LA SANTÉ AVANT TOUT — FICHES

THÉRAPIE SEXUELLE ET SEXOTHÉRAPIE

LA SANTÉ AVANT TOUT · Psychothérapie

THÉRAPIE SEXUELLE ET SEXOTHÉRAPIE

107 sections thématiques

La sexothérapie est un accompagnement thérapeutique consacré aux difficultés liées à la sexualité, à l’intimité, au désir, à l’excitation, au plaisir, à l’image corporelle et à la relation sexuelle avec soi-même ou avec un partenaire.

Elle peut concerner une personne seule ou un couple.

Les motifs de consultation sont très variés :

baisse ou absence de désir ;

décalage de désir dans le couple ;

difficultés d’excitation ;

difficultés érectiles ;

éjaculation rapide ou retardée ;

difficultés ou absence d’orgasme ;

douleurs pendant les rapports ;

peur de la pénétration ;

anxiété de performance ;

difficultés liées à l’image du corps ;

conséquences d’une maladie ou d’un traitement ;

sexualité après un traumatisme ;

changements liés à la grossesse, au post-partum ou à la ménopause ;

sexualité après une intervention chirurgicale ;

difficultés relationnelles ;

questions autour de l’orientation sexuelle ou de l’identité ;

évolution de la sexualité avec l’âge.

Mais la première chose à comprendre est essentielle :

une difficulté sexuelle n’est pas automatiquement psychologique.

La sexualité se situe à la rencontre de nombreuses dimensions :

biologiques ;

psychologiques ;

relationnelles ;

sociales ;

culturelles.

Une sexothérapie sérieuse ne cherche donc pas à expliquer tout problème sexuel par l’inconscient, le couple ou le stress.

Sexologie et sexothérapie

Les termes sont parfois utilisés comme s’ils étaient synonymes.

Ils ne le sont pas exactement.

La sexologie est un champ beaucoup plus large consacré à l’étude de la sexualité humaine.

Elle peut inclure des dimensions :

médicales ;

psychologiques ;

sociologiques ;

éducatives ;

relationnelles.

La sexothérapie désigne plus spécifiquement le travail thérapeutique autour de difficultés sexuelles.

Qui peut exercer ?

La situation varie selon les pays et selon les titres utilisés.

Les professionnels intervenant dans ce domaine peuvent avoir des formations initiales très différentes :

médecine ;

psychologie ;

psychothérapie ;

sage-femme ;

autres professions de santé ou d’accompagnement,

auxquelles peut s’ajouter une formation en sexologie ou sexothérapie.

Il est donc important de regarder la formation réelle du praticien, et pas uniquement le mot inscrit sur une plaque ou un site Internet.

Une compétence spécifique

Être psychothérapeute ne signifie pas automatiquement être compétent pour traiter toutes les difficultés sexuelles.

Inversement, connaître la sexualité ne suffit pas à pratiquer une psychothérapie.

Certaines situations nécessitent plusieurs compétences.

Le modèle biopsychosocial

La sexualité illustre particulièrement bien l’intérêt d’une approche biopsychosociale.

Une difficulté érectile peut par exemple être influencée par :

circulation sanguine ;

diabète ;

médicaments ;

fatigue ;

alcool ;

anxiété ;

peur de l’échec ;

relation de couple ;

contexte sexuel.

Réduire le problème à une seule cause serait souvent simpliste.

Avant de psychologiser

Certaines difficultés nécessitent une évaluation médicale.

Cela peut être particulièrement important lorsqu’un symptôme :

apparaît brutalement ;

est persistant ;

s’accompagne d’autres signes ;

survient après un changement de traitement ;

est associé à une douleur ;

pourrait avoir une origine hormonale, neurologique ou vasculaire.

La psychothérapie ne doit pas retarder l’exploration d’une cause physique pertinente.

Mais le corps n’explique pas tout non plus

À l’inverse, un bilan médical normal ne signifie pas :

« C’est dans votre tête. »

Une difficulté peut résulter d’interactions complexes entre :

corps ;

émotions ;

anticipations ;

relation ;

contexte.

La sexualité n’est pas une performance

L’une des difficultés les plus fréquentes concerne la transformation de la sexualité en examen.

Il faudrait :

avoir envie ;

être excité ;

maintenir une érection ;

atteindre l’orgasme ;

faire jouir l’autre ;

tenir suffisamment longtemps ;

réussir le rapport.

Plus la personne surveille sa performance, moins elle peut parfois être disponible pour l’expérience elle-même.

Le spectateur intérieur

Dans certaines difficultés sexuelles, la personne cesse presque de participer à ce qu’elle vit.

Elle s’observe :

« Est-ce que mon érection tient ? »

« Est-ce que je vais avoir un orgasme ? »

« Est-ce que je suis assez excitée ? »

« Est-ce qu’il remarque que je suis tendue ? »

Elle devient en quelque sorte spectatrice de sa propre sexualité.

L’anxiété de performance

Une première difficulté peut survenir pour une raison banale :

fatigue ;

stress ;

alcool ;

préoccupation.

La personne pense ensuite :

« Et si cela recommence ? »

Lors du rapport suivant, elle surveille son corps.

L’anxiété augmente.

La difficulté réapparaît.

Elle conclut :

« Je savais que j’avais un problème. »

Un cercle peut alors se construire.

L’érection

L’érection n’est pas un interrupteur contrôlable par volonté.

Dire :

« Il faut que ça marche »

n’aide généralement pas.

La peur de perdre l’érection peut elle-même perturber l’expérience sexuelle.

Difficulté érectile et santé générale

Une difficulté érectile persistante peut parfois être associée à des facteurs médicaux importants.

Elle mérite donc, selon le contexte, une évaluation adaptée.

Une sexothérapie peut ensuite travailler les dimensions psychologiques et relationnelles lorsqu’elles sont présentes.

L’éjaculation rapide

L’éjaculation rapide peut devenir source de :

honte ;

frustration ;

évitement ;

sentiment d’échec.

La définition d’un problème ne repose cependant pas simplement sur un chronomètre.

Il faut considérer :

contrôle perçu ;

souffrance ;

contexte ;

relation ;

fréquence de la difficulté.

L’éjaculation retardée

À l’inverse, certaines personnes ont de grandes difficultés à éjaculer ou n’y parviennent pas dans certaines situations.

Les facteurs possibles sont multiples :

médicaments ;

habitudes de stimulation ;

anxiété ;

facteurs relationnels ;

causes médicales.

L’évaluation doit éviter les conclusions rapides.

L’orgasme

Certaines personnes n’ont jamais connu d’orgasme.

D’autres en connaissent seules mais pas avec un partenaire.

D’autres constatent un changement au cours de leur vie.

La sexothérapie peut explorer :

connaissance du corps ;

stimulation ;

attentes ;

anxiété ;

contexte ;

relation ;

médicaments ;

histoire sexuelle.

L’orgasme n’est pas l’unique mesure d’un rapport réussi

Une sexualité entièrement organisée autour de l’objectif orgasmique peut créer une nouvelle pression.

Une rencontre sexuelle peut être satisfaisante sans suivre un scénario obligatoire.

Le désir

Le désir est l’un des domaines où les idées reçues sont particulièrement nombreuses.

Beaucoup imaginent qu’un désir « normal » devrait apparaître spontanément :

« J’ai envie, donc je cherche une relation sexuelle. »

Mais le désir peut également être réactif ou contextuel.

Chez certaines personnes, l’intérêt sexuel apparaît après :

proximité ;

contact ;

tendresse ;

stimulation ;

sentiment de sécurité.

Ne pas avoir envie spontanément ne signifie pas nécessairement ne plus avoir de sexualité

La question est plus complexe :

dans quelles conditions le désir apparaît-il ?

qu’est-ce qui le favorise ?

qu’est-ce qui le freine ?

Les freins et les accélérateurs

Une manière utile de penser le désir consiste à considérer que différents éléments peuvent favoriser ou freiner l’excitation.

Parmi les freins possibles :

fatigue ;

stress ;

conflit ;

douleur ;

peur ;

manque d’intimité ;

sentiment d’obligation ;

image corporelle difficile ;

absence de sécurité.

Parmi les facteurs facilitants :

disponibilité ;

intimité ;

confiance ;

temps ;

stimulation adaptée ;

fantaisie ;

sentiment d’être désiré.

La combinaison varie d’une personne à l’autre.

Le décalage de désir dans le couple

Deux partenaires n’ont pas nécessairement le même niveau de désir.

Et ce niveau peut changer avec :

âge ;

travail ;

maladie ;

grossesse ;

enfants ;

fatigue ;

histoire du couple.

Le problème n’est pas toujours que l’un possède « trop » de désir et l’autre « pas assez ».

Le problème peut devenir la manière dont le couple gère cette différence.

Le cercle demande-refus

Un partenaire cherche davantage de rapports.

L’autre ressent une pression.

Plus il se sent pressé, moins il a envie.

Le premier se sent rejeté et augmente les demandes.

Le second se retire davantage.

La difficulté sexuelle devient un cycle relationnel.

Le consentement reste entier dans le couple

Être :

marié ;

en couple ;

amoureux

ne crée jamais une obligation sexuelle permanente.

Un partenaire peut refuser une activité sexuelle.

Le consentement doit pouvoir être :

libre ;

présent ;

modifiable.

Consentir pour éviter une dispute

Une personne peut accepter régulièrement des rapports uniquement pour :

éviter un conflit ;

ne pas être quittée ;

calmer l’autre ;

remplir un « devoir ».

Une sexothérapie doit pouvoir examiner cette situation sans simplement chercher à augmenter la fréquence des rapports.

Le désir ne se commande pas

Dire :

« Faites l’amour trois fois par semaine »

peut parfois transformer encore davantage la sexualité en obligation.

Un travail thérapeutique cherche plutôt à comprendre les conditions dans lesquelles une intimité choisie peut redevenir possible.

Masters et Johnson

William Masters et Virginia Johnson ont joué un rôle majeur dans l’histoire moderne de la sexothérapie.

Leurs travaux ont notamment contribué à développer des interventions comportementales centrées sur l’expérience sexuelle et la réduction de la pression de performance.

Le sensate focus

L’une des techniques les plus connues issues de cette tradition est le sensate focus.

Il s’agit d’exercices progressifs de contact corporel entre partenaires.

L’objectif initial n’est pas de réussir un rapport sexuel.

Il est de revenir à :

sensations ;

contact ;

curiosité ;

communication,

en réduisant la pression liée à la performance.

Retirer temporairement certains objectifs

Dans certaines phases, le couple peut recevoir pour consigne de ne pas chercher :

pénétration ;

orgasme ;

performance.

Cela peut sembler paradoxal.

Mais supprimer momentanément l’objectif permet parfois de retrouver l’expérience.

Le toucher sans examen

Au lieu de penser :

« Est-ce que cela va mener au rapport ? »

les partenaires peuvent apprendre à observer :

« Qu’est-ce qui est agréable ? »

« Qu’est-ce qui ne l’est pas ? »

« Qu’est-ce que je veux aujourd’hui ? »

Une technique à adapter

Le sensate focus n’est pas approprié de la même manière dans toutes les situations.

En présence de :

traumatisme ;

violence ;

coercition ;

douleur importante,

le travail doit être particulièrement adapté.

Aucun exercice de toucher ne doit être imposé.

Helen Singer Kaplan

Helen Singer Kaplan a également marqué l’histoire de la sexothérapie en intégrant notamment des dimensions :

comportementales ;

psychodynamiques ;

médicales.

Elle a contribué à développer une conception plus intégrative des difficultés sexuelles.

Les modèles de réponse sexuelle

Différents modèles ont tenté de décrire la réponse sexuelle humaine.

Excitation.

Plateau.

Orgasme.

Résolution.

Puis d’autres modèles ont davantage intégré :

désir ;

intimité ;

contexte ;

motivation.

Aucun schéma ne doit devenir une obligation individuelle.

La sexualité n’est pas linéaire

Une personne peut :

désirer puis être excitée ;

commencer sans désir marqué puis ressentir progressivement de l’excitation ;

être excitée sans vouloir poursuivre ;

désirer sans atteindre l’orgasme.

Les expériences humaines sont plus variables qu’un diagramme.

Excitation et consentement ne sont pas la même chose

Une réaction corporelle d’excitation peut apparaître sans que la personne souhaite l’activité sexuelle.

Inversement, une personne peut souhaiter une relation sexuelle sans que son corps réagisse immédiatement comme elle l’espérait.

Cette distinction est fondamentale.

Une réaction génitale n’est pas un consentement

Une lubrification ou une érection ne signifie jamais automatiquement :

« La personne veut ce qui se passe. »

Le consentement appartient à la personne, pas à l’interprétation de sa physiologie.

Les douleurs sexuelles

La douleur pendant une activité sexuelle mérite d’être prise au sérieux.

Elle ne doit jamais être réduite à :

« Détendez-vous. »

Différentes causes physiques peuvent exister.

Une évaluation médicale peut être nécessaire.

Douleur et anticipation

Lorsqu’une activité a déjà été douloureuse, la personne peut naturellement anticiper :

« Cela va encore faire mal. »

Cette anticipation peut entraîner :

tension ;

peur ;

évitement.

Une boucle peut alors se construire entre douleur et anxiété.

Mais cela ne signifie pas que la douleur initiale était psychologique.

Vaginisme et troubles de la pénétration

Certaines personnes éprouvent une difficulté importante ou une impossibilité de pénétration.

Le travail peut nécessiter une approche associant selon les situations :

évaluation gynécologique ;

kinésithérapie ou rééducation pelvi-périnéale ;

information ;

travail psychothérapeutique ;

progression adaptée.

Forcer la pénétration n’est jamais une solution.

La douleur n’est pas une étape obligatoire

L’idée :

« Il faut insister et le corps finira par s’habituer »

peut aggraver :

peur ;

douleur ;

sentiment de perte de contrôle.

La progression doit rester consentie.

Sexualité et traumatisme

Une agression sexuelle peut affecter la sexualité de manières très différentes.

Certaines personnes évitent toute intimité.

D’autres poursuivent une sexualité mais rencontrent certains déclencheurs.

D’autres ne présentent pas de difficulté sexuelle particulière.

Il n’existe pas une réaction universelle au traumatisme.

Le thérapeute ne doit pas imposer une lecture traumatique

Une difficulté sexuelle chez une personne ayant vécu une agression n’est pas automatiquement causée par cette agression.

Le lien doit être exploré, pas présumé.

Le corps peut réagir sans consentement

Lors d’une agression, certaines réactions physiologiques sexuelles peuvent se produire involontairement.

Elles ne signifient jamais :

plaisir consenti ;

accord ;

responsabilité.

Cette information peut être particulièrement importante pour certaines victimes qui ressentent honte ou culpabilité.

Retrouver le choix

Dans le travail post-traumatique, la sexualité peut progressivement redevenir un espace où la personne choisit :

si ;

quand ;

comment ;

avec qui ;

jusqu’où.

La reconstruction ne consiste pas à revenir obligatoirement à une fréquence sexuelle particulière.

Sexualité après une maladie

Cancer.

Maladie cardiovasculaire.

Diabète.

Maladie neurologique.

Douleur chronique.

De nombreuses maladies peuvent modifier :

désir ;

énergie ;

sensations ;

fonctionnement sexuel ;

image corporelle.

La sexualité peut nécessiter une adaptation.

Cancer et image corporelle

Une chirurgie ou certains traitements peuvent modifier :

sein ;

organes génitaux ;

poids ;

cheveux ;

peau ;

cicatrices.

La personne peut avoir besoin de reconstruire son rapport à :

corps ;

désirabilité ;

intimité.

La sexualité ne se réduit pas aux organes génitaux

Lorsqu’une pratique devient difficile ou impossible, l’intimité peut parfois être réinventée autour d’autres formes de :

contact ;

plaisir ;

tendresse ;

proximité.

La sexothérapie peut élargir le répertoire plutôt que chercher uniquement à restaurer un scénario antérieur.

Médicaments et sexualité

Certains médicaments peuvent influencer :

désir ;

érection ;

lubrification ;

orgasme ;

éjaculation.

Lorsqu’un changement apparaît après l’introduction d’un traitement, cette possibilité mérite d’être examinée avec le professionnel prescripteur.

Il ne faut pas arrêter soi-même un traitement pour cette raison.

Antidépresseurs

Certains antidépresseurs peuvent notamment avoir des effets sexuels chez certaines personnes.

Ces effets peuvent devenir une cause importante :

d’insatisfaction ;

de mauvaise observance ;

d’arrêt non accompagné.

Pouvoir en parler ouvertement est donc essentiel.

Grossesse

La grossesse peut modifier la sexualité de façons très différentes.

Le désir peut :

augmenter ;

diminuer ;

varier.

Le corps change.

Des peurs peuvent apparaître.

Le couple peut également modifier son regard sur la sexualité.

Post-partum

Après une naissance, plusieurs facteurs peuvent influencer la sexualité :

fatigue ;

douleur ;

cicatrisation ;

allaitement ;

changements hormonaux ;

charge mentale ;

nouvelle organisation familiale ;

image corporelle.

Réduire la question à :

« Quand reprendre les rapports ? »

serait très insuffisant.

La reprise n’est pas une course

Une autorisation médicale éventuelle ne crée pas une obligation psychologique ou relationnelle.

Être physiquement capable d’avoir un rapport ne signifie pas nécessairement en avoir envie.

Ménopause

La ménopause peut s’accompagner chez certaines femmes de changements concernant :

lubrification ;

confort ;

désir ;

sommeil ;

image corporelle.

Mais elle ne signifie pas la fin de la sexualité.

Les expériences sont très variables.

Sexualité masculine et vieillissement

Chez l’homme aussi, la réponse sexuelle peut évoluer avec l’âge.

L’érection peut devenir :

plus lente ;

moins automatique ;

davantage dépendante de la stimulation.

Transformer toute évolution en échec peut créer une anxiété inutile.

Vieillir ne signifie pas devenir asexué

Les personnes âgées peuvent continuer à avoir :

désir ;

relations ;

plaisir ;

questions sexuelles.

L’invisibilisation de leur sexualité peut empêcher l’accès à une information ou à un accompagnement adapté.

Handicap

Les personnes en situation de handicap ont également une vie :

affective ;

intime ;

sexuelle.

Les obstacles peuvent être :

physiques ;

sociaux ;

relationnels ;

liés au manque d’information ou d’intimité.

La sexothérapie doit éviter toute infantilisation.

Image corporelle

Une personne peut éviter la sexualité parce qu’elle pense :

« Mon corps est trop laid. »

Elle peut surveiller :

ventre ;

cicatrice ;

poids ;

poitrine ;

âge.

L’attention quitte alors les sensations pour se concentrer sur l’apparence.

Se voir depuis l’extérieur

Comme dans l’anxiété de performance, la personne devient spectatrice :

« À quoi je ressemble dans cette position ? »

Ce contrôle peut diminuer la disponibilité au plaisir.

Les normes pornographiques

La pornographie peut influencer certaines représentations :

corps ;

durée ;

performance ;

pratiques ;

réactions attendues.

Mais ses effets ne sont ni identiques ni automatiquement négatifs pour tout le monde.

La question thérapeutique porte sur l’usage réel et ses conséquences.

Pornographie et éducation sexuelle

Un contenu conçu pour exciter n’est pas nécessairement conçu pour enseigner.

Il peut donner une vision irréaliste de :

corps ;

consentement ;

plaisir ;

durée ;

réactions sexuelles.

Une éducation sexuelle fiable reste distincte.

Usage problématique de pornographie

Certaines personnes estiment que leur consommation devient :

envahissante ;

difficile à contrôler ;

incompatible avec leurs valeurs ;

source de difficultés relationnelles ou sexuelles.

Le thérapeute doit examiner le fonctionnement concret plutôt que moraliser automatiquement l’usage.

Masturbation

La masturbation peut faire partie d’une sexualité normale.

Elle peut également devenir, dans certaines situations, liée à des habitudes de stimulation très spécifiques qui ne se reproduisent pas facilement avec un partenaire.

Le travail peut alors porter sur la diversification des expériences.

Ne pas pathologiser automatiquement

Une fréquence élevée ne suffit pas à définir un trouble.

La question concerne notamment :

contrôle ;

souffrance ;

conséquences ;

place prise dans la vie.

Fantasmes

Les fantasmes sont des productions mentales.

Avoir un fantasme ne signifie pas nécessairement vouloir le réaliser.

Cette distinction est essentielle.

Pensée, désir et action

Imaginer quelque chose n’est pas :

le faire ;

le vouloir réellement ;

le planifier.

Le contenu mental et le comportement ne doivent pas être confondus.

Quand un contenu devient préoccupant

Certaines situations nécessitent cependant une évaluation spécialisée, notamment lorsqu’existent :

risque de passage à l’acte ;

absence de consentement ;

danger pour autrui ;

souffrance majeure.

La confidentialité possède alors les limites prévues par le cadre professionnel et légal applicable.

Orientation sexuelle

La sexothérapie ne doit jamais chercher à transformer une orientation sexuelle pour la rendre conforme à une norme.

Les pratiques dites de conversion visant à changer l’orientation sexuelle ne constituent pas un objectif thérapeutique légitime.

Une personne peut cependant avoir besoin d’aide

Elle peut être confrontée à :

rejet familial ;

discrimination ;

conflit religieux ;

peur ;

honte ;

difficulté d’acceptation.

La thérapie peut travailler cette souffrance sans considérer l’orientation comme une maladie.

Identité de genre

De même, les questions relatives à l’identité de genre doivent être abordées sans supposer automatiquement :

pathologie ;

mode ;

cause unique.

Le rôle thérapeutique peut être d’aider la personne à explorer son expérience et ses besoins sans imposer une conclusion prédéterminée.

Diversité des relations

Tous les couples n’organisent pas leur vie intime de la même manière.

Monogamie.

Non-monogamies consensuelles.

Relations à distance.

Différents modèles existent.

Le thérapeute ne doit pas imposer son propre modèle moral tant que les relations reposent sur :

consentement ;

information ;

respect.

Non-monogamie et infidélité

Elles ne sont pas synonymes.

Dans une non-monogamie consensuelle, les règles sont connues et acceptées par les partenaires.

L’infidélité implique la violation d’un accord relationnel.

La distinction est importante.

Communication sexuelle

Beaucoup de personnes ont davantage de facilité à avoir une relation sexuelle qu’à parler de sexualité.

Dire :

« J’aime cela. »

« Je n’aime pas cela. »

« Plus lentement. »

« Pas aujourd’hui. »

peut être extrêmement difficile.

Le partenaire ne lit pas dans les pensées

Une personne peut attendre :

« S’il m’aimait vraiment, il saurait ce que j’aime. »

Mais les préférences sexuelles ne sont pas automatiquement devinables.

La communication peut faire partie du travail thérapeutique.

Dire non

Une bonne communication sexuelle ne consiste pas uniquement à demander ce que l’on veut.

Elle comprend également la capacité à :

refuser ;

ralentir ;

interrompre ;

changer d’avis.

Dire oui

Certaines personnes savent très bien refuser mais ont davantage de difficulté à reconnaître ou exprimer leurs propres désirs.

La thérapie peut également travailler la permission :

de vouloir ;

de demander ;

d’explorer.

La honte

La sexualité est fréquemment entourée de honte.

Honte du :

corps ;

désir ;

manque de désir ;

fantasme ;

orientation ;

dysfonctionnement.

Cette honte peut empêcher de demander de l’aide pendant des années.

Normaliser sans banaliser

Le thérapeute peut expliquer qu’une difficulté est fréquente.

Cela peut réduire la honte.

Mais :

« C’est fréquent »

ne signifie pas :

« Ce n’est pas important. »

Une difficulté courante peut provoquer une souffrance considérable.

Éducation sexuelle

Une partie de la sexothérapie peut être simplement informative.

Certaines personnes n’ont jamais reçu d’éducation sexuelle fiable.

Elles possèdent des croyances comme :

« Un homme doit toujours avoir envie. »

« Une femme devrait avoir un orgasme par pénétration. »

« Un rapport normal doit durer tant de minutes. »

« Si on s’aime, le désir reste spontané toute la vie. »

Ces croyances peuvent créer elles-mêmes des difficultés.

Il n’existe pas une fréquence sexuelle normale universelle

Deux personnes peuvent être heureuses avec :

une fréquence élevée ;

une fréquence faible ;

une longue période sans activité sexuelle.

Le critère n’est pas un chiffre statistique imposé au couple.

La question est :

comment les personnes concernées vivent-elles leur sexualité ?
Asexualité

Une absence ou faible présence d’attirance sexuelle peut également s’inscrire dans l’asexualité.

Elle ne doit pas être automatiquement transformée en dysfonction sexuelle.

La distinction repose notamment sur l’expérience de la personne et la présence ou non d’une souffrance qu’elle souhaite modifier.

Le thérapeute ne doit pas créer un problème

Une personne satisfaite de sa faible activité sexuelle n’a pas nécessairement besoin d’être « réparée » parce qu’elle se situe loin d’une moyenne statistique.

Sexualité et couple

Une difficulté sexuelle peut être :

cause ;

conséquence ;

ou simple coexistence

d’une difficulté relationnelle.

Le thérapeute doit éviter les raccourcis.

Un couple heureux peut avoir une difficulté sexuelle

Et un couple en conflit peut conserver une sexualité satisfaisante.

Les dimensions sont liées sans être identiques.

Infidélité

Après une infidélité, la sexualité peut devenir :

plus intense ;

impossible ;

chargée de questions ;

marquée par la comparaison.

Le travail thérapeutique doit alors articuler :

confiance ;

sécurité ;

désir ;

responsabilité ;

intimité.

La sexualité ne répare pas automatiquement le couple

Une reprise des rapports ne signifie pas que :

la confiance est restaurée ;

la blessure est réparée ;

le conflit est résolu.

Elle constitue seulement une dimension de la relation.

Sexothérapie individuelle

Il n’est pas nécessaire d’être en couple pour consulter.

Une personne seule peut travailler :

anxiété ;

honte ;

rapport au corps ;

désir ;

difficultés sexuelles ;

histoire relationnelle ;

anticipation d’une future relation.

Quand un partenaire refuse de venir

Un travail reste parfois possible avec une seule personne.

Modifier :

attentes ;

communication ;

anxiété ;

comportements

peut influencer la situation.

Mais le thérapeute ne peut pas faire la thérapie du partenaire absent.

Les exercices à domicile

La sexothérapie peut proposer différents exercices entre les séances :

observation ;

communication ;

sensate focus ;

exploration personnelle ;

modification de certaines habitudes.

Ils doivent être :

expliqués ;

consentis ;

adaptés.

Le thérapeute n’assiste pas aux exercices sexuels

Une psychothérapie ou sexothérapie professionnelle se déroule dans un cadre clair.

Le thérapeute ne participe pas sexuellement aux exercices.

Il ne demande pas de démonstration sexuelle dans le cabinet.

Toute confusion sur cette frontière constitue un signal d’alerte majeur.

Nudité

Dans une sexothérapie psychologique classique, la personne n’a pas à se déshabiller pour « montrer le problème ».

Le cadre professionnel doit rester explicite.

Abus thérapeutique

Le vocabulaire de :

libération sexuelle ;

blocage ;

énergie ;

désinhibition

ne peut jamais justifier un comportement sexuel du thérapeute envers la personne accompagnée.

La relation thérapeutique comporte une asymétrie de pouvoir.

Confidentialité

La sexualité concerne des informations particulièrement intimes.

Le cadre de confidentialité doit donc être clairement expliqué.

Dans une thérapie de couple, la question des informations confiées individuellement doit également être définie.

Téléconsultation

La sexothérapie peut être réalisée à distance dans certaines situations.

Mais la personne doit disposer d’un espace suffisamment :

privé ;

sécurisé ;

confidentiel.

Parler de sexualité pendant que la famille se trouve dans la pièce voisine peut limiter considérablement le travail.

Applications et programmes numériques

Des outils numériques peuvent proposer :

information ;

exercices ;

suivi ;

programmes comportementaux.

Ils peuvent être utiles pour certaines personnes.

Mais une application ne peut pas automatiquement distinguer une difficulté psychologique d’un problème nécessitant une évaluation médicale ou d’une situation de violence.

Les produits commerciaux

Le domaine de la sexualité est particulièrement exposé aux promesses commerciales.

Compléments.

Appareils.

Programmes.

Méthodes miracles.

La souffrance sexuelle peut rendre une personne vulnérable à des affirmations exagérées.

« Augmentez votre libido en sept jours »

Une promesse simple peut être séduisante.

Mais le désir humain dépend de tellement de facteurs qu’une garantie universelle devrait immédiatement susciter de la prudence.

Les preuves scientifiques

Certaines interventions sexothérapeutiques, notamment comportementales et cognitivo-comportementales, disposent d’un corpus de recherche important pour différentes difficultés.

D’autres approches sont moins étudiées.

L’efficacité dépend notamment :

du problème ;

de sa cause ;

de la méthode ;

du contexte relationnel ;

de l’existence éventuelle de facteurs médicaux.

Une approche intégrative

La sexothérapie contemporaine peut associer selon les besoins :

information ;

travail cognitif ;

techniques comportementales ;

travail relationnel ;

communication ;

pleine conscience ;

exploration émotionnelle ;

travail autour du corps et de l’image corporelle.

Elle peut également nécessiter une collaboration avec :

médecin ;

gynécologue ;

urologue ;

sage-femme ;

kinésithérapeute spécialisé ;

autres professionnels.

La thérapie de couple et la sexothérapie

Elles peuvent se chevaucher mais ne sont pas identiques.

Une thérapie de couple peut comporter un travail sexuel.

Une sexothérapie peut comporter un travail relationnel.

Le point de départ détermine généralement l’orientation principale.

Sexothérapie et psychothérapie

Une difficulté sexuelle peut parfois être le point d’entrée vers un travail plus large.

Une personne consulte pour une difficulté d’érection et découvre progressivement :

anxiété généralisée ;

perfectionnisme ;

peur de décevoir.

Une autre consulte pour une absence de désir et découvre surtout :

épuisement ;

ressentiment ;

absence de temps personnel.

La thérapie suit ce qui apparaît réellement.

Ne pas chercher une cause profonde à tout prix

À l’inverse, il n’est pas nécessaire de découvrir un traumatisme caché ou un conflit infantile pour expliquer chaque difficulté sexuelle.

Parfois, le problème est beaucoup plus direct :

effet médicamenteux ;

fatigue ;

douleur ;

manque d’information ;

anxiété de performance.

La profondeur d’une explication ne se mesure pas à son caractère mystérieux.

Une sexualité satisfaisante n’a pas un modèle unique

Elle peut être :

tendre ;

passionnée ;

fréquente ;

rare ;

planifiée ;

spontanée ;

avec ou sans pénétration ;

avec ou sans orgasme.

Ce qui compte est qu’elle puisse être vécue dans un cadre de :

consentement ;

respect ;

sécurité ;

satisfaction suffisamment partagée.

Planifier n’enlève pas nécessairement la spontanéité

Dans une vie chargée, attendre que deux partenaires :

aient spontanément envie ;

au même moment ;

sans fatigue ;

sans enfant réveillé ;

sans obligation

peut conduire à attendre longtemps.

Prévoir un temps d’intimité ne signifie pas prévoir l’obligation d’avoir un rapport.

Cela signifie réserver un espace où quelque chose peut éventuellement se passer.

Intimité sans sexualité

Un couple peut également avoir besoin de retrouver :

tendresse ;

contact ;

conversation ;

proximité

sans que chaque geste soit interprété comme le début obligatoire d’un rapport.

Cela peut diminuer la pression.

Sexualité sans scénario obligatoire

Le modèle :

préliminaires ;

pénétration ;

orgasme ;

fin

n’est qu’un scénario parmi d’autres.

La sexothérapie peut parfois aider à élargir la définition même de la sexualité.

Le plaisir plutôt que la réussite

La question peut progressivement passer de :

« Est-ce que j’ai réussi ? »

à :

« Qu’est-ce que j’ai réellement vécu ? »

Cette transformation peut être importante.

Quand consulter ?

Une consultation peut être utile lorsqu’une difficulté sexuelle :

fait souffrir ;

persiste ;

provoque un évitement ;

crée des conflits ;

altère l’image de soi ;

empêche une sexualité souhaitée.

Il n’est pas nécessaire d’attendre plusieurs années.

Quand une évaluation médicale est particulièrement importante

Elle peut être indiquée notamment en présence de :

douleur ;

changement brutal ;

symptôme persistant ;

saignement ;

modification importante du fonctionnement sexuel ;

suspicion d’effet médicamenteux ;

autres symptômes physiques associés.

La sexothérapie et l’évaluation médicale peuvent être complémentaires.

Le but de la sexothérapie

Le but n’est pas de transformer chaque personne en individu :

très sexuel ;

toujours désirant ;

performant.

Il est d’aider la personne ou le couple à construire une sexualité plus :

libre ;

comprise ;

choisie ;

satisfaisante,

selon leurs propres besoins.

À retenir

La thérapie sexuelle ou sexothérapie accompagne les difficultés liées à la sexualité, au désir, à l’excitation, au plaisir, à la douleur, à l’intimité et aux relations sexuelles.

Elle repose idéalement sur une vision biopsychosociale : une difficulté sexuelle peut avoir des dimensions physiques, psychologiques, relationnelles et sociales qui interagissent.

Une sexothérapie sérieuse ne psychologise donc pas automatiquement un symptôme. Certaines difficultés nécessitent une évaluation médicale, notamment lorsqu’elles sont douloureuses, persistantes, brutales ou potentiellement associées à une maladie ou à un traitement.

Le travail thérapeutique peut porter sur :

anxiété de performance ;

désir ;

communication ;

image corporelle ;

connaissance du fonctionnement sexuel ;

traumatisme ;

relation de couple ;

croyances ;

habitudes ;

adaptation à une maladie ou à une étape de vie.

Les approches comportementales développées notamment à partir des travaux de Masters et Johnson, dont le sensate focus, ont profondément marqué la sexothérapie moderne. D’autres approches cognitives, relationnelles, émotionnelles ou intégratives peuvent également être utilisées.

La sexualité humaine ne possède cependant pas une norme unique.

Il n’existe pas une fréquence obligatoire, un scénario obligatoire, un orgasme obligatoire ni une quantité de désir permettant à elle seule de déterminer qu’une sexualité est « normale ».

Le consentement reste central. Une relation de couple ne crée jamais de droit sur le corps de l’autre, et une réaction physiologique sexuelle ne constitue jamais une preuve de consentement.

Enfin, la sexothérapie ne devrait pas transformer la sexualité en nouvelle discipline à réussir.

Son objectif n’est pas d’apprendre à la personne à mieux performer, mais de l’aider à sortir autant que possible de la surveillance, de la peur, de la honte et des obligations afin que la sexualité puisse redevenir ce qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être : une expérience choisie, partagée lorsqu’elle implique un autre, respectueuse des limites de chacun et suffisamment libre pour ne pas avoir à ressembler à celle des autres.

Haut du formulaire

Bas du formulaire

Contenu d’information générale. Les techniques de soin et leurs indications demandent une évaluation adaptée à la situation.