LA SANTÉ AVANT TOUT — FICHES

ENFANCE — DÉVELOPPEMENT PSYCHOLOGIQUE

LA SANTÉ AVANT TOUT · Psychologie

ENFANCE — DÉVELOPPEMENT PSYCHOLOGIQUE

98 sections thématiques

L’enfance n’est pas simplement une version miniature de l’âge adulte.

Un enfant ne pense pas, ne comprend pas, ne régule pas ses émotions et ne perçoit pas le monde exactement comme un adulte auquel il manquerait seulement quelques années d’expérience.

Son développement est progressif.

Il concerne simultanément :

le corps ;

le cerveau ;

le langage ;

la pensée ;

les émotions ;

les relations ;

l’autonomie ;

l’identité ;

les compétences sociales.

Et ces dimensions s’influencent mutuellement.

Comprendre le développement psychologique de l’enfant, c’est comprendre qu’on ne peut pas demander à un enfant de disposer aujourd’hui de capacités qui sont précisément encore en train de se construire.

Un développement, pas un programme chronométré

Les enfants traversent certaines grandes étapes développementales.

Mais ils ne les franchissent pas tous exactement au même âge.

Deux enfants du même âge peuvent présenter des différences importantes dans :

le langage ;

la motricité ;

l’autonomie ;

la sociabilité ;

la gestion émotionnelle ;

les apprentissages.

Une variation n’est pas automatiquement un retard.

Inversement, l’idée que « chaque enfant évolue à son rythme » ne doit pas servir à ignorer une difficulté importante lorsqu’elle mérite une évaluation.

Les trajectoires sont individuelles

Le développement dépend de nombreux facteurs.

Caractéristiques individuelles.

Environnement.

Relations.

Santé.

Expériences.

Opportunités d’apprentissage.

Culture.

Conditions matérielles.

Un enfant n’est donc ni uniquement le produit de son éducation ni uniquement celui de son tempérament.

Son développement naît d’interactions continues entre ce qu’il apporte et le monde dans lequel il grandit.

Le tempérament

Très tôt, les enfants présentent des différences.

Certains sont facilement apaisés.

D’autres réagissent intensément.

Certains recherchent la nouveauté.

D’autres observent longtemps avant de s’engager.

Certains sont très actifs.

D’autres plus calmes.

Ces différences ne signifient pas nécessairement qu’un parent a bien ou mal élevé son enfant.

Une partie correspond au tempérament.

Tempérament et personnalité

Le tempérament désigne certaines tendances relativement précoces dans la manière de réagir.

La personnalité se construit progressivement à partir de nombreux éléments :

tempérament ;

expériences ;

relations ;

apprentissages ;

culture ;

choix ultérieurs.

Dire :

« Il a toujours été comme ça »

peut donc contenir une part de vérité sans signifier que tout est définitivement fixé.

Le bébé est déjà un être relationnel

Dès les premiers mois, le bébé participe à des interactions.

Il regarde.

Réagit.

Vocalise.

Sourit.

Se détourne.

Cherche certaines présences.

Les adultes répondent.

Une forme de dialogue se construit bien avant l’apparition des phrases.

Ces interactions participent au développement social et émotionnel.

L’attachement

Le jeune enfant dépend réellement des adultes qui prennent soin de lui.

Il ne peut pas simplement décider :

« Je vais être autonome. »

La sécurité relationnelle lui permet progressivement d’explorer.

Le paradoxe est important :

un enfant suffisamment sécurisé dans le lien peut souvent prendre davantage de distance pour découvrir le monde.

L’attachement ne s’oppose donc pas automatiquement à l’autonomie.

La sécurité

Un enfant a besoin d’une certaine prévisibilité.

Qui s’occupe de moi ?

Que se passe-t-il lorsque j’ai peur ?

Est-ce que quelqu’un répond ?

Les adultes sont-ils relativement fiables ?

Cela ne signifie pas qu’un parent doit être disponible parfaitement à chaque seconde.

Une sécurité suffisante n’exige pas une perfection impossible.

Les parents imparfaits

Les parents se trompent.

S’impatientent.

Comprennent mal.

Réagissent parfois trop fort.

Oublient.

Une relation solide n’est pas une relation sans erreur.

Elle peut aussi comporter de la réparation.

« J’ai crié trop fort. Je n’aurais pas dû te parler comme ça. »

L’enfant apprend alors également qu’un lien peut supporter un problème et être réparé.

Réparer n’affaiblit pas l’autorité

Certains adultes craignent :

« Si je reconnais mon erreur, mon enfant ne me respectera plus. »

Mais reconnaître une erreur ne signifie pas abandonner son rôle parental.

Cela montre qu’une autorité peut être responsable de ses propres comportements.

On peut dire :

« J’avais raison de poser cette limite, mais je n’avais pas besoin de te parler de cette manière. »

Les deux propositions peuvent être vraies.

L’enfant apprend par observation

Les adultes enseignent beaucoup sans parler.

Un enfant observe :

comment on gère la colère ;

comment on parle des autres ;

comment on réagit à une erreur ;

comment on demande pardon ;

comment on traite quelqu’un de vulnérable ;

comment on se comporte dans un conflit.

Les règles explicites comptent.

Les comportements observés également.

« Fais ce que je dis »

Un parent peut expliquer :

« On ne crie pas. »

en criant.

« Il faut respecter les autres. »

en humiliant quelqu’un.

L’enfant reçoit alors deux informations.

La règle formulée.

Et le modèle réel.

Les enfants n’imitent évidemment pas mécaniquement tout ce qu’ils voient, mais l’exemple constitue une source importante d’apprentissage.

Le langage

Le développement du langage transforme profondément la vie psychologique.

Pouvoir nommer :

un objet ;

une personne ;

une émotion ;

un événement ;

permet d’organiser autrement l’expérience.

Mais comprendre un mot ne signifie pas toujours comprendre toutes ses implications.

Les adultes peuvent utiliser des expressions que l’enfant interprète beaucoup plus littéralement.

Les mots des adultes

« Tu vas me tuer avec tes bêtises. »

Pour l’adulte, c’est une expression.

Pour un jeune enfant, certaines formulations peuvent être beaucoup moins clairement figuratives.

Adapter le langage à son niveau de compréhension évite certaines inquiétudes inutiles.

Le développement de la pensée

La manière de raisonner évolue.

Le jeune enfant ne possède pas immédiatement toutes les capacités permettant :

de comprendre l’abstraction ;

d’anticiper les conséquences lointaines ;

de considérer plusieurs points de vue simultanément ;

de raisonner comme un adulte.

Certaines erreurs ne sont donc pas des preuves de mauvaise volonté.

Elles peuvent correspondre aux limites normales d’un stade développemental.

Piaget

Les travaux de Jean Piaget ont profondément marqué la psychologie du développement.

Il a proposé différents stades du développement cognitif.

Ses travaux restent historiquement majeurs, mais la recherche ultérieure a nuancé l’idée d’étapes aussi rigides et universelles.

Les enfants peuvent montrer certaines compétences plus tôt ou plus tard selon :

la tâche ;

le contexte ;

les connaissances ;

la manière dont la question est posée.

Les modèles développementaux sont donc des repères, pas des calendriers mécaniques.

Le point de vue de l’autre

Le jeune enfant apprend progressivement que les autres ne possèdent pas nécessairement :

les mêmes informations ;

les mêmes pensées ;

les mêmes désirs ;

les mêmes croyances.

Cette capacité devient essentielle pour les relations sociales.

Elle participe notamment à ce que l’on appelle la théorie de l’esprit.

« Mais il sait très bien ! »

Les adultes attribuent parfois à l’enfant une compréhension qu’il ne possède pas encore complètement.

« Il savait que ça allait me mettre en colère. »

Peut-être.

Mais anticiper une réaction immédiate et comprendre pleinement :

les intentions ;

les conséquences ;

le point de vue de l’autre,

sont des capacités différentes.

Il faut éviter de prêter systématiquement à l’enfant une intention adulte.

Le mensonge

Lorsque l’enfant commence à mentir, les parents peuvent être très inquiets.

Pourtant, le mensonge peut également témoigner du développement de certaines capacités cognitives.

Pour mentir, il faut notamment comprendre que l’autre ne possède pas exactement les mêmes informations que soi.

Cela ne signifie évidemment pas qu’il ne faut jamais apprendre l’importance de l’honnêteté.

Mais tout mensonge infantile n’annonce pas une personnalité manipulatrice.

Pourquoi l’enfant ment-il ?

Pour éviter une punition.

Obtenir quelque chose.

Protéger son image.

Tester.

Inventer.

Imiter.

Par peur.

Comprendre la fonction du mensonge peut être plus utile que de conclure immédiatement :

« Mon enfant est menteur. »

Un comportement ne devrait pas devenir trop rapidement une identité.

L’imagination

L’enfant peut posséder une vie imaginaire très riche.

Jeux.

Personnages.

Histoires.

Amis imaginaires.

Univers inventés.

Cette imagination participe au développement.

Elle permet d’explorer :

des rôles ;

des situations ;

des émotions ;

des règles sociales.

Imaginer ne signifie pas nécessairement confondre durablement imagination et réalité.

Le jeu

Pour l’enfant, jouer n’est pas une activité secondaire destinée simplement à remplir le temps.

Le jeu permet :

d’explorer ;

d’expérimenter ;

d’apprendre ;

de négocier ;

d’imaginer ;

de répéter ;

de comprendre certaines situations.

Il peut également permettre d’exprimer indirectement des préoccupations que l’enfant ne sait pas encore formuler clairement.

Jouer seul

Un enfant n’a pas besoin d’être continuellement animé par un adulte.

Jouer seul peut soutenir :

l’imagination ;

l’autonomie ;

la capacité à organiser une activité.

Le rôle parental n’est pas nécessairement de supprimer chaque minute d’ennui.

L’ennui

L’ennui est désagréable.

Mais il n’est pas automatiquement un problème à résoudre immédiatement.

Lorsqu’un enfant ne reçoit pas une stimulation instantanée, il peut devoir chercher :

« Qu’est-ce que je vais faire ? »

Cette question mobilise justement initiative et créativité.

Les écrans

Les écrans occupent aujourd’hui une place importante dans l’environnement des enfants.

La question ne se réduit pas à :

écran = mauvais.

Le contenu, la durée, l’âge, le contexte et ce que l’écran remplace comptent.

Une heure de conversation vidéo avec un grand-parent n’est pas psychologiquement identique à une heure de défilement automatique de contenus.

Ce que l’écran remplace

Une question utile est :

« Pendant ce temps, qu’est-ce qui n’a pas lieu ? »

Sommeil ?

Mouvement ?

Jeu ?

Interaction ?

Devoirs ?

Ou simplement une autre activité de loisir ?

Cette approche permet d’éviter des jugements trop simplistes.

L’attention parentale

Un enfant n’a pas besoin d’obtenir l’attention exclusive de ses parents en permanence.

Mais il a besoin de moments où il peut réellement entrer en relation.

Une présence physique accompagnée d’une indisponibilité constante n’est pas toujours vécue comme une véritable présence.

À l’inverse, un parent n’a pas à culpabiliser chaque fois qu’il travaille, téléphone ou s’occupe de lui-même.

La frustration

Un enfant ne peut pas obtenir tout ce qu’il souhaite.

Cette réalité n’est pas une maltraitance.

Attendre.

Entendre non.

Perdre.

Partager.

Renoncer.

Ces expériences peuvent participer au développement de capacités importantes.

Mais la frustration doit rester adaptée.

L’objectif n’est pas de provoquer volontairement la souffrance pour « endurcir » l’enfant.

Tolérer progressivement

La capacité à attendre se développe.

Un très jeune enfant ne possède pas les mêmes ressources qu’un enfant plus âgé.

Exiger une maîtrise parfaite trop tôt conduit parfois à interpréter comme désobéissance ce qui relève encore d’une capacité immature.

L’éducation accompagne progressivement cette construction.

Les limites

Les limites peuvent offrir de la sécurité.

Elles indiquent :

ce qui est permis ;

ce qui ne l’est pas ;

ce qui se passe ensuite.

Une limite claire n’a pas besoin d’être humiliante.

« Tu peux être en colère. Tu ne peux pas frapper. »

L’émotion est reconnue.

Le comportement reste encadré.

Autorité et autoritarisme

L’autorité parentale implique une responsabilité.

L’adulte ne peut pas simplement traiter toutes les décisions comme une négociation entre deux personnes disposant exactement des mêmes responsabilités.

Mais autorité ne signifie pas domination arbitraire.

Une règle peut être ferme tout en étant explicable et respectueuse.

Cohérence

Les enfants bénéficient généralement d’une certaine cohérence.

Mais cohérence ne signifie pas :

ne jamais changer d’avis.

Un parent peut dire :

« J’avais décidé cela, mais avec les nouvelles informations, je change ma décision. »

L’enfant apprend alors également qu’une décision peut évoluer pour une raison, et non simplement selon l’humeur du moment.

Punition et conséquence

Les deux notions sont souvent confondues.

Une conséquence cherche idéalement à maintenir un lien compréhensible avec le comportement.

Une punition peut parfois devenir principalement :

« Tu m’as contrarié, donc je vais te faire souffrir à mon tour. »

La peur peut obtenir une obéissance immédiate.

Mais obéir par peur et comprendre une règle ne sont pas exactement la même chose.

La récompense

Les récompenses peuvent influencer certains comportements.

Mais leur utilisation systématique peut aussi déplacer la motivation.

L’enfant demande :

« Qu’est-ce que je gagne si je le fais ? »

Toutes les responsabilités ordinaires n’ont pas nécessairement besoin de devenir des transactions.

Motivation intrinsèque et extrinsèque

L’enfant peut agir :

par plaisir ;

curiosité ;

intérêt ;

satisfaction ;

ou pour obtenir une récompense et éviter une sanction.

Ces motivations peuvent coexister.

Le développement consiste notamment à permettre progressivement l’intériorisation de certaines règles :

« Je le fais parce que je comprends pourquoi cela compte. »

L’autonomie

L’autonomie se construit à travers de petites expériences.

Choisir.

Essayer.

Se tromper.

Recommencer.

Faire seul ce que l’enfant est capable de faire.

Un adulte qui fait systématiquement à sa place gagne parfois du temps aujourd’hui.

Mais l’enfant perd une occasion d’apprendre.

Surprotéger

La protection est nécessaire.

La surprotection apparaît lorsque l’adulte cherche à supprimer presque tout :

risque ;

erreur ;

frustration ;

difficulté.

L’enfant peut alors recevoir involontairement un message :

« Le monde est dangereux et tu n’es pas capable de le gérer sans moi. »

Le droit à l’erreur

Si chaque erreur entraîne :

moquerie ;

colère ;

humiliation ;

catastrophe,

l’enfant apprend à éviter l’erreur.

Et parfois à éviter l’essai.

Un environnement dans lequel une erreur peut être examinée et corrigée favorise davantage l’apprentissage.

Les encouragements

Encourager ne signifie pas dire :

« C’est extraordinaire ! »

à propos de tout.

Un encouragement précis peut être plus utile :

« Tu as essayé trois méthodes avant de trouver celle qui fonctionne. »

L’enfant comprend alors ce qui est réellement reconnu.

L’éloge excessif

Une valorisation permanente et exagérée peut perdre sa crédibilité.

L’enfant sait parfois très bien que son dessin n’est pas :

« le plus beau dessin du monde ».

Une reconnaissance sincère n’a pas besoin de fabriquer une perfection inexistante.

Comparer les enfants

« Regarde ton frère. »

« Ta cousine, elle, réussit. »

La comparaison peut créer :

rivalité ;

honte ;

sentiment d’infériorité ;

besoin de supériorité.

Comparer un enfant à son propre progrès est souvent plus informatif que de transformer un autre enfant en étalon permanent.

Les frères et sœurs

La fratrie est un espace important d’apprentissage relationnel.

Partager.

Négocier.

Se disputer.

Se réconcilier.

Comparer.

Chercher sa place.

Mais les rôles familiaux peuvent aussi devenir rigides :

le sérieux ;
le difficile ;
la fragile ;

le brillant.

Ces étiquettes peuvent accompagner les enfants bien au-delà de l’enfance.

L’enfant « sage »

Un enfant extrêmement sage n’est pas automatiquement un enfant parfaitement épanoui.

Il peut simplement avoir un tempérament calme.

Mais il peut aussi avoir appris :

à ne pas déranger ;

à cacher ses besoins ;

à éviter tout conflit ;

à surveiller les adultes.

Le comportement extérieur doit donc être compris dans son contexte.

L’enfant « difficile »

De même, qualifier un enfant de difficile peut masquer de nombreuses réalités.

Tempérament intense.

Fatigue.

Frustration.

Difficultés de communication.

Besoins particuliers.

Stress familial.

Trouble du développement.

Le mot décrit surtout l’expérience de l’adulte.

Il n’explique pas encore l’enfant.

Les crises

Un jeune enfant peut être submergé par une émotion qu’il ne sait pas encore réguler.

Il crie.

Pleure.

Se jette au sol.

Cela ne signifie pas nécessairement qu’il manipule consciemment son entourage selon une stratégie élaborée.

Il peut simplement ne pas disposer encore des capacités nécessaires pour gérer autrement l’intensité de ce qu’il ressent.

Mais toutes les crises ne doivent pas tout obtenir

Comprendre la difficulté ne signifie pas céder systématiquement.

Si une crise permet toujours d’obtenir ce qui avait été refusé, l’enfant peut apprendre :

« Cette stratégie fonctionne. »

Nous pouvons donc accompagner l’émotion tout en maintenant certaines limites.

La corégulation

Avant de savoir se calmer seul, l’enfant utilise beaucoup les adultes pour réguler ses états.

Une voix.

Une présence.

Un contact.

Des mots.

Progressivement, certaines de ces capacités deviennent davantage internes.

L’autorégulation se construit donc aussi dans la relation.

« Calme-toi »

Cette instruction suppose une compétence.

Or c’est précisément cette compétence que l’enfant est parfois encore en train d’acquérir.

Lui apprendre progressivement :

à reconnaître ce qu’il ressent ;

à ralentir ;

à demander de l’aide ;

à trouver des stratégies,

est différent de simplement lui ordonner de ne plus être bouleversé.

La peur

Les peurs évoluent avec l’âge.

Séparation.

Obscurité.

Monstres.

École.

Regard des autres.

Échec.

Certaines sont fréquentes à certaines périodes.

Les ridiculiser peut ajouter de la honte à la peur.

Mais tout éviter pour que l’enfant n’ait jamais peur peut également renforcer certaines craintes.

Les parents comme repères

Face à une situation nouvelle, l’enfant observe parfois l’adulte.

« Est-ce dangereux ? »

Une réaction parentale extrêmement alarmée peut augmenter sa peur.

À l’inverse, minimiser un danger réel n’est pas utile.

Le défi consiste à transmettre une évaluation aussi ajustée que possible.

La séparation

Se séparer temporairement des figures d’attachement fait partie du développement.

Crèche.

École.

Nuit ailleurs.

Activités.

Mais la facilité avec laquelle cette séparation est vécue varie énormément.

Une difficulté momentanée ne signifie pas automatiquement qu’un problème d’attachement existe.

L’entrée à l’école

L’école représente bien plus qu’un lieu d’apprentissage académique.

L’enfant rencontre :

des règles collectives ;

des pairs ;

la comparaison ;

la réussite ;

l’échec ;

des adultes différents ;

une place dans un groupe.

Ces expériences participent à la construction psychologique.

Réussite scolaire et valeur personnelle

Un enfant peut rapidement conclure :

« J’ai une mauvaise note, donc je suis mauvais. »

L’adulte peut aider à distinguer :

résultat ;

compétence actuelle ;

effort ;

stratégie ;

identité.

Un bulletin scolaire mesure certaines performances dans un contexte donné.

Il ne mesure pas la valeur d’un enfant.

Les difficultés scolaires

Une difficulté peut avoir de nombreuses causes.

Compréhension.

Attention.

Langage.

Trouble spécifique des apprentissages.

Anxiété.

Sommeil.

Contexte familial.

Harcèlement.

Motivation.

Une baisse de résultats ne devrait donc pas automatiquement être interprétée comme :

« Il ne travaille pas assez. »

Les amis

Les relations entre enfants deviennent progressivement centrales.

Elles permettent d’apprendre :

réciprocité ;

négociation ;

loyauté ;

conflit ;

réparation ;

appartenance.

Une amitié infantile peut être extrêmement importante pour l’enfant, même si l’adulte sait qu’elle ne durera probablement pas toute la vie.

L’exclusion

Être exclu d’un groupe peut provoquer une souffrance intense.

L’adulte peut être tenté de dire :

« Ce n’est rien, tu auras d’autres amis. »

Mais pour l’enfant, la réalité actuelle peut être :

« Je n’ai plus ma place. »

Reconnaître cette douleur n’empêche pas de l’aider ensuite à élargir ses relations.

Le harcèlement

Le harcèlement ne se réduit pas à une dispute ponctuelle.

Il implique généralement des comportements répétés dans un rapport où la victime éprouve des difficultés à se défendre.

Moqueries.

Exclusion.

Humiliations.

Violence.

Cyberharcèlement.

Dire simplement :

« Défends-toi »

peut laisser l’enfant seul face à une situation qui nécessite une intervention adulte.

Le harcèlement sera traité dans un chapitre spécifique.

L’image de soi

L’enfant construit progressivement une représentation de lui-même.

« Je suis drôle. »

« Je suis mauvais en sport. »

« Je suis timide. »

« Je suis celui qui fait des bêtises. »

Les réactions des adultes et des pairs participent à cette construction.

D’où l’importance de distinguer :

« Tu as fait quelque chose de dangereux »

de :

« Tu es dangereux. »

Critiquer le comportement, pas l’identité

« Tu as menti »

n’est pas identique à :

« Tu es un menteur. »

« Ta chambre est en désordre »

n’est pas :

« Tu es sale. »

Une identité négative répétée peut devenir beaucoup plus difficile à modifier qu’un comportement précis.

Les paroles restent

Les adultes oublient parfois une phrase prononcée dans la colère.

L’enfant peut la conserver pendant des années.

Cela ne signifie pas qu’une phrase malheureuse détruit automatiquement un enfant.

Les relations humaines sont plus robustes que cela.

Mais les paroles répétées participent à l’environnement dans lequel il construit son image de lui-même.

L’amour conditionnel

Lorsqu’un enfant croit que l’affection dépend de :

ses résultats ;

son obéissance ;

son apparence ;

sa conformité,

il peut apprendre à protéger le lien en supprimant certaines parties de lui-même.

Une limite peut être ferme sans menacer l’existence de la relation.

« Je n’accepte pas ce comportement »

est différent de :

« Je ne t’aime plus quand tu te comportes comme ça. »

La discipline

Discipliner ne signifie pas uniquement sanctionner.

Le terme renvoie aussi à l’apprentissage progressif :

des règles ;

des responsabilités ;

du contrôle de soi ;

de la vie avec les autres.

La question n’est donc pas simplement :

« Comment faire obéir l’enfant ? »

mais :

« Qu’est-il en train d’apprendre de cette situation ? »

La peur comme outil éducatif

La peur peut produire une obéissance rapide.

Mais elle possède un coût lorsqu’elle devient la base de la relation.

L’enfant apprend parfois surtout :

à ne pas être découvert ;

à éviter la punition ;

à mentir plus efficacement.

Une règle comprise et progressivement intégrée produit un autre type de régulation.

L’humiliation

Humilier un enfant devant :

sa famille ;

ses camarades ;

ses frères et sœurs,

peut provoquer une forte honte.

L’objectif éducatif peut alors disparaître derrière :

« Je suis mauvais et tout le monde le sait. »

Corriger un comportement ne nécessite pas de diminuer la dignité de l’enfant.

La violence

La violence physique ou psychologique ne devient pas éducative simplement parce qu’un adulte affirme :

« C’est pour son bien. »

Un enfant peut effectivement obéir sous la menace.

Mais obtenir un comportement immédiat et construire une capacité psychologique sont deux objectifs différents.

Les conflits parentaux

Les parents peuvent se disputer.

Une famille sans aucun désaccord n’est pas nécessairement réaliste.

Mais des conflits :

violents ;

répétés ;

menaçants ;

plaçant l’enfant au milieu,

peuvent créer une insécurité importante.

L’enfant ne devrait pas avoir à devenir l’arbitre du couple parental.

« Choisis ton camp »

Après une séparation, l’enfant peut être placé dans un conflit de loyauté.

Il aime ses deux parents.

Critiquer continuellement l’autre parent devant lui peut le placer dans une position impossible.

« Si j’aime papa, est-ce que je trahis maman ? »

L’enfant ne devrait pas être transformé en messager, espion ou juge des conflits adultes.

La séparation des parents

Une séparation parentale peut être difficile.

Mais elle ne condamne pas automatiquement l’enfant à des problèmes psychologiques.

De nombreux facteurs comptent :

niveau de conflit ;

stabilité ;

qualité des relations ;

conditions matérielles ;

capacité des adultes à coopérer suffisamment autour de l’enfant.

Parfois, vivre entre deux foyers relativement apaisés peut être moins difficile que vivre dans un foyer unique marqué par un conflit permanent.

Les changements

Déménagement.

Nouvelle école.

Naissance d’un frère ou d’une sœur.

Séparation.

Décès.

Maladie.

Les enfants peuvent avoir besoin de temps pour s’adapter.

Un changement de comportement après un événement important mérite d’être replacé dans ce contexte.

La naissance d’un autre enfant

L’aîné peut être heureux.

Curieux.

Fier.

Et jaloux.

Ces émotions peuvent coexister.

Lui reprocher :

« Tu devrais être content d’avoir un petit frère »

ne fait pas disparaître la peur éventuelle de perdre sa place.

La jalousie fraternelle

Elle ne signifie pas nécessairement que les enfants ne s’aiment pas.

Ils peuvent s’aimer et se disputer l’attention parentale.

Comparer continuellement :

« Pourquoi tu ne peux pas être comme ta sœur ? »

risque de transformer la relation fraternelle en compétition permanente.

Les secrets

L’enfant a progressivement besoin d’une certaine intimité.

Tout savoir n’est pas toujours nécessaire.

Mais la notion de secret doit également être enseignée avec prudence.

Une distinction importante peut être faite entre :

un secret agréable et temporaire, comme une surprise ;

et un secret qui fait peur, rend mal à l’aise ou qu’un adulte interdit de raconter.

Le consentement et le corps

L’enfant peut progressivement apprendre que son corps lui appartient.

Cela n’implique évidemment pas qu’il décide de toutes les nécessités de santé ou d’hygiène.

Mais il peut apprendre :

le nom des parties du corps ;

la notion d’intimité ;

qu’il peut signaler un contact qui le met mal à l’aise ;

qu’il peut parler à un adulte fiable.

Ces apprentissages participent à la protection.

L’enfant n’est pas responsable de protéger l’adulte

Dans certaines familles, l’enfant devient le confident principal d’un parent.

Il écoute :

les problèmes conjugaux ;

les inquiétudes financières ;

la solitude ;

les blessures adultes.

Une certaine information adaptée à l’âge est normale.

Mais l’enfant ne devrait pas devenir le principal soutien émotionnel de son parent.

Parentification

On parle parfois de parentification lorsqu’un enfant assume durablement des responsabilités ou une fonction émotionnelle normalement dévolues aux adultes.

S’occuper occasionnellement d’un petit frère n’est pas automatiquement une parentification.

Aider sa famille non plus.

La question concerne davantage le poids, la durée, l’inversion des rôles et le coût pour l’enfant.

Les responsabilités

Avoir des responsabilités adaptées à l’âge peut au contraire favoriser :

compétence ;

participation ;

autonomie.

Ranger.

Aider.

Prendre soin de certaines affaires.

La difficulté apparaît lorsque l’enfant porte ce qu’il ne devrait pas avoir à porter.

L’enfant et les émotions des parents

Un parent peut être triste.

Fatigué.

En colère.

L’enfant peut le voir.

Il n’est pas nécessaire de jouer continuellement une perfection émotionnelle.

Mais une distinction peut être formulée :

« Je suis triste aujourd’hui, mais ce n’est pas à toi de réparer ma tristesse. »

Cette phrase protège les rôles.

Les attentes

Les parents possèdent naturellement des espoirs.

Mais l’enfant n’est pas nécessairement destiné à réaliser :

la carrière rêvée ;

les ambitions interrompues ;

les choix ;

la vie

que le parent aurait voulu pour lui-même.

Accompagner un enfant implique progressivement de découvrir qui il devient, pas uniquement de fabriquer celui que nous avions imaginé.

« Après tout ce que j’ai fait pour toi »

Élever un enfant demande énormément.

Temps.

Argent.

Énergie.

Sacrifices.

Mais les soins parentaux ne constituent pas une dette commerciale que l’enfant adulte devra rembourser en abandonnant son autonomie.

La gratitude peut exister.

Elle n’accorde pas un droit de propriété sur sa vie future.

L’enfant parfait

Un enfant qui réussit tout peut également subir une pression importante.

Il devient :

« celui qui ne déçoit jamais. »

L’erreur devient alors menaçante.

Il peut apprendre à cacher ses difficultés pour conserver cette identité.

Une réussite visible n’exclut donc pas une souffrance psychologique.

Le droit de ne pas être exceptionnel

Tous les enfants ne seront pas :

premiers de classe ;

champions ;

artistes prodiges ;

futurs dirigeants.

Et ils n’ont pas besoin de l’être pour avoir une vie digne de valeur.

L’enfance ne devrait pas devenir uniquement une préparation compétitive à la réussite adulte.

L’enfant et sa propre personnalité

Éduquer n’est pas effacer.

Un enfant timide n’a pas nécessairement besoin de devenir extraverti.

Un enfant énergique n’a pas besoin de devenir immobile.

L’objectif peut être davantage de l’aider à développer des compétences permettant à son tempérament de fonctionner dans le monde.

Développement et neurodiversité

Tous les enfants ne suivent pas exactement les trajectoires développementales les plus fréquentes.

Autisme.

TDAH.

Troubles spécifiques des apprentissages.

Autres particularités neurodéveloppementales.

Une différence ne doit ni être automatiquement pathologisée ni systématiquement minimisée.

Identifier certains besoins peut permettre des adaptations utiles.

Les comparaisons développementales

Les repères d’âge ont une fonction.

Ils permettent notamment d’identifier certaines difficultés qui méritent une attention.

Mais ils deviennent problématiques lorsqu’ils sont utilisés comme compétition :

« Le mien parlait déjà à cet âge. »

« Elle savait lire avant lui. »

Le développement n’est pas une course dont le premier arrivé gagnerait nécessairement quelque chose à l’âge adulte.

Les régressions temporaires

Après :

un changement ;

une maladie ;

une naissance ;

une séparation ;

un stress,

un enfant peut momentanément retrouver certains comportements plus infantiles.

Demander davantage de proximité.

Avoir des difficultés de sommeil.

Redevenir moins autonome sur certains points.

Cela ne signifie pas nécessairement que tout son développement repart en arrière.

Les traumatismes

Des expériences fortement menaçantes ou répétées peuvent affecter le développement psychologique.

Mais il faut éviter deux excès :

« Les enfants oublient tout. »

et :

« Toute difficulté vécue dans l’enfance détermine définitivement l’adulte. »

L’enfance compte énormément.

Elle n’écrit pas à elle seule chaque page du reste de la vie.

L’enfance n’est pas un destin

Une personne peut avoir vécu :

insécurité ;

rejet ;

humiliation ;

perte ;

violence.

Ces expériences peuvent laisser des traces importantes.

Mais l’être humain continue à se développer.

D’autres relations.

D’autres expériences.

D’autres apprentissages.

Une psychothérapie éventuellement.

De nouveaux choix.

L’histoire influence.

Elle ne constitue pas toujours une condamnation.

Les souvenirs d’enfance

Nos souvenirs ne sont pas des enregistrements parfaitement fidèles.

Ils sont reconstruits.

Certains sont précis.

D’autres incomplets.

Nous pouvons également réinterpréter notre enfance à partir de ce que nous comprenons aujourd’hui.

Il faut donc respecter les souvenirs sans prétendre qu’ils fonctionnent comme des vidéos archivées.

Les parents responsables de tout ?

Une partie de la psychologie populaire attribue presque toutes les difficultés adultes aux parents.

Cette simplification est séduisante.

Elle offre une cause.

Mais un développement humain dépend de multiples influences.

Parents.

Tempérament.

Pairs.

École.

Culture.

Événements.

Biologie.

Hasard.

Choix ultérieurs.

Reconnaître l’influence parentale ne nécessite pas d’en faire l’explication universelle.

Et les parents ne sont pas responsables de rien

L’excès inverse serait également faux.

La manière dont un enfant est :

protégé ;

écouté ;

humilié ;

encouragé ;

frappé ;

soutenu ;

contrôlé ;

aimé

peut évidemment avoir des conséquences.

La complexité n’efface pas la responsabilité.

Elle empêche simplement les verdicts trop faciles.

Les « blessures d’enfance »

L’expression est devenue extrêmement populaire.

Elle peut aider certaines personnes à reconnaître l’impact d’expériences anciennes.

Mais toute frustration infantile n’est pas un traumatisme.

Toute imperfection parentale n’est pas une blessure psychologique majeure.

Une psychologie rigoureuse doit pouvoir reconnaître la souffrance réelle sans transformer toute enfance imparfaite en pathologie.

Le parent suffisamment bon

L’idée d’un parent suffisamment bon, associée notamment aux travaux de Donald Winnicott, rappelle quelque chose d’essentiel.

L’enfant n’a pas besoin d’un parent parfaitement disponible, parfaitement calme et parfaitement juste à chaque instant.

Une telle personne n’existe pas.

Il a besoin d’un environnement suffisamment sécurisant et adaptable pour pouvoir se développer.

Cette idée peut libérer l’éducation d’un idéal impossible de perfection.

Grandir, c’est aussi se séparer

Au début, l’enfant dépend presque entièrement de l’adulte.

Puis il dit :

« Moi tout seul. »

Il choisit.

Conteste.

Développe des goûts.

Des amis.

Des opinions.

L’autonomie peut parfois être vécue par le parent comme une perte.

Mais elle constitue précisément l’un des objectifs du développement.

L’obéissance n’est pas le but final

Un enfant parfaitement obéissant à cinq ans peut sembler plus facile à éduquer.

Mais l’adulte que nous espérons généralement construire doit savoir :

réfléchir ;

dire non ;

identifier une situation injuste ;

prendre des décisions ;

résister à certaines influences.

Il existe donc un paradoxe éducatif.

Nous devons poser des limites tout en aidant progressivement l’enfant à ne pas obéir aveuglément à toute autorité.

Apprendre à dire non

Un enfant doit respecter certaines règles.

Mais il peut également apprendre qu’un adulte n’a pas tous les droits simplement parce qu’il est adulte.

Cette distinction participe à sa sécurité et à son autonomie future.

Respecter l’autorité n’exige pas de supprimer tout esprit critique.

Préparer l’adulte

Éduquer un enfant ne consiste pas seulement à rendre l’enfance plus facile pour les adultes qui l’entourent.

La question est aussi :

« Quelles capacités devra-t-il posséder lorsqu’il n’y aura plus un adulte derrière lui pour décider ? »

Choisir.

Se tromper.

Réparer.

Demander de l’aide.

Poser une limite.

Tolérer une frustration.

Persévérer.

Abandonner intelligemment.

Penser.

Quand s’inquiéter ?

Une inquiétude peut être justifiée lorsqu’un enfant présente un changement important ou durable dans :

son comportement ;

son sommeil ;

son alimentation ;

ses relations ;

ses apprentissages ;

son humeur ;

son développement.

Une perte de compétences déjà acquises, une souffrance importante ou une rupture nette avec le fonctionnement habituel mérite également une attention.

Un signe isolé ne permet toutefois pas automatiquement d’identifier sa cause.

Demander une évaluation

Consulter ne signifie pas :

« Mon enfant est anormal. »

Cela peut simplement permettre de comprendre :

où il en est ;

ce qui lui pose problème ;

ce dont il a besoin ;

si une adaptation est utile.

L’évaluation peut parfois rassurer.

Parfois identifier une difficulté.

Dans les deux cas, disposer d’une compréhension plus précise est généralement préférable à une étiquette improvisée.

Ne pas diagnostiquer sur Internet

Des listes circulent :

« Dix signes que votre enfant est… »

Un parent reconnaît cinq comportements.

Puis conclut.

Mais de nombreux comportements infantiles peuvent avoir plusieurs significations.

Une observation utile doit tenir compte :

de l’âge ;

du développement ;

de la fréquence ;

de l’intensité ;

du contexte ;

des conséquences.

Une liste ne remplace pas cette analyse.

La psychothérapie de l’enfant

Lorsqu’un enfant a besoin d’un accompagnement, la psychothérapie ne ressemble pas nécessairement à celle d’un adulte assis pendant une heure à analyser verbalement son histoire.

Selon l’âge et l’approche, le travail peut utiliser :

le jeu ;

le dessin ;

les histoires ;

le mouvement ;

des médiations créatives ;

le travail avec les parents ou la famille.

Ces approches seront développées dans la partie Psychothérapie.

L’enfant n’est pas toujours « le problème »

Un enfant est parfois envoyé consulter parce qu’il présente le symptôme le plus visible.

Mais son comportement peut s’inscrire dans :

une dynamique familiale ;

un conflit ;

un changement ;

une difficulté scolaire ;

un environnement stressant.

Cela ne signifie pas que la famille est « coupable ».

Cela signifie simplement que comprendre un enfant demande parfois de regarder aussi le système dans lequel il vit.

Écouter l’enfant

Écouter ne signifie pas lui donner automatiquement raison.

Cela signifie considérer son expérience comme une information.

« Qu’est-ce qui s’est passé pour toi ? »

Cette question permet d’entendre sa version avant de décider ce que l’adulte doit en penser ou faire.

Croire et vérifier

Lorsqu’un enfant rapporte quelque chose d’important, il doit pouvoir parler sans être immédiatement humilié ou réduit au silence.

Mais l’adulte conserve également une responsabilité d’évaluation et de vérification adaptée à la situation.

Écouter sérieusement et examiner les faits ne sont pas contradictoires.

Respecter sans inverser les rôles

Respecter un enfant ne signifie pas traiter toutes les décisions familiales comme un vote égalitaire.

L’adulte possède des responsabilités que l’enfant ne peut pas porter.

Il peut néanmoins expliquer, écouter et tenir compte du point de vue de l’enfant.

Respecter la parole de l’enfant n’oblige pas à lui remettre la responsabilité d’être son propre parent.

À retenir

Le développement psychologique de l’enfant est un processus dynamique.

L’enfant arrive avec certaines caractéristiques.

Il rencontre :

une famille ;

des relations ;

des règles ;

des frustrations ;

des apprentissages ;

des joies ;

des pertes ;

des réussites ;

des erreurs.

À travers tout cela, il construit progressivement :

sa manière de comprendre le monde ;

sa relation aux autres ;

son image de lui-même ;

sa capacité à réguler ses émotions ;

son autonomie.

L’éducation ne consiste donc ni à fabriquer un enfant parfaitement obéissant ni à supprimer toute difficulté de son chemin.

Elle consiste progressivement à rendre possible quelque chose de beaucoup plus exigeant :

qu’un être humain encore dépendant devienne suffisamment capable de penser, choisir, agir, aimer, se protéger, demander de l’aide et assumer sa propre vie.

Pour cela, l’enfant a besoin de protection.

Mais pas d’une cage.

De limites.

Mais pas d’humiliation.

D’aide.

Mais pas que l’on fasse éternellement tout à sa place.

D’attachement.

Mais pas de possession.

Et surtout, il a besoin que l’adulte garde en tête une différence fondamentale :

le but n’est pas de conserver l’enfant sous notre contrôle. Le but est de l’accompagner assez longtemps et assez solidement pour qu’un jour il puisse avancer sans avoir besoin que nous contrôlions sa vie à sa place.

Contenu d’information générale. Les techniques de soin et leurs indications demandent une évaluation adaptée à la situation.