LA SANTÉ AVANT TOUT — FICHES

PSYCHOTHÉRAPIE PSYCHODYNAMIQUE

LA SANTÉ AVANT TOUT · Psychothérapie

PSYCHOTHÉRAPIE PSYCHODYNAMIQUE

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La psychothérapie psychodynamique appartient à la grande famille des thérapies issues de la tradition psychanalytique, mais elle ne se confond pas avec la psychanalyse classique.

Elle s’intéresse notamment à la manière dont notre histoire, nos relations, nos émotions, nos conflits internes et certains processus qui échappent partiellement à notre conscience influencent notre manière actuelle de vivre.

Elle pose souvent une question particulière :

« Pourquoi est-ce que je continue à vivre, ressentir ou reproduire quelque chose que je sais pourtant ne pas me faire du bien ? »

Une personne peut parfaitement comprendre intellectuellement qu’une relation est destructrice et y retourner.

Elle peut savoir qu’elle possède des compétences et se sentir pourtant constamment illégitime.

Elle peut désirer profondément être aimée et repousser ceux qui s’approchent d’elle.

Elle peut changer de partenaire, d’emploi ou de ville et retrouver quelques années plus tard une situation étonnamment similaire.

La psychothérapie psychodynamique cherche à comprendre ces répétitions, non pour enfermer la personne dans son passé, mais pour lui permettre de disposer de davantage de liberté dans le présent.

De la psychanalyse à la psychothérapie psychodynamique

La psychanalyse classique, étudiée précédemment, s’est développée à partir des travaux de Sigmund Freud puis de nombreux auteurs qui ont profondément transformé ses concepts.

La psychothérapie psychodynamique partage une partie de cet héritage :

importance des processus inconscients ;

conflits psychiques ;

mécanismes de défense ;

relations précoces et ultérieures ;

transfert ;

répétitions relationnelles ;

signification personnelle des symptômes.

Mais son cadre est généralement plus souple que celui de la psychanalyse classique.

Un cadre différent

Une psychothérapie psychodynamique se déroule fréquemment :

en face à face ;

à raison d’une ou plusieurs séances par semaine ;

pendant une durée variable.

Elle peut être :

brève et focalisée ;

ou plus longue et exploratoire.

Le divan n’est pas nécessaire.

La fréquence élevée traditionnellement associée à la psychanalyse n’est pas non plus une condition permettant de qualifier un travail de psychodynamique.

Une famille plutôt qu’une méthode unique

Il n’existe pas une seule psychothérapie psychodynamique.

Différents modèles se sont développés à partir :

de la psychanalyse freudienne ;

de la psychologie du Moi ;

des théories des relations d’objet ;

des approches relationnelles ;

des approches intersubjectives ;

de la théorie de l’attachement ;

de modèles psychodynamiques contemporains.

Le terme recouvre donc plusieurs pratiques partageant certaines idées générales sans utiliser exactement les mêmes concepts.

L’inconscient

L’une des idées centrales est qu’une partie de notre fonctionnement psychologique n’est pas immédiatement accessible à la conscience.

Nous pouvons être influencés par :

habitudes ;

attentes ;

associations ;

émotions ;

souvenirs ;

schémas relationnels

sans comprendre immédiatement ce qui organise nos réactions.

L’inconscient n’est pas une pièce secrète

Il ne faut pas imaginer l’inconscient comme un coffre contenant une vérité complète que le thérapeute saurait ouvrir.

Il désigne plutôt différents processus mentaux qui ne sont pas directement conscients.

Le thérapeute ne possède donc pas un accès privilégié à une vérité cachée sur la personne.

« Je ne sais pas pourquoi je fais ça »

Cette phrase constitue souvent un point de départ intéressant.

Une personne remarque une contradiction entre :

ce qu’elle souhaite ;

et ce qu’elle fait.

Le travail thérapeutique peut progressivement rendre certaines motivations, peurs ou attentes plus compréhensibles.

Le conflit psychique

Une personne peut vouloir simultanément deux choses incompatibles.

Elle souhaite être proche de quelqu’un.

Mais elle redoute de dépendre.

Elle veut réussir.

Mais elle craint les attentes supplémentaires qui accompagneraient cette réussite.

Elle veut quitter une situation.

Mais elle redoute ce qu’elle perdrait en partant.

Le conflit ne se situe donc pas nécessairement entre une bonne et une mauvaise décision.

Il peut exister à l’intérieur même du désir.

L’ambivalence

La psychothérapie psychodynamique prend au sérieux l’ambivalence.

Aimer et être en colère.

Vouloir partir et vouloir rester.

Désirer l’autonomie et rechercher la protection.

Ces états peuvent coexister.

La thérapie n’a pas nécessairement pour mission de faire disparaître immédiatement cette contradiction.

Elle peut d’abord aider à la reconnaître.

Le symptôme peut avoir plusieurs fonctions

Un symptôme provoque généralement une souffrance.

Mais il peut aussi s’inscrire dans un équilibre psychologique complexe.

Un comportement d’évitement réduit temporairement une peur.

Une attitude extrêmement indépendante protège peut-être d’une peur de dépendance.

Un perfectionnisme épuisant peut protéger contre la honte ou la peur de l’échec.

Comprendre cette fonction ne signifie pas considérer le symptôme comme souhaitable.

« Pourquoi ne change-t-elle pas simplement ? »

Parce qu’abandonner un fonctionnement peut également signifier perdre ce qu’il permettait d’éviter ou de contrôler.

Le changement devient alors plus complexe qu’une simple décision rationnelle.

Les mécanismes de défense

Les approches psychodynamiques accordent une grande importance aux mécanismes de défense.

Ils désignent des processus permettant de gérer certaines émotions, pensées ou conflits difficiles.

Parmi les concepts historiquement décrits figurent notamment :

déni ;

projection ;

rationalisation ;

déplacement ;

intellectualisation ;

formation réactionnelle ;

refoulement ;

clivage ;

sublimation.

Les défenses ne sont pas nécessairement pathologiques

Nous utilisons tous des manières de nous protéger psychologiquement.

Une défense devient surtout problématique lorsqu’elle est :

très rigide ;

systématique ;

inadaptée au contexte ;

ou lorsqu’elle produit davantage de difficultés qu’elle n’en évite.

L’intellectualisation

Une personne peut parler d’un événement extrêmement douloureux avec une analyse brillante et détaillée tout en restant très éloignée de son expérience émotionnelle.

Le thérapeute peut se demander si cette analyse constitue aussi une manière de garder la douleur à distance.

Mais il ne doit pas supposer que toute réflexion intellectuelle est une défense.

Certaines personnes aiment réellement comprendre.

L’humour

L’humour peut permettre de traverser des situations extrêmement difficiles.

Il peut être une ressource.

Il peut aussi parfois éviter une émotion.

La même stratégie peut donc avoir plusieurs fonctions selon le moment.

La défense a une histoire

Un fonctionnement qui semble aujourd’hui problématique a parfois été extrêmement utile auparavant.

Un enfant vivant dans un environnement imprévisible peut apprendre à observer constamment l’humeur des adultes.

Cette vigilance peut l’avoir protégé.

À l’âge adulte, elle peut devenir épuisante.

Respecter ce qui a protégé

Le thérapeute ne devrait pas attaquer une défense comme s’il fallait simplement la supprimer.

Il peut aider la personne à comprendre :

« Cette manière de fonctionner vous a probablement beaucoup servi. Est-elle encore nécessaire de la même manière aujourd’hui ? »

Le changement devient alors une adaptation plutôt qu’une guerre contre soi-même.

L’histoire relationnelle

La psychothérapie psychodynamique s’intéresse beaucoup aux relations importantes de la vie.

Parents.

Fratrie.

Amis.

Partenaires.

Figures d’autorité.

Mais elle ne cherche pas nécessairement à désigner un coupable.

L’enfance compte, mais elle n’explique pas tout

Les expériences précoces peuvent influencer :

attachement ;

attentes ;

image de soi ;

manière de gérer les émotions ;

relations.

Mais l’adulte continue à vivre de nouvelles expériences.

Il peut :

apprendre ;

changer ;

rencontrer d’autres personnes ;

modifier ses représentations.

L’enfance n’est pas une condamnation.

Les relations d’objet

Les théories des relations d’objet ont fortement influencé la pensée psychodynamique.

Le terme « objet » peut paraître étrange.

Il désigne historiquement les personnes ou représentations vers lesquelles se dirigent certains affects et besoins.

Ces théories s’intéressent notamment à la manière dont les relations importantes sont progressivement intériorisées.

Les représentations de soi et des autres

Une personne peut développer des attentes telles que :

« Si je dépends de quelqu’un, il finira par me laisser. »

« Si je montre mes besoins, je serai humilié. »

« Je dois prendre soin des autres pour qu’ils restent. »

Ces attentes peuvent ensuite influencer les relations futures.

Une attente peut provoquer ce qu’elle redoute

Une personne convaincue qu’elle sera abandonnée peut :

surveiller ;

tester ;

accuser ;

demander continuellement des preuves.

Le partenaire se sent progressivement étouffé et s’éloigne.

La personne conclut :

« Je le savais. Tout le monde finit par partir. »

La conviction initiale est renforcée.

La répétition

La répétition constitue une notion importante.

Nous pouvons retrouver dans plusieurs relations des configurations similaires.

Toujours devenir le sauveur.

Toujours choisir quelqu’un d’indisponible.

Toujours se sentir exclu.

Toujours quitter avant d’être quitté.

Le thérapeute cherche à comprendre comment cette répétition se construit.

Répéter ne signifie pas vouloir souffrir

Une personne ne choisit pas consciemment :

« Je vais encore trouver quelqu’un qui me fera souffrir. »

Elle peut plutôt être attirée, rassurée ou guidée par des dynamiques familières dont elle ne mesure pas immédiatement les conséquences.

Le familier n’est pas nécessairement agréable

Quelque chose peut sembler familier sans être bon.

Une personne ayant toujours vécu dans l’imprévisibilité peut se sentir étrangement mal à l’aise dans une relation très stable.

La stabilité est souhaitée consciemment mais vécue comme inhabituelle.

Le transfert

Le transfert désigne la manière dont certaines attentes, émotions et modèles relationnels peuvent apparaître dans la relation avec le thérapeute.

La personne peut s’attendre à ce qu’il :

juge ;

abandonne ;

contrôle ;

admire ;

rejette.

Ces attentes peuvent devenir un matériau thérapeutique.

Le thérapeute réel existe aussi

Une erreur serait de considérer toute réaction envers le thérapeute comme un transfert issu du passé.

Un patient peut se sentir ignoré parce que le thérapeute vient réellement de l’interrompre.

Il peut être en colère parce que celui-ci a réellement oublié un rendez-vous.

La réalité de la relation actuelle doit être prise au sérieux.

« Vous réagissez ainsi à cause de votre père »

Une interprétation de ce type peut parfois être pertinente.

Mais elle peut également devenir une manière très pratique pour le thérapeute d’éviter toute responsabilité.

Une approche psychodynamique sérieuse examine :

le passé de la personne ;

ses attentes ;

et ce qui se passe réellement dans la relation actuelle.

Le transfert n’est pas une erreur à corriger

Si une personne craint que le thérapeute la juge, le travail ne consiste pas uniquement à lui dire :

« Je ne vous juge pas. »

Il peut être intéressant de comprendre :

qu’est-ce qui lui fait anticiper ce jugement ?

quand cette attente apparaît-elle ?

dans quelles autres relations ?

comment réagit-elle lorsqu’elle pense être jugée ?

La relation devient un laboratoire

La relation thérapeutique peut offrir un lieu où certaines dynamiques deviennent observables en direct.

Une personne dit qu’elle n’exprime jamais ses besoins.

Puis elle accepte pendant plusieurs semaines un horaire qui ne lui convient pas sans rien dire.

Le phénomène dont elle parle se produit aussi dans la thérapie.

Cela peut devenir très utile.

Mais la thérapie n’est pas seulement un laboratoire

Le patient n’est pas un objet d’observation.

La relation doit rester réelle, respectueuse et collaborative.

Le thérapeute participe à ce qui se passe.

Il ne regarde pas depuis l’extérieur comme un scientifique derrière une vitre.

Le contre-transfert

Le contre-transfert désigne les réactions émotionnelles du thérapeute dans la relation.

Historiquement, elles ont d’abord été considérées surtout comme des perturbations à contrôler.

Les conceptions contemporaines peuvent également les considérer comme une source potentielle d’information.

Une information, pas une vérité

Un thérapeute se sent soudain :

impuissant ;

irrité ;

protecteur ;

ennuyé.

Il peut se demander ce que cette réaction signifie.

Mais il ne peut pas conclure :

« Je me sens rejeté, donc vous rejetez forcément tout le monde. »

Sa réaction lui appartient aussi.

Supervision et réflexion

Le thérapeute doit examiner ses réactions avec prudence.

La supervision peut être particulièrement utile pour distinguer :

ce qui appartient à la dynamique thérapeutique ;

ce qui appartient à son histoire personnelle ;

ce qui vient réellement du comportement de la personne.

Les résistances

Le terme résistance possède une longue histoire psychodynamique.

Il peut désigner certaines forces qui s’opposent au changement ou à l’exploration.

Une personne :

évite toujours un sujet ;

oublie systématiquement certaines séances ;

change de conversation lorsqu’une émotion apparaît.

Cela peut être intéressant à explorer.

Ne pas transformer le désaccord en résistance

Le concept devient dangereux lorsque le thérapeute l’utilise ainsi :

« Si vous êtes d’accord avec moi, mon interprétation est juste. Si vous n’êtes pas d’accord, c’est votre résistance qui prouve qu’elle est juste. »

Un système qui transforme toute contradiction en confirmation devient impossible à remettre en question.

Le patient possède le droit de dire :

« Non, cela ne correspond pas à mon expérience. »

L’interprétation

Le thérapeute psychodynamique peut proposer des interprétations.

Il met en relation :

émotion ;

comportement ;

relation ;

histoire ;

répétition.

Une interprétation utile pourrait être :

« J’ai l’impression que lorsque quelqu’un devient important pour vous, vous commencez à chercher des signes qu’il va partir, puis vous vous éloignez avant qu’il puisse le faire. Est-ce que cela vous parle ? »

Une hypothèse, pas un verdict

La formulation est importante.

Une interprétation devrait pouvoir être :

discutée ;

modifiée ;

refusée.

Le thérapeute n’est pas un oracle capable de révéler le sens caché de la vie d’une personne.

L’insight

On appelle souvent insight une compréhension nouvelle de son propre fonctionnement.

La personne réalise :

« Je croyais que je quittais les relations parce que je perdais rapidement mes sentiments. En réalité, je commence souvent à chercher une raison de partir dès que quelqu’un devient vraiment important pour moi. »

Cette compréhension peut ouvrir une nouvelle possibilité.

Comprendre ne suffit pas toujours

Une personne peut parfaitement dire :

« Oui, je sais exactement pourquoi je fais cela. »

Et continuer.

L’insight n’est donc pas nécessairement le point final.

Il faut parfois vivre plusieurs fois une situation différemment pour qu’un nouveau fonctionnement devienne possible.

L’élaboration

La tradition psychodynamique utilise notamment la notion de working through, souvent traduite par élaboration.

Une compréhension importante est reprise dans plusieurs situations.

Elle devient progressivement plus intégrée.

La personne reconnaît plus tôt le mécanisme.

Puis peut parfois agir autrement.

« Je l’ai encore fait, mais je l’ai vu »

Au début, la répétition est visible uniquement après coup.

Puis pendant.

Puis parfois avant.

Ce déplacement temporel peut constituer un progrès considérable.

Le thérapeute ne cherche pas seulement des causes

Une psychothérapie psychodynamique contemporaine peut s’intéresser autant :

à ce qui maintient aujourd’hui le problème ;

qu’à son origine possible.

Savoir comment une difficulté a commencé ne dit pas nécessairement pourquoi elle continue.

Les émotions

Les émotions occupent souvent une place importante.

Certaines sont facilement accessibles.

D’autres beaucoup moins.

Une personne peut exprimer la colère très facilement mais presque jamais la tristesse.

Une autre peut pleurer mais ne jamais reconnaître sa colère.

Le travail peut chercher à élargir le registre émotionnel disponible.

Les émotions interdites

Certaines familles ou cultures transmettent implicitement :

« On ne pleure pas. »

« On ne se met pas en colère. »

« On ne montre pas la peur. »

Une personne peut alors apprendre à transformer ou masquer certaines émotions.

Ressentir n’oblige pas à agir

Reconnaître :

« Je suis extrêmement en colère »

ne signifie pas :

« Je dois immédiatement exprimer cette colère sur quelqu’un. »

La thérapie peut aider à différencier :

émotion ;

fantasme ;

impulsion ;

action.

Les fantasmes

Le terme fantasme possède en psychodynamique un sens plus large que son usage courant.

Il peut désigner des scénarios imaginaires, conscients ou non, organisant certaines attentes ou désirs.

Le thérapeute peut les explorer sans considérer qu’un fantasme constitue une intention réelle.

Imaginer n’est pas faire

Une pensée agressive ne signifie pas automatiquement qu’une personne souhaite réellement commettre une agression.

Une psychothérapie doit préserver cette distinction.

Les rêves

Certaines psychothérapies psychodynamiques travaillent avec les rêves.

Le rêve peut être exploré à partir :

des associations de la personne ;

des émotions ;

du contexte ;

des préoccupations actuelles.

Il n’existe pas de dictionnaire universel permettant de conclure :

« serpent = ceci » ;

« maison = cela ».

Un rêve n’est pas une preuve historique

Rêver d’une scène ne prouve pas qu’elle a réellement eu lieu.

La mémoire et l’imagination doivent être traitées avec prudence.

La thérapie ne doit pas fabriquer de souvenirs à partir d’interprétations.

Les lapsus

Les lapsus peuvent parfois être intéressants.

Mais toute erreur de langage n’est pas nécessairement la révélation d’un désir refoulé.

Un lapsus peut être :

une distraction ;

une confusion ;

une fatigue ;

ou quelque chose de psychologiquement intéressant.

Il peut être exploré sans devenir une preuve.

La personnalité

Les psychothérapies psychodynamiques sont souvent utilisées pour travailler des difficultés durables concernant :

identité ;

relations ;

estime de soi ;

régulation émotionnelle ;

attachement ;

fonctionnement de la personnalité.

Le travail peut être particulièrement pertinent lorsque les problèmes ne se limitent pas à un symptôme isolé.

Les schémas relationnels

Une personne peut consulter pour plusieurs difficultés apparemment différentes :

conflits amoureux ;

problèmes professionnels ;

amitiés instables.

Le thérapeute remarque qu’une même dynamique apparaît partout.

Par exemple :

idéaliser quelqu’un ;

attendre énormément de lui ;

être profondément déçu ;

rompre brutalement.

Le travail peut porter sur cette organisation transversale.

Le clivage

Le clivage décrit notamment une difficulté à intégrer simultanément des aspects positifs et négatifs d’une même personne ou de soi-même.

Quelqu’un peut être vécu comme :

extraordinaire

puis

absolument mauvais.

Le travail thérapeutique peut favoriser une représentation plus complexe :

une personne peut décevoir profondément sans devenir entièrement mauvaise.

L’idéalisation

Idéaliser peut protéger d’une relation plus ambivalente.

Si quelqu’un est parfait, il n’est pas nécessaire de tolérer ses contradictions.

Mais l’idéalisation rend également la chute plus brutale lorsque l’autre révèle ses limites.

La dévalorisation

Après l’idéalisation peut apparaître une dévalorisation extrême.

Le thérapeute peut aider à construire une perception moins polarisée.

Cela ne signifie pas nier qu’une personne puisse réellement se comporter très mal.

L’attachement

Les recherches sur l’attachement ont influencé de nombreuses approches psychodynamiques contemporaines.

Les expériences relationnelles peuvent contribuer à former certaines attentes concernant :

disponibilité des autres ;

sécurité ;

proximité ;

séparation.

Mais les catégories d’attachement ne doivent pas devenir de nouvelles étiquettes identitaires rigides.

« Je suis évitant »

Cette formule circule énormément.

Un style relationnel ne résume pas une personne.

Les comportements peuvent varier selon :

les relations ;

les périodes ;

le contexte ;

les expériences nouvelles.

La thérapie cherche à augmenter la flexibilité plutôt qu’à attribuer une identité définitive.

Mentalisation

Certaines thérapies contemporaines issues de la tradition psychodynamique accordent une grande importance à la mentalisation.

Mentaliser consiste, de manière simplifiée, à pouvoir réfléchir aux états mentaux :

les siens ;

ceux des autres.

Pensées.

Émotions.

Intentions.

Désirs.

« Je sais exactement pourquoi il a fait ça »

Peut-être.

Mais peut-être pas.

La mentalisation implique aussi de tolérer l’incertitude :

« J’imagine qu’il a pu se sentir rejeté, mais je ne peux pas savoir exactement ce qu’il pensait. »

Cette position réduit parfois les interprétations rigides.

Quand l’émotion réduit la mentalisation

Lorsqu’une relation devient très chargée émotionnellement, nous pouvons perdre une partie de cette capacité.

Une réponse tardive à un message devient immédiatement :

« Il m’abandonne. »

La thérapie peut aider à recréer un espace entre événement et certitude.

Thérapie basée sur la mentalisation

La Mentalization-Based Treatment, notamment développée par Peter Fonagy et Anthony Bateman, constitue une approche structurée issue de cette tradition.

Elle a notamment été étudiée dans le traitement de certaines difficultés de personnalité.

Elle ne représente cependant qu’un modèle parmi les nombreuses psychothérapies psychodynamiques.

Thérapie focalisée sur le transfert

La Transference-Focused Psychotherapy, développée notamment autour des travaux d’Otto Kernberg, utilise de manière particulièrement structurée les phénomènes apparaissant dans la relation thérapeutique.

Elle est notamment utilisée dans certains troubles de la personnalité.

Là encore, il s’agit d’une forme spécifique et non d’un synonyme de toute psychothérapie psychodynamique.

Les psychothérapies psychodynamiques brèves

Certaines approches psychodynamiques sont limitées dans le temps.

Elles choisissent un focus précis.

Par exemple :

une répétition relationnelle ;

un conflit central ;

une difficulté émotionnelle.

La durée limitée peut renforcer la concentration du travail.

Le thérapeute peut être actif

La caricature du thérapeute psychodynamique est celle d’une personne silencieuse qui répond à toutes les questions par :

« Et vous, qu’en pensez-vous ? »

La réalité contemporaine est beaucoup plus variée.

Un thérapeute peut :

questionner ;

reformuler ;

interpréter ;

clarifier ;

confronter ;

soutenir.

Soutien et exploration

Les interventions psychodynamiques peuvent se situer sur un continuum.

Parfois le travail est très exploratoire.

Parfois davantage soutenant.

Une personne en crise n’a pas nécessairement besoin qu’on interprète immédiatement tous ses conflits inconscients.

Le niveau d’intervention doit être adapté

Une bonne intervention n’est pas la plus profonde possible.

C’est celle qui aide la personne à ce moment-là.

Le thérapeute doit tenir compte :

de sa stabilité ;

de ses ressources ;

de la situation ;

de l’objectif.

La relation et les limites

Parce que la relation thérapeutique possède une grande importance, les limites professionnelles sont particulièrement essentielles.

Horaires.

Paiement.

Contacts.

Confidentialité.

Absences.

Fin de thérapie.

Ces éléments ne sont pas de simples détails administratifs.

Ils structurent la relation.

Une relation intense n’autorise pas tout

Un thérapeute ne peut pas justifier :

intrusion ;

contrôle ;

relation sexuelle ;

exploitation ;

dépendance entretenue

au nom du transfert ou de la profondeur du travail.

Les limites professionnelles restent fondamentales.

La dépendance thérapeutique

Une thérapie longue peut devenir très importante dans la vie d’une personne.

Cela n’est pas automatiquement problématique.

Mais le thérapeute doit rester attentif à ce que la relation ne devienne pas artificiellement indispensable.

La fin fait partie du travail

Une psychothérapie psychodynamique peut accorder beaucoup d’importance à la séparation thérapeutique.

La fin peut réactiver :

peur de l’abandon ;

colère ;

tristesse ;

soulagement ;

autonomie.

Ces réactions peuvent être travaillées.

Mais toute tristesse de fin n’est pas pathologique

Après plusieurs années de travail, il est normal qu’une relation thérapeutique importante ait une valeur émotionnelle.

Être triste de la terminer ne signifie pas nécessairement avoir un problème d’abandon.

Les indications

Une psychothérapie psychodynamique peut être envisagée pour différentes difficultés, notamment :

dépression ;

anxiété ;

difficultés relationnelles ;

problèmes d’estime de soi ;

difficultés de personnalité ;

traumatismes ;

conflits émotionnels ;

répétitions difficiles à comprendre.

Mais elle n’est pas automatiquement la meilleure approche pour chaque situation.

Une demande de compréhension

Elle peut particulièrement convenir à une personne qui souhaite non seulement réduire un symptôme mais également comprendre davantage :

ses relations ;

ses réactions ;

ses contradictions ;

ses répétitions.

Certaines personnes apprécient cette profondeur exploratoire.

D’autres veulent quelque chose de plus structuré

Une personne peut préférer :

un protocole ;

des exercices ;

des objectifs très précis ;

des stratégies directement applicables.

Cette préférence est parfaitement légitime.

La thérapie doit aussi correspondre au patient.

Les troubles aigus

Lorsqu’une situation exige une intervention rapide ou très spécifique, une psychothérapie psychodynamique seule peut ne pas être suffisante.

Elle peut parfois être associée à :

traitement médical ;

intervention de crise ;

approche comportementale ;

soutien social ;

autres soins.

Psychodynamique et traumatisme

Le travail peut aider à comprendre les conséquences relationnelles et émotionnelles d’un traumatisme.

Mais il faut éviter une exploration non structurée qui submerge la personne.

Sécurité et stabilisation peuvent être nécessaires.

La mémoire traumatique

Le thérapeute doit rester prudent lorsqu’il explore des souvenirs incomplets.

Une interprétation ne doit jamais devenir :

« Si vous ressentez cela, c’est forcément parce qu’un événement précis vous est arrivé. »

La thérapie ne doit pas créer une certitude historique sans preuve.

Psychodynamique et culture

Les théories psychodynamiques se sont développées dans des contextes historiques et culturels particuliers.

Certaines conceptions anciennes de :

sexualité ;

famille ;

genre ;

normalité

étaient fortement marquées par leur époque.

Une pratique contemporaine doit pouvoir les réexaminer.

Homosexualité

L’histoire de la psychiatrie et de certaines traditions psychothérapeutiques comporte des périodes où l’homosexualité a été pathologisée.

Cette conception est aujourd’hui rejetée.

Une psychothérapie ne doit pas chercher à modifier une orientation sexuelle.

Genre

De même, les anciennes théories concernant masculinité et féminité ne peuvent pas être reprises comme vérités universelles.

Le thérapeute doit distinguer :

histoire des théories ;

données contemporaines ;

valeurs culturelles.

Sexualité

La tradition psychanalytique a accordé une importance considérable à la sexualité.

Les approches psychodynamiques contemporaines peuvent continuer à explorer :

désir ;

intimité ;

honte ;

identité ;

relations ;

sans ramener automatiquement toute difficulté humaine à une explication sexuelle.

Le complexe d’Œdipe

Le complexe d’Œdipe occupe une place historique majeure dans la psychanalyse.

Mais il ne doit pas être présenté comme une loi universelle du développement humain scientifiquement démontrée.

Les psychothérapies psychodynamiques contemporaines n’accordent pas toutes la même place à ce concept.

Le risque de tout expliquer par l’enfance

Une personne rencontre un problème professionnel.

Le thérapeute peut trouver un parallèle familial.

Mais parfois le patron est réellement injuste.

La psychothérapie doit conserver la capacité de reconnaître la réalité extérieure.

Le monde existe hors du psychisme

Précarité.

Discrimination.

Violence.

Conditions de travail.

Maladie.

Ces facteurs peuvent provoquer une souffrance réelle.

Tout ne doit pas être transformé en conflit inconscient.

L’interprétation sociale compte

Une approche contemporaine doit pouvoir tenir compte des systèmes sociaux et culturels.

Sinon, elle risque de psychologiser des problèmes qui existent réellement dans l’environnement.

Les preuves scientifiques

La psychothérapie psychodynamique a parfois été présentée comme une approche sans données scientifiques.

Cette affirmation est trop simple.

De nombreuses psychothérapies psychodynamiques ont fait l’objet d’études.

Des résultats soutiennent leur efficacité pour plusieurs difficultés psychologiques.

Toutes les variantes ne disposent pas des mêmes données

La recherche est plus abondante pour certaines formes :

brèves ;

manualisées ;

focalisées

que pour des traitements extrêmement longs et individualisés.

Il faut donc éviter deux affirmations opposées :

« Rien n’a jamais été démontré. »

et

« Toute pratique psychodynamique est scientifiquement validée. »

La réalité est plus nuancée.

Les effets après la thérapie

Certaines recherches ont suggéré que les bénéfices de certaines psychothérapies psychodynamiques peuvent se maintenir ou parfois continuer à évoluer après la fin du traitement.

L’une des hypothèses est que la personne acquiert une manière différente de comprendre et d’observer son propre fonctionnement.

Mais les résultats varient selon les études, les troubles et les méthodes.

Comparer les thérapies

Il est difficile de déclarer une école globalement supérieure à toutes les autres.

Les résultats dépendent notamment :

du problème ;

de la méthode précise ;

du thérapeute ;

du patient ;

de l’alliance ;

du contexte.

La question utile est moins :

« Quelle école gagne ? »

que :

« Quelle intervention possède de bonnes raisons d’être proposée à cette personne pour cette difficulté ? »

Les critiques

La tradition psychodynamique a fait l’objet de critiques importantes.

Certaines sont historiquement justifiées.

Concepts difficiles à tester.

Théories trop générales.

Interprétations invérifiables.

Traitements longs.

Pouvoir important accordé au thérapeute.

Tendance possible à surinterpréter.

Une théorie qui explique tout n’explique parfois plus rien

Si chaque comportement confirme une théorie, y compris le refus de cette théorie, celle-ci devient difficile à mettre à l’épreuve.

Les approches contemporaines doivent donc pouvoir accepter :

incertitude ;

contradiction ;

révision des hypothèses.

Le langage peut devenir intimidant

Projection.

Clivage.

Narcissisme.

Résistance.

Transfert.

Ces termes peuvent être utiles entre professionnels.

Mais ils peuvent également devenir des armes.

« Vous projetez. »

peut parfois signifier simplement :

« Je ne veux pas entendre votre critique. »

Le vocabulaire clinique ne dispense pas d’argumenter.

Le diagnostic sauvage des proches

Après quelques lectures, une personne peut commencer à expliquer toute sa famille :

« Ma mère est narcissique. »

« Mon frère clive. »

« Mon conjoint projette. »

La psychothérapie ne devrait pas encourager cette transformation des relations en catalogue de diagnostics.

Décrire avant d’étiqueter

« Lorsque je lui parle de mes difficultés, elle ramène immédiatement la conversation à elle »

est plus précis que :

« Elle est narcissique. »

Le comportement peut être travaillé sans transformer une personne absente en diagnostic.

Le thérapeute doit pouvoir avoir tort

Cette phrase est essentielle.

Une interprétation peut être brillante et fausse.

Un thérapeute expérimenté peut se tromper.

Une relation thérapeutique saine doit permettre au patient de dire :

« Non. »

Et au thérapeute de répondre :

« Alors regardons autrement. »

L’asymétrie reste réelle

Même dans une relation collaborative, le thérapeute possède :

formation ;

statut ;

autorité professionnelle.

Le patient peut donc accorder beaucoup de poids à ses paroles.

Plus une méthode utilise l’interprétation, plus cette responsabilité devient importante.

La profondeur n’est pas mesurée par la douleur

Une séance difficile n’est pas automatiquement une bonne séance.

Une thérapie qui fait constamment souffrir n’est pas nécessairement plus profonde.

Certaines prises de conscience peuvent être douloureuses.

Mais la souffrance n’est pas un indicateur de qualité.

La thérapie n’a pas à tout expliquer

Une personne peut terminer une psychothérapie avec :

davantage de liberté ;

de meilleures relations ;

une meilleure compréhension d’elle-même

sans avoir trouvé l’origine exacte de chaque réaction.

La vie humaine conserve une part d’inconnu.

Changer sans devenir quelqu’un d’autre

Le but n’est pas nécessairement de reconstruire entièrement la personnalité.

Une personne peut conserver :

son tempérament ;

sa sensibilité ;

son humour ;

ses préférences.

Mais disposer de davantage de choix dans les situations où elle se sentait auparavant prisonnière.

Le changement comme augmentation de liberté

Avant :

« Dès que quelqu’un me critique, je coupe la relation. »

Puis :

« Je sens immédiatement l’envie de partir. »

Puis :

« Je peux attendre avant de décider. »

Puis parfois :

« Je peux entendre une critique sans croire que toute la relation est détruite. »

La réaction initiale peut encore apparaître.

Mais elle ne commande plus nécessairement toute la suite.

À retenir

La psychothérapie psychodynamique appartient à la famille des thérapies issues de la psychanalyse, tout en utilisant généralement un cadre plus souple que la psychanalyse classique.

Elle s’intéresse particulièrement :

aux processus inconscients ;

aux conflits psychiques ;

aux mécanismes de défense ;

aux répétitions relationnelles ;

aux représentations de soi et des autres ;

au transfert ;

au contre-transfert ;

à l’histoire relationnelle ;

à la manière dont le passé continue parfois à organiser le présent.

Elle peut être brève ou longue, focalisée ou exploratoire.

Le thérapeute peut utiliser :

clarification ;

confrontation ;

interprétation ;

travail sur la relation thérapeutique ;

soutien.

Mais l’interprétation doit rester une hypothèse pouvant être discutée et non une vérité imposée.

La psychothérapie psychodynamique contemporaine ne se réduit pas aux théories historiques de Freud. Elle a été transformée par de nombreux courants, notamment les relations d’objet, les approches relationnelles, la théorie de l’attachement et les modèles centrés sur la mentalisation.

Elle dispose de données soutenant son efficacité dans plusieurs domaines, sans que toutes ses variantes possèdent le même niveau de validation.

Enfin, comprendre le passé n’est pas son objectif ultime. Le passé n’est utile que dans la mesure où sa compréhension augmente la liberté actuelle.

Le cœur du travail psychodynamique n’est donc pas de convaincre une personne que son enfance explique toute sa vie. Il consiste à rendre progressivement visibles les fils qui continuent à tirer certaines de ses décisions, de ses peurs et de ses relations. Lorsqu’elle peut enfin voir ces fils, elle n’est pas obligée de les couper tous. Mais elle peut cesser de croire qu’ils sont les seules directions possibles.

Contenu d’information générale. Les techniques de soin et leurs indications demandent une évaluation adaptée à la situation.