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TEMPÉRAMENT

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TEMPÉRAMENT

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Le tempérament désigne certaines tendances relativement précoces et stables dans notre manière de réagir au monde. Certaines personnes sont spontanément très actives, d’autres plus calmes ; certaines recherchent facilement la nouveauté, tandis que d’autres ont besoin de davantage de temps avant de s’adapter ; certaines réagissent intensément aux stimulations, alors que d’autres semblent moins facilement perturbées.

Ces différences peuvent être observées très tôt dans la vie, avant même que l’éducation, les expériences et les choix personnels aient eu le temps de construire toute la complexité de la personnalité.

Mais parler de tempérament ne signifie pas affirmer que tout serait déterminé dès la naissance. Une disposition initiale rencontre ensuite une histoire, un environnement, des relations, une culture et des apprentissages.

Le tempérament donne certaines tendances de départ ; il n’écrit pas à lui seul le scénario de toute une vie.

Tempérament et personnalité ne sont pas synonymes

Les deux notions sont proches, mais elles ne désignent pas exactement la même chose.

Le tempérament renvoie généralement aux tendances les plus précoces du fonctionnement : niveau d’activité, intensité des réactions, capacité d’adaptation, sensibilité à certaines stimulations ou manière d’approcher la nouveauté.

La personnalité constitue un ensemble beaucoup plus large. Elle se construit progressivement à partir du tempérament mais également des expériences, de l’éducation, des relations, des valeurs, des apprentissages et de la manière dont la personne interprète son histoire.

Deux enfants présentant des dispositions tempéramentales comparables peuvent donc devenir des adultes très différents.

Le tempérament influence le terrain. Il ne suffit pas à expliquer tout ce qui y poussera.

Des différences visibles très tôt

Les adultes qui s’occupent de plusieurs enfants constatent souvent que ceux-ci ne réagissent pas tous de la même manière, même lorsqu’ils grandissent dans un environnement comparable.

Un bébé peut s’adapter assez facilement aux changements de rythme, tandis qu’un autre réagit fortement à la moindre modification. Un enfant entre rapidement dans un groupe inconnu ; un autre observe longuement avant de participer.

Ces différences ne permettent évidemment pas de prédire précisément la personnalité adulte.

Elles montrent cependant que l’enfant n’arrive pas dans le monde comme une page totalement blanche.

Il possède déjà certaines manières de réagir qui influenceront ensuite ses interactions avec son environnement.

Et cet environnement réagira, à son tour, à ce tempérament.

Le tempérament rencontre l’environnement

Une caractéristique ne produit pas les mêmes conséquences dans tous les contextes.

Un enfant très actif peut être valorisé dans un environnement qui offre beaucoup de mouvement et devenir continuellement réprimandé dans un cadre exigeant une immobilité prolongée.

Un enfant prudent peut être considéré comme réfléchi par une famille et comme trop timide par une autre.

La même disposition reçoit donc des réponses différentes.

Ces réactions participent progressivement à la construction de l’image que l’enfant développe de lui-même.

S’il entend continuellement qu’il est « difficile », « trop sensible », « trop lent » ou « impossible à tenir », il peut finir par transformer une caractéristique de fonctionnement en jugement sur sa valeur.

Une partie importante du développement dépend ainsi de l’ajustement entre les caractéristiques de l’individu et celles de son environnement.

Activité, intensité et réactivité

Certaines dimensions tempéramentales concernent le niveau d’activité.

Des personnes semblent avoir naturellement besoin de davantage de mouvement ou de stimulation. D’autres apprécient plus facilement les activités calmes et prolongées.

L’intensité des réactions peut également varier.

Deux enfants peuvent être contrariés par la même situation sans manifester leur frustration de la même manière. L’un réagit immédiatement et fortement ; l’autre exprime beaucoup moins extérieurement ce qu’il ressent.

Il faut cependant éviter une confusion fréquente : une réaction discrète ne signifie pas nécessairement une émotion faible.

Le comportement observable ne permet pas toujours de mesurer précisément l’expérience intérieure.

Avec le développement, nous apprenons également à moduler l’expression de nos réactions. Le tempérament continue à participer au fonctionnement, mais il n’agit plus seul.

Approcher ou observer avant d’agir

Face à une situation nouvelle, certaines personnes s’engagent rapidement.

Elles explorent, posent des questions et entrent facilement en interaction.

D’autres commencent par observer.

Elles ont besoin de comprendre l’environnement, de regarder les personnes présentes ou de savoir ce qui va se passer avant de participer.

Cette prudence initiale est parfois immédiatement qualifiée de timidité.

Pourtant, observer avant d’agir peut simplement correspondre à une manière différente d’entrer dans la nouveauté.

Une personne peut avoir besoin de vingt minutes avant de se sentir à l’aise puis participer pleinement.

Le problème apparaît surtout lorsque l’entourage transforme continuellement ce rythme en défaut et pousse la personne à fonctionner comme si une seule vitesse d’adaptation était correcte.

Adaptabilité et changement

Nous ne réagissons pas tous de la même manière aux modifications de programme, aux transitions ou aux imprévus.

Certaines personnes réorganisent rapidement leurs plans. D’autres ont besoin d’un temps d’ajustement plus important.

Cette différence peut être visible dès l’enfance et continuer sous différentes formes à l’âge adulte.

Avoir besoin de préparation n’implique pas nécessairement une incapacité à s’adapter.

Une personne peut très bien s’adapter lorsqu’elle dispose de quelques informations supplémentaires ou d’un délai permettant de réorganiser mentalement ce qui était prévu.

À l’inverse, une personne très à l’aise avec l’improvisation peut rencontrer d’autres difficultés, notamment lorsqu’une situation exige une organisation très rigoureuse.

Chaque fonctionnement possède des contextes dans lesquels il devient plus facile ou plus exigeant.

Tempérament et émotions

Le tempérament peut influencer la rapidité avec laquelle certaines émotions apparaissent et leur intensité.

Une personne très réactive peut ressentir rapidement enthousiasme, colère, peur ou frustration.

Mais la réaction initiale et la manière de gérer cette réaction sont deux choses différentes.

C’est ici qu’intervient notamment la régulation émotionnelle.

Avec le temps, nous pouvons apprendre à reconnaître une émotion, attendre avant d’agir, modifier certaines interprétations ou choisir la manière dont nous voulons exprimer ce que nous ressentons.

Nous ne décidons pas toujours de la première réaction qui apparaît.

Nous disposons néanmoins d’une marge croissante concernant ce que nous en faisons.

C’est pourquoi le tempérament ne doit jamais servir d’excuse générale : « Je suis comme ça » ne suffit pas à justifier n’importe quel comportement.

Les étiquettes peuvent enfermer

Les adultes utilisent facilement des mots pour décrire les enfants.

« C’est le calme. »

« C’est la nerveuse. »

« Lui, c’est le timide. »

« Elle a toujours été difficile. »

Ces descriptions semblent anodines mais peuvent devenir des identités.

L’enfant apprend non seulement comment les autres le voient, mais aussi ce qu’ils attendent de lui.

Celui qui est considéré comme turbulent peut être remarqué davantage lorsqu’il dérange que lorsqu’il reste calme. Celui qui est qualifié de timide peut être présenté comme tel avant même d’avoir eu l’occasion de parler.

L’étiquette finit alors par sélectionner les comportements que l’entourage remarque.

Décrire une tendance peut être utile. Enfermer une personne dans cette tendance l’est beaucoup moins.

Un tempérament n’est ni bon ni mauvais

Nous avons tendance à valoriser les caractéristiques qui correspondent aux attentes d’un contexte.

Dans certaines situations, la prudence est une qualité. Dans d’autres, la rapidité d’action est davantage récompensée.

Une forte persévérance peut permettre d’aller très loin dans un projet, mais devenir rigidité lorsqu’il faudrait changer de direction. Une grande sensibilité à l’environnement peut favoriser la perception de nuances tout en augmentant la fatigue dans certains contextes très stimulants.

Il est donc difficile de classer les tempéraments sur une échelle allant du meilleur au pire.

Une caractéristique produit des avantages et des difficultés différents selon la situation.

La question utile n’est pas seulement « quel est mon tempérament ? », mais également « dans quels environnements ce fonctionnement devient-il une ressource et dans lesquels demande-t-il davantage d’adaptation ? »

Tempérament, introversion et sensibilité

Plusieurs notions peuvent se recouper sans être interchangeables.

L’introversion et l’extraversion concernent certains aspects de la personnalité et de la manière de rechercher ou vivre les interactions et les stimulations.

La sensibilité peut concerner différentes formes de réactivité émotionnelle ou sensorielle.

Le tempérament constitue une notion plus générale permettant de décrire certaines dispositions précoces.

Il serait donc trop simple de conclure qu’un enfant prudent deviendra nécessairement introverti ou qu’un enfant très réactif sera obligatoirement hypersensible à l’âge adulte.

Le développement transforme, nuance et combine les caractéristiques initiales.

Les chapitres Introversion, extraversion et sociabilité et Sensibilité et hypersensibilité permettent d’approfondir ces dimensions sans les confondre.

Le tempérament peut évoluer dans son expression

Parler de stabilité ne signifie pas immobilité.

Une personne peut conserver une tendance à réagir intensément tout en apprenant à mieux réguler ses réactions. Elle peut rester prudente face aux situations nouvelles tout en développant suffisamment de confiance pour les affronter.

Les expériences modifient également les comportements.

Quelqu’un qui a longtemps évité certaines situations peut devenir plus audacieux après avoir accumulé des expériences positives. Une personne très spontanée peut apprendre à ralentir lorsqu’elle découvre les avantages de la préparation.

Le tempérament continue parfois à être perceptible sous ces apprentissages, mais son expression devient plus flexible.

Nous ne sommes donc pas condamnés à reproduire toute notre vie notre première manière de réagir au monde.

Se connaître sans se limiter

Comprendre son tempérament peut permettre d’organiser plus intelligemment certaines situations.

Une personne qui sait qu’elle a besoin d’un temps d’adaptation peut anticiper les transitions importantes. Celle qui recherche beaucoup de stimulation peut reconnaître qu’un environnement trop monotone lui demande davantage d’effort.

Cette connaissance devient utile lorsqu’elle permet d’agir.

Elle devient limitante lorsqu’elle sert à construire des interdictions : « Je suis comme cela, donc je ne pourrai jamais faire ceci. »

Nos tendances ne définissent pas exactement nos possibilités.

Nous pouvons travailler avec notre fonctionnement plutôt que contre lui tout en continuant à développer des capacités qui ne sont pas spontanément les plus faciles.

À retenir

Le tempérament correspond à certaines tendances précoces et relativement stables dans notre manière de réagir, de nous adapter, de rechercher la stimulation ou d’exprimer nos réactions.

Il participe à la construction de la personnalité mais ne la détermine pas. L’éducation, les expériences, les relations et les apprentissages transforment progressivement la manière dont ces dispositions s’expriment.

Aucun tempérament n’est intrinsèquement supérieur aux autres. Une même caractéristique peut devenir une force ou une difficulté selon le contexte dans lequel elle se manifeste.

Nous ne choisissons pas toutes les dispositions avec lesquelles nous commençons notre histoire. Mais entre ce point de départ et la personne que nous devenons, il reste toute la place de l’expérience, de l’apprentissage et de nos propres choix.

Contenu d’information générale. Les techniques de soin et leurs indications demandent une évaluation adaptée à la situation.