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ASSERTIVITÉ

LA SANTÉ AVANT TOUT · Psychologie

ASSERTIVITÉ

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L’assertivité est la capacité à exprimer ses pensées, ses besoins, ses limites, ses émotions et ses désaccords de manière claire, tout en respectant les droits et la dignité de l’autre.

Elle se situe dans un équilibre parfois difficile à trouver.

D’un côté, ne jamais dire ce que l’on pense peut conduire à s’effacer.

De l’autre, imposer systématiquement sa volonté peut conduire à écraser l’autre.

Être assertif signifie pouvoir dire :

« Voilà ce que je pense, ce que je ressens ou ce dont j’ai besoin, sans prétendre que cela m’autorise à décider à ta place. »

Assertivité ne signifie pas agressivité

Les deux sont parfois confondues parce qu’une personne assertive ose dire non, exprimer un désaccord ou défendre une position.

La différence se trouve notamment dans la manière dont les droits sont répartis.

La personne agressive fonctionne davantage selon :

« Mon besoin compte, le tien doit céder. »

La personne passive :

« Ton besoin compte, le mien peut disparaître. »

La position assertive cherche plutôt :

« Mon besoin compte et le tien aussi. Voyons ce qui est possible. »

Cela ne signifie pas qu’un compromis sera toujours trouvé.

Deux besoins peuvent être incompatibles.

L’assertivité permet alors au moins de reconnaître le désaccord sans transformer automatiquement l’autre en adversaire.

La passivité

Une personne passive peut avoir du mal à exprimer ce qu’elle souhaite réellement.

Elle accepte une demande alors qu’elle voulait refuser.

Elle laisse passer une remarque qui l’a blessée.

Elle évite un conflit.

Elle s’excuse avant même d’avoir parlé.

Elle préfère parfois supporter une situation plutôt que risquer de déplaire.

À court terme, cette stratégie peut préserver la tranquillité.

Il n’y a pas de confrontation.

Mais le coût peut apparaître plus tard : frustration, fatigue, ressentiment, impression d’être utilisé ou sentiment que personne ne tient compte de ses besoins.

Le paradoxe est évident :

si l’on ne dit jamais où se trouvent nos limites, les autres ne peuvent pas toujours savoir qu’ils les dépassent.

Pourquoi est-il parfois si difficile de dire non ?

Parce que « non » n’est pas seulement un mot.

Pour certaines personnes, il est associé à de nombreuses craintes :

« Il va être déçu. »

« Elle va penser que je suis égoïste. »

« On ne m’aimera plus. »

« Cela va provoquer un conflit. »

« Je devrais pouvoir l’aider. »

« Une bonne personne ne refuse pas. »

Le refus devient alors psychologiquement beaucoup plus coûteux que la demande elle-même.

On dit oui pour éviter la culpabilité immédiate.

Puis on paie ce oui en temps, en énergie ou en ressentiment.

Dire oui lorsqu’on pense non

Un oui prononcé contre soi-même peut sembler généreux.

Mais s’il devient systématique, il finit parfois par détériorer la relation.

La personne accepte.

Puis elle se sent contrainte.

Elle reproche intérieurement à l’autre une demande qu’elle n’a pourtant jamais refusée.

L’autre peut même ignorer complètement le problème.

Il existe donc une différence entre :

choisir de rendre service malgré un effort

et

se sentir incapable de refuser.

Dans le premier cas, le oui reste un choix.

Dans le second, il commence à perdre sa liberté.

Dire non sans se justifier pendant dix minutes

Certaines personnes réussissent à refuser mais accompagnent immédiatement leur refus d’une longue défense.

Elles cherchent une justification impossible à contester.

Pourtant, plus une explication contient d’éléments, plus elle peut ouvrir de portes à la négociation.

« Je ne peux pas venir parce que je dois faire X. »

L’autre répond :

« Fais-le demain. »

Une explication peut évidemment être donnée par courtoisie ou parce qu’elle est utile.

Mais il n’est pas toujours nécessaire de construire un dossier de défense pour chaque limite.

« Non, je ne pourrai pas. »

peut parfois constituer une réponse complète.

Refuser une demande n’est pas refuser une personne

C’est une distinction fondamentale.

« Je ne peux pas faire cela »

ne signifie pas :

« Je ne t’aime pas. »

« Je ne veux pas te prêter cet objet »

ne signifie pas :

« Je ne te fais confiance en rien. »

« Je ne suis pas disponible aujourd’hui »

ne signifie pas :

« Tu ne comptes pas pour moi. »

Lorsque demande et personne sont confondues, chaque refus devient une menace pour la relation.

L’assertivité permet progressivement de les séparer.

Formuler une demande

Être assertif ne consiste pas seulement à savoir refuser.

Il faut aussi pouvoir demander.

Certaines personnes espèrent que leurs besoins seront devinés.

Elles pensent :

« S’il m’aimait vraiment, il saurait. »

Mais l’autre n’a pas accès directement à leurs pensées.

Une demande claire augmente les chances d’être compris.

Elle comporte toutefois une condition importante :

une demande n’est réellement une demande que si l’autre possède le droit de répondre non.

Sinon, il s’agit d’une exigence présentée sous forme de question.

Exprimer un désaccord

On peut contester une idée sans attaquer la personne qui la défend.

Comparer :

« Je ne suis pas d’accord avec cette décision parce que… »

et :

« Tu ne comprends jamais rien. »

Dans le premier cas, le désaccord porte sur une position.

Dans le second, la personne elle-même devient le problème.

Cette distinction ne garantit pas une conversation calme, mais elle évite d’ajouter inutilement une attaque identitaire au désaccord initial.

Les critiques

Recevoir une critique met parfois immédiatement sur la défensive.

Deux réactions opposées peuvent apparaître :

tout accepter ou tout rejeter.

L’assertivité permet une troisième possibilité :

examiner la critique.

Est-elle précise ?

Est-elle fondée ?

Contient-elle quelque chose d’utile ?

Correspond-elle à mes propres valeurs ou objectifs ?

Une critique peut être écoutée sans devenir automatiquement une vérité.

On peut reconnaître ce qui paraît juste et rejeter ce qui ne l’est pas.

Écouter une critique ne signifie pas lui donner le pouvoir de décider à notre place.

Reconnaître une erreur sans s’effondrer

L’assertivité ne consiste pas à défendre sa position coûte que coûte.

On peut dire :

« Sur ce point, tu as raison. Je me suis trompé. »

Reconnaître une erreur ne détruit pas la valeur personnelle.

Au contraire, la nécessité de toujours avoir raison peut rendre les relations extrêmement difficiles.

Une personne suffisamment sûre de son droit à exister peut également accepter qu’elle n’a pas toujours raison.

Les compliments

L’assertivité concerne aussi la capacité à recevoir quelque chose de positif.

Certaines personnes répondent immédiatement à un compliment :

« Oh, ce n’est rien. »

« N’importe qui aurait pu le faire. »

« Ce n’est pas si bien. »

Elles neutralisent ce qui vient de leur être offert.

Accepter peut être beaucoup plus simple :

« Merci. »

Recevoir un compliment sans le diminuer n’est pas de la prétention.

C’est permettre à l’autre d’exprimer son appréciation.

Les limites

Une limite personnelle indique ce que nous acceptons ou n’acceptons pas dans une relation ou une situation.

Mais annoncer une limite ne suffit pas toujours.

« Je ne veux plus que tu me parles comme ça » exprime une position.

La question suivante est :

« Que vais-je faire si cela continue ? »

Une limite sur laquelle nous n’avons aucun pouvoir d’action peut rapidement devenir une tentative de contrôler l’autre.

On ne peut pas toujours empêcher quelqu’un de se comporter d’une certaine manière.

On peut en revanche décider de quitter une conversation, de réduire un contact ou de prendre une autre mesure qui dépend de soi.

L’assertivité n’oblige pas l’autre à accepter

C’est probablement l’un des apprentissages les plus difficiles.

On peut s’exprimer parfaitement et provoquer malgré tout du mécontentement.

On peut poser une limite calmement et entendre :

« Tu es égoïste. »

On peut refuser poliment et voir l’autre insister.

L’assertivité n’est pas une technique magique destinée à obtenir l’approbation générale.

Elle permet de s’exprimer respectueusement.

Elle ne contrôle pas la réaction de l’autre.

La technique du disque rayé

Face à une personne qui insiste, il peut être tentant d’inventer de nouveaux arguments à chaque objection.

La discussion devient alors interminable.

Une autre possibilité consiste à répéter calmement la même position.

— « Tu peux quand même venir. »

— « Non, je ne serai pas disponible. »

— « Mais seulement une heure. »

— « Je comprends, mais je ne serai pas disponible. »

— « Tu pourrais faire un effort. »

— « Je comprends que tu sois déçu, mais je ne serai pas disponible. »

Il ne s’agit pas de devenir mécanique dans toutes les conversations.

L’idée est de comprendre que l’insistance de l’autre ne crée pas automatiquement l’obligation de produire un nouvel argument.

Le ton et le langage non verbal

Le contenu des mots ne constitue qu’une partie du message.

Dire :

« Cela ne me convient pas »

en chuchotant, les yeux baissés, puis ajouter immédiatement « mais ce n’est pas grave » affaiblit considérablement le message.

À l’inverse, la même phrase criée avec un geste menaçant change complètement sa signification relationnelle.

Une expression assertive cherche généralement une voix suffisamment claire, un rythme relativement posé et une posture qui ne soit ni soumise ni menaçante.

Le but n’est pas de jouer un personnage dominant.

Il est de permettre aux mots et à la manière de les dire de transmettre le même message.

Le droit de changer d’avis

Une décision passée n’oblige pas toujours à maintenir éternellement la même position.

On peut avoir accepté quelque chose puis découvrir que la situation ne nous convient plus.

On peut modifier une organisation.

Revenir sur une habitude.

Dire :

« J’avais accepté cela, mais je constate maintenant que je ne peux plus continuer ainsi. »

Changer d’avis peut avoir des conséquences et demander une discussion.

Mais la cohérence ne consiste pas à rester prisonnier de toutes ses décisions antérieures.

Assertivité et hiérarchie

Il est évidemment plus facile d’être assertif lorsque les rapports de pouvoir sont équilibrés.

Face à un employeur, une institution, une personne dont on dépend financièrement ou quelqu’un qui peut exercer des représailles, les conséquences d’une confrontation peuvent être réelles.

Il serait donc simpliste de dire :

« Il suffit de s’affirmer. »

L’assertivité doit toujours tenir compte du contexte.

Parfois, défendre ses intérêts demande une expression directe.

Parfois, il faut choisir le moment, documenter une situation, chercher un soutien ou utiliser une procédure.

Être assertif ne signifie pas ignorer les rapports de force.

Assertivité et agressivité passive

Lorsqu’une personne n’ose pas exprimer directement son opposition, elle peut parfois la manifester indirectement.

Retards répétés.

Silence hostile.

Promesse non tenue.

Sarcasmes.

Oubli opportun.

Résistance discrète.

Le message existe, mais il n’est pas formulé clairement.

L’agressivité passive permet d’exprimer un mécontentement tout en évitant d’en assumer ouvertement la confrontation.

L’assertivité cherche au contraire à rendre le message suffisamment explicite pour qu’il puisse être discuté.

La colère

Être assertif ne signifie pas parler uniquement lorsqu’on est parfaitement calme.

La colère peut signaler qu’une valeur, une limite ou un besoin important a été touché.

La question est ce que l’on en fait.

« Je suis très en colère à cause de ce qui vient de se passer »

exprime une émotion.

Insulter, menacer ou humilier l’autre constitue autre chose.

L’émotion peut être légitime sans rendre automatiquement légitime chaque comportement qu’elle inspire.

Les relations proches

L’assertivité est parfois plus difficile avec les personnes que nous aimons qu’avec des inconnus.

L’enjeu affectif est plus important.

Nous voulons préserver la relation.

Nous connaissons les points sensibles de l’autre.

Nous avons parfois accumulé des années d’habitudes.

Modifier sa manière de communiquer peut alors perturber un équilibre ancien.

Lorsqu’une personne qui disait toujours oui commence à dire non, son entourage peut ne pas apprécier immédiatement cette évolution.

Cela ne prouve pas que la nouvelle limite est mauvaise.

Cela montre parfois simplement que l’ancien fonctionnement arrangeait davantage certaines personnes.

S’affirmer sans vouloir gagner

Une conversation assertive n’est pas un procès.

L’objectif n’est pas nécessairement de démontrer que l’autre a tort.

Deux personnes peuvent interpréter différemment une situation sans que l’une doive obligatoirement détruire la version de l’autre.

On peut dire :

« Je comprends que tu le voies ainsi. Pour ma part, je ne le vis pas de cette manière. »

Accepter l’existence d’un désaccord permet parfois de préserver la relation mieux qu’une bataille destinée à obtenir une reconnaissance totale.

Apprendre progressivement

Pour quelqu’un qui a passé des années à éviter les conflits, devenir soudain très direct peut être difficile.

L’assertivité peut se développer progressivement.

Exprimer une préférence simple.

Refuser une petite demande.

Demander une correction lorsqu’une erreur a été faite.

Dire qu’une remarque dérange.

Faire une demande claire.

Soutenir un désaccord sans s’excuser d’exister.

Chaque expérience permet de découvrir quelque chose d’important :

le désaccord n’entraîne pas automatiquement la rupture.

Et lorsqu’une relation ne supporte aucune limite, cette réaction constitue elle-même une information sur la relation.

Assertivité et respect de soi

S’affirmer ne signifie pas considérer que nos besoins doivent toujours passer en premier.

Nous pouvons choisir de faire un sacrifice pour quelqu’un.

Céder sur un point.

Rendre service alors que cela nous arrange peu.

Accepter un compromis.

La différence réside dans la possibilité de choisir.

Une concession libre n’est pas la même chose qu’une soumission imposée par la peur.

L’assertivité permet de pouvoir dire oui parce que nous voulons dire oui, et non simplement parce que nous sommes incapables de dire non.

À retenir

L’assertivité ne consiste ni à devenir dur, ni à gagner toutes les discussions, ni à dire tout ce que l’on pense sans filtre.

Elle consiste à reconnaître deux réalités simultanément :

j’ai le droit d’exister dans cette relation, et l’autre aussi.

Je peux écouter sans obéir.

Je peux comprendre sans être d’accord.

Je peux recevoir une critique sans lui remettre mon jugement.

Je peux aider sans accepter toutes les demandes.

Je peux poser une limite sans transformer l’autre en ennemi.

Et je peux entendre un refus sans considérer qu’il constitue une attaque contre ma personne.

L’assertivité commence véritablement lorsque nous cessons de croire qu’une relation saine exige que quelqu’un s’efface pour que l’autre puisse exister.

Contenu d’information générale. Les techniques de soin et leurs indications demandent une évaluation adaptée à la situation.