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TROUVER SA PLACE

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TROUVER SA PLACE

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« Trouver sa place » peut évoquer l’idée qu’il existerait quelque part une position idéale qui nous attendrait : le bon métier, le bon environnement, le bon groupe, la bonne relation ou le rôle dans lequel nous nous sentirions enfin exactement là où nous devons être. La réalité est généralement plus complexe.

Notre place n’est pas toujours quelque chose que nous découvrons. Elle peut aussi se construire progressivement, à partir de ce que nous sommes, de ce que nous savons faire, de ce que nous voulons apporter, des personnes avec lesquelles nous souhaitons vivre ou travailler et des conditions dont nous avons besoin pour fonctionner correctement.

Trouver sa place ne signifie donc pas entrer parfaitement dans un espace déjà prévu pour nous. Il s’agit plutôt de construire une position dans laquelle nous pouvons participer à la vie qui nous entoure sans devoir continuellement nous diminuer, nous déguiser ou renoncer à ce qui compte pour nous.

Comprendre ce que signifie « ma place »

Nous n’avons pas une seule place dans l’existence. Nous occupons simultanément plusieurs positions : dans une famille, une activité professionnelle, un couple, un groupe d’amis, une communauté ou la société plus largement.

Nous pouvons nous sentir parfaitement à notre place dans un domaine et profondément décalés dans un autre. Une personne peut trouver un environnement professionnel qui lui correspond tout en se sentant étrangère aux attentes de son entourage familial. Une autre peut avoir construit une vie relationnelle satisfaisante mais continuer à chercher l’activité dans laquelle ses capacités trouveront leur meilleure utilisation.

La question gagne donc à être précisée. Où avons-nous le sentiment de ne pas trouver notre place ? Que manque-t-il exactement ? Est-ce une question de rôle, de reconnaissance, d’autonomie, de valeurs, de relations, d’utilité ou de manière de fonctionner ?

Plus nous précisons le décalage, moins nous sommes tentés de conclure globalement que nous ne sommes « à notre place nulle part ».

Ne pas confondre sa place avec celle que les autres nous attribuent

Dès l’enfance, des rôles peuvent nous être attribués : le raisonnable, la forte, le fragile, celui qui réussit, celle qui aide, le discret, le responsable ou celui qui pose problème. Ces rôles peuvent devenir tellement familiers que nous continuons à les occuper longtemps après qu’ils ont cessé de nous correspondre.

Le même phénomène existe dans le monde professionnel. Parce que nous avons toujours été compétents dans une fonction, notre entourage peut considérer qu’elle constitue naturellement notre place, même si nous souhaitons désormais autre chose.

Une place attribuée peut être confortable parce qu’elle est connue et reconnue. La quitter peut susciter de l’incompréhension : les autres perdent eux aussi un repère.

Nous avons pourtant le droit d’examiner les rôles que nous occupons. Être capable de tenir une place ne signifie pas que nous devons y rester toute notre vie.

Chercher l’environnement dans lequel nos qualités peuvent réellement servir

Certaines capacités restent presque invisibles dans un environnement qui n’en a pas besoin. Une personne peut se croire peu compétente alors qu’elle se trouve simplement dans un contexte qui utilise mal ses forces.

Changer d’environnement peut alors produire une transformation étonnante sans que la personne elle-même ait radicalement changé. Une autonomie autrefois considérée comme gênante devient précieuse. Une créativité peu utilisée trouve enfin un projet. Une capacité d’analyse auparavant excessive devient un avantage.

Trouver sa place demande donc de regarder non seulement nos qualités, mais leur compatibilité avec l’environnement. Où ce que nous savons faire possède-t-il une utilité réelle ? Quels problèmes aimons-nous résoudre ? Dans quels contextes nos compétences se complètent-elles avec celles des autres ?

Nous n’avons pas besoin d’un environnement qui valorise absolument toutes nos qualités. Il suffit souvent que celles qui comptent pour le rôle que nous voulons construire puissent réellement s’y exprimer.

Accepter que certaines places doivent être construites

Nous pouvons chercher longtemps une fonction parfaitement adaptée et ne jamais la trouver, simplement parce qu’elle n’existe pas encore sous la forme dont nous avons besoin.

Certaines personnes construisent alors leur propre activité, combinent plusieurs compétences, créent un nouveau rôle dans une organisation ou développent un projet qui ne correspond pas exactement aux catégories existantes.

Cette construction demande davantage d’initiative. Il n’existe pas toujours de chemin déjà balisé, et il faut parfois expliquer aux autres ce que nous sommes en train de faire avant qu’ils puissent en comprendre l’utilité.

Construire sa place ne signifie pas inventer artificiellement une fonction uniquement pour être différent. Il faut qu’elle rencontre une réalité : un besoin, un public, un problème à résoudre, une contribution ou un mode de vie viable.

Mais l’absence d’une case existante ne prouve pas que notre projet n’a pas de place. Elle peut simplement signifier que nous devons construire une partie de la case nous-mêmes.

Trouver sa place parmi les autres sans devoir leur ressembler

L’appartenance facilite la vie. Partager certains codes, références ou intérêts crée des liens et permet de se sentir compris. Mais appartenir à un groupe ne demande pas nécessairement de devenir semblable à tous ses membres.

Nous pouvons partager un projet professionnel sans avoir la même personnalité, appartenir à une famille sans reproduire toutes ses habitudes ou participer à une communauté sans être d’accord sur chaque question.

Lorsque nous essayons continuellement de supprimer nos différences pour préserver notre appartenance, la place obtenue devient fragile : elle dépend de notre capacité à rester conforme.

À l’inverse, revendiquer chaque différence comme une opposition empêche également la construction du lien. Trouver sa place demande souvent de savoir ce que nous pouvons partager, ce que nous pouvons adapter et ce qui doit rester personnel.

Une appartenance suffisamment saine permet d’être relié sans être absorbé.

Ne pas attendre de se sentir parfaitement légitime

Nous pouvons occuper une place avant de nous sentir complètement à l’aise dans celle-ci. Un nouveau métier, une responsabilité, une création ou un changement de milieu peuvent produire une période pendant laquelle nous avons l’impression d’être encore visiteurs.

La légitimité se construit souvent par l’expérience. Nous apprenons les codes, développons nos compétences, produisons des résultats et découvrons progressivement que nous sommes capables d’occuper cette position.

Attendre de se sentir parfaitement légitime avant d’agir peut donc créer un cercle impossible : nous voudrions ressentir la légitimité que seule l’expérience peut nous donner, mais nous refusons l’expérience tant que nous ne la ressentons pas.

Cela ne signifie pas revendiquer des compétences que nous ne possédons pas. Nous pouvons reconnaître que nous sommes débutants, apprendre ce qui manque et prendre progressivement notre place sans attendre une autorisation intérieure parfaite.

Savoir reconnaître une place qui ne nous convient plus

Une place peut avoir été juste pendant longtemps et ne plus l’être. Nous avons changé, l’environnement a évolué ou nos priorités ne sont plus les mêmes.

Il peut être difficile de l’admettre lorsque nous avons beaucoup investi pour atteindre cette position. Le statut, les compétences acquises ou le regard des autres peuvent nous inciter à rester, même lorsque le décalage devient évident.

Avant de partir, il est utile de vérifier si la place elle-même pose problème ou si certaines conditions peuvent être modifiées. Une nouvelle organisation, davantage d’autonomie ou un changement de responsabilités peuvent parfois suffire.

Mais lorsque l’essentiel ne correspond plus, rester uniquement parce que nous avons autrefois voulu cette place revient à laisser une ancienne décision choisir indéfiniment pour nous.

Ne pas faire dépendre sa place uniquement de la reconnaissance extérieure

La reconnaissance aide à savoir que notre contribution est visible et utile. Elle peut être importante dans un travail, une famille ou un groupe. Mais elle ne peut pas être l’unique critère.

Certaines contributions mettent du temps à être reconnues. D’autres le seront peu malgré leur valeur. À l’inverse, nous pouvons recevoir beaucoup de reconnaissance pour une activité qui ne nous correspond plus.

Trouver sa place demande donc deux vérifications : cette place a-t-elle une réalité dans le monde qui nous entoure, et correspond-elle suffisamment à ce que nous voulons construire ?

L’une sans l’autre crée un déséquilibre. Une place purement imaginaire qui ne rencontre aucun besoin risque de rester sans réalité. Une place parfaitement reconnue mais profondément incompatible avec nous peut devenir une prison confortable.

Comprendre qu’une place peut évoluer avec la vie

Nous n’avons pas à identifier à vingt ans une position que nous conserverons jusqu’à la fin de notre vie. Les compétences évoluent, les responsabilités changent et de nouvelles possibilités apparaissent.

À certaines périodes, notre place peut être principalement construite autour de l’apprentissage. À d’autres, autour de la création, de la responsabilité, de la transmission ou d’un projet personnel.

Nous pouvons également occuper plusieurs places importantes simultanément sans qu’une seule résume toute notre identité. Le travail n’a pas besoin de contenir à lui seul notre utilité, nos relations, notre créativité, notre reconnaissance et le sens de notre existence.

Cette pluralité permet parfois de résoudre une recherche impossible : nous ne trouvions pas « la » place parfaite parce que nous demandions à une seule partie de notre vie de satisfaire toutes les dimensions de la personne que nous sommes.

À retenir

Trouver sa place ne consiste pas nécessairement à découvrir une position qui nous aurait été destinée. Notre place peut être choisie, adaptée et parfois construite lorsque les catégories existantes ne correspondent pas suffisamment à ce que nous voulons faire.

Elle dépend à la fois de nous et de l’environnement : de nos capacités, de nos valeurs, de nos besoins, mais aussi de la réalité dans laquelle nous souhaitons les inscrire et de la contribution que nous pouvons y apporter.

Une place peut être juste pendant une période puis devoir évoluer. Nous pouvons également en occuper plusieurs sans demander à une seule de définir toute notre existence.

Trouver sa place, ce n’est pas réussir à entrer enfin dans la case que le monde avait préparée pour nous. C’est parvenir à construire une position suffisamment réelle pour que nous puissions y contribuer, suffisamment juste pour que nous puissions y rester nous-mêmes et suffisamment vivante pour qu’elle puisse évoluer avec nous.

Contenu d’information générale. Les techniques de soin et leurs indications demandent une évaluation adaptée à la situation.