LA SANTÉ AVANT TOUT · Psychologie
INTELLIGENCE ÉMOTIONNELLE
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L’intelligence émotionnelle désigne la capacité à percevoir, comprendre et utiliser les informations apportées par les émotions, puis à réguler suffisamment ses réactions pour agir d’une manière adaptée à la situation. Elle concerne nos propres émotions, mais également notre capacité à repérer et comprendre celles des autres.
Le concept est devenu très populaire, au point d’être parfois présenté comme une sorte de qualité générale permettant de réussir sa vie, son couple ou sa carrière. Cette vision est excessive. L’intelligence émotionnelle ne remplace ni les capacités intellectuelles, ni les connaissances, ni l’expérience, ni les valeurs personnelles. Elle représente plutôt un ensemble de compétences permettant de mieux comprendre ce qui se passe dans notre vie émotionnelle et relationnelle.
Être émotionnellement intelligent ne signifie pas ressentir moins. Cela signifie comprendre suffisamment ce que l’on ressent pour ne pas être entièrement dirigé par ce que l’on ressent.
Comprendre ce que l’on éprouve
La première difficulté est parfois très simple : identifier correctement son émotion.
Une personne dit qu’elle est « énervée », mais derrière cette irritation peuvent se trouver de la peur, une humiliation, de la déception ou un sentiment d’impuissance. Une autre affirme qu’elle va mal sans parvenir à distinguer tristesse, anxiété, fatigue et frustration.
Plus notre vocabulaire émotionnel est précis, plus nous pouvons comprendre ce qui se passe. Dire « je suis jaloux parce que j’ai peur de perdre cette relation » apporte davantage d’informations que « je suis mal ». Cette précision ne fait pas disparaître l’émotion, mais elle permet d’en examiner plus clairement la signification.
Identifier une émotion ne signifie toutefois pas que notre première interprétation est nécessairement correcte. Nous pouvons parfaitement reconnaître notre peur et nous tromper sur l’existence réelle d’un danger.
L’émotion est une information, pas un verdict
Les émotions nous renseignent sur la manière dont nous percevons une situation. Elles ne constituent pas automatiquement une description objective de cette situation.
La jalousie peut signaler la peur de perdre une relation sans prouver une infidélité. La culpabilité peut indiquer que nous pensons avoir transgressé une valeur sans démontrer que nous sommes réellement responsables. La peur peut nous alerter face à un danger, mais également apparaître dans une situation objectivement peu menaçante.
L’intelligence émotionnelle suppose donc de pouvoir tenir ensemble deux propositions : « ce que je ressens est réel » et « l’explication que je donne à ce que je ressens doit encore être vérifiée ».
Cette distinction évite deux erreurs opposées : mépriser les émotions comme irrationnelles ou les transformer en preuves incontestables.
Reconnaître les signaux du corps
Les émotions ne sont pas uniquement des pensées. Elles s’accompagnent souvent de modifications corporelles : accélération du rythme cardiaque, tension musculaire, chaleur, respiration différente, sensation dans l’estomac ou modification de l’énergie.
Apprendre à reconnaître ces signaux peut permettre d’identifier une réaction avant qu’elle atteigne une intensité très élevée. Certaines personnes découvrent ainsi qu’elles ne passent pas instantanément du calme à la colère : leur corps signalait depuis plusieurs minutes une tension croissante qu’elles n’avaient pas remarquée.
Cette observation ne nécessite pas de surveiller constamment son organisme. Il s’agit simplement de mieux connaître ses propres signes habituels afin de disposer d’un peu plus de temps entre l’apparition de l’émotion et l’action qui pourrait suivre.
Ressentir n’oblige pas à agir
Une émotion peut produire une forte tendance à l’action. La colère pousse parfois à attaquer, la peur à fuir, la honte à se cacher et la jalousie à vérifier ou contrôler.
Mais une tendance n’est pas un ordre.
Une personne émotionnellement compétente peut reconnaître : « j’ai très envie de lui envoyer immédiatement ce message » et décider néanmoins d’attendre. Elle ne nie pas sa colère ; elle évite simplement de lui confier entièrement la décision.
Cette capacité à introduire un espace entre émotion et comportement constitue une dimension importante de la régulation émotionnelle. Celle-ci sera développée dans son chapitre spécifique, car elle dépasse largement la simple maîtrise de soi.
Réguler n’est pas supprimer
La régulation émotionnelle est parfois comprise comme la capacité à rester calme en toutes circonstances. Une telle définition transformerait facilement l’intelligence émotionnelle en apprentissage de la dissimulation.
Or une émotion peut être exprimée sans être déversée sur les autres. Dire fermement que l’on est en colère n’est pas équivalent à insulter. Pleurer n’est pas une incapacité à gérer ses émotions. Reconnaître sa peur n’est pas perdre tout contrôle.
La régulation consiste davantage à ajuster l’expression et l’action au contexte qu’à empêcher l’émotion d’exister.
Une personne constamment impassible n’est donc pas nécessairement plus compétente émotionnellement qu’une personne expressive. Tout dépend de ce qui se passe réellement derrière cette apparence.
Comprendre les émotions des autres
L’intelligence émotionnelle possède également une dimension interpersonnelle. Le ton de la voix, les expressions du visage, les silences, les changements de comportement et le contexte fournissent des informations sur l’état émotionnel d’autrui.
Mais percevoir correctement les autres ne signifie pas lire dans leurs pensées.
Une personne silencieuse peut être triste, contrariée, préoccupée, fatiguée ou simplement concentrée. Croire que nous sommes particulièrement doués pour comprendre les gens peut même nous rendre moins prudents si nous cessons de vérifier nos hypothèses.
Une compétence relationnelle importante consiste donc à observer puis à demander : « tu sembles préoccupé, est-ce que quelque chose ne va pas ? » plutôt qu’à affirmer immédiatement : « je sais exactement ce que tu ressens ».
Empathie et intelligence émotionnelle
Les deux notions sont liées mais ne sont pas identiques.
L’empathie concerne notamment la capacité à comprendre ou ressentir quelque chose de l’expérience émotionnelle d’autrui. L’intelligence émotionnelle englobe plus largement l’identification, la compréhension et la gestion des informations émotionnelles.
Une personne peut percevoir très finement ce que ressent quelqu’un et être pourtant incapable de réguler sa propre réaction. À l’inverse, quelqu’un peut savoir gérer ses émotions sans être particulièrement sensible aux signaux relationnels.
Le chapitre consacré à l’empathie développe plus précisément cette distinction ainsi que les limites nécessaires pour ne pas confondre compréhension d’autrui et absorption de ses émotions.
L’intelligence émotionnelle ne garantit pas la bonté
Comprendre les émotions des autres peut servir à les aider, mais également à les influencer.
Une personne qui identifie parfaitement les peurs, besoins et vulnérabilités de son interlocuteur possède des informations relationnelles importantes. Ce qu’elle en fait dépend de ses intentions et de ses valeurs.
Il serait donc erroné de considérer automatiquement une grande habileté émotionnelle comme une preuve de bienveillance. Certaines formes de manipulation nécessitent précisément une bonne compréhension des réactions humaines.
Comprendre quelqu’un et vouloir son bien sont deux capacités différentes.
Les émotions dans les conflits
Lors d’un conflit, l’intelligence émotionnelle permet notamment de distinguer le problème concret de la réaction émotionnelle qu’il provoque.
Une discussion sur un retard peut rapidement devenir une dispute sur le respect, l’importance accordée à la relation ou le sentiment d’être continuellement négligé. Si les partenaires restent uniquement sur le fait initial, ils risquent de ne pas comprendre pourquoi la réaction semble disproportionnée.
Identifier l’enjeu émotionnel permet de mieux formuler ce qui se passe : « ce retard m’a blessé parce qu’il s’ajoute à plusieurs situations dans lesquelles j’ai eu l’impression de ne pas compter ».
Cela ne garantit pas l’accord. L’intelligence émotionnelle ne transforme pas tous les conflits en conversations harmonieuses. Elle permet surtout d’augmenter les chances de discuter du véritable problème plutôt que de multiplier les attaques autour de ses symptômes.
Savoir écouter sans immédiatement résoudre
Face à une personne en difficulté, nous sommes souvent tentés de proposer rapidement une solution. Cette réaction peut partir d’une intention excellente, mais elle ne correspond pas toujours au besoin du moment.
Parfois, l’autre connaît déjà les solutions possibles. Il a d’abord besoin de pouvoir expliquer ce qu’il vit et de se sentir entendu.
Une compétence émotionnelle consiste à distinguer les moments où une aide pratique est nécessaire de ceux où l’écoute constitue déjà une réponse importante. Demander « tu veux que je t’écoute ou que nous cherchions ensemble une solution ? » peut éviter beaucoup de malentendus.
Cela ne signifie pas qu’il faudrait écouter indéfiniment sans jamais agir. L’enjeu reste l’ajustement au besoin réel de la situation.
Communiquer une émotion sans accuser
Dire ce que l’on ressent peut améliorer la communication, mais la formule « je ressens » ne transforme pas automatiquement une accusation en communication saine.
« Je ressens que tu es égoïste » n’est pas réellement l’expression d’une émotion ; c’est un jugement présenté sous une forme émotionnelle.
Une formulation plus précise distingue l’événement, l’émotion et l’interprétation : « lorsque tu as pris cette décision sans m’en parler, je me suis senti mis à l’écart ».
Cette précision ne garantit pas que l’autre acceptera notre point de vue, mais elle permet de parler de notre expérience sans prétendre définir entièrement ses intentions.
L’intelligence émotionnelle dans le couple
Une relation intime confronte régulièrement deux fonctionnements émotionnels différents. L’un a besoin de parler immédiatement après un conflit, l’autre de temps avant de pouvoir organiser sa pensée. L’un exprime facilement son affection, l’autre davantage par des actes.
Considérer son propre fonctionnement comme la seule manière normale d’aimer ou de communiquer produit de nombreux malentendus.
L’intelligence émotionnelle relationnelle consiste notamment à connaître suffisamment son partenaire pour comprendre ses signaux sans supposer qu’il doit fonctionner exactement comme nous.
Elle implique également de rester capable de poser ses propres limites. Comprendre pourquoi un partenaire réagit d’une certaine manière n’oblige pas à accepter tous ses comportements.
Parents et enfants
Les enfants apprennent progressivement à reconnaître et réguler leurs émotions. Ils ont donc besoin d’adultes capables de les aider à mettre des mots sur ce qui se passe sans transformer chaque émotion en comportement acceptable.
Un enfant peut être extrêmement en colère et ne pas avoir le droit de frapper. Il peut être jaloux de son frère sans être mauvais. Il peut avoir peur d’une situation que l’adulte juge insignifiante sans que sa peur soit volontaire.
L’adulte peut ainsi reconnaître l’émotion tout en maintenant la limite : « je vois que tu es très en colère, mais tu ne peux pas frapper ».
Cette distinction apprend progressivement à l’enfant que les émotions peuvent être accueillies sans devoir être immédiatement exécutées.
L’éducation émotionnelle ne doit pas devenir une surveillance permanente
À force de valoriser la compréhension émotionnelle, on peut tomber dans l’excès inverse et demander continuellement à l’enfant d’identifier, expliquer et verbaliser tout ce qu’il ressent.
Tous les enfants n’ont pas envie de commenter chaque émotion au moment où elle apparaît. Certains ont besoin de temps, d’activité ou simplement d’un espace tranquille avant de pouvoir parler.
Développer l’intelligence émotionnelle ne consiste donc pas à transformer la vie familiale en analyse psychologique permanente.
L’enfant doit aussi pouvoir jouer, être de mauvaise humeur quelques minutes ou ne pas savoir exactement pourquoi il est contrarié.
L’intelligence émotionnelle au travail
Dans la vie professionnelle, les compétences émotionnelles peuvent faciliter la communication, la coopération, la gestion des désaccords et l’adaptation à des interlocuteurs différents.
Un responsable capable de percevoir qu’une équipe est épuisée peut adapter son mode de communication. Un salarié capable de recevoir une critique sans la transformer immédiatement en attaque personnelle peut utiliser plus facilement l’information qu’elle contient.
Mais l’intelligence émotionnelle ne doit pas devenir une exigence imposant aux salariés de rester agréables dans des conditions objectivement mauvaises.
Demander à quelqu’un de « mieux gérer ses émotions » ne résout ni une surcharge chronique, ni une injustice organisationnelle, ni un harcèlement. Une compétence personnelle ne doit pas servir à rendre l’individu responsable de ce qui relève de l’environnement.
Peut-on être trop sensible aux émotions des autres ?
Certaines personnes détectent très rapidement les changements d’humeur de leur entourage. Cette sensibilité peut faciliter les relations, mais elle peut aussi devenir épuisante lorsque la personne se sent responsable de rétablir immédiatement le bien-être de tout le monde.
Elle surveille les visages, les silences et les tons de voix afin de vérifier si quelqu’un est contrarié. Une modification minime déclenche la question : « qu’est-ce que j’ai fait ? »
Ce fonctionnement n’est pas nécessairement le signe d’une intelligence émotionnelle supérieure. Il peut parfois être lié à une habitude ancienne de vigilance dans un environnement où il était important d’anticiper l’humeur des autres.
Percevoir une émotion et s’en sentir responsable sont deux choses différentes.
Intelligence émotionnelle et hypersensibilité
Une grande intensité émotionnelle ne signifie pas automatiquement une grande intelligence émotionnelle.
Une personne peut ressentir extrêmement fort et avoir du mal à identifier ce qu’elle ressent ou à choisir comment agir. À l’inverse, quelqu’un dont les réactions sont moins intenses peut posséder une compréhension très fine des émotions.
Il faut donc éviter de confondre sensibilité, empathie, intensité émotionnelle et compétence émotionnelle. Ces dimensions peuvent se rencontrer chez une même personne, mais elles ne sont pas synonymes.
La sensibilité et l’hypersensibilité seront abordées dans un chapitre spécifique.
Intelligence émotionnelle et capacités intellectuelles
L’intelligence émotionnelle est parfois opposée au quotient intellectuel comme si l’être humain devait être soit intellectuellement brillant, soit émotionnellement compétent.
Cette opposition est artificielle. Les capacités cognitives et émotionnelles ne sont pas deux camps concurrents. Une personne peut présenter de grandes capacités intellectuelles et une excellente compréhension émotionnelle, être forte dans un domaine et moins dans l’autre, ou rencontrer des difficultés dans les deux.
De plus, raisonner très efficacement sur une émotion n’est pas toujours équivalent à la vivre et la réguler. Une personne peut produire une analyse extrêmement brillante de sa propre colère tout en continuant à agir sous son influence.
Comprendre intellectuellement son fonctionnement constitue une ressource, mais l’expérience émotionnelle ne se réduit pas à son explication.
Intellectualiser ses émotions
L’intellectualisation peut parfois permettre de prendre de la distance et d’organiser une expérience difficile. Elle devient plus limitante lorsqu’elle remplace systématiquement le contact avec l’émotion.
La personne explique parfaitement pourquoi elle est triste, décrit les mécanismes de son enfance, identifie les comportements de chacun et construit une analyse cohérente, mais ne peut jamais simplement reconnaître : « cette situation m’a fait mal ».
Il ne s’agit pas d’opposer pensée et émotion. L’objectif est précisément de permettre leur coopération.
Une bonne compréhension psychologique devrait nous aider à vivre nos émotions plus lucidement, non à construire un discours suffisamment sophistiqué pour ne plus avoir à les ressentir.
Peut-on développer son intelligence émotionnelle ?
Une partie de ces compétences peut évoluer avec l’expérience et l’apprentissage.
On peut enrichir son vocabulaire émotionnel, apprendre à repérer ses réactions corporelles, distinguer davantage émotion et interprétation, observer ses déclencheurs habituels et développer de nouvelles manières de communiquer.
Les relations elles-mêmes constituent un terrain d’apprentissage. Un conflit compris après coup peut fournir des informations utiles pour le suivant. Une réaction dont nous regrettons les conséquences peut devenir l’occasion d’identifier plus tôt les signes qui l’annonçaient.
Il ne s’agit pas d’atteindre une maîtrise émotionnelle parfaite. Une personne très compétente émotionnellement peut encore perdre patience, mal interpréter quelqu’un ou réagir d’une manière qu’elle regrettera ensuite.
La compétence se manifeste aussi dans la capacité à reconnaître cette erreur et à réparer.
Le piège de la performance émotionnelle
Lorsque l’intelligence émotionnelle devient une qualité socialement valorisée, une nouvelle pression peut apparaître : il faudrait toujours savoir ce que l’on ressent, comprendre immédiatement l’autre, communiquer parfaitement et réguler chaque réaction.
Cette exigence est irréaliste.
Certaines émotions sont confuses. Certaines situations nous dépassent momentanément. Nous pouvons avoir besoin de plusieurs jours avant de comprendre pourquoi une remarque nous a autant touchés.
L’intelligence émotionnelle n’est pas la suppression du désordre humain. Elle offre simplement davantage d’outils pour s’y orienter.
Les tests d’intelligence émotionnelle
Il existe différents questionnaires et modèles destinés à évaluer certaines compétences émotionnelles. Ils ne mesurent pas tous exactement la même chose et leurs résultats doivent être interprétés en fonction de l’outil utilisé.
Les questionnaires reposant sur l’autoévaluation posent une difficulté particulière : nous devons évaluer nous-mêmes notre capacité à comprendre nos émotions ou celles des autres. Or quelqu’un peut surestimer ou sous-estimer considérablement ses propres compétences.
Un score isolé ne devrait donc pas devenir une nouvelle identité : « je suis émotionnellement intelligent » ou « je ne le suis pas ».
Comme pour de nombreuses dimensions psychologiques, l’observation du fonctionnement réel dans différentes situations apporte des informations essentielles.
Quand demander de l’aide ?
Avoir des difficultés à comprendre ou réguler certaines émotions ne signifie pas automatiquement qu’un accompagnement psychologique soit nécessaire. Ces difficultés font partie de l’expérience humaine et peuvent varier selon les périodes de vie.
Un accompagnement peut devenir utile lorsque les réactions émotionnelles provoquent régulièrement des conséquences importantes, lorsque la personne se sent continuellement débordée ou coupée de ses émotions, ou lorsque les difficultés relationnelles se répètent malgré ses efforts pour les comprendre.
Il faut également rechercher la difficulté sous-jacente lorsqu’un changement émotionnel important apparaît dans un contexte plus large de souffrance psychologique.
Les méthodes permettant de travailler spécifiquement sur les émotions et leur régulation appartiennent à la partie Psychothérapie.
À retenir
L’intelligence émotionnelle n’est ni le talent de rester calme en permanence ni la capacité de deviner ce que pensent les autres. Elle consiste à mieux reconnaître les informations émotionnelles, les comprendre, les mettre en perspective et décider ce que nous voulons en faire.
Une émotion peut être parfaitement légitime sans que le comportement qu’elle nous suggère soit approprié. Comprendre les émotions d’une autre personne ne signifie pas devenir responsable d’elles. Et une grande habileté relationnelle ne garantit pas que cette habileté sera utilisée avec bienveillance.
L’objectif n’est donc pas de devenir maître absolu de sa vie émotionnelle. Il est beaucoup plus réaliste : ressentir pleinement sans être condamné à obéir immédiatement à tout ce que l’émotion nous pousse à penser, dire ou faire.
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