LA SANTÉ AVANT TOUT — FICHES

VIDÉO ET CINÉMA COMME MÉDIATIONS THÉRAPEUTIQUES

LA SANTÉ AVANT TOUT · Psychothérapie

VIDÉO ET CINÉMA COMME MÉDIATIONS THÉRAPEUTIQUES

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La vidéo et le cinéma comme médiations thérapeutiques utilisent l’image animée, le récit audiovisuel, les personnages, la mise en scène ou la création filmique comme supports d’un travail psychothérapeutique.

La personne peut :

regarder un film ;

choisir une séquence ;

discuter d’un personnage ;

filmer une scène ;

réaliser un court métrage ;

se filmer elle-même ;

créer un récit fictif ;

monter des images ;

utiliser une vidéo familiale ;

travailler à partir d’une œuvre cinématographique.

Comme pour toutes les médiations étudiées précédemment, une distinction est indispensable :

regarder un film qui fait du bien n’est pas automatiquement faire une psychothérapie.

Un film peut bouleverser.

Faire réfléchir.

Aider à comprendre une relation.

Donner du courage.

Permettre de pleurer.

Changer momentanément notre regard sur une situation.

Cette expérience peut avoir une véritable valeur personnelle sans constituer pour autant une intervention thérapeutique.

Le cinéma devient une médiation psychothérapeutique lorsque son utilisation s’inscrit dans un processus thérapeutique structuré et répond à un objectif défini.

Le cinéma raconte des vies

Le cinéma possède une caractéristique particulièrement intéressante pour la psychologie : il met en scène des êtres humains confrontés à des situations.

Amour.

Séparation.

Deuil.

Trahison.

Famille.

Maladie.

Solitude.

Choix.

Échec.

Réussite.

Violence.

Vieillissement.

Identité.

Mort.

Recommencement.

Le spectateur peut observer ces expériences depuis une position relativement protégée.

Ce n’est pas sa vie.

Et pourtant, quelque chose peut lui ressembler.

Se reconnaître sans parler immédiatement de soi

Une personne peut éprouver beaucoup de difficulté à dire :

« J’ai peur de devenir comme ma mère. »

Mais elle peut dire :

« Ce personnage me fait penser à quelqu’un. »

Le thérapeute peut alors explorer progressivement ce qui résonne.

Le film crée une distance.

L’identification

Nous pouvons nous identifier à un personnage parce que nous reconnaissons :

une émotion ;

une situation ;

une manière de réagir ;

une peur ;

un désir ;

une contradiction.

Cette identification peut permettre à la personne de regarder certains aspects de son expérience depuis l’extérieur.

L’identification n’est pas l’identité

Dire :

« Je me reconnais dans ce personnage »

ne signifie pas :

« Je suis ce personnage. »

Une personne peut se reconnaître dans un seul aspect de son histoire.

Le thérapeute doit éviter de transformer une ressemblance en diagnostic.

La projection

Le spectateur peut également attribuer au personnage :

intentions ;

motivations ;

émotions.

Deux personnes peuvent regarder exactement la même scène et comprendre les personnages très différemment.

Cette différence peut devenir thérapeutiquement intéressante.

« Pourquoi pensez-vous qu’il fait cela ? »

La réponse parle parfois autant du spectateur que du personnage.

Mais elle ne doit pas être traitée automatiquement comme une révélation inconsciente.

Elle constitue une piste de réflexion.

La distance fictionnelle

La fiction permet d’approcher certains sujets avec une distance protectrice.

Parler d’un personnage suicidaire peut être plus facile que parler immédiatement de ses propres pensées.

Discuter d’un couple fictif peut permettre d’aborder :

jalousie ;

infidélité ;

dépendance ;

violence ;

séparation.

Mais le thérapeute doit savoir quand quitter progressivement la fiction pour revenir à l’expérience réelle de la personne.

Le film ne doit pas devenir une cachette

Une personne peut analyser pendant une heure les problèmes conjugaux d’un personnage sans jamais parler des siens.

Le détour peut être utile.

Il ne doit pas nécessairement devenir permanent.

Cinémathérapie

On rencontre parfois le terme cinémathérapie pour désigner l’utilisation de films ou de séquences cinématographiques dans un accompagnement thérapeutique.

Le terme recouvre cependant des pratiques très diverses.

Certaines sont intégrées à une véritable psychothérapie.

D’autres relèvent davantage :

du développement personnel ;

de l’éducation ;

de la discussion ;

du loisir.

Le nom seul ne permet donc pas d’évaluer la nature de l’intervention.

Prescrire un film

Un thérapeute peut parfois suggérer à une personne de regarder un film entre deux séances.

Le choix peut être lié à une problématique particulière.

Par exemple :

deuil ;

relation parent-enfant ;

vieillissement ;

addiction ;

différence ;

résilience.

Le film devient ensuite support de discussion.

Ce n’est pas le message du film qui compte uniquement

Deux personnes peuvent recevoir un même film de manière opposée.

L’une pense :

« Cela me donne de l’espoir. »

L’autre :

« Cela me désespère parce que ma situation ne ressemble pas du tout à cette fin heureuse. »

Le thérapeute doit travailler avec l’expérience réelle du spectateur, pas avec le message qu’il avait prévu de lui transmettre.

Le danger du film « médicament »

Il serait simpliste de penser :

« Film A pour la dépression. »

« Film B pour le deuil. »

« Film C pour l’estime de soi. »

Une œuvre n’agit pas comme une molécule standardisée.

Son effet dépend :

de l’histoire de la personne ;

de son état ;

de ses associations ;

de sa culture ;

du moment.

Une scène peut toucher là où on ne l’attend pas

Le thérapeute choisit un film pour son thème principal.

La personne revient en parlant uniquement d’une scène secondaire de trente secondes.

Cette scène a réveillé quelque chose de beaucoup plus important pour elle.

C’est souvent cette réaction qu’il faut suivre.

Les émotions par procuration

Le cinéma peut faciliter l’accès à certaines émotions.

Une personne qui ne pleure presque jamais dans sa vie quotidienne peut pleurer devant un film.

Elle peut alors expérimenter l’émotion dans un cadre où elle se sent suffisamment en sécurité.

Pleurer devant un film n’est pas nécessairement une catharsis thérapeutique

Une émotion intense ne garantit pas un changement.

La personne peut être profondément bouleversée pendant deux heures et reprendre exactement les mêmes fonctionnements ensuite.

L’émotion peut ouvrir un travail.

Elle ne le remplace pas.

Le cinéma et l’empathie

Entrer dans l’histoire d’un personnage différent de soi peut parfois permettre de découvrir :

son point de vue ;

ses contraintes ;

ses émotions.

Le cinéma peut ainsi favoriser certaines expériences d’empathie.

Mais regarder un film sur une population ne signifie pas comprendre automatiquement toutes les personnes appartenant à cette population.

Les stéréotypes

Le cinéma peut également renforcer des représentations erronées.

Certaines œuvres présentent les troubles psychologiques de manière :

spectaculaire ;

caricaturale ;

romantique ;

effrayante.

Le thérapeute peut utiliser ces représentations comme matière de discussion.

Le « psychopathe » de cinéma

Le cinéma associe fréquemment troubles psychiatriques et violence.

Cela peut contribuer à la stigmatisation.

Une discussion thérapeutique ou psychoéducative peut permettre de distinguer :

fiction dramatique ;

réalité clinique.

La maladie mentale romantisée

À l’inverse, certaines œuvres peuvent présenter la souffrance psychologique comme source presque nécessaire de :

génie ;

créativité ;

profondeur.

Cette représentation peut également être discutée.

La souffrance n’a pas besoin d’être idéalisée pour être respectée.

Les histoires de guérison

Le cinéma aime les trajectoires claires.

Problème.

Crise.

Prise de conscience.

Transformation.

Fin.

La vie réelle est rarement aussi ordonnée.

« Lui a réussi en deux heures »

Une personne peut se comparer à un personnage dont toute l’évolution a été condensée dans un récit.

Le thérapeute peut rappeler que le cinéma supprime :

semaines ;

mois ;

rechutes ;

temps morts.

Une narration n’est pas une chronologie thérapeutique réelle.

La fin heureuse

Une fin heureuse peut donner de l’espoir.

Elle peut également créer une norme :

« Si je fais ce qu’il faut, tout doit se réparer. »

Or certaines situations ne se terminent pas par :

réconciliation ;

guérison ;

retour à la situation antérieure.

Parfois, le travail consiste à construire une vie avec ce qui ne peut pas être réparé.

La fin ouverte

Certaines œuvres refusent de résoudre tous les conflits.

Elles peuvent être particulièrement intéressantes parce qu’elles obligent le spectateur à tolérer :

ambiguïté ;

incertitude ;

absence de réponse.

Le cinéma comme support de discussion familiale

Une famille peut regarder une séquence puis discuter :

des personnages ;

de leurs décisions ;

de leurs relations.

Cela peut permettre d’aborder indirectement certaines dynamiques familiales.

« À qui ressemble ce personnage ? »

Cette question doit être utilisée avec prudence.

Elle peut rapidement transformer la séance en règlement de comptes :

« C’est exactement papa ! »

L’objectif n’est pas de distribuer des rôles cinématographiques aux membres de la famille.

Avec les couples

Un extrait peut illustrer :

escalade d’un conflit ;

silence ;

malentendu ;

critique ;

défensive ;

réparation.

Le couple peut observer plus facilement un mécanisme lorsqu’il appartient d’abord à des personnages fictifs.

Observer avant de se reconnaître

Le thérapeute peut demander :

« Qu’est-ce qui se passe entre eux ? »

Puis :

« Est-ce qu’il arrive quelque chose de semblable entre vous ? »

La fiction sert de pont.

Avec les enfants

Les films et dessins animés peuvent offrir des supports particulièrement accessibles.

Un personnage peut avoir :

peur ;

honte ;

colère ;

jalousie.

L’enfant peut discuter de ce personnage sans avoir immédiatement à parler de lui-même.

Mais les personnages ne sont pas des tests projectifs automatiques

Un enfant qui préfère le méchant n’est pas nécessairement agressif.

Il peut simplement trouver le personnage :

drôle ;

puissant ;

bien dessiné ;

plus intéressant.

Il faut demander.

Avec les adolescents

Le cinéma et la vidéo peuvent être particulièrement pertinents avec les adolescents parce qu’ils appartiennent déjà à un univers fortement audiovisuel.

Films.

Séries.

Vidéos courtes.

YouTube.

Création sur smartphone.

Mais le thérapeute doit éviter de choisir des références qu’il croit « jeunes » uniquement pour paraître moderne.

Partir de leurs références

Une question simple peut être plus utile :

« Y a-t-il un film, une série ou un personnage qui vous a marqué récemment ? »

La réponse peut ouvrir un univers significatif pour l’adolescent.

Les séries

Les séries offrent une particularité intéressante : les personnages évoluent sur une durée beaucoup plus longue qu’au cinéma.

Le spectateur peut les suivre pendant :

semaines ;

mois ;

années.

Une relation particulière peut se construire avec eux.

Le personnage familier

Une personne peut avoir l’impression de connaître profondément un personnage.

Sa disparition peut provoquer une véritable émotion.

Cette réaction n’est pas ridicule.

La fiction peut devenir une partie importante de notre vie émotionnelle.

Mais le personnage reste écrit

Ses réactions sont construites par :

scénaristes ;

réalisation ;

montage ;

interprétation.

Il n’est pas un cas clinique réel.

Diagnostiquer des personnages peut être amusant ou pédagogique, mais cela ne doit pas devenir une preuve sur le fonctionnement humain.

Créer une vidéo

La médiation peut devenir beaucoup plus active lorsque la personne ne regarde plus seulement une œuvre mais en crée une.

Elle peut réaliser :

une courte scène ;

un journal vidéo ;

un récit ;

une fiction ;

un documentaire personnel ;

une animation.

Passer de spectateur à auteur

Créer une vidéo implique de choisir :

ce qui sera montré ;

ce qui restera hors champ ;

l’ordre ;

le rythme ;

les mots ;

les images.

La personne devient auteur d’une représentation.

Le cadrage

Filmer signifie toujours cadrer.

Le cadre dit :

« Je montre ceci. »

Et nécessairement :

« Je ne montre pas le reste. »

Cette propriété peut être utilisée thérapeutiquement.

Hors champ

Une personne peut filmer un lieu important sans apparaître elle-même.

Elle peut montrer :

une pièce ;

une route ;

un objet ;

un paysage.

La vidéo permet ainsi de raconter sans devoir immédiatement se montrer.

Journal vidéo

Certaines personnes utilisent la vidéo pour enregistrer :

pensées ;

émotions ;

événements ;

évolution.

Le journal vidéo peut offrir une trace différente de l’écriture.

Se revoir

Regarder une ancienne vidéo de soi peut être une expérience forte.

La personne peut observer :

voix ;

expression ;

posture ;

discours.

Mais cette expérience peut également être difficile.

« Je déteste me voir »

Beaucoup de personnes n’aiment pas :

leur voix enregistrée ;

leur visage ;

leurs gestes.

La vidéo peut donc activer fortement les difficultés d’image de soi.

Elle doit être utilisée avec prudence.

L’image n’est pas neutre

Caméra.

Objectif.

Angle.

Lumière.

Écran.

Tout cela modifie l’apparence.

Une image vidéo n’est pas un miroir parfaitement objectif de la personne.

Trouble de l’image corporelle

Chez une personne très préoccupée par son apparence, se filmer et se revoir peut parfois devenir une nouvelle forme de vérification.

Le thérapeute doit s’assurer que l’exercice ne renforce pas :

comparaison ;

surveillance ;

critique corporelle.

L’exposition vidéo

Dans certaines interventions, la vidéo peut être utilisée pour confronter certaines croyances.

Une personne souffrant d’anxiété sociale pense :

« Je tremble tellement que tout le monde le voit. »

Une vidéo peut montrer que le tremblement est beaucoup moins visible qu’elle ne l’imaginait.

Mais la vidéo peut aussi devenir une nouvelle preuve recherchée

La personne peut vouloir vérifier encore et encore :

« Est-ce que j’ai l’air normal ? »

L’exercice doit donc s’inscrire dans une stratégie thérapeutique claire.

Vidéo-feedback

Le vidéo-feedback consiste à utiliser l’enregistrement d’une interaction pour l’observer ensuite.

Il peut être utilisé dans différents contextes :

communication ;

parentalité ;

interaction sociale ;

formation ;

certaines psychothérapies.

Observer ce qui fonctionne déjà

La vidéo ne doit pas servir uniquement à trouver les erreurs.

Un parent peut découvrir qu’il répond beaucoup plus souvent de manière sensible à son enfant qu’il ne le pensait.

Le retour vidéo peut rendre visibles des compétences déjà présentes.

Parent et enfant

Certaines interventions utilisent des vidéos d’interactions parent-enfant pour travailler :

attention ;

signaux de l’enfant ;

réponses parentales ;

moments de connexion.

L’analyse doit éviter de transformer chaque seconde en évaluation morale du parent.

La caméra modifie le comportement

Une personne qui sait qu’elle est filmée peut agir différemment.

Cet effet doit être pris en compte.

La vidéo n’est pas nécessairement une fenêtre parfaitement transparente sur le comportement habituel.

Rejouer une scène

Une personne peut créer une scène représentant :

conflit ;

entretien ;

séparation ;

conversation difficile.

Puis la scène peut être rejouée autrement.

Plusieurs fins

La vidéo permet de filmer plusieurs versions.

Version 1 :

la personne se tait.

Version 2 :

elle pose une limite.

Version 3 :

elle quitte la conversation.

L’objectif n’est pas de trouver la scène parfaite.

Il est d’élargir les possibilités.

Le montage

Le montage constitue une particularité puissante de la vidéo.

Il permet :

couper ;

déplacer ;

ralentir ;

répéter ;

associer.

Le montage et la narration

Une même série d’images peut raconter des histoires différentes selon l’ordre dans lequel elle est assemblée.

Cette expérience peut permettre de réfléchir à la manière dont nous construisons nos propres récits.

Mais la vie n’est pas un montage

On ne peut pas supprimer un événement réel comme on supprime une scène.

La métaphore possède ses limites.

Raconter sa vie en film

Certaines personnes peuvent créer une autobiographie audiovisuelle.

Photos.

Vidéos anciennes.

Voix.

Musique.

Texte.

Cette création peut favoriser :

continuité ;

identité ;

transmission ;

mise en sens.

Les films familiaux

Les anciennes vidéos familiales peuvent être particulièrement chargées émotionnellement.

Anniversaires.

Vacances.

Mariages.

Enfance.

Personnes décédées.

Elles peuvent réveiller des souvenirs puissants.

Une vidéo familiale n’est pas toute la famille

La caméra filme souvent :

les fêtes ;

les sourires ;

les moments choisis.

Elle montre rarement :

les disputes avant l’anniversaire ;

la fatigue après les vacances ;

les tensions hors champ.

Elle constitue une trace réelle, mais partielle.

« Pourtant, nous avions l’air heureux »

Une personne peut être troublée en regardant une ancienne vidéo où tout le monde sourit alors qu’elle se souvient d’une période très difficile.

Les deux réalités peuvent coexister.

Un moment heureux peut avoir existé dans une période douloureuse.

La mémoire et la vidéo

Une vidéo peut soutenir la mémoire.

Mais elle peut également la modifier.

À force de regarder une scène filmée, la personne peut finir par se souvenir davantage de la vidéo que de l’expérience initiale.

Le film ne récupère pas la totalité du souvenir

Il montre :

un angle ;

un moment ;

une sélection.

Il ne doit pas être traité comme une preuve complète de l’expérience psychologique passée.

Traumatisme

L’utilisation de la vidéo dans le travail du traumatisme demande une prudence particulière.

Regarder :

une scène violente ;

une reconstitution ;

un enregistrement réel

peut provoquer une activation émotionnelle importante.

Il n’est pas nécessaire de revoir pour guérir

Une personne n’a pas besoin de regarder une vidéo traumatique pour prouver qu’elle est prête à avancer.

Toute exposition doit avoir :

indication ;

objectif ;

préparation ;

consentement.

Vidéos réelles d’événements traumatiques

Avec les smartphones et les réseaux sociaux, certaines personnes disposent parfois d’images réelles :

accident ;

agression ;

catastrophe.

Le fait que ces images existent ne signifie pas qu’elles doivent être regardées en thérapie.

Revoir compulsivement

Certaines personnes regardent encore et encore :

vidéo ;

photo ;

message ;

enregistrement

lié à un événement douloureux.

Cette répétition peut parfois maintenir la souffrance plutôt que la résoudre.

Le thérapeute doit examiner sa fonction.

Deuil

La vidéo possède une place particulière dans le deuil.

Elle permet de revoir :

visage ;

gestes ;

voix

d’une personne décédée.

Cela peut être profondément précieux.

Une présence enregistrée

Entendre une voix disparue peut provoquer simultanément :

joie ;

douleur ;

proximité ;

absence.

Il n’existe pas une bonne manière universelle d’utiliser ces archives.

Certaines personnes regardent souvent

D’autres ne peuvent pas les regarder pendant des années.

Aucune de ces réactions ne permet à elle seule de mesurer la qualité du deuil.

Créer un film souvenir

Certaines personnes souhaitent rassembler :

photos ;

vidéos ;

musiques ;

témoignages

dans une création dédiée à la personne décédée.

Cela peut devenir un acte de mémoire.

Mais ce travail ne doit pas être imposé comme étape obligatoire du deuil.

Maladie et récit de vie

La vidéo peut également accompagner des personnes confrontées à :

maladie grave ;

handicap ;

vieillissement ;

fin de vie.

Elles peuvent souhaiter enregistrer :

histoire ;

message ;

souvenir ;

transmission familiale.

Thérapie de la dignité et héritage

Certaines interventions en soins de fin de vie utilisent des récits structurés permettant à la personne de transmettre des éléments importants de son histoire.

La vidéo peut parfois constituer un support de ce travail, même si elle n’est pas nécessaire à la méthode elle-même.

Le droit de ne pas laisser de message

Une personne en fin de vie ne doit pas ressentir une nouvelle obligation :

« Je dois produire quelque chose pour ma famille. »

La transmission doit rester un choix.

Vidéo et identité

Se filmer à différentes périodes peut rendre visibles certaines transformations.

La personne peut constater :

« Je ne parle plus comme avant. »

« Je me tiens différemment. »

« Je ne pensais pas pouvoir arriver jusque-là. »

La vidéo peut devenir une trace de changement.

Attention au récit héroïque obligatoire

Toute transformation n’a pas besoin de devenir :

« Avant j’étais détruit, maintenant je suis fort. »

Certaines évolutions sont :

partielles ;

fragiles ;

contradictoires.

Elles restent valables.

Film participatif

Dans certains projets, un groupe crée collectivement un film autour d’une expérience ou d’une problématique.

Cela peut favoriser :

expression ;

coopération ;

visibilité ;

sentiment d’appartenance.

Mais qui contrôle le résultat final ?

Lorsque le film concerne des expériences personnelles, il faut décider :

qui monte ;

qui choisit ;

qui peut voir ;

où il sera diffusé.

Ces questions sont thérapeutiques mais aussi éthiques.

Thérapie et documentaire

Créer un documentaire sur sa propre expérience peut être extrêmement puissant.

Mais un documentaire destiné au public n’est plus uniquement un espace thérapeutique privé.

La personne devient exposée au regard d’autrui.

Une parole publiée ne revient pas facilement dans le cabinet

Une fois une vidéo diffusée sur Internet, elle peut être :

copiée ;

partagée ;

commentée ;

archivée.

Le consentement doit donc inclure une compréhension de cette permanence potentielle.

Les mineurs et la vidéo

La prudence doit être particulièrement importante lorsqu’un enfant ou adolescent apparaît dans une création thérapeutique.

Son image peut révéler :

identité ;

santé ;

participation à une thérapie.

L’accord parental éventuel ne supprime pas la nécessité de respecter autant que possible la volonté du mineur.

Le droit futur à l’intimité

Un enfant peut être heureux à huit ans qu’une vidéo soit publiée.

À dix-huit ans, il peut ne plus vouloir que cette trace de son histoire thérapeutique soit accessible.

Cette perspective doit être anticipée.

Réseaux sociaux

La culture contemporaine encourage fortement la vidéo.

Une personne peut vouloir publier son travail thérapeutique sur :

TikTok ;

Instagram ;

YouTube ;

autres plateformes.

Le thérapeute doit distinguer :

désir d’expression ;

besoin de validation ;

impulsion ;

conséquences futures.

Partager peut être choisi

Il n’est pas nécessaire d’interdire toute publication.

Mais le choix mérite d’être réfléchi.

Une production créée dans un moment émotionnel intense peut révéler beaucoup plus que ce que la personne souhaite montrer durablement.

Le nombre de vues n’est pas un indicateur thérapeutique

Une vidéo très vue n’est pas nécessairement une réussite psychologique.

Une vidéo ignorée n’est pas un échec personnel.

L’économie de l’attention ne doit pas devenir l’échelle de valeur de l’expérience thérapeutique.

Les commentaires

Publier une création expose à :

soutien ;

critiques ;

moqueries ;

agressivité ;

interprétations.

Une personne vulnérable doit pouvoir anticiper cette possibilité.

Le cinéma en groupe

Regarder un film ou un extrait en groupe peut permettre :

discussion ;

identification ;

désaccord ;

partage d’expériences.

Les réactions différentes peuvent enrichir le travail.

« Nous n’avons pas vu le même film »

Deux participants peuvent avoir des lectures opposées.

Cette différence montre justement que la perception est influencée par :

histoire ;

valeurs ;

attention ;

expérience.

Le débat n’est pas un tribunal

Le groupe n’a pas à décider quelle interprétation est psychologiquement correcte.

Il peut explorer plusieurs perspectives.

Choisir le film

Le thérapeute doit tenir compte de :

âge ;

culture ;

sensibilités ;

contenu ;

objectifs.

Un film choisi uniquement parce qu’il plaît au thérapeute n’est pas nécessairement pertinent.

Les déclencheurs émotionnels

Certaines œuvres contiennent :

violence ;

agression sexuelle ;

suicide ;

maladie ;

mort d’enfant ;

maltraitance.

La personne doit pouvoir être informée lorsque cela est pertinent et choisir si elle souhaite regarder.

Ne pas utiliser la surprise comme technique

« Je ne vous ai rien dit pour que votre réaction soit authentique »

peut être particulièrement problématique lorsqu’un contenu potentiellement traumatisant est impliqué.

L’intensité de la réaction n’est pas une mesure de qualité thérapeutique.

Culture

Un film n’a pas la même signification dans tous les contextes.

Les représentations de :

famille ;

religion ;

sexualité ;

autorité ;

couple ;

mort

varient fortement.

La médiation doit tenir compte de cette dimension culturelle.

Cinéma religieux ou spirituel

Une œuvre spirituelle peut être extrêmement importante pour une personne croyante.

Pour une autre, elle peut être sans intérêt ou douloureuse.

Le thérapeute n’a pas à imposer ni à dévaloriser la dimension spirituelle.

Il peut explorer ce qu’elle représente pour la personne.

Documentaires

Les documentaires peuvent apporter :

information ;

témoignage ;

identification.

Mais ils possèdent eux aussi :

réalisation ;

sélection ;

montage ;

point de vue.

Un documentaire n’est pas la réalité brute.

Témoignages

Voir quelqu’un raconter une expérience similaire peut diminuer le sentiment :

« Je suis seul au monde. »

Mais cela peut également créer une comparaison :

« Lui s’en est sorti, pourquoi pas moi ? »

Le thérapeute peut aider à maintenir la singularité des parcours.

Films éducatifs

Certaines vidéos sont conçues spécifiquement pour expliquer :

anxiété ;

traumatisme ;

émotions ;

communication ;

addiction.

Elles relèvent davantage de la psychoéducation.

Elles peuvent être intégrées à une psychothérapie sans constituer à elles seules la thérapie.

Le langage audiovisuel

Une vidéo possède des caractéristiques propres :

image ;

son ;

musique ;

montage ;

rythme ;

silence.

Tous ces éléments influencent l’expérience émotionnelle.

La musique de film

Une même scène accompagnée d’une musique différente peut sembler :

triste ;

menaçante ;

romantique ;

drôle.

Cela montre à quel point notre interprétation peut être orientée par le contexte.

Un exercice intéressant

Une scène peut parfois être regardée :

avec son ;

sans son.

La personne peut observer ce qui change dans sa perception.

Cela peut devenir un support pour réfléchir à la manière dont nous interprétons les situations à partir d’indices partiels.

Le montage crée du sens

Deux plans successifs peuvent sembler liés même s’ils ont été filmés séparément.

Le cinéma montre ainsi concrètement une propriété importante de la cognition humaine :

nous cherchons continuellement à construire du sens entre les éléments.

Mais la thérapie ne doit pas devenir un cours de cinéma

Ces observations n’ont d’intérêt thérapeutique que lorsqu’elles rejoignent les objectifs de la personne.

La médiation reste au service du travail.

Réaliser un court métrage fictif

Une personne peut inventer une histoire qui ne ressemble apparemment pas à sa vie.

Cette fiction peut néanmoins lui permettre d’explorer :

choix ;

peurs ;

conflits ;

possibilités.

Ne pas chercher immédiatement « ce que cela cache »

La fiction possède le droit d’être une fiction.

Elle peut avoir une valeur thérapeutique sans devoir être décodée comme autobiographie déguisée.

Jouer un personnage

Comme en dramathérapie, la vidéo permet d’expérimenter différents rôles.

Mais elle ajoute la possibilité de revoir ensuite la scène.

Cette seconde étape peut modifier l’expérience.

Le regard sur soi

Une personne qui se pensait :

ridicule ;

faible ;

inaudible

peut découvrir une image différente.

Mais le thérapeute ne doit pas garantir que la vidéo corrigera toujours l’auto-perception.

Certaines personnes deviennent au contraire plus critiques.

Le choix de revoir

La personne doit pouvoir savoir à l’avance :

si elle sera filmée ;

pourquoi ;

qui verra la vidéo ;

combien de temps elle sera conservée.

Elle doit également pouvoir refuser certaines utilisations.

Consentement à l’image

Le consentement à participer à une thérapie ne signifie pas automatiquement consentir :

à être filmé ;

à conserver l’enregistrement ;

à l’utiliser en formation ;

à le montrer à une équipe ;

à le publier.

Chaque usage doit être distingué.

Stockage

Une vidéo thérapeutique peut contenir beaucoup plus d’informations qu’un compte rendu écrit.

Visage.

Voix.

Lieu.

Émotions.

Relations.

Son stockage doit donc être particulièrement sécurisé.

Cloud et services externes

Lorsque la vidéo est envoyée vers un service externe pour :

stockage ;

transcription ;

montage ;

analyse,

de nouvelles questions apparaissent concernant les données.

Le professionnel doit savoir où elles vont.

Intelligence artificielle

L’IA permet désormais :

transcription ;

résumé ;

montage automatique ;

génération de scènes ;

modification de voix ;

création d’avatars ;

génération de vidéos.

Ces outils ouvrent des possibilités nouvelles.

Ils créent également des difficultés nouvelles.

Une vidéo peut désormais montrer quelque chose qui n’a jamais eu lieu

Les images générées ou modifiées peuvent être extrêmement réalistes.

La distinction entre :

archive ;

reconstitution ;

fiction ;

génération

doit rester claire.

Deepfakes

Une personne pourrait théoriquement créer une vidéo dans laquelle un proche dit quelque chose qu’il n’a jamais dit.

Cette possibilité soulève des questions thérapeutiques et éthiques majeures.

Faire parler un défunt

La technologie peut aujourd’hui reproduire approximativement :

voix ;

visage ;

apparence

d’une personne décédée.

Cela peut être présenté comme une expérience mémorielle.

Mais il faut distinguer très clairement :

simulation technologique ;

communication réelle avec la personne décédée.

Une simulation peut être émotionnellement puissante

Le fait qu’elle soit artificielle ne signifie pas qu’elle ne produira aucune émotion.

Au contraire.

Elle peut être extrêmement bouleversante.

Cela justifie encore davantage un cadre prudent.

Mémoire et faux contenus

Une vidéo générée représentant une scène d’enfance qui n’a jamais été filmée peut devenir très convaincante.

Il existe alors un risque de brouiller :

imagination ;

reconstruction ;

archive.

En psychothérapie, cette distinction est particulièrement importante.

L’IA comme outil créatif

Elle peut néanmoins être utilisée de manière plus simple.

Une personne peut créer :

paysage symbolique ;

animation ;

personnage fictif ;

histoire visuelle.

Le système devient alors un outil de création, comme étudié dans le chapitre précédent.

L’erreur générative n’est pas l’inconscient

Si l’IA ajoute :

personnage ;

objet ;

geste

non demandé, cet élément ne doit pas être interprété comme une production psychique cachée de l’utilisateur.

Il peut simplement s’agir d’une génération algorithmique.

Réalité virtuelle et cinéma

La frontière entre cinéma et réalité virtuelle devient progressivement moins nette.

Le spectateur peut désormais entrer dans une scène à 360 degrés.

Mais la réalité virtuelle thérapeutique possède ses propres caractéristiques et a été traitée au chapitre 58.

Interactivité

Le cinéma traditionnel montre une histoire.

Les technologies interactives permettent de choisir :

une réponse ;

une direction ;

une action.

Cette évolution rapproche certaines expériences audiovisuelles :

du jeu ;

de la simulation ;

de la thérapie comportementale.

Histoires à embranchements

Une personne peut explorer différentes conséquences :

« Que se passe-t-il si le personnage répond ainsi ? »

Cela peut devenir un outil intéressant pour travailler :

décision ;

communication ;

résolution de problème.

La simulation sociale

Des vidéos interactives peuvent être utilisées pour préparer :

entretien ;

conversation difficile ;

situation sociale.

Mais la simulation ne remplace pas entièrement l’expérience réelle.

Retour au monde réel

Comme pour la réalité virtuelle, le critère reste le transfert.

Si une personne réussit parfaitement une conversation filmée mais ne peut jamais l’utiliser dans sa vie, le travail reste incomplet.

Le thérapeute comme réalisateur ?

Le thérapeute peut guider la création.

Mais il doit éviter de prendre possession du projet.

La vidéo ne doit pas devenir son film sur le patient.

L’auteur doit rester identifiable

Lorsque la personne crée, elle doit conserver autant que possible :

choix ;

voix ;

intention.

Le thérapeute accompagne.

Il ne transforme pas la personne en matériau artistique.

Le risque esthétique

Une vidéo très belle peut séduire le thérapeute lui-même.

Il peut commencer à privilégier :

qualité ;

montage ;

mise en scène

au détriment du processus thérapeutique.

Le produit final ne doit pas faire oublier l’objectif.

Le film peut être mauvais et la thérapie excellente

Une vidéo floue, mal cadrée et techniquement médiocre peut avoir eu une valeur considérable pour la personne.

La qualité cinématographique n’est pas le critère.

Et inversement

Un film remarquable peut être réalisé sans produire aucun changement thérapeutique particulier.

Création artistique et résultat psychothérapeutique restent distincts.

Les professionnels

Selon le dispositif, plusieurs compétences peuvent être nécessaires :

psychothérapie ;

audiovisuel ;

animation de groupe ;

travail institutionnel.

Un cinéaste n’est pas automatiquement psychothérapeute.

Un psychothérapeute n’est pas automatiquement vidéaste.

Travail en équipe

Certains projets peuvent associer :

thérapeute ;

réalisateur ;

éducateur ;

art-thérapeute ;

autres professionnels.

Les rôles doivent être clairement définis.

Qui voit quoi ?

Plus il y a d’intervenants, plus la question de la confidentialité devient importante.

Une équipe audiovisuelle n’a pas automatiquement besoin de connaître l’ensemble de l’histoire clinique de la personne.

Les preuves scientifiques

L’utilisation thérapeutique de la vidéo et du cinéma recouvre des interventions extrêmement différentes.

Il est donc difficile de parler d’une efficacité globale de la « cinémathérapie ».

Certaines techniques spécifiques, notamment le vidéo-feedback ou certaines interventions audiovisuelles structurées, disposent de recherches dans des contextes précis.

D’autres pratiques reposent davantage sur :

expérience clinique ;

médiation créative ;

approches qualitatives.

Ne pas confondre popularité et validation

Des listes circulent facilement :

« 10 films qui guérissent l’anxiété. »

« 7 films à voir pour réparer son enfant intérieur. »

Ces titres peuvent attirer l’attention.

Ils ne constituent pas une validation scientifique.

Une œuvre peut néanmoins devenir importante

Un film peut changer quelque chose dans une vie.

Il peut donner :

un mot ;

une image ;

une possibilité ;

une représentation

que la personne n’avait jamais trouvée ailleurs.

La prudence scientifique n’oblige pas à nier cette expérience.

Ce que le thérapeute peut demander

Après un film ou une séquence :

« Qu’est-ce qui vous a marqué ? »

« Quel personnage vous a le plus touché ? »

« Y a-t-il une scène que vous avez eu envie d’éviter ? »

« Qu’auriez-vous fait à sa place ? »

« Qu’est-ce que cette histoire vous fait penser de votre propre situation ? »

Ces questions ouvrent.

Elles ne dictent pas la réponse.

Ce qu’il vaut mieux éviter

« Vous aimez ce personnage parce qu’il représente votre père. »

« Cette scène prouve que vous avez peur de l’abandon. »

« Si cette fin vous dérange, c’est que vous refusez votre deuil. »

Le thérapeute ne doit pas transformer son interprétation en verdict.

Le cinéma comme miroir imparfait

Un film peut ressembler à un miroir.

Mais ce miroir est :

écrit ;

joué ;

éclairé ;

cadré ;

monté.

Ce que la personne y reconnaît appartient à la rencontre entre l’œuvre et sa propre histoire.

Le cinéma comme fenêtre

Il peut également devenir une fenêtre vers des expériences différentes des siennes.

Il permet parfois d’imaginer :

une autre vie ;

une autre décision ;

une autre relation ;

un autre avenir.

Et parfois simplement un film

Il faut aussi conserver cette possibilité.

Une personne peut regarder un film en thérapie et ne rien y trouver de particulier.

Tout n’a pas besoin de devenir symbole.

À retenir

La vidéo et le cinéma comme médiations thérapeutiques peuvent intervenir de deux grandes manières :

la personne regarde une œuvre ou une séquence utilisée comme support de réflexion ;

la personne devient elle-même créatrice d’un contenu audiovisuel.

Films, séries, documentaires, vidéos familiales, journal vidéo, courts métrages, scènes jouées ou vidéo-feedback peuvent permettre de travailler :

émotions ;

identification ;

relations ;

image de soi ;

mémoire ;

deuil ;

communication ;

récit de vie ;

possibilités d’action.

La fiction crée une distance qui peut faciliter l’approche de sujets difficiles.

Mais elle ne doit pas devenir une cachette permanente ni être traitée comme un test psychologique.

Un personnage n’est pas un diagnostic.

Un film n’est pas un médicament.

Une vidéo familiale n’est pas la totalité du passé.

Une création audiovisuelle n’est pas automatiquement une preuve historique.

Lorsque la personne est filmée, les questions de :

consentement ;

confidentialité ;

droit à l’image ;

stockage ;

diffusion ;

protection des mineurs

deviennent essentielles.

Les technologies génératives ajoutent désormais une distinction supplémentaire : une image extrêmement réaliste peut représenter quelque chose qui n’a jamais eu lieu. En contexte thérapeutique, archive, souvenir, fiction, reconstitution et génération artificielle doivent donc rester clairement distingués.

Les preuves scientifiques dépendent fortement de la méthode utilisée. Certaines techniques audiovisuelles spécifiques sont étudiées, tandis que la « cinémathérapie » au sens large ne constitue pas une intervention unique dont on pourrait mesurer globalement l’efficacité.

Le cinéma possède néanmoins une propriété particulièrement précieuse pour la psychothérapie : il permet de regarder une histoire tout en restant momentanément à l’extérieur d’elle.

Parfois, nous avons besoin de parler directement de notre vie. Parfois, nous avons d’abord besoin de regarder l’histoire de quelqu’un d’autre pour reconnaître quelque chose de la nôtre. Et parfois, devenir auteur d’une image, d’une scène ou d’un film permet d’entrevoir une possibilité essentielle : si nous ne pouvons pas remonter le film de ce qui a déjà eu lieu, nous pouvons encore participer à l’écriture de ce qui vient ensuite.

FIN DE LA PREMIÈRE CONSTRUCTION — PSYCHOTHÉRAPIE : 65/65 CHAPITRES.

Contenu d’information générale. Les techniques de soin et leurs indications demandent une évaluation adaptée à la situation.