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SE LIBÉRER DU BESOIN DE PLAIRE

LA SANTÉ AVANT TOUT · Développement personnel

SE LIBÉRER DU BESOIN DE PLAIRE

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Il est naturel de vouloir être apprécié. Nous vivons avec les autres, nous construisons des relations, travaillons en équipe, appartenons à des familles et à des groupes. L’opinion extérieure compte nécessairement dans une certaine mesure. Le problème commence lorsque le désir d’être apprécié devient un besoin suffisamment puissant pour orienter nos décisions à notre place.

Nous pouvons alors accepter ce que nous ne voulons pas, taire ce que nous pensons, modifier continuellement notre comportement selon la personne présente ou renoncer à des choix importants par peur de décevoir. À force de chercher à préserver l’approbation extérieure, nous risquons de construire une vie dans laquelle beaucoup de personnes sont satisfaites de nous, sauf peut-être nous-mêmes.

Se libérer du besoin de plaire ne signifie pas devenir indifférent aux autres, cesser d’être aimable ou considérer toute adaptation comme une faiblesse. Il s’agit de pouvoir tenir compte des autres sans leur confier le pouvoir de décider qui nous devons être et comment nous devons vivre.

Distinguer le plaisir de plaire du besoin de plaire

Il n’y a rien de problématique à être heureux lorsque quelqu’un nous apprécie, nous remercie ou reconnaît ce que nous avons fait. Nous pouvons également choisir de faire plaisir à une personne simplement parce que sa joie nous importe.

La difficulté apparaît lorsque ne pas plaire devient difficilement supportable. Nous ne cherchons plus seulement une relation agréable : nous essayons d’éviter le désaccord, la critique, la déception ou le rejet presque à n’importe quel prix.

Cette différence se reconnaît souvent dans notre liberté de choix. Pouvons-nous encore dire non lorsque nous savons que l’autre sera déçu ? Pouvons-nous exprimer une opinion différente sans avoir immédiatement besoin de restaurer son approbation ? Pouvons-nous prendre une décision importante même si certaines personnes ne la comprennent pas ?

Le désir de plaire reste compatible avec l’autonomie. Le besoin de plaire commence à la réduire.

Comprendre le prix payé pour rester apprécié

Chercher systématiquement l’approbation peut sembler faciliter les relations à court terme. Nous évitons certaines discussions, rendons service, nous adaptons et essayons de ne pas déranger. Mais ces accommodements ont un coût lorsqu’ils deviennent permanents.

Nous pouvons manquer de temps pour nos propres projets parce que nous restons toujours disponibles. Nous pouvons accepter des responsabilités qui ne nous appartiennent pas, dépenser de l’argent pour ne pas paraître égoïstes ou conserver des relations dans lesquelles nous n’osons plus exprimer nos besoins.

Le prix peut également être intérieur. Lorsque nous avons l’habitude de nous adapter à ce que chacun attend, il devient parfois difficile de savoir ce que nous voulons nous-mêmes. Nous avons tellement appris à répondre aux attentes que nos propres préférences deviennent moins visibles.

Observer le coût réel permet de comprendre que plaire n’est jamais complètement gratuit lorsque cela exige continuellement de nous abandonner.

Accepter de décevoir parfois

Nous pouvons prendre une décision parfaitement raisonnable et décevoir quelqu’un. Les deux réalités peuvent coexister.

Refuser une invitation peut décevoir la personne qui souhaitait notre présence. Ne pas accepter une responsabilité peut compliquer l’organisation de quelqu’un. Choisir une orientation différente de celle espérée par notre entourage peut provoquer une véritable tristesse.

Cette déception ne signifie pas automatiquement que nous avons mal agi. Les autres ont le droit d’avoir des attentes et nous avons le droit de ne pas toutes les satisfaire.

Vouloir vivre sans jamais décevoir personne conduit presque inévitablement à laisser les attentes les plus fortes organiser notre existence. La capacité à supporter une déception extérieure raisonnable fait partie du prix de l’autonomie.

Ne pas confondre gentillesse et disponibilité permanente

Être généreux, serviable ou attentif aux autres peut correspondre profondément à nos valeurs. Nous n’avons pas besoin de devenir moins généreux pour devenir plus autonomes.

Mais la générosité suppose encore un choix. Si nous aidons principalement parce que nous ne supportons pas l’idée d’être considérés comme égoïstes, le geste ne possède plus tout à fait la même liberté.

Nous pouvons aider lorsque nous le souhaitons et lorsque nous le pouvons, sans devoir devenir la solution permanente aux difficultés de notre entourage. Nous pouvons également choisir de donner beaucoup dans certaines circonstances parce que cela correspond à nos priorités.

La question n’est donc pas de savoir combien nous donnons, mais si nous restons capables de choisir notre oui et notre non sans que la peur de déplaire décide systématiquement à notre place.

Tolérer que certaines personnes nous comprennent mal

Nous aimerions souvent pouvoir expliquer suffisamment bien nos décisions pour que chacun finisse par les comprendre. Cela fonctionne parfois. Pas toujours.

Une personne peut disposer de toutes nos explications et continuer à considérer que notre choix est mauvais. Elle peut interpréter une limite comme de l’égoïsme, une indépendance comme de la froideur ou un changement de direction comme une erreur.

Nous pouvons clarifier un malentendu, expliquer ce qui mérite de l’être et corriger une information fausse. Mais nous ne pouvons pas contrôler la conclusion que l’autre tirera ensuite.

Chercher indéfiniment la formulation qui obligera quelqu’un à nous approuver nous replace précisément dans la dépendance dont nous essayons de sortir. Il arrive un moment où nous devons accepter : il ou elle ne voit pas les choses comme moi.

Un désaccord non résolu n’empêche pas toujours la relation de continuer.

Repérer les situations dans lesquelles nous cherchons particulièrement l’approbation

Le besoin de plaire n’est pas nécessairement identique avec tout le monde. Nous pouvons être parfaitement capables d’assumer nos décisions au travail et perdre une grande partie de cette assurance face à certains membres de notre famille.

Il est donc plus utile d’identifier les situations précises que de se définir globalement comme une personne qui cherche l’approbation. Avec qui avons-nous particulièrement peur de déplaire ? Quels sujets déclenchent ce besoin ? Que craignons-nous exactement si l’autre désapprouve ?

La réponse peut être très différente selon les cas : perdre une relation, provoquer un conflit, paraître ingrat, être critiqué, décevoir quelqu’un que nous admirons ou simplement ne plus correspondre à l’image que cette personne possède de nous.

Lorsque la peur devient précise, nous pouvons mieux examiner si le risque est réel, supportable et proportionné au prix que nous payons pour l’éviter.

Ne pas chercher l’approbation sous une autre forme

Nous pouvons décider de ne plus chercher à plaire et tomber dans l’excès inverse : vouloir prouver que l’opinion des autres ne nous atteint jamais. Cette attitude peut elle aussi rester organisée autour du regard extérieur.

Faire systématiquement le contraire de ce que les autres attendent n’est pas davantage une forme d’autonomie. Si notre décision existe principalement pour provoquer, contredire ou démontrer notre indépendance, les autres continuent à orienter notre comportement.

La véritable autonomie permet aussi bien d’être d’accord que de ne pas l’être. Nous pouvons suivre un conseil lorsqu’il nous paraît juste, changer d’avis grâce à quelqu’un ou faire un choix qui correspond également aux attentes de notre entourage.

L’essentiel est que l’accord extérieur ne soit ni une obligation ni quelque chose que nous devions systématiquement combattre.

Construire une approbation intérieure suffisamment solide

Nous avons besoin de critères personnels permettant d’évaluer nos décisions. Quelles valeurs voulons-nous respecter ? Quelles responsabilités nous appartiennent réellement ? Quel prix sommes-nous disposés à payer pour un choix ? Quelle personne voulons-nous être dans cette situation ?

Ces critères ne garantissent pas que nous aurons toujours raison. Ils nous permettent cependant de ne pas dépendre entièrement de la réaction immédiate de notre entourage.

Nous pouvons également reconnaître nous-mêmes ce que nous avons bien fait au lieu d’attendre continuellement qu’une autre personne le confirme. De la même manière, nous devons rester capables de reconnaître une erreur même lorsque personne ne nous la reproche.

L’autonomie ne consiste donc pas à remplacer « les autres ont raison » par « j’ai toujours raison ». Elle consiste à développer un jugement personnel suffisamment solide pour dialoguer avec les avis extérieurs sans leur être soumis.

Choisir les relations dans lesquelles nous pouvons rester nous-mêmes

Toutes les relations demandent une certaine adaptation. Nous faisons des compromis, tenons compte des sensibilités et modifions parfois nos habitudes pour vivre correctement avec les autres.

Mais une relation devient difficile lorsque son maintien exige continuellement de cacher des dimensions importantes de nous-mêmes, de renoncer à nos limites ou de nous comporter selon un personnage destiné à conserver l’affection de l’autre.

Nous pouvons alors examiner ce qui se passe lorsque nous devenons plus authentiques. La relation supporte-t-elle le désaccord ? L’autre accepte-t-il que nous ayons des priorités différentes ? Notre non est-il respecté ? Pouvons-nous évoluer sans que chaque changement soit interprété comme une trahison ?

Certaines relations s’ajustent. D’autres révèlent qu’elles dépendaient davantage de notre conformité que nous ne le pensions. Cette découverte peut être douloureuse, mais elle fournit une information importante sur la relation elle-même.

À retenir

Se libérer du besoin de plaire ne signifie pas cesser d’aimer faire plaisir, devenir indifférent au regard des autres ou refuser tout compromis. Cela signifie conserver suffisamment de liberté pour que l’approbation extérieure ne décide pas systématiquement de nos choix.

Nous pouvons être généreux sans être toujours disponibles, écouter les avis sans leur obéir automatiquement et accepter que certaines décisions déçoivent ou soient mal comprises.

Nous n’avons pas besoin non plus de prouver notre indépendance en nous opposant continuellement aux autres. L’autonomie permet aussi bien d’accepter une bonne influence que de résister à une attente qui ne nous convient pas.

Se libérer du besoin de plaire, ce n’est pas décider que l’opinion des autres ne compte plus. C’est faire en sorte qu’elle puisse compter sans devenir l’autorité qui décide à notre place de la vie que nous avons le droit de construire.

Contenu d’information générale. Les techniques de soin et leurs indications demandent une évaluation adaptée à la situation.