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DESSIN EN PSYCHOTHÉRAPIE

LA SANTÉ AVANT TOUT · Psychothérapie

DESSIN EN PSYCHOTHÉRAPIE

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Le dessin en psychothérapie peut être utilisé comme médiation pour exprimer, représenter, explorer ou transformer une expérience psychologique.

Il peut permettre de travailler lorsqu’une personne ne trouve pas facilement les mots, mais il ne s’adresse pas uniquement à ceux qui ont des difficultés à parler. Même lorsqu’un récit peut être formulé verbalement, le représenter autrement peut faire apparaître des éléments, des relations ou des contradictions qui restaient moins perceptibles dans le discours.

Le dessin peut être utilisé avec les enfants, les adolescents et les adultes.

Il ne demande aucune compétence artistique.

La qualité esthétique n’est pas l’objectif.

Un cercle, quelques traits, une silhouette schématique ou plusieurs couleurs peuvent suffire.

En psychothérapie, un dessin n’a pas besoin d’être beau, réaliste ou techniquement réussi. Il doit seulement pouvoir devenir, si la personne le souhaite, un support pour regarder autrement quelque chose de son expérience.

Dessiner n’est pas nécessairement faire de l’art-thérapie

Le dessin constitue l’une des médiations possibles de l’art-thérapie, mais il peut également être utilisé ponctuellement dans d’autres psychothérapies.

Un thérapeute peut proposer à une personne de représenter une situation, une relation, une émotion ou un problème sans pour autant mener une art-thérapie complète.

La distinction concerne le cadre, la formation du professionnel, les objectifs et la place donnée à la création dans l’ensemble du travail.

Un exercice utilisant une feuille et des crayons ne transforme donc pas automatiquement une séance en art-thérapie.

Quand parler devient difficile

Certaines expériences sont difficiles à raconter.

La personne sait qu’elle ressent quelque chose mais ne parvient pas à l’organiser.

Elle commence une phrase, l’interrompt, cherche ses mots.

Le dessin peut alors proposer une autre entrée.

« Si vous ne deviez pas l’expliquer, mais simplement le représenter, à quoi cela pourrait-il ressembler ? »

La réponse n’a pas besoin d’être figurative.

Une masse noire.

Des lignes qui se croisent.

Une petite forme isolée.

Une feuille presque vide.

Le dessin permet parfois de commencer avant de savoir exactement ce que l’on veut dire.

Dessiner avant de comprendre

Nous avons souvent tendance à vouloir comprendre avant de produire.

Dans une médiation par le dessin, le mouvement peut être inverse.

La personne commence.

Elle choisit une couleur.

Trace une forme.

Ajoute quelque chose.

Efface.

Recommence.

Puis elle regarde ce qui existe sur la feuille.

Le sens peut éventuellement apparaître ensuite.

Il peut également rester partiellement indéterminé.

Tout dessin thérapeutique n’a pas besoin de déboucher sur une interprétation complète.

Il n’existe pas de dictionnaire universel du dessin

L’un des risques les plus importants consiste à traiter le dessin comme un message codé que le thérapeute serait capable de déchiffrer.

Une maison sans fenêtres signifierait ceci.

Une couleur rouge signifierait cela.

Un personnage très petit révélerait nécessairement un manque d’estime de soi.

Un arbre sans feuilles indiquerait automatiquement une dépression.

Cette manière de procéder est beaucoup trop simplificatrice.

Une même forme peut posséder des significations totalement différentes selon la personne, le contexte, la consigne et même le matériel disponible.

Le thérapeute peut formuler une hypothèse ou poser une question.

Il ne devrait pas transformer arbitrairement un détail graphique en vérité psychologique.

Demander plutôt que décréter

Devant un dessin, une question ouverte est généralement plus respectueuse qu’une interprétation immédiate.

« Pouvez-vous me parler de cette partie ? »

« Qu’est-ce qui se passe ici ? »

« Qu’est-ce que cette couleur représente pour vous ? »

« Quel élément attire le plus votre attention lorsque vous regardez votre dessin ? »

La personne peut alors produire sa propre signification.

Elle peut également répondre :

« Cela ne signifie rien, j’ai pris ce crayon parce qu’il était devant moi. »

Cette réponse doit rester possible.

Tout détail n’est pas symbolique.

La personne est l’auteur

Cette idée paraît évidente mais possède des conséquences importantes.

Le dessin appartient d’abord à celui qui l’a créé.

Le thérapeute ne devrait pas se comporter comme s’il en connaissait mieux le sens que son auteur.

Il peut voir une possibilité que la personne n’avait pas remarquée.

Il peut poser une question.

Il peut attirer l’attention sur une répétition.

Mais le travail se construit dans l’échange.

Le professionnel n’est pas un traducteur disposant d’un code secret.

Représenter une émotion

Une consigne peut être très simple :

« Si votre colère avait une forme, comment pourriez-vous la dessiner ? »

La personne n’a pas besoin de dessiner quelqu’un en colère.

Elle peut utiliser des couleurs, des lignes, des volumes ou des mouvements.

L’émotion devient momentanément quelque chose que l’on peut regarder.

Cette externalisation peut créer une certaine distance.

La colère existe toujours.

Mais elle n’occupe plus nécessairement tout l’espace intérieur.

Une partie se trouve maintenant devant la personne, sur une feuille.

Donner une forme à ce qui paraît informe

L’anxiété peut parfois être décrite comme quelque chose de diffus.

« C’est partout. »

La personne ne sait pas où cela commence ni où cela finit.

Dessiner peut obliger à lui donner temporairement des contours.

Même si ces contours sont symboliques, l’expérience change.

On peut alors demander :

Quelle place cette forme occupe-t-elle ?

Qu’y a-t-il autour ?

Est-elle compacte ou fragmentée ?

Peut-elle être modifiée ?

Le dessin crée un objet de travail sans prétendre que l’image représente littéralement le fonctionnement psychique.

Dessiner une situation

Le dessin peut servir à représenter une situation concrète.

Une dispute.

Un événement familial.

Une journée difficile.

Un souvenir.

La personne peut placer les différents protagonistes et représenter les distances ou les relations comme elle les ressent.

Cette représentation spatiale peut faire apparaître quelque chose que la narration linéaire montrait moins clairement.

Qui est proche de qui ?

Qui se trouve à l’extérieur ?

Où la personne se place-t-elle elle-même ?

Mais, encore une fois, la position graphique ne possède pas de signification automatique.

Elle devient intéressante lorsqu’elle provoque une réflexion chez son auteur.

Dessiner les relations

Une personne peut représenter son entourage sous forme de personnes, de formes, de symboles ou simplement de points.

Elle peut ensuite observer la manière dont elle a organisé l’espace.

Certaines relations semblent proches.

D’autres éloignées.

Certaines occupent énormément de place.

Une personne importante peut être absente.

Cette absence peut avoir une signification.

Ou être un simple oubli.

Le thérapeute questionne avant de conclure.

Représenter un problème et ses ressources

Le dessin ne doit pas servir uniquement à représenter la souffrance.

On peut également dessiner les ressources.

Ce qui aide.

Les personnes sur lesquelles on peut compter.

Les lieux dans lesquels on se sent mieux.

Les capacités déjà utilisées.

Les expériences traversées.

Une personne qui représente uniquement son problème peut découvrir qu’elle possède aussi des éléments pouvant être placés autour de lui.

Le but n’est pas de fabriquer artificiellement une image positive.

Il est d’élargir la représentation.

Avant, maintenant, après

Une même situation peut être représentée à plusieurs moments.

Avant un événement.

Aujourd’hui.

Dans un futur possible.

Cette séquence peut permettre de percevoir les transformations déjà réalisées et celles qui restent souhaitées.

Le dessin du futur n’est pas une prédiction.

Il représente une possibilité ou un désir.

Il peut aider à préciser ce que signifie concrètement :

« Je voudrais que les choses aillent mieux. »

À quoi ressemblerait ce « mieux » ?

Qu’est-ce qui aurait changé ?

Modifier le dessin

L’un des intérêts du dessin réside dans sa possibilité de transformation.

La personne peut ajouter.

Effacer.

Découper.

Déplacer.

Recouvrir.

Relier deux éléments.

Agrandir une forme.

Introduire une nouvelle couleur.

Créer une deuxième version.

La modification de la feuille ne produit évidemment pas automatiquement le même changement dans la vie réelle.

Mais elle permet d’expérimenter symboliquement une alternative.

« Que se passerait-il si quelque chose pouvait changer ici ? »

La personne peut alors essayer sans que l’expérience possède immédiatement les conséquences d’une décision réelle.

Dessiner une limite

La notion de limite peut être difficile à représenter verbalement.

Le dessin permet de la rendre visible.

Une personne peut représenter son espace personnel et ce qui y entre.

Elle peut tracer une frontière.

Puis observer :

Est-elle infranchissable ?

Complètement ouverte ?

Existe-t-il une porte ?

Qui décide de son ouverture ?

Ce travail peut aider à réfléchir aux limites relationnelles sans transformer la métaphore graphique en diagnostic.

Le dessin et l’enfant

Chez l’enfant, dessiner est souvent beaucoup plus familier que répondre longuement à des questions abstraites.

Il peut dessiner une famille, une école, un monstre, une peur, une situation ou une histoire imaginaire.

Le dessin peut faciliter la relation avec le thérapeute et créer un espace moins directement interrogatif.

Mais l’utilisation du dessin chez l’enfant exige justement une grande prudence interprétative.

Un enfant peut dessiner quelque chose pour de très nombreuses raisons.

Son imagination ne constitue pas automatiquement le récit d’un événement réel.

Le dessin d’enfant n’est pas une preuve

Cette règle est fondamentale.

Un dessin ne permet pas, à lui seul, d’établir qu’un enfant a subi un événement particulier.

Une image inquiétante mérite parfois d’être explorée avec attention.

Elle ne doit pas être transformée immédiatement en preuve de violence, d’abus ou de traumatisme.

Les enfants dessinent à partir de leurs expériences, mais également de leurs peurs, de leurs jeux, des histoires entendues, des films vus, de leur imagination et de nombreuses autres influences.

Une interprétation trop affirmative peut être particulièrement dangereuse dans des situations sensibles.

Ne pas interroger le dessin à la place de l’enfant

Lorsqu’un élément soulève une question, le professionnel peut inviter l’enfant à raconter.

« Que se passe-t-il dans ton dessin ? »

Cette formulation est très différente de :

« C’est la personne qui t’a fait du mal, n’est-ce pas ? »

La seconde introduit déjà une réponse dans la question.

Dans les situations où un événement grave est suspecté, les techniques d’entretien doivent éviter autant que possible les suggestions susceptibles d’influencer le récit.

Le dessin peut soutenir une parole.

Il ne doit pas servir à fabriquer cette parole.

Adolescents et dessin

Certains adolescents apprécient le dessin.

D’autres peuvent le considérer comme infantilisant.

La médiation doit être proposée en tenant compte de la personne.

Bandes dessinées, graffitis, illustrations numériques, collages graphiques ou autres formats peuvent parfois être plus naturels qu’une consigne traditionnelle.

L’objectif n’est pas de forcer l’adolescent à utiliser un langage qui ne lui correspond pas.

La médiation fonctionne mieux lorsqu’elle devient réellement disponible plutôt qu’imposée.

Adultes et peur de « mal dessiner »

Chez l’adulte, une difficulté revient souvent :

« Je ne sais pas dessiner. »

Cette phrase peut révéler simplement une préférence.

Elle peut aussi montrer combien le dessin est immédiatement associé à l’évaluation.

La personne pense déjà à ce que le thérapeute va penser du résultat.

Il est alors utile de rappeler qu’un bonhomme composé de quelques traits peut parfaitement suffire.

Le thérapeute ne juge pas la perspective, les proportions ou le talent artistique.

Le perfectionnisme sur la feuille

Pour certaines personnes, la difficulté apparaît précisément dans le processus de création.

Elles effacent continuellement.

Recommencent.

Cherchent la bonne couleur.

Refusent de continuer tant qu’une forme n’est pas parfaite.

Le thérapeute peut observer ce processus et éventuellement demander :

« Que se passe-t-il lorsque le trait ne correspond pas exactement à ce que vous vouliez ? »

Le dessin devient alors un petit espace où un fonctionnement habituel peut apparaître.

Mais il faut encore éviter le raccourci :

quelqu’un qui soigne son dessin n’est pas automatiquement perfectionniste dans tous les domaines de sa vie.

La feuille blanche

Une personne peut rester devant la feuille sans rien produire.

Ce moment peut être inconfortable.

Elle attend une idée.

Elle cherche ce que le thérapeute veut réellement.

Elle craint de révéler quelque chose.

Ou elle n’a simplement aucune envie de dessiner.

La feuille blanche n’est pas obligatoirement un symbole profond.

Le thérapeute peut explorer ce qui se passe sans obliger la personne à produire.

Le droit de ne pas dessiner fait partie du cadre.

Dessiner avec l’autre

Dans certaines situations, thérapeute et patient peuvent produire un dessin commun ou intervenir successivement sur une même feuille.

Cette modalité permet d’explorer la coopération, la place, l’initiative ou la réaction aux modifications introduites par l’autre.

Elle exige cependant des règles claires.

Modifier le dessin d’une personne sans son accord peut être vécu comme une intrusion.

La feuille constitue elle-même un espace dont les limites doivent être respectées.

Dessin en groupe

Dans un groupe thérapeutique, le dessin peut être individuel puis partagé, ou devenir une création collective.

Les productions peuvent faciliter les échanges.

Mais montrer son dessin ne doit pas nécessairement être obligatoire.

Une création peut être ressentie comme très intime.

Le fait qu’elle ait été réalisée en groupe ne la transforme pas automatiquement en objet public.

Le participant doit savoir ce qui sera fait de son travail.

Le dessin et le traumatisme

Une personne peut utiliser le dessin pour représenter certaines dimensions d’une expérience traumatique.

Cela peut aider lorsque les mots sont difficiles.

Mais demander trop rapidement une représentation détaillée de l’événement peut être déstabilisant.

Le dessin n’est pas intrinsèquement plus doux que la parole.

Une image peut provoquer une activation émotionnelle très importante.

Le rythme, la stabilité de la personne et l’objectif thérapeutique doivent donc être pris en compte.

On n’a pas besoin de dessiner le traumatisme pour travailler dessus

Le travail peut porter sur la sécurité, les ressources, le présent, les limites ou la capacité à reprendre une place dans sa propre vie.

La personne n’a pas nécessairement besoin de produire une illustration détaillée de ce qui lui est arrivé.

Une thérapie n’est pas plus profonde parce qu’elle obtient une représentation spectaculaire de la souffrance.

Le thérapeute doit résister à la fascination pour les productions impressionnantes.

Dessin et dissociation

Chez certaines personnes présentant des phénomènes dissociatifs, une médiation graphique peut aider à représenter des expériences difficiles à organiser verbalement.

Elle peut aussi, dans certaines circonstances, devenir très immersive ou déstabilisante.

Il est alors important de conserver suffisamment de contact avec le présent et d’adapter l’exercice.

Le dessin ne doit pas devenir une exploration incontrôlée dans laquelle toute image apparue est immédiatement interprétée comme un souvenir ou une vérité cachée.

Le dessin ne récupère pas les souvenirs

Comme l’hypnose ou d’autres médiations, le dessin ne constitue pas une technique permettant de retrouver automatiquement des souvenirs exacts.

Une image qui apparaît pendant une séance peut être inspirée par un souvenir réel.

Elle peut également être symbolique, imaginaire, associative ou construite à partir de plusieurs éléments.

La personne elle-même peut ne pas savoir.

Il faut pouvoir conserver cette incertitude.

Une psychothérapie sérieuse ne transforme pas l’ambiguïté en certitude simplement parce que l’image semble émotionnellement puissante.

Dessiner ce que l’on ne veut pas montrer

Une possibilité intéressante consiste à autoriser la personne à créer quelque chose qu’elle ne sera pas obligée de montrer.

Le dessin peut ensuite être plié, placé dans une enveloppe, conservé ou détruit selon le cadre établi.

Cette possibilité change la relation à la création.

La personne sait qu’elle peut produire sans devoir immédiatement expliquer.

L’expression ne doit pas toujours être suivie d’une exposition.

Qui possède le dessin ?

La question matérielle mérite d’être clarifiée.

Le dessin appartient-il au patient ?

Peut-il l’emporter ?

Est-il conservé dans le dossier ?

Pendant combien de temps ?

Peut-il demander sa destruction selon les règles applicables ?

La réponse dépend du cadre professionnel et juridique.

Mais elle ne devrait pas être improvisée après plusieurs mois de thérapie.

Une production créative peut contenir des éléments particulièrement intimes.

Sa conservation participe donc au cadre de confidentialité.

Photographier les productions

Les téléphones rendent très facile la photographie d’un dessin.

Cela ne signifie pas qu’un thérapeute puisse photographier librement toutes les productions réalisées en séance.

L’image devient alors une donnée supplémentaire qui peut être stockée, transférée ou reproduite.

La finalité et les conditions de conservation doivent être claires, avec le consentement approprié.

Une création thérapeutique n’est pas un contenu disponible pour les réseaux sociaux, la communication professionnelle ou l’enseignement simplement parce que le nom du patient n’est pas écrit dessus.

Le thérapeute ne doit pas rechercher une œuvre spectaculaire

Les créations très expressives peuvent impressionner.

Mais une psychothérapie n’est pas une exposition.

Un dessin composé de deux traits peut être extrêmement important pour celui qui l’a produit.

À l’inverse, une image techniquement remarquable peut n’avoir aucune signification thérapeutique particulière.

La valeur clinique et la valeur esthétique appartiennent à deux registres différents.

Les confondre risque de déplacer l’objectif vers la performance.

Dessiner pour apaiser

Le dessin répétitif, le coloriage ou certaines formes graphiques peuvent avoir un effet apaisant pour certaines personnes.

Cet effet peut être utile.

Mais une activité relaxante n’est pas automatiquement une psychothérapie.

Colorier chez soi peut constituer un excellent moment de détente.

Dans un cadre thérapeutique, la question devient celle de la fonction de l’activité dans le travail global.

Parfois, l’apaisement lui-même est précisément l’objectif.

Dans d’autres situations, le dessin sert surtout à explorer.

Dessiner pour décider ?

Une personne peut représenter plusieurs possibilités.

Rester.

Partir.

Accepter.

Refuser.

Elle peut dessiner ce qu’elle imagine pour chacune.

L’exercice peut aider à faire apparaître certaines attentes ou craintes.

Mais le dessin ne donne pas la décision correcte.

Il permet d’explorer ce que chaque possibilité évoque.

La responsabilité du choix reste à la personne.

De la feuille à la réalité

Un changement graphique peut ouvrir une piste.

Une personne ajoute une porte à une pièce qu’elle avait dessinée entièrement fermée.

Cela peut provoquer une réflexion :

« Dans la réalité, qu’est-ce qui pourrait représenter cette porte ? »

Une conversation ?

Une aide ?

Une décision ?

Une limite ?

C’est à ce moment que la médiation peut rejoindre l’action.

La porte dessinée n’est pas encore la porte réelle.

Mais elle peut aider à imaginer qu’une issue mérite d’être recherchée.

Les limites de la médiation

Le dessin ne convient pas à tout le monde.

Certaines personnes préfèrent parler.

D’autres se sentent infantilisées ou évaluées.

D’autres encore n’éprouvent aucun intérêt particulier pour les médiations visuelles.

Il n’existe aucune obligation à « dépasser sa résistance » simplement parce qu’un thérapeute apprécie cette méthode.

Une médiation est un moyen.

Elle ne doit pas devenir une fin imposée.

À retenir

Le dessin en psychothérapie permet de représenter une émotion, une relation, une situation, un problème, une ressource ou une possibilité de changement lorsque la représentation graphique apporte quelque chose au travail.

Il peut être utilisé comme médiation principale dans certaines pratiques d’art-thérapie ou ponctuellement dans d’autres psychothérapies.

Il ne demande aucune compétence artistique et ne doit pas être évalué selon des critères esthétiques.

Surtout, un dessin n’est ni un diagnostic, ni une preuve, ni un message codé dont le thérapeute posséderait la traduction universelle. Cette prudence est particulièrement importante avec les enfants, les traumatismes et les situations dans lesquelles des événements passés sont recherchés.

Le dessin appartient d’abord à son auteur, qui conserve le droit de lui donner un sens, de ne pas savoir ce qu’il signifie ou de ne pas souhaiter l’expliquer.

Sa force thérapeutique apparaît précisément lorsque la feuille cesse d’être un test à réussir : quelque chose peut y être posé, regardé, déplacé, effacé, agrandi ou transformé, et cette expérience peut parfois ouvrir une possibilité que la parole seule n’avait pas encore permis d’apercevoir.

Contenu d’information générale. Les techniques de soin et leurs indications demandent une évaluation adaptée à la situation.