LA SANTÉ AVANT TOUT · Psychothérapie
AUTOHYPNOSE
21 sections thématiques
L’autohypnose désigne l’utilisation volontaire, par une personne elle-même, de certains processus hypnotiques : focalisation de l’attention, absorption, imagination, suggestions, modification de la perception ou orientation volontaire vers certaines sensations et expériences intérieures.
Elle peut être apprise seule dans ses formes les plus simples ou, selon l’objectif poursuivi, être enseignée dans le cadre d’un accompagnement professionnel.
L’autohypnose ne signifie pas perdre conscience, s’endormir ou abandonner le contrôle de son esprit. La personne reste généralement consciente de ce qui se passe et peut interrompre l’exercice.
Elle ne constitue pas non plus, à elle seule, une psychothérapie complète.
L’autohypnose est avant tout un outil. Sa valeur dépend de l’objectif pour lequel elle est utilisée, de la manière dont elle est pratiquée et, lorsque la situation l’exige, du cadre thérapeutique dans lequel elle s’inscrit.
Comprendre l’état hypnotique
L’hypnose est souvent entourée d’une représentation spectaculaire : une personne fermerait les yeux, perdrait le contrôle et deviendrait extrêmement réceptive aux ordres d’un hypnotiseur.
Cette image provient largement de l’hypnose de spectacle.
Dans un contexte thérapeutique ou d’autohypnose, l’expérience est généralement beaucoup plus ordinaire.
Nous connaissons spontanément des états d’absorption dans lesquels notre attention devient fortement concentrée.
Nous pouvons être absorbés par un livre, une musique, une activité créative ou un trajet familier au point de moins remarquer certains éléments de l’environnement.
Cela ne signifie pas que ces situations sont identiques à une séance d’hypnose structurée.
Elles permettent simplement de comprendre qu’une attention fortement focalisée n’est pas un phénomène étranger au fonctionnement humain.
L’autohypnose n’est pas nécessairement une hypnose « moins forte »
Dans l’hypnose accompagnée, le professionnel guide généralement une partie du processus.
En autohypnose, la personne apprend à créer elle-même les conditions favorisant l’expérience.
Elle peut utiliser une consigne apprise, un enregistrement, une image mentale, une respiration ou une séquence personnelle.
Avec la pratique, certaines personnes entrent plus facilement dans cet état de concentration.
La profondeur subjective de l’expérience n’est cependant pas le principal objectif.
Une séance n’est pas « réussie » parce que la personne a eu l’impression d’être très profondément hypnotisée.
Ce qui compte est davantage l’utilité de l’exercice par rapport à l’objectif poursuivi.
L’induction
On appelle généralement induction la phase permettant d’entrer progressivement dans l’expérience hypnotique.
Elle peut prendre de nombreuses formes.
La personne peut fixer son attention sur sa respiration, observer une sensation, regarder un point, compter, écouter certains sons ou utiliser une image mentale.
Une induction simple peut consister à s’installer confortablement puis à porter successivement son attention sur différentes parties du corps.
L’objectif n’est pas forcément de provoquer une relaxation complète.
Certaines formes d’hypnose peuvent être pratiquées sans état de détente profonde.
La focalisation de l’attention est souvent plus importante que la recherche absolue du relâchement.
Focaliser l’attention
Notre attention se déplace continuellement.
Nous entendons un bruit, pensons à ce que nous devons faire, revenons à une sensation puis repartons vers un souvenir.
L’autohypnose propose de réduire momentanément cette dispersion en orientant volontairement l’attention.
On peut choisir une sensation corporelle, une image, un mouvement ou une phrase.
Lorsque l’esprit s’éloigne, il peut être ramené vers l’expérience choisie.
Il n’est pas nécessaire de lutter contre chaque pensée parasite.
Le fait qu’une pensée apparaisse ne signifie pas que l’exercice a échoué.
L’imagination
L’imagination joue un rôle important dans de nombreuses pratiques hypnotiques.
Une personne peut se représenter un lieu, une sensation, un mouvement ou une situation.
Mais visualiser ne signifie pas nécessairement produire une image mentale très nette.
Certaines personnes imaginent davantage par les sensations, les sons ou les mots.
Quelqu’un peut savoir qu’il imagine une plage sans « voir » intérieurement une photographie détaillée de cette plage.
Il n’existe donc pas une seule manière correcte d’utiliser l’imagination en autohypnose.
Les suggestions
La suggestion hypnotique consiste à orienter l’expérience vers une possibilité.
Elle peut concerner une sensation, une réaction, une perception ou un comportement.
Une suggestion n’est pas un ordre magique.
Dire cent fois :
« Je n’aurai plus jamais peur »
ne suffit pas nécessairement à supprimer une peur.
Les suggestions sont généralement plus utiles lorsqu’elles restent réalistes, adaptées à la personne et liées à un objectif précis.
Par exemple, plutôt que d’exiger :
« Je serai parfaitement calme dans toutes les circonstances »,
une personne peut travailler autour d’une formulation plus accessible :
« Lorsque je sentirai la tension augmenter, je pourrai prendre quelques instants pour retrouver mes repères avant de décider comment réagir. »
L’objectif n’est pas de convaincre l’esprit d’une réalité manifestement fausse.
Il est d’ouvrir ou renforcer une possibilité.
Suggestion et imagination ne remplacent pas l’action
L’autohypnose peut préparer un comportement.
Elle ne l’accomplit pas à notre place.
Une personne peut imaginer parler plus sereinement devant un groupe, se représenter les différentes étapes et travailler sur certaines sensations.
Mais elle devra finalement parler devant de vraies personnes pour développer cette capacité dans la réalité.
L’expérience intérieure peut soutenir l’action.
Elle ne devrait pas devenir un substitut permanent à celle-ci.
Autohypnose et relaxation
L’autohypnose est souvent utilisée pour favoriser la détente.
La personne peut ralentir volontairement le rythme de l’exercice, porter son attention sur la respiration et laisser certaines tensions diminuer.
Cette utilisation peut être intéressante pour certaines personnes confrontées au stress ou ayant du mal à interrompre une activité mentale très intense.
Mais relaxation et hypnose ne sont pas synonymes.
Une relaxation peut être pratiquée sans hypnose.
Une expérience hypnotique peut également être utilisée pour d’autres objectifs que la détente.
La distinction permet d’éviter de réduire l’autohypnose à une simple technique pour « se calmer ».
Autohypnose et gestion du stress
Face au stress, nous pouvons nous retrouver absorbés par les scénarios que notre esprit produit.
Une difficulté prévue pour demain occupe déjà toute la soirée.
L’autohypnose peut fournir un temps structuré pendant lequel l’attention est volontairement réorientée.
Elle peut également permettre de répéter mentalement certaines réponses : prendre du recul, respirer, ralentir avant de répondre ou se concentrer sur une tâche précise.
Elle ne supprime cependant pas les causes réelles du stress.
Une personne travaillant dans des conditions objectivement intenables n’a pas seulement besoin d’apprendre à mieux supporter ces conditions.
L’outil ne doit pas servir à adapter indéfiniment l’individu à une situation qui doit elle-même être modifiée.
Autohypnose et douleur
L’hypnose a également été étudiée dans certains contextes liés à la douleur, et des techniques d’autohypnose peuvent être apprises pour agir sur certaines dimensions de l’expérience douloureuse.
La douleur n’est pas seulement une information brute provenant d’une zone du corps.
L’attention, l’émotion, l’anticipation et le contexte peuvent modifier la manière dont elle est vécue.
Certaines techniques travaillent donc sur la perception, la focalisation de l’attention ou la représentation de la sensation.
Cela ne signifie pas que la douleur serait « dans la tête ».
Une modification de la perception douloureuse ne permet pas non plus de conclure que sa cause a disparu.
Une douleur nouvelle, importante ou inexpliquée ne doit pas être simplement masquée par des techniques d’autohypnose sans que sa cause soit recherchée lorsqu’une évaluation est nécessaire.
Autohypnose et sommeil
Certaines personnes utilisent l’autohypnose au moment du coucher.
La focalisation de l’attention et les suggestions de détente peuvent faciliter la transition vers le sommeil chez certaines personnes.
Mais l’objectif ne devrait pas devenir :
« Je dois absolument réussir mon autohypnose pour dormir. »
Une technique destinée à diminuer la pression peut devenir elle-même une nouvelle obligation.
Plus la personne surveille si elle s’endort, plus elle peut maintenir son éveil.
L’exercice peut donc être envisagé comme un moment de repos et de recentrage, sans exiger qu’il provoque nécessairement le sommeil.
Préparer une situation difficile
L’autohypnose peut également être utilisée pour préparer certaines situations : prise de parole, rendez-vous important, examen ou événement provoquant une appréhension.
La personne peut imaginer différentes étapes et se représenter en train d’utiliser les ressources dont elle dispose.
Cette répétition mentale doit rester suffisamment réaliste.
Il n’est pas nécessaire d’imaginer une performance parfaite.
Il peut être beaucoup plus utile de se représenter une difficulté puis sa capacité à continuer malgré celle-ci.
Imaginer :
« Je ne serai absolument pas stressé »
peut être moins utile que :
« Je pourrai ressentir du stress et continuer ce que j’ai à faire. »
Construire un signal de retour
Certaines pratiques utilisent un geste, un mot ou une sensation comme signal associé à un état travaillé pendant l’exercice.
La personne peut, par exemple, associer un geste discret à une sensation de stabilité ou de ralentissement.
Après répétition, ce signal peut devenir un rappel permettant de retrouver plus rapidement certaines ressources.
Il ne s’agit pas d’un bouton magique.
Le signal fonctionne davantage comme un apprentissage et une association construite avec la pratique.
La sortie de l’exercice
Une séance d’autohypnose comporte généralement une phase de retour.
La personne peut progressivement reprendre conscience de son environnement, bouger davantage, ouvrir les yeux et retrouver son niveau habituel d’activité.
Cette étape est particulièrement importante lorsque l’exercice a produit une forte relaxation ou une sensation de ralentissement.
Il faut naturellement être pleinement revenu à un état de vigilance ordinaire avant de conduire, utiliser une machine ou accomplir une activité demandant une attention soutenue.
L’autohypnose ne doit pas être pratiquée pendant une activité nécessitant une vigilance constante.
Peut-on perdre le contrôle ?
La peur de perdre le contrôle est fréquente.
L’hypnose ne transforme pas normalement une personne en automate privé de toute volonté.
Elle reste capable de réagir, d’interrompre l’expérience et de refuser une suggestion.
Cependant, cette constatation ne signifie pas qu’aucune influence n’est possible.
Comme dans toute relation d’aide, un professionnel peut exercer une influence psychologique.
Le cadre éthique, la formation et le respect des limites restent donc essentiels.
L’idée selon laquelle « sous hypnose on ne peut jamais être influencé » serait aussi simplificatrice que l’idée inverse selon laquelle l’hypnotiseur contrôlerait totalement l’esprit.
Les souvenirs sous hypnose
Un point exige une prudence particulière : la mémoire.
L’hypnose ne transforme pas la mémoire humaine en enregistrement vidéo fidèle.
Une personne peut éprouver un souvenir avec une très forte impression de réalité sans que tous ses détails soient nécessairement exacts.
La mémoire est reconstructive.
Les suggestions, les attentes et la manière de poser les questions peuvent influencer ce qui est rappelé.
L’autohypnose ne devrait donc pas être utilisée comme méthode destinée à « retrouver la vérité » sur des événements oubliés.
Une image apparaissant pendant une séance n’est pas automatiquement un souvenir historique exact.
Cette prudence est particulièrement importante lorsqu’il s’agit d’événements traumatiques supposés ou d’accusations concernant d’autres personnes.
Quand l’autohypnose devient évitement
Un outil destiné à aider peut parfois devenir une manière de fuir.
Une personne peut utiliser systématiquement l’autohypnose chaque fois qu’une émotion désagréable apparaît.
Elle cherche alors immédiatement à la faire disparaître au lieu de comprendre ce qu’elle signale ou de résoudre la situation qui l’a provoquée.
L’objectif n’est pas nécessairement de supprimer toute émotion inconfortable.
La colère peut signaler une limite franchie.
La peur peut signaler un danger ou une incertitude.
La tristesse peut accompagner une perte.
L’autohypnose peut aider à rendre l’émotion plus supportable sans devoir systématiquement l’effacer.
Autohypnose et psychothérapie
L’autohypnose peut être intégrée à différentes formes de psychothérapie.
Dans ce cas, elle devient un outil au sein d’un travail plus large.
Une personne peut apprendre à l’utiliser entre les séances pour prolonger certains apprentissages ou mobiliser plus facilement certaines ressources.
Mais pratiquer l’autohypnose chez soi ne signifie pas automatiquement effectuer une psychothérapie.
Une psychothérapie implique généralement un travail plus large sur les difficultés, leurs mécanismes, leurs conséquences et les changements recherchés.
Cette distinction est particulièrement importante dans notre architecture LSAT : nous présentons ici l’autohypnose parce qu’elle peut appartenir à l’arsenal psychothérapeutique, sans prétendre que toute pratique autonome d’autohypnose constitue une thérapie.
Certaines situations demandent davantage de prudence
Une pratique autonome très immersive n’est pas adaptée de la même manière à toutes les personnes ni à toutes les situations.
Des difficultés psychologiques importantes, des épisodes de désorganisation, certaines expériences dissociatives ou un traumatisme complexe peuvent nécessiter un accompagnement professionnel plutôt qu’une exploration intensive en solitaire.
La règle n’est pas d’avoir peur de l’autohypnose.
Elle consiste à adapter l’outil à la personne et à son état.
Un exercice simple de relaxation n’a pas les mêmes enjeux qu’un travail visant à explorer des souvenirs extrêmement chargés émotionnellement.
Apprendre progressivement
Une première pratique n’a pas besoin d’être longue ou spectaculaire.
Quelques minutes peuvent suffire pour apprendre à focaliser l’attention, observer les sensations et revenir volontairement à l’état habituel.
Avec l’expérience, la personne peut identifier ce qui lui convient.
Certaines préfèrent une voix enregistrée.
D’autres utilisent des phrases.
D’autres encore travaillent surtout avec des sensations ou des images.
La régularité peut faciliter l’apprentissage, mais elle ne doit pas devenir une nouvelle obligation perfectionniste.
Interrompre pendant quelques jours ne signifie pas avoir « perdu » la capacité.
On peut simplement reprendre.
Ce que l’autohypnose ne promet pas
L’autohypnose ne permet pas de contrôler tous les événements, supprimer toute douleur, récupérer infailliblement des souvenirs, reprogrammer instantanément sa personnalité ou obtenir automatiquement ce que l’on désire.
Le vocabulaire de « programmation » et de « reprogrammation » est parfois utilisé de manière très spectaculaire.
Le cerveau humain n’est pas un logiciel dans lequel une phrase correctement formulée suffirait à remplacer définitivement un comportement.
L’apprentissage, les habitudes, les émotions et les comportements peuvent évoluer.
Mais ce changement reste généralement un processus.
L’autohypnose peut y participer sans devenir une explication universelle.
À retenir
L’autohypnose utilise volontairement certains processus de focalisation de l’attention, d’imagination et de suggestion.
Elle peut être employée notamment pour la relaxation, la gestion de certaines manifestations du stress, la préparation mentale, le sommeil ou, dans certains cadres, certaines dimensions de la douleur.
Elle ne demande pas de perdre conscience ou d’abandonner sa volonté.
Elle ne constitue pas non plus automatiquement une psychothérapie et ne remplace pas l’action nécessaire sur les situations réelles.
Une prudence particulière s’impose lorsqu’elle touche aux souvenirs : une expérience hypnotique ne permet pas de certifier l’exactitude historique d’un souvenir retrouvé.
L’autohypnose devient surtout intéressante lorsqu’elle n’est ni présentée comme un pouvoir mystérieux ni réduite à un simple exercice de détente : c’est une capacité à orienter volontairement son attention et son expérience intérieure, qui peut devenir un outil parmi d’autres pour retrouver davantage de possibilités d’action.
Aucun résultat pour cette recherche. Essaie un autre mot.
Contenu d’information générale. Les techniques de soin et leurs indications demandent une évaluation adaptée à la situation.