LA SANTÉ AVANT TOUT · Psychologie
COMPRENDRE LA PSYCHOLOGIE
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La psychologie s’intéresse à la manière dont l’être humain pense, ressent, apprend, se comporte, construit ses relations et s’adapte à son environnement. Elle cherche à comprendre aussi bien ce qui nous rapproche les uns des autres que ce qui rend chaque parcours singulier.
Elle concerne donc bien davantage que les troubles psychologiques.
Pourquoi certaines expériences restent-elles profondément inscrites dans notre mémoire alors que d’autres disparaissent presque immédiatement ? Pourquoi répétons-nous parfois un comportement dont nous savons qu’il nous fait du mal ? Pourquoi deux personnes interprètent-elles très différemment la même situation ? Comment construisons-nous notre identité, nos attachements, nos croyances, nos habitudes et nos décisions ?
Toutes ces questions appartiennent à la psychologie.
Comprendre la psychologie, ce n’est pas apprendre à mettre une étiquette sur chaque comportement humain. C’est essayer de comprendre comment une personne fonctionne, dans son histoire, son environnement et la situation qu’elle est en train de vivre.
La psychologie ne s’intéresse pas uniquement à ce qui va mal
L’image populaire du psychologue reste fortement associée à la souffrance, au traumatisme, à l’anxiété ou à la dépression.
Pourtant, la psychologie étudie également le développement de l’enfant, l’apprentissage, la mémoire, la motivation, les relations, le travail, les émotions, la créativité, la prise de décision, le vieillissement ou encore les mécanismes sociaux.
Elle cherche donc autant à comprendre le fonctionnement ordinaire que ses difficultés.
Comment un enfant apprend-il à reconnaître les émotions ? Pourquoi avons-nous besoin d’appartenir à un groupe ? Comment une habitude se forme-t-elle ? Pourquoi certains souvenirs sont-ils plus accessibles que d’autres ? Comment notre jugement est-il influencé par les personnes qui nous entourent ?
La souffrance psychologique représente une partie importante du domaine, mais elle n’en constitue pas la totalité.
Comprendre ce qui fonctionne fait également partie de la compréhension de l’être humain.
Pensées, émotions et comportements s’influencent
Nous séparons facilement la pensée, les émotions et le comportement lorsque nous en parlons.
Dans la réalité, ils interagissent continuellement.
Une personne reçoit un message très bref de quelqu’un qu’elle aime. Elle peut penser : « Il est fâché contre moi. » Cette interprétation provoque de l’inquiétude. Elle envoie plusieurs messages pour obtenir une réponse. L’autre personne, occupée, trouve cette insistance pesante et répond encore plus brièvement.
L’interprétation initiale commence alors à sembler confirmée.
Une autre personne aurait pu lire exactement le même message et penser simplement : « Il doit être occupé. »
L’événement extérieur était identique.
L’expérience psychologique ne l’était pas.
Cela ne signifie pas que tout dépend de notre manière de penser. Certaines situations sont objectivement difficiles, injustes ou dangereuses. Mais entre ce qui arrive et ce que nous faisons existe souvent un ensemble d’interprétations, d’émotions, d’apprentissages et d’attentes qui participent à notre réaction.
Nous ne réagissons jamais uniquement au présent
Chaque situation nouvelle rencontre une personne qui possède déjà une histoire.
Nos expériences précédentes nous ont appris ce qui semble rassurant, menaçant, agréable, humiliant ou digne de confiance.
Une personne ayant été régulièrement critiquée peut devenir particulièrement attentive au moindre signe de désapprobation. Quelqu’un ayant grandi dans un environnement stable peut aborder certaines relations avec davantage de confiance. Une expérience de trahison peut modifier la manière dont une nouvelle relation est interprétée.
Mais notre passé ne programme pas mécaniquement notre avenir.
Deux personnes ayant vécu des expériences proches peuvent construire des réponses très différentes. Et une même personne peut modifier au cours de sa vie des fonctionnements qui semblaient autrefois profondément installés.
L’histoire influence.
Elle ne condamne pas.
L’être humain apprend, même lorsqu’il ne cherche pas à apprendre
Une grande partie de notre fonctionnement psychologique s’est construite par apprentissage.
Nous apprenons les conséquences de nos comportements, observons les réactions des autres et développons progressivement des habitudes.
Un comportement qui procure un soulagement immédiat peut être répété, même lorsqu’il devient problématique à long terme. C’est ce qui contribue, par exemple, à maintenir certains évitements : éviter une situation anxiogène soulage immédiatement, et ce soulagement augmente la probabilité de l’éviter encore.
Nous apprenons également par observation.
L’enfant regarde comment les adultes expriment la colère, demandent pardon, gèrent les conflits ou réagissent à l’échec. Il n’en reproduira pas nécessairement tous les comportements, mais il construit une partie de ses repères à partir de ce qu’il voit.
Comprendre nos apprentissages permet parfois de comprendre pourquoi certaines réactions sont devenues presque automatiques.
La personnalité : continuité sans immobilité
Nous reconnaissons généralement une certaine continuité dans notre manière d’être.
Une personne réservée ne devient pas soudainement très extravertie chaque semaine. Certaines tendances restent relativement stables et participent à ce que nous appelons la personnalité.
Mais stabilité ne signifie pas immobilité.
Nous pouvons devenir plus prudents après certaines expériences, gagner en confiance, apprendre à mieux poser nos limites ou modifier notre manière d’entrer en relation.
Le contexte fait également apparaître différentes facettes de nous-mêmes.
Une personne peut être très assurée dans son travail et beaucoup moins dans ses relations sentimentales. Elle peut être sociable avec ses proches et réservée parmi des inconnus.
Chercher « la vraie personnalité » derrière toutes ces variations n’est pas toujours pertinent.
Nous sommes aussi la manière dont nos caractéristiques s’expriment dans différents environnements.
L’environnement compte autant que l’individu
La psychologie a parfois été popularisée comme si tout problème devait être recherché à l’intérieur de la personne.
Elle manque de confiance. Elle gère mal son stress. Elle n’est pas assez motivée. Elle doit apprendre à mieux communiquer.
Mais une difficulté peut aussi être liée à l’environnement.
Un salarié peut être épuisé parce que l’organisation de son travail est objectivement intenable. Une personne peut se sentir continuellement en insécurité parce qu’elle vit réellement dans une relation menaçante. Un enfant peut rencontrer des difficultés dans un environnement scolaire qui ne répond pas à certains de ses besoins.
Travailler uniquement sur la réaction individuelle risquerait alors de demander à la personne de mieux supporter ce qui devrait également être modifié autour d’elle.
La psychologie s’intéresse donc à l’individu dans son contexte, pas à un cerveau isolé du reste du monde.
Normalité et différence
L’une des questions les plus délicates de la psychologie concerne la notion de normalité.
Être différent de la majorité ne signifie pas nécessairement être malade.
Une personne peut avoir besoin de beaucoup de solitude, ressentir les émotions intensément, posséder des intérêts inhabituels ou penser d’une manière peu commune sans présenter de trouble.
Inversement, un comportement très répandu n’est pas automatiquement souhaitable simplement parce que beaucoup de personnes le partagent.
La psychologie doit donc distinguer différence, souffrance et dysfonctionnement.
La fréquence statistique apporte une information, mais elle ne suffit pas à déterminer ce qui est psychologiquement sain ou pathologique.
Une différence devient particulièrement importante sur le plan clinique lorsqu’elle s’accompagne d’une souffrance significative, d’une perte de liberté ou de difficultés majeures dans le fonctionnement.
Comprendre n’est pas excuser
La psychologie cherche souvent les raisons qui peuvent expliquer un comportement.
Pourquoi cette personne ment-elle ? Pourquoi devient-elle agressive ? Pourquoi contrôle-t-elle son partenaire ? Pourquoi répète-t-elle un comportement qui détruit ses relations ?
Chercher une explication ne signifie pas supprimer la responsabilité.
Une enfance difficile peut aider à comprendre certaines réactions adultes sans rendre acceptables tous les comportements qui en découlent.
Une peur de l’abandon peut expliquer certains comportements de contrôle sans donner le droit d’emprisonner psychologiquement quelqu’un dans une relation.
Cette distinction est fondamentale.
Comprendre pourquoi une personne agit d’une certaine manière et décider ce que nous acceptons de cette personne sont deux questions différentes.
La psychologie explique des mécanismes. Elle ne distribue pas automatiquement des excuses.
Corrélation, cause et explications trop faciles
Lorsque deux phénomènes apparaissent souvent ensemble, nous sommes tentés de conclure que l’un provoque l’autre.
Mais une association ne suffit pas à établir une cause.
Une personne anxieuse peut dormir mal. Le manque de sommeil peut également augmenter l’anxiété. Un troisième facteur peut influencer les deux phénomènes.
Les comportements humains possèdent souvent plusieurs déterminants simultanés.
Biologie, apprentissages, histoire personnelle, environnement social, culture, relations et événements présents peuvent interagir.
Les explications séduisantes du type « tout vient de l’enfance », « tout est hormonal », « tout vient du traumatisme » ou « tout est une question de volonté » simplifient donc excessivement la réalité.
La psychologie devient plus rigoureuse lorsqu’elle accepte qu’une explication puisse être partielle sans être inutile.
Les étiquettes peuvent aider et enfermer
Donner un nom à une difficulté peut apporter un immense soulagement.
La personne comprend qu’elle n’est pas seule, que d’autres vivent quelque chose de comparable et qu’il existe des connaissances sur ce fonctionnement.
Le diagnostic ou le concept psychologique devient alors une carte.
Mais une carte peut finir par être confondue avec le territoire.
« Je suis anxieux » devient « je suis une personne incapable de faire cela ».
« J’ai un TDAH » peut devenir une explication automatique de chaque difficulté.
« Je suis hypersensible » peut progressivement déterminer à l’avance ce que la personne pense pouvoir supporter.
Une notion psychologique est utile lorsqu’elle augmente la compréhension et les possibilités d’action.
Elle l’est beaucoup moins lorsqu’elle transforme une description en destin.
Psychologie, psychiatrie et psychothérapie
Ces termes sont souvent utilisés comme s’ils désignaient la même chose.
La psychologie est un vaste domaine consacré à l’étude du fonctionnement psychique et comportemental.
La psychiatrie est une spécialité médicale consacrée aux troubles mentaux. Le psychiatre est donc un médecin.
La psychothérapie désigne un ensemble de méthodes et d’approches destinées à travailler sur certaines difficultés psychologiques, émotionnelles ou relationnelles.
Ces domaines se rencontrent, mais ils ne se confondent pas.
C’est précisément pour cette raison que LSAT sépare ici Psychologie et Psychothérapie : comprendre un mécanisme et intervenir thérapeutiquement sur ce mécanisme constituent deux questions différentes.
Cette partie cherche d’abord à répondre : « Qu’est-ce qui se passe ? »
La partie Psychothérapie abordera davantage : « Comment peut-on travailler dessus ? »
La psychologie ne permet pas de lire dans les pensées
Connaître certains mécanismes psychologiques ne donne pas accès à l’esprit des autres.
Un geste, un silence, une manière de regarder ou une phrase isolée peuvent posséder plusieurs significations.
Pourtant, les contenus populaires de psychologie proposent parfois des interprétations très affirmatives : « S’il fait cela, c’est qu’il vous manipule », « si elle réagit ainsi, elle est jalouse », « ce geste prouve qu’il ment ».
La réalité est rarement aussi simple.
Un comportement fournit une information.
Le contexte lui donne une partie de son sens.
Et même avec beaucoup d’informations, une part d’incertitude demeure.
La psychologie sérieuse ne transforme donc pas l’observation en pouvoir de divination.
Elle apprend au contraire à résister aux conclusions trop rapides.
Se comprendre sans s’observer continuellement
La connaissance psychologique peut améliorer la compréhension de soi.
Elle permet de reconnaître certains automatismes, d’identifier ses besoins, de mieux comprendre ses émotions ou de repérer des schémas répétitifs.
Mais l’introspection peut elle-même devenir excessive.
Une personne peut finir par analyser chacune de ses émotions, rechercher l’origine de chaque réaction et se demander continuellement ce que chaque pensée « dit d’elle ».
Nous n’avons pas besoin d’expliquer psychologiquement chaque minute de notre existence.
Certaines pensées passent. Certaines émotions disparaissent. Certains comportements sont simplement des habitudes sans signification cachée extraordinaire.
La connaissance de soi devient utile lorsqu’elle aide à vivre.
Elle devient beaucoup moins utile lorsqu’elle remplace la vie par son analyse permanente.
Quand demander de l’aide ?
Il n’est pas nécessaire d’attendre d’avoir identifié soi-même un diagnostic pour consulter un professionnel.
Une souffrance persistante, des difficultés relationnelles répétées, des émotions devenues difficiles à réguler, des comportements que l’on ne parvient plus à contrôler ou une perte importante de fonctionnement peuvent suffire à justifier une demande d’aide.
À l’inverse, s’intéresser à la psychologie ne signifie pas nécessairement avoir un problème à résoudre.
Nous pouvons vouloir comprendre notre fonctionnement, nos relations et nos choix simplement parce que nous sommes humains et que notre propre esprit constitue une partie importante du monde dans lequel nous vivons.
La psychologie n’est donc pas uniquement un outil destiné à réparer.
Elle est aussi un moyen de comprendre.
À retenir
La psychologie étudie les pensées, les émotions, les comportements, les relations et les mécanismes par lesquels l’être humain se développe et s’adapte à son environnement.
Elle ne se limite pas aux troubles psychologiques et ne cherche pas à transformer chaque différence en maladie.
Notre fonctionnement résulte de multiples influences : histoire, apprentissages, personnalité, environnement, relations, culture et caractéristiques individuelles interagissent continuellement. Une explication unique suffit rarement à raconter toute une personne.
Comprendre un comportement ne signifie pas l’excuser, pas plus qu’identifier un mécanisme ne permet de prédire exactement ce qu’une personne fera.
La psychologie devient réellement utile lorsqu’elle ne nous apprend pas seulement à nommer ce que nous sommes, mais nous aide à comprendre pourquoi nous fonctionnons ainsi — tout en nous laissant suffisamment de liberté pour ne pas croire que nous sommes condamnés à rester exactement comme hier.
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