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BIOFEEDBACK

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BIOFEEDBACK

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Le biofeedback, ou rétroaction biologique, est une méthode qui permet à une personne d’observer en temps réel certaines réactions physiologiques de son organisme afin d’apprendre progressivement à les reconnaître et, dans certains cas, à les modifier volontairement.

Habituellement, une grande partie de notre fonctionnement physiologique reste en arrière-plan. Nous ne suivons pas consciemment chaque variation de notre rythme cardiaque, de notre respiration, de notre tension musculaire ou de notre activité électrodermale.

Le biofeedback rend certaines de ces informations visibles ou audibles grâce à des capteurs et à un dispositif de mesure.

La personne peut alors observer comment son organisme réagit lorsqu’elle respire différemment, se détend, pense à une situation stressante, contracte certains muscles ou utilise une stratégie particulière.

Le biofeedback ne demande pas de contrôler parfaitement son corps. Il permet surtout de rendre perceptibles certaines réactions habituellement peu conscientes afin d’apprendre progressivement comment elles évoluent et sur lesquelles il est parfois possible d’agir.

Le principe de la rétroaction

Nous apprenons plus facilement lorsque nous recevons une information sur le résultat de ce que nous faisons.

Si nous lançons une balle, nous voyons immédiatement où elle tombe et pouvons modifier notre geste au lancer suivant.

Certaines réactions corporelles sont beaucoup moins faciles à observer.

Une personne peut avoir l’impression d’être détendue alors qu’elle maintient une forte tension dans certains muscles. Elle peut également penser que sa respiration est régulière alors qu’elle devient rapide et superficielle dès qu’une situation stressante est évoquée.

Le biofeedback fournit une rétroaction.

Une courbe, un son, un chiffre ou une animation change en fonction du signal physiologique mesuré.

La personne peut ainsi comparer ce qu’elle ressent avec ce que le dispositif enregistre.

Ce que l’on peut mesurer

Il existe plusieurs formes de biofeedback.

Selon le matériel et l’objectif, les capteurs peuvent notamment enregistrer :

l’activité musculaire ;

la respiration ;

le rythme cardiaque et certaines de ses variations ;

la température périphérique ;

l’activité électrodermale liée notamment à la transpiration ;

certains signaux cérébraux dans le cas particulier du neurofeedback.

Ces mesures ne représentent pas directement une émotion.

Un appareil ne lit pas « la peur », « la colère » ou « le stress » comme des données parfaitement identifiables.

Il mesure un paramètre physiologique qui peut varier sous l’influence de nombreux facteurs.

L’interprétation doit donc rester prudente.

Biofeedback musculaire

Le biofeedback utilisant l’électromyographie de surface peut enregistrer l’activité de certains muscles.

Une personne peut ainsi découvrir qu’elle contracte presque continuellement une zone sans en avoir pleinement conscience.

Le signal lui permet d’observer ce qui se passe lorsqu’elle augmente volontairement la contraction puis lorsqu’elle cherche à la diminuer.

Cette comparaison facilite parfois l’apprentissage.

Il devient progressivement plus facile de reconnaître la différence entre tension et relâchement sans regarder constamment l’écran.

L’objectif final n’est donc pas de rester dépendant de l’appareil.

Le dispositif sert notamment à développer une perception plus fine de ce qui se passe dans le corps.

Respiration

La respiration constitue un autre paramètre fréquemment travaillé.

Un capteur peut permettre d’observer son rythme et ses modifications.

Une personne peut découvrir ce qui se passe lorsqu’elle accélère volontairement sa respiration puis lorsqu’elle adopte un rythme plus lent et confortable.

Le biofeedback rend alors visible une relation qui pourrait autrement rester abstraite.

Mais il ne s’agit pas de rechercher un rythme respiratoire universel qui conviendrait parfaitement à tout le monde.

La respiration doit rester adaptée à la personne, à la situation et à l’objectif poursuivi.

Rythme cardiaque et variabilité de la fréquence cardiaque

Certaines formes de biofeedback utilisent la fréquence cardiaque et particulièrement la variabilité de la fréquence cardiaque, souvent abrégée VFC ou HRV.

Le cœur ne bat pas comme un métronome parfaitement régulier.

L’intervalle entre deux battements varie.

Ces variations sont notamment influencées par le système nerveux autonome, la respiration, l’activité physique, l’état de santé et de nombreux autres facteurs.

Des exercices peuvent être utilisés pour observer les relations entre respiration et variations cardiaques.

La personne apprend progressivement à modifier certains paramètres grâce à la respiration et à la régulation de son activation physiologique.

La cohérence cardiaque et le biofeedback

La cohérence cardiaque est parfois associée au biofeedback de variabilité cardiaque.

Les deux notions ne sont pourtant pas strictement synonymes.

Des exercices respiratoires peuvent être pratiqués sans aucun appareil.

Le biofeedback ajoute une information mesurée permettant d’observer en temps réel la réponse physiologique.

Cette distinction est importante parce que l’appareil ne constitue pas l’objectif.

Il fournit une information destinée à faciliter un apprentissage.

Activité électrodermale

L’activité des glandes sudoripares modifie les propriétés électriques de la peau.

Ces variations peuvent être enregistrées par des capteurs.

L’activité électrodermale peut évoluer avec l’activation émotionnelle ou physiologique.

Elle a notamment été utilisée dans certains dispositifs de biofeedback liés à la gestion du stress.

Mais une augmentation du signal ne permet pas de conclure :

« Cette personne est anxieuse »

ou :

« Elle ment ».

De nombreux facteurs peuvent influencer la réponse physiologique.

Un signal corporel n’est pas une traduction parfaite de la pensée.

Température périphérique

La température mesurée au niveau des extrémités peut également varier en fonction de nombreux facteurs, notamment les modifications de la circulation périphérique.

Certaines méthodes de biofeedback apprennent à la personne à observer ces variations et à utiliser des techniques de relaxation ou d’imagerie.

Là encore, le but n’est pas d’obtenir un chiffre parfait.

La mesure sert à rendre visible une réponse corporelle et à expérimenter ce qui peut la modifier.

Du signal à l’apprentissage

Une séance de biofeedback ne consiste pas seulement à regarder une courbe.

Le professionnel peut proposer différentes stratégies.

Respirer autrement.

Relâcher certains muscles.

Modifier la posture.

Utiliser une image mentale.

Porter son attention sur une sensation.

La personne observe ensuite ce qui change.

Elle peut découvrir qu’une stratégie qu’elle croyait relaxante augmente en réalité sa tension musculaire.

Une autre, très simple, produit une modification beaucoup plus nette.

Le biofeedback permet ainsi une forme d’expérimentation individuelle.

Reconnaître les premiers signes d’activation

Certaines personnes ne remarquent leur tension qu’une fois celle-ci devenue très importante.

Elles passent subjectivement de :

« Tout va bien »

à :

« Je n’en peux plus. »

Entre les deux existaient pourtant de nombreux changements : respiration modifiée, mâchoire contractée, épaules tendues, accélération cardiaque ou agitation.

Le biofeedback peut aider à reconnaître plus tôt certains de ces signaux.

Cette reconnaissance permet parfois d’intervenir avant que l’activation n’atteigne son maximum.

L’apprentissage peut ensuite être transféré dans la vie quotidienne.

Biofeedback et stress

Le biofeedback est souvent associé à la gestion du stress.

Il peut aider à comprendre concrètement que le stress possède également une dimension corporelle.

Une pensée, une anticipation ou une situation peuvent produire des modifications physiologiques.

En retour, agir sur certains paramètres corporels peut influencer l’expérience globale.

Mais le biofeedback ne doit pas transformer toute situation de stress en problème de régulation individuelle.

Si la source du stress est une violence, un environnement professionnel destructeur ou une situation matérielle grave, apprendre à diminuer son activation physiologique peut aider momentanément sans résoudre la cause.

Le travail doit distinguer réguler la réaction et modifier la situation.

Biofeedback et anxiété

Dans certaines prises en charge de l’anxiété, le biofeedback peut permettre à la personne de mieux comprendre ses réactions physiologiques.

Une accélération cardiaque ou une tension musculaire peuvent être interprétées comme la preuve qu’un danger grave est imminent.

Observer ces réactions dans un cadre contrôlé peut parfois contribuer à les rendre moins mystérieuses.

Mais l’objectif n’est pas de surveiller continuellement le corps.

Chez une personne déjà très attentive à chaque sensation, une multiplication des mesures peut parfois renforcer la vigilance corporelle.

L’utilisation doit donc être adaptée au fonctionnement de la personne.

Biofeedback et douleur

Certaines techniques de biofeedback ont été utilisées dans la prise en charge de certaines douleurs et tensions musculaires.

L’apprentissage du relâchement musculaire ou de stratégies de régulation peut contribuer à modifier certains facteurs qui entretiennent ou aggravent l’expérience douloureuse.

Cela ne signifie pas que toute douleur serait provoquée par une tension psychologique.

Une douleur possède de nombreuses causes possibles.

Le biofeedback peut agir sur certaines composantes sans permettre de conclure que la cause médicale éventuelle a disparu.

Biofeedback et rééducation

Le biofeedback ne relève pas exclusivement de la psychothérapie.

Il peut également être utilisé dans différents domaines de rééducation.

Lorsqu’une personne voit ou entend le signal correspondant à l’activation d’un muscle, elle peut parfois apprendre plus facilement à produire ou ajuster un mouvement.

Cela illustre bien la nature de l’outil : le biofeedback est une méthode d’apprentissage par information physiologique, dont les applications dépassent le seul domaine psychologique.

Dans notre chapitre Psychothérapie, nous nous intéressons principalement à son utilisation lorsqu’il accompagne un travail de régulation psychophysiologique.

Le neurofeedback

Le neurofeedback peut être considéré comme une forme particulière de biofeedback utilisant des informations liées à l’activité cérébrale, le plus souvent enregistrées par électroencéphalographie.

La personne reçoit une rétroaction correspondant à certains paramètres du signal enregistré.

Des programmes de neurofeedback sont proposés pour différentes difficultés.

Cependant, les affirmations commerciales dépassent parfois largement ce que permettent d’établir les connaissances disponibles.

Toutes les indications revendiquées ne possèdent pas le même niveau de preuve, et les protocoles sont très variables.

Il faut donc distinguer la recherche scientifique, les utilisations cliniques étudiées et les promesses selon lesquelles le neurofeedback permettrait de « reprogrammer le cerveau » ou d’optimiser presque toutes les fonctions humaines.

Le cerveau ne se résume pas à quelques courbes affichées sur un écran.

Les appareils destinés au grand public

Montres connectées, bracelets, applications et capteurs domestiques donnent aujourd’hui accès à de nombreuses informations physiologiques.

Certains dispositifs utilisent le terme biofeedback.

Ils peuvent être intéressants pour observer certains paramètres ou accompagner des exercices.

Mais la précision, la validation et la signification des mesures varient fortement selon les appareils.

Une donnée affichée avec deux décimales n’est pas nécessairement une donnée cliniquement pertinente.

La sophistication visuelle d’une application ne garantit pas la qualité de la mesure.

Quand mesurer devient une obsession

L’accès permanent aux données corporelles possède un risque particulier.

Une personne peut commencer à vouloir obtenir chaque jour le « bon » chiffre.

Elle vérifie son rythme cardiaque, sa variabilité, son sommeil, sa respiration et son niveau supposé de stress.

Une méthode destinée à améliorer la conscience corporelle peut alors produire l’effet inverse : la personne ne fait plus confiance à son ressenti sans consulter l’appareil.

« Je me sens bien, mais ma montre dit que mon stress est élevé, donc quelque chose ne va pas. »

L’outil commence alors à gouverner l’expérience.

Le biofeedback devrait idéalement augmenter l’autonomie, pas créer une dépendance à la mesure.

Apprendre puis se détacher du dispositif

L’un des objectifs importants est le transfert de l’apprentissage.

Au début, la personne observe la courbe.

Puis elle commence à reconnaître intérieurement les sensations associées à certains changements.

Progressivement, elle peut utiliser ce qu’elle a appris sans capteur.

Elle remarque que ses épaules se contractent.

Elle reconnaît une respiration devenue très superficielle.

Elle utilise une stratégie apprise.

L’appareil a rempli sa fonction lorsqu’il a aidé à développer une compétence qui peut ensuite exister en dehors de lui.

Biofeedback et psychothérapie

Le biofeedback peut être utilisé seul dans certains contextes d’apprentissage ou de rééducation.

Il peut également être intégré à une psychothérapie.

Dans ce second cas, il ne remplace pas nécessairement le travail sur les pensées, émotions, comportements, relations ou expériences à l’origine de certaines difficultés.

Une personne peut apprendre à réduire son activation physiologique pendant un conflit tout en ayant encore besoin de comprendre pourquoi elle se retrouve continuellement dans les mêmes relations conflictuelles.

Le biofeedback intervient alors sur une partie du problème.

Cette place limitée n’enlève rien à son intérêt.

Un outil n’a pas besoin de tout faire pour être utile.

La qualité du professionnel et du dispositif

L’utilisation sérieuse du biofeedback demande de comprendre ce qui est mesuré, les limites du signal et les objectifs de l’intervention.

Un graphique peut impressionner.

Il ne doit pas être utilisé pour donner une apparence scientifique à une interprétation qui ne l’est pas.

Le professionnel doit pouvoir expliquer :

ce que le capteur mesure réellement ;

ce qu’il ne mesure pas ;

pourquoi cette mesure est utilisée ;

et ce que l’on cherche à apprendre.

Plus la technologie semble sophistiquée, plus cette transparence est importante.

Ce que le biofeedback ne permet pas de faire

Le biofeedback ne lit pas les pensées.

Il ne révèle pas automatiquement les émotions cachées.

Il ne permet pas d’établir à lui seul un diagnostic psychologique.

Il ne fournit pas une mesure universelle du « niveau de bien-être ».

Il ne transforme pas non plus la maîtrise physiologique en contrôle total des émotions.

Nous restons des organismes vivants soumis à des variations.

L’objectif n’est pas d’obtenir une courbe parfaitement stable.

Une réaction physiologique peut être normale et adaptée à la situation.

Le but est plutôt d’acquérir davantage de conscience et, lorsque cela est possible et utile, une plus grande capacité de régulation.

À retenir

Le biofeedback rend visibles ou audibles certaines réactions physiologiques afin de faciliter leur observation et l’apprentissage de stratégies permettant parfois de les modifier.

Il peut concerner notamment l’activité musculaire, la respiration, le rythme cardiaque, la variabilité cardiaque, l’activité électrodermale ou la température périphérique. Le neurofeedback en constitue une forme particulière centrée sur certains signaux cérébraux.

La mesure n’est pas une lecture directe des émotions et l’appareil ne doit pas devenir une autorité supérieure au ressenti de la personne.

Dans un cadre psychothérapeutique, le biofeedback peut constituer un outil utile de compréhension et de régulation psychophysiologique sans prétendre expliquer ou traiter à lui seul toutes les dimensions d’une difficulté.

Son objectif le plus intéressant n’est finalement pas de rendre la personne meilleure devant une machine, mais de lui permettre de mieux reconnaître ce qui se passe en elle afin qu’elle puisse progressivement utiliser cet apprentissage lorsque la machine n’est plus là.

Contenu d’information générale. Les techniques de soin et leurs indications demandent une évaluation adaptée à la situation.