
Les rêves
Les rêves ont longtemps occupé une place importante dans certaines théories de l’inconscient.
Ils peuvent contenir :
des préoccupations ;
des souvenirs ;
des émotions ;
des associations surprenantes ;
des éléments récents ou anciens.
Ils peuvent être psychologiquement intéressants.
Mais il n’existe pas de dictionnaire universel permettant d’affirmer :
« Rêver de ceci signifie nécessairement cela. »
La signification éventuellement donnée à un rêve dépend fortement de la personne, de son histoire et de son contexte.
Les lapsus
Nous disons parfois un mot à la place d’un autre.
Certains lapsus peuvent être amusants ou sembler particulièrement révélateurs.
Mais tout lapsus n’est pas nécessairement une fenêtre ouverte sur un désir caché.
Le langage est un processus complexe.
Les mots proches peuvent entrer en compétition.
La fatigue, l’attention ou la similarité phonologique peuvent jouer.
Interpréter systématiquement chaque erreur de langage comme un message secret serait excessif.
Les actes manqués
Oublier un rendez-vous.
Perdre un objet.
Se tromper de date.
Arriver en retard.
Ces événements peuvent parfois avoir une signification psychologique.
Une personne peut, par exemple, procrastiner face à quelque chose qu’elle redoute.
Mais ils peuvent également être simplement dus à la distraction, à la fatigue ou à une mauvaise organisation.
L’interprétation psychologique doit rester une hypothèse à examiner, pas une vérité automatique.
Les biais dont nous ne sommes pas conscients
Nous pouvons être influencés par des biais cognitifs sans nous en rendre compte.
Nous sélectionnons plus facilement certaines informations.
Nous interprétons les événements selon nos attentes.
Nous nous souvenons davantage de certains exemples.
Nous attribuons différemment nos succès et nos échecs.
Une personne peut sincèrement se croire parfaitement objective tout en étant influencée par ces mécanismes.
La conscience de notre propre raisonnement possède donc des limites.
Les préjugés implicites
Certaines associations apprises culturellement peuvent influencer nos réactions sans correspondre à nos valeurs conscientes.
Cela ne signifie pas que chaque comportement serait secrètement déterminé par un préjugé inconscient.
Mais cela rappelle qu’une personne peut sincèrement défendre une valeur tout en ayant acquis des associations automatiques provenant de son environnement.
Prendre conscience de cette possibilité permet d’examiner davantage ses décisions.
L’effet de l’environnement
Nous pensons volontiers que nos décisions viennent entièrement de l’intérieur.
Pourtant, l’environnement influence continuellement notre comportement.
Disposition d’un magasin.
Notifications.
Publicité.
Disponibilité d’un aliment.
Comportement des personnes autour de nous.
Organisation d’un lieu.
Une partie de cette influence agit sans réflexion consciente prolongée.
Cela explique pourquoi modifier l’environnement peut parfois modifier un comportement plus efficacement que répéter une intention.
Les automatismes peuvent-ils changer ?
Oui.
Mais pas simplement parce que nous avons décidé qu’ils devraient disparaître.
Un comportement automatisé s’est souvent construit par répétition.
Il peut donc demander de nouvelles répétitions pour être modifié.
Nous pouvons apprendre à repérer le déclencheur.
Créer une pause.
Essayer une autre réponse.
Répéter.
Avec le temps, une nouvelle manière de réagir peut devenir plus accessible.
Prendre conscience
La prise de conscience peut être extrêmement utile.
« Je remarque que je dis toujours oui immédiatement. »
« Je remarque que je me justifie dès que quelqu’un me pose une question. »
« Je remarque que je me sens attaqué avant même d’avoir entendu toute la remarque. »
Ce qui était automatique devient observable.
Et ce qui devient observable peut parfois devenir davantage modifiable.
Mais comprendre n’est pas toujours changer
Nous pouvons parfaitement savoir pourquoi nous faisons quelque chose et continuer à le faire.
« Je sais très bien que je réagis comme ça parce que… »
La compréhension intellectuelle est importante.
Mais certains automatismes émotionnels ou comportementaux ne disparaissent pas simplement parce que leur origine est devenue consciente.
C’est une distinction essentielle entre comprendre un fonctionnement psychologique et travailler concrètement à sa modification.
Ce second travail appartient notamment au domaine de la psychothérapie.
L’introspection
L’introspection consiste à observer sa propre expérience mentale.
Que suis-je en train de ressentir ?
À quoi pensais-je juste avant ?
Pourquoi cette remarque m’a-t-elle autant touché ?
Qu’est-ce que j’attendais ?
Elle peut améliorer la connaissance de soi.
Mais elle possède également des limites.
Nous pouvons nous tromper sur nous-mêmes.
Interpréter excessivement.
Confondre une hypothèse avec une explication certaine.
L’introspection fournit des informations précieuses, mais elle n’est pas un instrument infaillible.
Trop s’analyser
Chercher à mieux se comprendre peut devenir une exploration utile.
Mais cela peut également se transformer en surveillance permanente.
« Pourquoi ai-je pensé cela ? »
« Qu’est-ce que cette émotion révèle ? »
« Quel traumatisme explique cette réaction ? »
Toute pensée n’a pas nécessairement un sens caché.
Toute préférence n’a pas besoin d’une origine profonde.
Toute hésitation ne révèle pas un conflit inconscient.
Parfois, nous sommes simplement fatigués, contrariés, distraits ou indécis.
Le danger de l’explication totale
Une théorie psychologique devient difficile à remettre en question lorsqu’elle peut expliquer absolument tout.
Si une personne accepte une interprétation :
« Cela prouve que j’ai raison. »
Si elle la refuse :
« Votre résistance prouve encore davantage que j’ai raison. »
L’interprétation devient alors impossible à contredire.
Une bonne prudence consiste à laisser exister plusieurs hypothèses et à accepter qu’une partie de notre fonctionnement reste parfois incertaine.
L’inconscient n’est pas une excuse
Dire qu’un comportement possède des déterminants inconscients ne supprime pas automatiquement la responsabilité.
Une personne peut comprendre qu’elle reproduit un comportement appris.
Cette compréhension explique.
Elle ne justifie pas nécessairement.
Nous pouvons avoir des automatismes que nous n’avons pas choisis à l’origine tout en devenant progressivement responsables de ce que nous faisons lorsque nous les reconnaissons.
Conscience et liberté
Nous ne choisissons pas toutes les pensées qui apparaissent.
Nous ne choisissons pas immédiatement toutes nos émotions.
Nous ne contrôlons pas tous les automatismes construits par notre histoire.
Mais nous pouvons parfois développer un espace entre :
ce qui apparaît en nous
et
ce que nous décidons d’en faire.
Cet espace n’est jamais absolu.
Il peut néanmoins constituer une part importante de notre liberté psychologique.
Apprendre à s’observer sans se condamner
Découvrir une réaction automatique peu flatteuse peut être inconfortable.
Jalousie.
Préjugé.
Besoin d’approbation.
Peur.
Défense.
Colère.
La condamner immédiatement peut rendre son observation plus difficile.
Reconnaître :
« Cette réaction existe en moi »
ne signifie pas :
« Elle définit qui je suis et je dois lui obéir. »
Nous pouvons observer quelque chose sans l’approuver.
Quand demander de l’aide ?
Certaines réactions semblent incompréhensibles, répétitives ou très difficiles à modifier seul.
Une personne peut également constater que certains souvenirs, émotions ou automatismes perturbent fortement sa vie ou ses relations.
Un professionnel peut aider à explorer ces mécanismes sans imposer nécessairement une explication unique.
Les différentes conceptions de l’inconscient et les méthodes thérapeutiques qui travaillent sur les processus conscients ou moins conscients seront développées dans la partie consacrée à la psychothérapie.
À retenir
Notre vie psychologique ne se limite pas à ce que nous pouvons immédiatement expliquer.
Une grande partie du traitement mental fonctionne automatiquement, sans accès conscient direct.
Mais il faut rester prudent avec le mot « inconscient ».
Il peut désigner des automatismes cognitifs bien étudiés comme il peut renvoyer à des constructions théoriques beaucoup plus spécifiques.
Nous ne devons donc ni imaginer que tout ce qui nous échappe cache nécessairement un secret, ni croire que nous sommes parfaitement transparents à nous-mêmes.
Entre les deux existe une réalité plus intéressante :
nous sommes influencés par notre histoire, nos apprentissages, nos associations, nos habitudes et de nombreux processus automatiques.
Et la conscience nous offre parfois la possibilité de les observer.
Pas pour découvrir derrière chaque geste une signification cachée.
Mais pour pouvoir, lorsque cela compte, passer de :
« Je réagis comme ça sans même y penser »
à :
« Je vois ce qui est en train de se produire en moi. Maintenant, je peux décider un peu mieux de ce que j’en fais. »
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