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ACT — THÉRAPIE D’ACCEPTATION ET D’ENGAGEMENT

LA SANTÉ AVANT TOUT · Psychothérapie

ACT — THÉRAPIE D’ACCEPTATION ET D’ENGAGEMENT

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L’ACT, pour Acceptance and Commitment Therapy, généralement traduite par thérapie d’acceptation et d’engagement, appartient aux approches comportementales et cognitives contemporaines. Elle s’intéresse moins à la disparition systématique des pensées ou émotions désagréables qu’à la manière dont une personne peut continuer à vivre et agir lorsque certaines expériences intérieures difficiles sont présentes.

Son principe peut sembler paradoxal : nous consacrons parfois une quantité considérable d’énergie à essayer de ne plus ressentir ce que nous ressentons.

Ne plus avoir peur. Ne plus penser à un événement. Ne plus éprouver de tristesse. Faire disparaître une pensée gênante avant de recommencer à vivre.

Or certaines tentatives de contrôle peuvent finir par occuper davantage de place que l’expérience qu’elles étaient destinées à supprimer.

L’ACT ne propose pas de tout accepter passivement. Elle cherche à augmenter la liberté de choisir ses actions, même lorsque l’esprit ou les émotions ne coopèrent pas parfaitement.

La flexibilité psychologique

L’un des concepts centraux de l’ACT est la flexibilité psychologique.

Elle correspond à la capacité de rester suffisamment en contact avec ce qui se passe dans le présent tout en adaptant son comportement à la situation et à ce qui compte réellement pour soi.

Une personne psychologiquement flexible n’est pas une personne qui ne souffre jamais.

Elle peut éprouver de la peur et décider malgré tout d’accomplir quelque chose d’important. Elle peut reconnaître qu’une situation est devenue mauvaise et modifier son comportement au lieu de poursuivre automatiquement ce qu’elle avait prévu. Elle peut également abandonner un objectif lorsque celui-ci ne correspond plus à ses valeurs.

La flexibilité s’oppose ainsi aux réponses devenues rigides : toujours éviter, toujours lutter, toujours contrôler ou répéter la même stratégie même lorsqu’elle ne fonctionne plus.

Accepter ne signifie pas approuver

Le mot acceptation est facilement mal compris.

Accepter une expérience intérieure ne signifie pas approuver ce qui l’a provoquée.

Une personne victime d’une injustice n’a pas à considérer l’injustice comme acceptable. Une personne endeuillée n’a pas à se réjouir de sa perte. Quelqu’un vivant dans une situation dangereuse ne doit pas apprendre à mieux tolérer le danger au nom de l’acceptation.

L’acceptation concerne plutôt la reconnaissance de l’expérience intérieure déjà présente.

« J’éprouve actuellement de la peur » est différent de « cette situation dangereuse doit continuer ».

« Je suis profondément triste » ne signifie pas « je renonce à vivre ».

L’acceptation psychologique vise à réduire la lutte supplémentaire contre le fait même d’éprouver une émotion ou une pensée.

Lorsque l’évitement devient le problème

Éviter une expérience désagréable est parfaitement humain et parfois très utile.

Si une situation est réellement dangereuse, l’éviter peut constituer la meilleure décision possible.

La difficulté apparaît lorsque l’évitement des expériences intérieures commence à réduire progressivement la vie.

Une personne anxieuse refuse une invitation pour éviter l’inconfort. Le soulagement immédiat confirme que l’évitement « fonctionne ». La fois suivante, elle évite encore. Progressivement, son univers se rétrécit.

Le mécanisme peut également concerner les souvenirs, les émotions, les conversations ou certaines sensations corporelles.

L’ACT parle notamment d’évitement expérientiel lorsque la lutte contre certaines expériences intérieures devient elle-même une source importante de limitations.

Les pensées ne sont pas toujours des ordres

Nous avons tendance à traiter certaines pensées comme des descriptions exactes de la réalité.

« Je vais échouer. »

« Je ne peux pas supporter cela. »

« Les autres vont me juger. »

« Je suis incapable. »

Lorsque la pensée et la réalité semblent se confondre, notre comportement peut être entièrement organisé autour de ce que l’esprit vient de produire.

L’ACT utilise le concept de défusion cognitive pour créer davantage de distance entre la pensée et celui qui l’observe.

Il ne s’agit pas nécessairement de remplacer immédiatement « je vais échouer » par « je vais réussir ».

La personne peut apprendre à reconnaître : « Mon esprit me dit actuellement que je vais échouer. »

La pensée existe toujours.

Mais elle redevient une pensée plutôt qu’une instruction obligatoire.

Revenir à l’expérience présente

Une partie importante de notre activité mentale concerne ce qui n’est pas actuellement devant nous.

Nous rejouons une conversation passée, imaginons ce qui pourrait arriver demain ou construisons des scénarios concernant ce que les autres pensent.

Cette capacité est indispensable : elle permet d’apprendre du passé et d’anticiper l’avenir.

Elle peut néanmoins devenir envahissante.

L’ACT développe donc l’attention au moment présent, non pour interdire la pensée du passé ou du futur, mais pour permettre à la personne de revenir volontairement à ce qui se passe réellement ici lorsqu’elle en a besoin.

Cette attention peut porter sur l’environnement, les sensations corporelles, l’activité en cours ou l’interaction avec une autre personne.

Le présent n’est pas présenté comme un lieu magique où toute souffrance disparaît.

Il constitue simplement le seul endroit où une action peut effectivement être accomplie.

Le soi n’est pas réductible à son contenu mental

Une personne peut progressivement se définir par ses difficultés.

« Je suis anxieuse. »

« Je suis un échec. »

« Je suis quelqu’un qui abandonne toujours. »

Ces formulations transforment des expériences, des comportements ou des pensées en définitions globales de l’identité.

L’ACT travaille notamment sur une distinction entre ce que nous observons et la perspective depuis laquelle nous pouvons l’observer.

Pensées, émotions, souvenirs et sensations changent continuellement.

La personne qui en fait l’expérience ne se réduit pas à chacun de ces contenus successifs.

Cette perspective permet parfois de desserrer des identités devenues très rigides : avoir échoué ne signifie pas être « un échec » ; éprouver de l’anxiété ne signifie pas que toute l’identité doit être organisée autour d’elle.

Les valeurs donnent une direction

Les valeurs occupent une place essentielle dans l’ACT.

La question n’est pas seulement : « Qu’est-ce que je veux ne plus ressentir ? »

Elle devient : « Vers quoi est-ce que je veux aller ? »

Une personne peut souhaiter davantage de proximité dans ses relations, de créativité, d’autonomie, de transmission ou d’engagement.

Les valeurs ne sont pas des objectifs que l’on coche définitivement.

Écrire un livre peut être un objectif. Créer et transmettre peuvent constituer des valeurs capables de s’exprimer ensuite dans de nombreux autres projets.

Le travail sur les valeurs permet donc de construire une direction qui ne dépend pas entièrement de la disparition préalable des symptômes.

L’action engagée

Identifier ce qui compte ne suffit pas.

L’ACT cherche à transformer les valeurs en actions engagées, c’est-à-dire en comportements concrets orientés vers ces directions.

Une personne qui valorise les relations mais évite toute rencontre à cause de son anxiété peut choisir une action suffisamment accessible pour recommencer à avancer vers les autres.

L’objectif n’est pas nécessairement spectaculaire.

Une petite action répétée peut avoir davantage d’importance qu’une grande décision jamais appliquée.

L’engagement n’implique pas non plus une persévérance aveugle.

Une action peut être modifiée lorsqu’elle ne fonctionne pas. La direction reste importante, mais le chemin peut changer.

L’ACT ne promet pas une vie sans pensées difficiles

L’une des particularités de cette approche est de ne pas présenter la suppression définitive de toute pensée négative comme condition préalable à une vie satisfaisante.

L’esprit humain produit continuellement des évaluations, comparaisons, inquiétudes et scénarios.

Certaines pensées peuvent diminuer avec le travail thérapeutique. D’autres reviendront occasionnellement.

La question devient alors moins : « Comment empêcher définitivement cette pensée d’exister ? » que : « Quelle place vais-je lui donner lorsqu’elle apparaît ? »

Une pensée peut être présente sans obtenir automatiquement le droit de décider.

Dans quelles situations l’ACT peut-elle être utilisée ?

L’ACT a été étudiée et utilisée dans différents contextes psychologiques, notamment pour certains troubles anxieux, la dépression, les difficultés liées au stress, certaines douleurs chroniques, des problématiques addictives et diverses situations où l’évitement et la rigidité psychologique jouent un rôle important.

Cela ne signifie pas qu’elle constitue une méthode universelle ni qu’elle convient de la même manière à toutes les personnes.

Une approche psychothérapeutique doit toujours être replacée dans la problématique, les besoins, les préférences et la situation de celui qui consulte.

Certaines personnes apprécient particulièrement le travail autour des valeurs et de l’action. D’autres se reconnaissent davantage dans d’autres modèles thérapeutiques.

Ce que l’ACT ne doit pas devenir

Le langage de l’acceptation peut être mal utilisé.

Il ne devrait jamais servir à convaincre quelqu’un de supporter une relation violente, une injustice, des conditions de travail destructrices ou une situation qu’il possède réellement la possibilité et la nécessité de modifier.

Accepter une émotion n’est pas accepter n’importe quelle situation extérieure.

De même, la référence aux valeurs ne doit pas devenir un nouveau système d’obligations : « Si cette valeur est importante pour moi, je dois toujours agir parfaitement selon elle. »

Ce perfectionnisme serait précisément contraire à la flexibilité recherchée.

L’ACT vise à augmenter les possibilités de choix, pas à remplacer une prison psychologique par une autre.

À retenir

La thérapie d’acceptation et d’engagement cherche à développer la flexibilité psychologique : la capacité à reconnaître ce qui se passe intérieurement sans laisser automatiquement chaque pensée ou émotion déterminer le comportement.

Elle travaille notamment sur l’acceptation des expériences intérieures, la défusion vis-à-vis des pensées, l’attention au présent, une perspective moins rigide sur soi, l’identification des valeurs et l’action engagée.

Accepter ne signifie ni approuver une injustice ni renoncer à changer une situation modifiable. Cela signifie notamment cesser d’exiger que toute expérience intérieure difficile disparaisse avant de recommencer à vivre.

Nous ne choisissons pas toutes les pensées qui traversent notre esprit ni toutes les émotions qui apparaissent. Nous pouvons cependant travailler à retrouver une marge de choix sur ce que nous décidons d’en faire — et sur la direction dans laquelle nous continuons à avancer.

Contenu d’information générale. Les techniques de soin et leurs indications demandent une évaluation adaptée à la situation.