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CHOISIR SON PSYCHOTHÉRAPEUTE ET SON APPROCHE

LA SANTÉ AVANT TOUT · Psychothérapie

CHOISIR SON PSYCHOTHÉRAPEUTE ET SON APPROCHE

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Décider de commencer une psychothérapie est une première étape. Trouver la personne et l’approche avec lesquelles ce travail pourra réellement se construire en est une autre.

Le choix peut sembler difficile. Les appellations sont nombreuses, les méthodes également, et les présentations professionnelles utilisent parfois un vocabulaire que le public connaît peu : TCC, approche systémique, psychodynamique, humaniste, intégrative, EMDR, ACT, thérapie des schémas, Gestalt, hypnose…

À cela s’ajoutent les recommandations de l’entourage, les témoignages sur Internet et les promesses parfois très affirmatives de certains praticiens.

Il n’existe pourtant pas un psychothérapeute idéal pour tout le monde.

Une méthode peut être pertinente pour une difficulté sans convenir à la personne qui la consulte. Un professionnel compétent peut également ne pas constituer le bon interlocuteur pour un patient particulier.

Choisir une psychothérapie, ce n’est pas chercher le thérapeute parfait. C’est rechercher une combinaison suffisamment adaptée entre une personne, une difficulté, une méthode, un professionnel et une relation de travail.

Commencer par préciser ce que l’on cherche

Il n’est pas nécessaire de connaître son diagnostic ou de savoir exactement quelle thérapie choisir avant de prendre rendez-vous.

Mais quelques questions peuvent aider.

Pourquoi est-ce que je souhaite consulter maintenant ?

Qu’est-ce qui me fait souffrir ou me limite ?

Depuis combien de temps ?

Est-ce que je cherche principalement à comprendre ce qui m’arrive, à modifier un comportement précis, à traverser une période difficile, à travailler sur un traumatisme, à améliorer mes relations ou à résoudre une difficulté particulière ?

La réponse peut rester imparfaite.

« Je ne vais pas bien et je ne sais pas exactement pourquoi » constitue déjà une raison valable de consulter.

Le premier entretien sert aussi à clarifier la demande.

Psychologue, psychiatre, psychothérapeute : ne pas tout confondre

Les appellations professionnelles ne sont pas interchangeables.

Un psychiatre est un médecin spécialisé en psychiatrie. Il peut établir un diagnostic médical, prescrire des médicaments et assurer différents types de prise en charge. Certains psychiatres pratiquent également la psychothérapie.

Un psychologue a suivi une formation universitaire en psychologie correspondant au cadre réglementaire de son pays. Tous les psychologues n’exercent pas nécessairement comme psychothérapeutes.

Le terme psychothérapeute renvoie à l’exercice de la psychothérapie, mais les règles permettant d’utiliser ce titre dépendent de la législation du pays.

D’autres appellations peuvent relever de cadres professionnels différents.

Avant de choisir, il est donc utile de vérifier ce que signifie concrètement le titre utilisé là où l’on vit plutôt que de supposer que toutes les dénominations garantissent la même formation.

Le titre ne dit pas tout

Une qualification constitue une information importante.

Elle ne répond cependant pas à toutes les questions.

Deux professionnels possédant la même formation initiale peuvent avoir développé des compétences très différentes.

L’un travaille principalement avec les enfants.

Un autre accompagne surtout les couples.

Un troisième s’est spécialisé dans certains traumatismes ou certaines problématiques anxieuses.

Il est donc pertinent de regarder à la fois la formation générale et l’expérience concernant le type de difficulté pour lequel on consulte.

La spécialisation ne doit pas non plus devenir une simple formule commerciale.

Dire « spécialiste de tout » finit par ne plus signifier grand-chose.

Comprendre l’orientation thérapeutique

Le thérapeute devrait pouvoir expliquer son approche avec des mots compréhensibles.

Il n’est pas nécessaire que le patient maîtrise la théorie.

Mais il peut demander :

« Comment travaillez-vous généralement avec ce type de difficulté ? »

« Quelle est votre approche ? »

« Que se passe-t-il pendant les séances ? »

« Est-ce que vous proposez des exercices entre les rendez-vous ? »

« Travaillez-vous plutôt sur le présent, sur l’histoire personnelle, sur les relations, sur les émotions ? »

Un professionnel sérieux devrait pouvoir expliquer son travail sans exiger une confiance aveugle.

Choisir une approche adaptée à la problématique

Toutes les psychothérapies ne possèdent pas exactement les mêmes objectifs ni les mêmes données concernant leur efficacité dans différentes situations.

Pour certaines problématiques, des approches ont été particulièrement étudiées.

Cela ne signifie pas qu’une seule méthode est possible.

Mais lorsque des connaissances solides existent, elles constituent une information pertinente dans le choix.

À l’inverse, le simple fait qu’une méthode soit nouvelle, spectaculaire ou très présente sur les réseaux sociaux ne démontre pas qu’elle soit supérieure.

Une pratique peut être intéressante sans avoir été suffisamment étudiée.

Le niveau de preuve fait partie des éléments à considérer, sans être le seul.

Les préférences de la personne comptent aussi

Une thérapie théoriquement adaptée devient difficile à suivre si son fonctionnement est totalement incompatible avec ce que la personne peut investir.

Certaines apprécient une démarche structurée.

Elles veulent comprendre l’objectif des séances, observer leurs progrès et éventuellement réaliser des exercices.

D’autres ont besoin d’un espace plus exploratoire.

Certaines se sentent à l’aise avec les médiations corporelles ou créatives.

D’autres les trouvent artificielles.

Ces préférences ne doivent pas être transformées en exigences absolues, car une psychothérapie comporte parfois des expériences inhabituelles ou inconfortables.

Mais elles comptent dans la possibilité de construire une alliance durable.

Le premier contact

Avant même la première séance, certains éléments apparaissent.

Les informations sont-elles claires ?

Les modalités de rendez-vous sont-elles compréhensibles ?

Les honoraires sont-ils annoncés ?

Les conditions d’annulation sont-elles précisées ?

Le professionnel répond-il de manière respectueuse ?

Ces éléments ne permettent pas d’évaluer toute la qualité thérapeutique.

Ils donnent néanmoins une première indication sur le cadre.

Un thérapeute peut naturellement avoir un délai de réponse ou ne pas être disponible immédiatement.

La disponibilité permanente n’est pas un critère de compétence.

La première séance

Le premier rendez-vous permet généralement de présenter la situation, comprendre la demande et commencer à déterminer si un travail ensemble paraît pertinent.

Le thérapeute peut poser des questions sur la difficulté actuelle, son évolution, certains éléments de l’histoire personnelle, les relations, la santé ou les accompagnements antérieurs.

Tout ne doit pas nécessairement être raconté immédiatement.

La personne conserve le droit de dire :

« Je ne suis pas encore prête à parler de cela. »

Le thérapeute peut expliquer pourquoi une information lui semble importante sans forcer une confidence.

Peut-on savoir dès la première séance ?

Parfois, oui.

Un comportement manifestement irrespectueux ou une transgression importante peut suffire pour décider de ne pas poursuivre.

Mais dans de nombreux cas, la réponse est moins immédiate.

Une première rencontre peut être inconfortable simplement parce qu’il est difficile de parler de soi à un inconnu.

Inversement, ressentir immédiatement une grande sympathie ne garantit pas que la thérapie sera efficace.

Il peut être utile de distinguer :

« Cette situation est nouvelle et me met mal à l’aise »

de :

« Je ne me sens pas respecté ou en sécurité avec cette personne. »

Quelques rencontres peuvent parfois être nécessaires pour évaluer la possibilité d’une collaboration.

Se sentir en sécurité

La sécurité thérapeutique ne signifie pas que toutes les séances seront agréables.

Une psychothérapie peut conduire à parler de sujets difficiles, remettre en question certaines habitudes ou rencontrer des émotions douloureuses.

La sécurité signifie plutôt qu’il existe un cadre dans lequel cet inconfort peut être travaillé sans humiliation, menace ou exploitation.

La personne doit pouvoir poser une question, exprimer une incompréhension ou dire qu’une intervention lui a déplu.

Un thérapeute qui ne supporte aucune remise en question rend cette sécurité difficile.

Une thérapie n’est pas un rapport d’obéissance

Le professionnel possède des compétences que le patient vient chercher.

Cette expertise ne lui donne pas une autorité générale sur la vie de la personne.

Il peut proposer, expliquer, questionner et parfois confronter.

Mais il ne devient pas celui qui décide avec qui le patient doit vivre, quelles convictions il doit adopter ou quelle personne il doit devenir.

Certaines décisions appartiennent à la personne qui en assumera les conséquences.

Un thérapeute peut aider à les éclairer.

Il ne devrait pas confisquer leur responsabilité.

Les questions que l’on peut poser

Il est légitime de demander au thérapeute quelle formation il possède pour la méthode qu’il utilise.

Cette question devient particulièrement importante lorsqu’il propose une technique spécifique nécessitant une formation complémentaire.

On peut également demander comment il envisage le travail, sa fréquence habituelle, ses modalités ou la manière dont les objectifs seront réévalués.

Demander ces informations n’est pas une marque de méfiance excessive.

Une relation professionnelle peut supporter des questions sur son propre fonctionnement.

Les honoraires

Le coût influence nécessairement le choix d’une psychothérapie.

Une thérapie excellente mais financièrement impossible à poursuivre n’est pas réellement accessible à la personne.

Il est donc utile de connaître dès le départ le prix, les modalités de paiement, les éventuelles possibilités de remboursement et les règles concernant les séances annulées.

Les systèmes de prise en charge diffèrent selon les pays, les assurances et les dispositifs disponibles.

Il peut être nécessaire de rechercher les solutions correspondant à sa situation.

Parler du prix n’est pas contraire à la dimension humaine de la psychothérapie.

Le cadre financier fait partie de la relation professionnelle.

Présentiel ou psychothérapie à distance

Les consultations par visioconférence ont considérablement développé les possibilités de psychothérapie à distance.

Pour certaines personnes, elles facilitent l’accès à un professionnel en supprimant les déplacements ou les contraintes géographiques.

D’autres préfèrent nettement la présence physique.

Le choix dépend de la situation, de la méthode, des préférences et parfois de la nature des difficultés.

Un espace suffisamment privé reste nécessaire.

Suivre une séance depuis un lieu où plusieurs personnes peuvent entendre la conversation peut empêcher une parole libre.

Certaines situations demandent également une organisation particulière lorsqu’un soutien urgent pourrait devenir nécessaire.

Les promesses spectaculaires

La prudence est particulièrement importante devant les garanties de résultat.

« Guérison en trois séances. »

« Méthode efficace à 100 %. »

« Cette technique traite toutes les blessures émotionnelles. »

« Une séance suffit pour éliminer définitivement votre traumatisme. »

Une psychothérapie sérieuse ne peut pas garantir de cette manière la réaction d’une personne particulière.

Certaines interventions peuvent être relativement brèves et certains changements rapides.

Mais promettre à l’avance un résultat certain constitue autre chose.

La souffrance psychologique ne se prête pas aux garanties commerciales absolues.

Le thérapeute qui explique tout par une seule cause

Autre signal de prudence : les modèles qui attribuent presque toutes les difficultés à une cause unique.

Tout viendrait de l’enfance.

Ou du traumatisme.

Ou du corps.

Ou de la famille.

Ou d’une pensée incorrecte.

Ou d’une énergie bloquée.

Un modèle peut éclairer puissamment certaines situations sans expliquer toute l’existence humaine.

Un thérapeute devrait pouvoir reconnaître les limites de son approche.

Le thérapeute qui sait immédiatement tout sur vous

Une personne raconte quelques éléments et le professionnel annonce presque immédiatement :

« Je sais exactement ce qui vous arrive. »

Une telle certitude peut être séduisante.

Être compris très rapidement procure parfois un immense soulagement.

Mais une compréhension sérieuse se construit souvent progressivement.

La prudence est particulièrement nécessaire lorsqu’un thérapeute affirme connaître des événements de l’histoire du patient dont celui-ci ne possède lui-même aucun souvenir ou lorsqu’il transforme une hypothèse en certitude.

La psychothérapie peut explorer.

Elle ne doit pas fabriquer une biographie à la place de la personne.

Les frontières professionnelles

Certaines limites constituent des protections importantes.

Le thérapeute ne devrait pas utiliser le patient pour répondre à ses propres besoins affectifs, financiers ou personnels.

La relation ne doit pas devenir sexuelle ou amoureuse.

Le professionnel ne devrait pas non plus demander au patient de lui rendre des services personnels, l’impliquer excessivement dans sa propre vie ou utiliser les informations confidentielles à son avantage.

La chaleur relationnelle n’exige pas la disparition des frontières.

Au contraire, un cadre clair protège la possibilité même du travail thérapeutique.

Attention à la dépendance organisée

Une psychothérapie peut durer longtemps lorsqu’un travail approfondi le nécessite.

La durée n’est donc pas en elle-même un signe de problème.

Mais une thérapie ne devrait pas maintenir artificiellement la conviction que la personne est incapable de vivre sans son thérapeute.

Des phrases comme :

« Si vous arrêtez maintenant, vous allez vous effondrer »

méritent d’être examinées très attentivement lorsqu’elles ne reposent pas sur une situation clinique précise et expliquée.

Le thérapeute peut discuter des risques d’un arrêt prématuré.

Il ne devrait pas utiliser la peur pour garantir la continuité de la relation.

Lorsque le thérapeute critique tous les autres professionnels

Un professionnel peut avoir des désaccords théoriques avec certaines approches.

C’est normal.

Il devient plus inquiétant lorsqu’il affirme être pratiquement le seul à comprendre réellement le problème et dévalorise systématiquement médecins, psychologues, anciens thérapeutes ou autres intervenants.

L’isolement augmente la dépendance.

Un professionnel sérieux peut défendre son approche sans avoir besoin de présenter tous les autres comme incompétents.

Le thérapeute et les convictions personnelles

La psychothérapie peut naturellement aborder les valeurs, la religion, la spiritualité, la politique, la famille, la sexualité ou d’autres dimensions importantes de la vie.

Le thérapeute n’a pas pour mission d’imposer ses propres convictions.

Il peut aider la personne à comprendre ce qu’elle croit, ce qu’elle souhaite et comment elle veut vivre.

Cela vaut dans les deux directions.

Il ne devrait ni imposer une croyance spirituelle ni considérer automatiquement toute spiritualité comme un problème psychologique.

Il ne devrait ni imposer un modèle familial ni considérer qu’un seul mode de vie constitue nécessairement la preuve d’une bonne santé psychologique.

La personne reste propriétaire de ses valeurs.

Quand une méthode ne fonctionne pas

Une absence d’amélioration ne signifie pas automatiquement que le patient « résiste ».

Plusieurs hypothèses doivent pouvoir être examinées.

Le travail a peut-être besoin de davantage de temps.

L’objectif est peut-être mal défini.

La méthode peut être inadéquate.

Une autre difficulté peut avoir été sous-estimée.

La relation thérapeutique peut poser problème.

La personne peut également ne pas être en mesure d’investir le travail à ce moment de sa vie.

Une thérapie sérieuse doit pouvoir réexaminer son propre fonctionnement.

Changer de thérapeute

Changer n’est pas nécessairement abandonner la psychothérapie.

Parfois, la relation ne fonctionne pas.

Parfois, un professionnel reconnaît lui-même que la situation dépasse ses compétences.

Parfois encore, la personne évolue et a besoin d’une autre forme de travail.

Lorsque cela est possible, parler de la décision avant de partir peut être utile.

Mais personne n’est obligé de rester dans une relation thérapeutique simplement pour protéger le thérapeute d’un sentiment de rejet.

Le patient n’est pas responsable du bien-être émotionnel du professionnel.

Et si plusieurs approches semblent convenir ?

C’est fréquent.

Il n’existe pas toujours une méthode unique objectivement supérieure pour une personne donnée.

On peut alors examiner plusieurs critères :

la nature du problème ;

les connaissances disponibles sur les différentes approches ;

les préférences personnelles ;

l’expérience du thérapeute ;

la qualité de l’alliance ;

l’accessibilité pratique et financière.

Le choix peut également être réévalué.

Commencer une approche ne constitue pas un engagement irrévocable.

Une bonne question : « Qu’allons-nous faire ensemble ? »

Au-delà des titres et des écoles, cette question résume une grande partie de l’enjeu.

Le thérapeute devrait progressivement pouvoir expliquer ce qu’il comprend de la difficulté et comment il propose de travailler.

Le patient devrait pouvoir dire ce qui lui semble pertinent, ce qu’il ne comprend pas et ce qui ne lui convient pas.

Une psychothérapie n’est ni un produit choisi uniquement dans un catalogue de méthodes ni une relation reposant exclusivement sur l’intuition.

Elle se construit.

À retenir

Choisir un psychothérapeute demande de considérer plusieurs dimensions : formation, compétences, méthode, expérience, cadre, objectifs, accessibilité et qualité de la relation thérapeutique.

Le titre professionnel compte, mais ne suffit pas. La sympathie compte, mais ne suffit pas davantage. Une méthode reconnue doit encore être correctement pratiquée et adaptée à la personne.

Les promesses absolues, l’absence de limites professionnelles, les explications universelles, l’imposition des convictions du thérapeute ou l’organisation d’une dépendance doivent inciter à la prudence.

Changer de professionnel n’est pas nécessairement un échec.

Le bon choix n’est pas celui d’un thérapeute supposé posséder toutes les réponses. C’est celui d’un professionnel suffisamment compétent et fiable pour construire avec la personne un travail compréhensible, respectueux et adapté — tout en sachant reconnaître ce qu’il peut faire, ce qu’il ne peut pas faire et quand une autre aide serait plus appropriée.

Contenu d’information générale. Les techniques de soin et leurs indications demandent une évaluation adaptée à la situation.